Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

USA: La troisième marée rouge

Une nouvelle fois une campagne liée à la peur rouge, ou marée rouge, apparaît sur le sol américain nous avise ce Cubain qui est au premier rang pour observer les délires de son puissant et paranoïaque voisin. Mais il est évident que l’anticommunisme partagé par tous les camps et qui culmine dans la haine de la Chine ne se limite pas aux Etats-Unis. Il n’y aurait plus de communisme mais l’anticommunisme est de plus en plus florissant comme réponse à un capitalisme dans une crise qui s’approfondit. Nous avons fait état au titre de ces délires de la décision de considérer les morts du coronavirus comme des “victimes” du communisme, et certains ont dit que devant de telles folies les gens réagiraient, je n’en suis pas sûre. Que toute la presse française et au premier rang celle de gauche accepte les délires d’évangélistes et de sectes comme de l’information sur la Chine prouve où nous en sommes et combien le combat des communistes serait nécessaire (note et traduction de Danielle Bleitrach).

Auteur: Rolando Pérez Betancourt | internet@granma.cu

31 août 2020 22:08:06

À en juger par ce qu’allèguent les défenseurs du président Trump dans la course électorale actuelle, les États-Unis sont sur le point d’être engloutis par une troisième marée rouge.

Le président lui-même est à l’avant-garde de ses troupes en train d’agiter la bannière de propagande selon laquelle le Parti démocrate a été infiltré par une force socialiste, “une mafia de gauche furieuse” – a-t-il déclaré lors d’une réunion avec des partisans en décembre 2019 – qui aspire à trahir le pays.

Une fois de plus, l’appel aux armes lié à la peur rouge, ou marée rouge, apparaît aux États-Unis, cette fois pour promouvoir les intérêts d’une campagne républicaine qui s’approprie une construction idéologique méthodologique utilisée, entre autres, par le fascisme et le nazisme pour contrôler le pouvoir politique et pour faire du communisme et des positions de gauche une variante de la redoutable «bête noire» omniprésente dans l’histoire de l’humanité.

La première marée, ou peur rouge, est apparue avec la révolution socialiste d’octobre, à la participation des États-Unis à la Première Guerre mondiale en tant que frein aux changements qui pourraient survenir sur la scène internationale, et à l’afflux d’idées socialistes et anarchistes qui s’étaient répandus dans le mouvement ouvrier américain, provoquant des mouvements syndicaux de très grande ampleur. Ce fut le temps de Sacco et Vanzetti et le capitalisme sauvage remis en question en tant que système. Cela devait se terminer par du sang et du feu, ainsi que par une propagande qui fasse peur, et cela a été effectivement fait par le gouvernement.

Plus près de nous dans le temps, le deuxième peur rouge a été suffisamment ridiculisée par le cinéma et la littérature. Elle s’étend de 1947 à 1957 et est dominée par la figure du sénateur Joseph McCarthy, qui finirait ses jours en politicien médiocre alcoolique. Mais avant, avec des collaborateurs fidèles, il a travaillé à l’élaboration de listes noires avec les noms de sympathisants de la gauche; des artistes et des personnalités de la culture et de la science qui avaient apprécié le rôle joué par l’Union soviétique dans la défaite du nazisme et ont remis en question quelques aspects du système social au pouvoir dans le pays, des gens qui n’étaient pas du tout anticommunistes, comme le demandait avec ferveur la commission des activités anti-américaines, créée en 1938.

 Bien qu’il y ait eu de nombreuses victimes de cette traque, y compris des suicides, l’étiquette «les dix de Hollywood» symbolise un moment de terreur américaine stimulé par un “patriotisme” dément ; le même qui, aujourd’hui se nourrissant d’années de propagande sédimentée, ne trouve pas de meilleure disqualification pour ses opposants démocrates que de les qualifier de communistes, une sorte de troisième marée rouge totalement infondée, née avec la complicité politique d’un naïf petit chaperon rouge qui court et hurle, suivi de près par un loup aux grandes dents, qui – il ne peut en être autrement – porte aussi du rouge, bien qu’il soit loin de l’être.

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