Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Guerre au Moyen-Orient : le FMI envisage le pire pour l’économie mondiale… qu’est-ce qu’on fait ?

JE SIGNALE QUE – DANS UNE OBSTINATION MERITOIRE – NOUS SERONS FRANCK MARSAL, COMME INTERVENANT PRINCIPAL ET MOI EN SOUTIEN, A NARBONNE CE PREMIER MAI. DANS UN DEBAT SUR LES CONDITIONS DE LA LUTTE ACTUELLE. LARGEMENT OUVERT REGIONALEMENT. NOUS VOUS EN REPARLERONS MAIS VOICI L’ETAT DES LIEUX…

Voici à titre d’information ce qu’a déjà réussi à imposer au monde l’impérialisme en faillite et ses brillants « alliés » de l’OTAN, dont notre propre président et gouvernement, l’UE, et ce qu’il parait difficile d’éviter pour les quelques années à venir. En enfilade la crise énergétique, nous y sommes, la crise alimentaire, ça vient et l’apocalypse nucléaire, c’est comme à Sarajevo un engrenage vers la boucherie (1) … Bref le fascisme, pas pour 2027 avec Bardella et la princesse Bourbon des deux Sicile en prime de ce populisme, qui engendre les jacqueries et leur répression aisée, mais celui qui est déjà là, l’arbitraire et la guerre… Ce qui nous devrait nous conduire, si nous avions le moindre bon sens, à deux attitudes politique: la première d’imposer que cela s’arrête et la seconde de voir qui va déjà payer la note de ces folies bellicistes. Ces deux urgences politiques nous conduisent à ce qu’a compris Pedro Sanchez : à savoir qu’il n’y a pas le choix entre le monde multipolaire et une troisième voie mais bien entre le monde multipolaire et le fascisme, la guerre et celle-ci est déjà là. je voudrais d’ailleurs souligner à quel type de censure je me suis personnellement trouvée confrontée . Il y a bien sur celle du capital, celle de la classe dominante mais il y a aussi la censure à l’intérieur de la gauche du PCF et même celle des pseudos révolutionnaires groupusculaires. je reviens sur deux de mes videos pour que l’on se rende compte de la nature de l’illusion qui désormais se heurte aux FAITS (note de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)


par Ionès Jaoulane, Directeur investissements

        

Le Fonds monétaire international a publié ce mardi 14 avril ses nouvelles prévisions de croissance mondiale, et le tableau est alarmant : le conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran a définitivement enterré les espoirs d’une année 2026 synonyme de reprise, où la croissance mondiale aurait pu atteindre 3,4 %. À la place, le chef économiste du FMI Pierre-Olivier Gourinchas présente trois scénarios — tous mauvais — qui dépendent essentiellement de la durée des hostilités et de leurs répercussions sur le détroit d’Ormuz.

Dans le meilleur cas, un conflit court limiterait la casse à une croissance de 3,1 % et une inflation à 4,4 % ; dans un scénario intermédiaire, le baril grimpant à 100 dollars ferait chuter la croissance à 2,5 % et forcerait les banques centrales à remonter leurs taux ; dans le pire des cas enfin, avec un pétrole à 125 dollars en 2027 et des prix du gaz bondissant de 200 % en Europe et en Asie, la croissance mondiale tomberait à 2,2 % — frôlant le seuil de récession que le FMI fixe à 2 %, un phénomène rarissime qui ne s’est produit que quatre fois depuis 1980.

Et malgré l’annonce d’une trêve temporaire, Gourinchas est catégorique : « Le mal est déjà fait. » La paix, si elle advient, ne suffira pas à effacer les cicatrices économiques d’un conflit qui a déjà changé la donne pour des millions de ménages et d’entreprises à travers le monde.

Alors qu’est-ce qu’on fait pour

1) arrêter l’engrenage en bloquant la machine et là il n’y a qu’un solution se mettre dans la seule position susceptible de l’arrêter en ne se contentant pas de refuser mais en proposant une alternative, la seule possible, le monde multipolaire, ce que paraît avoir compris l’Espagne. La Chine et la Russie viennent de redire leur orientation qui ne part pas de leur seul intérêt de grande puissance mais à travers les pays du sud une réorganisation de la légalité internationale.

2) comment en France même au niveau national comme local nous créons les conditions pour que ceux qui payent la note sont ceux qui ont profité de ce système inique et en dénonçant toutes les complicités.

C es propositions de bon sens sont censurées dès qu’elles apparaissent, recouvertes de tout ce qui peut être inventé pour n’être jamais abordées dans le concret. Notre livre qui proposait que le PCF, les forces de gauche envisagent d’aller vers le monde multipolaire a été et continue à être censuré, une censure multiforme qui nous renseigne sur le fait que l’idéologie est toujours celle de la classe dominante quand elle ne se donne pas de perspectives. L’intérêt de la chose tient à la permanence du phénomène depuis plus de trente ans dans des décennies qui furent celles de la contre révolution néo-libérale ou réputée telle et comment elle prétend se poursuivre alors que la situation s’est renversée et qu’il existe une alternative?

La censure tend à se renforcer quand l’évidence de la catastrophe que le système représente apparaît dans les faits. Il ne s’agit même plus de masquer la catastrophe mais d’engendrer l’inertie sur les solutions.

A eté censuré non seulement par la bourgeoisie, son monde médiatico-politique notre livre et sa proposition : se tourner vers le monde multipolaire et larguer l’OTAN, toute forme d’allégeance aux USA… mais nous avons été censurés par la presse dite communiste, l’Humanité alliée à ceux qui aujourd’hui tombent le masque et sous des formes diverses attaquent le peu qui a été obtenu au 38 e congrès. Pour dépasser la paranoïa individualiste que pourrait inspirer une telle unanimité je prends de la distance et écrit un livre bilan de 200 pages sur les raisons de la poursuite de la cécité des temps contrerévolutionnaires à aujourd’hui ou au contraire c’est l’impérialisme qui ne cesse de perdre le zugzwang ?

J’écris alors un livre bilan « sociologique » sur cette censure qui se poursuit alors que la situation a changé – qui bien évidemment se heurte à la même censure- néanmoins deux propositions de video me sont faites , l’une à la librairie Tropique. ou vous remarquerez en écoutant la vidéo si vous en avez la patience à quel point il m’est difficile de rester sur le sujet que je souhaite’ traiter. (2)

Mais le périple se poursuit …. toujours dans ce qu’il révèle de la manière dont l’idéologie transforme chacun en sujet de sa propre aliénation…

deuxième proposition : celle de charmants jeunes gens, qui sont convaincus de la nécessité de la pureté révolutionnaire et qui retournent quasiment à Dimitrov, et là nouveau mécomptes de ces « gauchistes », dont les groupuscules sous diverses formes nous offrent les mêmes juvéniles propositions révolutionnaires (au congrès du PCF on retrouve les mêmes émanant comme par hasard en priorité de Paris). Résultat ils ne veulent pas plus publier mon analyse, là l’angle d’attaque est « est-ce que la Chine est vraiment socialiste? Comment espérer parvenir au communisme si le socialisme n’est pas pur, ils oublient simplement que le socialisme est une transition nécessaire dans lequel la majorité réelle impose sa « dictature » à une minorité, et que le socialisme est fait avec les matériaux, les ruines de la dictature du capital pour le combattre tout en poursuivant le développement des forces productives… C’est ce que je tente d’expliquer concrétement en partant des FAITS, des défis … qui dit simplement la réalité de ce qui nous menace et ce qu’il faut combattre, mais toujours plus sympa que les liquidateurs du PCF qui eux m’effacent moi et mes malheureux co-auteurs. Heureusement il y a encore Delga et Histoireetsociete…

JE SIGNALE QUE NEANMOINS – DANS UNE OBSTINATION MERITOIRE -NOUS SERONS FRANCK MARSAL, COMME INTERVENANT PRINCIPAL ET MOI EN SOUTIEN, A NARBONNE LE PREMIER MAI 2026 GRACE AU MOUVEMENT DE LA PAIX DE L’AUDE INVITES A ANIMER UN DEBAT SUR LES CONDITIONS DE LA LUTTE ACTUELLEMENT.

Que faire ? ce serait bien que ceux qui sont convaincus nous aident à vaincre cette étrange censure sur l’alternative multipolaire : étrange pour reprendre le terme de Marc Bloch sur l’étrange défaite des munichois qui ont refusé de combattre le fascisme alors même qu’ils prétendaient être en guerre et qu’ils sont restés l’arme au pieds. Que faire ? et comment le faire? Agir, ne serait-ce qu’en relayant cette annonce.

Danielle Bleitrach

(1) Toujours au titre de la censure dont sont capables les liquidateurs du PCF en ayant à leur tête Vincent Boulet et ses sbires comme Claude Gindin de la Pensée: ils ont obtenu de l’UE l’effacement de mes articles de leur propre mémoire numérique. Sans me demander mon avis, est ainsi supprimé l’article de la Pensée que j’avais écrit en 1999 (et dont les versions sur papier demeurent) qui annonçait que l’intervention au Kosovo de l’OTAN était le prélude à la troisième guerre mondiale. Je n’en modifierai pas une ligne aujourd’hui. En effaçant la version numérique, ils ont effacé sur le site d’histoire et societe l’article que j’y avais publié: La troisième guerre mondiale a commencé à Sarajevo par Danielle Bleitrach et Jacques Jedwab. Dès que j’ai pu mettre la main sur le dit article et ,numéro de la pensée, je pourrais le publier à nouveau sur ce site et peut-être attaquer en justice ces maîtres censeurs. Encore que je me dis qu’il me reste peu d’années à vivre et les passer à me laisser hanter par Claude Gindin et Vincent Bouler est du temps perdu, voire un cauchemar. S’il se trouve des communistes ayant assez de dignité et de sens politique pour les virer tant mieux, sinon moi je ne vais pas gâcher à ça le peu d’années qui me reste. Logiquement donc un tel niveau de turpitudes m’éloigne de toute implication dans un congrès avec des gens pareils et ceux qui visiblement les tolèrent mieux qu’ils ne me rendent justice… je laisse ça à Franck Marsal… chacun mènera le combat qui correspond à ses moyens réels. Mais cette fragmentation dans le dérisoire et le sordide comme champ actuel du politique est bien décourageant…

(2) En fait on veut m’y utiliser pour une pseudo « stratégie révolutionnaire » à savoir voter pour Rachida Dati contre la mairie de Paris et comme je me garde bien de céder à l’opération. La librairie déçue mais sympa, ne publiera pas sur son site ma video, mais nous la donne et celle-ci sera seulement reprise par Delga et bien sur par histoire et societe et avec ces seuls supports atteint plus de 1800 vues.

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11 Commentaires

  • Lafleur

    Bravo à toi et Franck ! Bon 1er mai de lutte à Narbonne !

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    • admin5319
      admin5319

      ce serait bien que ceux qui sont convaincus nous aident à vaincre cette étrange censure sur l’alternative multipolaire : étrange pour reprendre le terme de Marc Bloch sur l’étrange défaite des munichois qui ont refusé de combattre le fascisme alors même qu’ils prétendaient être en guerre et qu’ils sont restés l’arme au pieds. ne serait-ce qu’en relayant cette annonce.

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      • Etoilerouge
        Etoilerouge

        Et en lisant comme réponse de la culture politique à l’insignifiance fascisante, aux censures organisées non en interdisant le livre mais en faisant un silence assourdissant autour de lui.
        Lisez le travail de nos camarades Bleitrach, marsal, dunlop et Jullien ,aidez delga l’éditeur, « quand la France s’éveillera à la Chine », mais aussi « zugzwang » de bleitrach même éditeur delga.
        Lire contre télé corrompues, réseaux manipulés et IA qui n’est pas une intelligence mais une simple encyclopédie utilisée par les capitalistes pour faire du travailleur un simple pousse bouton devant dire aux clients qu’il faut consulter l’IA alors que ceux ci y sont confrontés à une stupidité rare. Ne soyez intellectuels les veaux d’un système corrompu et anti travailleurs. Cela n’est pas un progrès. Pour un état de progrès il faut un état progressiste, le socialisme.

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      • Etoilerouge
        Etoilerouge

        Lire un balcon en forêt de julien gracq tiré de sa propre vie pendant cette drôle de guerre dont on ne parle plus, ce silence des armes comme le souffle retenu de la trahison de la gde bourgeoisie française dont les enfants dirigeaient et dirigent toujours l’armée avec nombre de nobles grands et petits.

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  • Lafleur
    Lafleur

    C’est relayé.
    J’ai même proposé la venue de Marianne qui est d’une fédération voisine aux amis de l’humanité du département local en proposant même un débat et informer le fédéral (un trotskiste issue de La Riposte) en m’appuyant sur le PCF38/ Travailleur Alpin. Mais, ils sont dans l’électoralisme.

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  • Denis Lemercier
    Denis Lemercier

    Ci-dessous une des formes sous laquelle j’ai pu valoriser l’alternative multipolaire (Article paru en décembre dans « Solal » journal du Comité Amérique latine de Caen

    L’Amérique latine et les BRICS

    Les BRICS sont un ensemble de pays qui aspirent à créer ensemble les conditions du développement, tout en s’émancipant de la domination commerciale et politique des USA et de l’Occident.
    L’émergence des BRICS change deux choses dans l’organisation du monde. Les BRICS sont une alliance qui n’exige pas de renoncement de souveraineté mais qui au contraire valorise le développement de coopérations dans le respect de la souveraineté de chaque nation. C’est un type de rapports qui est en rupture avec le néo-colonialisme ou même avec une organisation comme l’Union européenne.
    Les BRIC (Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine) sont nés en 2001 avant d’être rejoint par l’Afrique du Sud pour devenir les BRICS. C’est à partir de 2011, avec la tenue régulière de sommets et l’entrée de l’Afrique du Sud que les BRICS deviennent un groupe officiel.
    Dès leur naissance, les BRICS intègrent donc un des pays importants de l’Amérique latine : le Brésil.
    Les BRICS se dotent en 2014 d’une banque de développement, la Nouvelle Banque de Développement (NBD), basée à Shanghai. Ces pays ont pris conscience, lors de la crise de 2008, que les institutions financières internationales (notamment le FMI et la Banque mondiale) sont sous contrôle occidental et même plus spécialement sous contrôle des États-Unis et ne participent pas – bien au contraire – au développement des pays émergents. La mission donnée à la Nouvelle Banque de Développement est d’abord de faire ce que ne font ni le FMI ni la Banque mondiale, et notamment d’accorder des crédits de développement à des pays délaissés. Soulignons que la NBD est présidée par l’ancienne présidente du Brésil, Dilma Rousseff.
    À l’occasion du 17e sommet des BRICS, qui se tint en juillet 2025 au Brésil, cette organisation s’est ouverte à cinq nouveaux membres : l’Égypte, les Emirats Arabes unis, l’Éthiopie, l’Iran et l’Indonésie. Elle s’est étoffée également de neuf membres partenaires : la Biélorussie, la Bolivie, Cuba, le Kazakhstan, le Nigéria, la Thaïlande, l’Ouganda, le Vietnam, l’Ouzbékistan. Ainsi, deux nouveaux pays d’Amérique latine participent dorénavant à l’activité des BRICS.
    Un autre pays d’Amérique latine avait posé sa candidature à l’adhésion au BRICS, il s’agit du Venezuela. Quand, semble-t-il, sur veto de Lula le Venezuela n’a pas été associé aux BRICS, le président Maduro a protesté en disant que le Venezuela était les BRICS. Cette protestation contenait une grande part de vérité comme nous allons le voir à travers l’historique des relations entre le Venezuela et la Russie. En effet, cet échange bilatéral, comme d’autres expériences comme l’Organisation de coopération de Shanghai, fut à l’origine du projet mondial des BRICS.
    « L’alliance stratégique » entre la Russie de Vladimir Poutine et le Venezuela « bolivariste » d’Hugo Chavez Frias est né au mois de mai 2001 : pour la première fois, le président vénézuélien se rendait à Moscou, où il fut accueilli avec tous les honneurs par le président russe. Les deux dirigeants signèrent une déclaration conjointe dans laquelle ils affirmaient leur volonté d’« intensifier la collaboration de leurs deux pays dans les secteurs de l’industrie pétrolière, de la pétrochimie et du gaz, et de faire converger leurs efforts pour assurer la stabilité du marché mondial de l’énergie ».
    Il faut relever que, dans ce document, il est déjà fait allusion à l’engagement commun des deux pays pour « former un nouvel ordre mondial multipolaire et non coercitif, fondé sur les principes de non-ingérence dans les affaires intérieures ».
    Autre élément important et significatif, Chavez et Poutine s’accordaient pour condamner « l’embargo économique, commercial et financier auquel Cuba est soumise depuis près de 40 ans » et pour demander son « abrogation immédiate ».
    Chavez comme Poutine accorde une grande importance au secteur énergétique. Il faut rappeler qu’en 1999 Poutine avait soutenu à l’Institut géologique de Saint-Pétersbourg une thèse de doctorat où il mettait en évidence l’importance stratégique des hydrocarbures dans la restauration du rôle économique, politique et diplomatique de la Russie à l’échelle mondiale.
    Chavez attribue au secteur énergétique vénézuélien une valeur qui n’est pas seulement commerciale. Pour lui, le développement de ce secteur est la condition essentielle de l’édification au Venezuela du « socialisme du XXIe siècle » et la condition de la satisfaction des besoins du peuple vénézuélien.
    À l’automne de l’année suivante, Poutine participa, dans la capitale vénézuélienne, au sommet de l’OPEP.
    Les visites effectuées à Moscou par le président Chavez en juillet 2006 puis en juin 2007 – les quatrième et cinquième visites depuis celle de 2001 –sanctionnaient en les amplifiant les ententes et accords de coopération négociés au cours des deux années précédentes : gaz, pétrole, armement. La Russie offrait également les savoir-faire, les matériels et la collaboration technologique ainsi que le personnel compétent.
    L’initiative politico-diplomatique russe dans l’aire latino-américaine ne s’est pas limitée, en 2007, au seul Venezuela. Poutine s’est fait représenter à la cérémonie d’investiture de Daniel Ortega, au Nicaragua. Le premier ministre russe s’est rendu à Cuba pour œuvrer à la reprise des rapports de coopération énergétique et technico-militaire. Lavrov, le ministre des Affaires étrangères s’était rendu au Brésil.
    Dans les années 2000 alors que se met en place le partenariat de Poutine avec Chavez, le président russe ne considère toujours pas qu’il doit rompre avec l’Occident et ne s’associe pas aux attaques de Chavez contre les États-Unis.Il n’aurait jamais qualifié les États-Unis, comme l’a fait le chef de l’État vénézuélien, « de pire menace qui soit aujourd’hui, de géant aveugle stupide et irrationnel qui ne comprend rien à la vie, au monde, aux droits de l’homme ».
    Il faut bien voir que des divergences fondamentales séparent les deux chefs d’État russe et vénézuélien. Poutine est très loin de l’idéologie socialiste de son homologue de Caracas. Poutine applique une stratégie plus pragmatique qu’idéologique. Il fait des affaires, à égalité, avec qui veut et peut payer. Il veut assurer à la Russie des avantages stratégiques dans le domaine énergétique et garantir des débouchés à son secteur de produits manufacturés le plus compétitif, celui de l’armement.
    Il n’empêche que Poutine se fait déjà, à l’époque, l’apôtre d’un monde multipolaire – ce qui s’est d’ailleurs traduit dès la première déclaration conjointe des présidents russe et vénézuélien – dans lequel chaque pays aurait la possibilité de nouer des relations bilatérales.
    Le développement des rapports entre le Venezuela et la Russie, sur la base sur laquelle ils se sont réalisés est donc certainement une des sources des BRICS. Outre la volonté d’un certain nombre de pays de se libérer du carcan de l’impérialisme étatsunien et plus généralement de celui des impérialismes occidentaux, l’activité internationale de la Chine a également joué un grand rôle. Je pense notamment aux « Nouvelles routes de la soie » également connues sous le nom d’Initiative Belt and Road qui est un projet stratégique lancé par la Chine en 2013. Ce projet vise à relier économiquement la Chine à l’Europe et à d’autres régions par un vaste réseau de corridors routiers et ferroviaires impliquant au moins 68 Etats au total.
    Une autre organisation a joué aussi un certain rôle dans le développement des BRICS, même si elle est limitée à l’Eurasie. Il s’agit de l’Organisation de Coopération de Shanghai qui a notamment tenu un sommet récemment (les 31 et 1er septembre 2025) auquel ont participé les dirigeants de 20 Etats. L’objectif principal de l’OCS est la promotion de la sécurité collective dans le continent eurasiatique.
    Les BRICS et l’OCS ont un point commun très important qui les oppose radicalement aux organisations occidentales équivalentes, par exemple l’OTAN : elles sont basées sur le développement de la souveraineté de chaque État. Il n’est pas question d’intégration des forces militaires sous des normes imposées et un commandement commun pour ce qui concerne l’OCS et il n’est pas question que la Nouvelle Banque de Développement, la banque des BRICS, conditionne ses aides à des « plans d’ajustement structurel », comme le fait le FMI.
    Revenons plus spécifiquement à l’Amérique latine en nous intéressant plus particulièrement à Cuba. On l’a vu, l’île caribéenne a rejoint les BRICS en tant que pays partenaire. Cette intégration aux BRICS marque une rupture historique. Soumise à un blocus économique renforcé, Cuba transforme aujourd’hui cette contrainte en levier stratégique. En misant sur ses capacités logistiques, son agriculture et sa sécurité alimentaire, elle s’insère dans un réseau de coopération Sud-Sud.
    Depuis plus de 60 ans, l’île socialiste subit un blocus économique imposé par les États-Unis, aggravée par 243 nouvelles sanctions sous Donald Trump, dont la réinscription sur la liste des Etats soutenant prétendument le terrorisme. Ce durcissement a asphyxié les circuits financiers, limiter les importations de carburant et freiner les investissements étrangers.
    La participation de Cuba à la famille élargie des BRICS permet au pays de contourner les sanctions en rejoignant un écosystème économique alternatif, fondé sur l’usage des monnaies nationales et le financement de projets via la Nouvelle Banque de Développement.
    Le port de Mariel, modernisé avec l’aide du Brésil et de la Russie, est au cœur de la nouvelle ambition cubaine. Situé à un carrefour stratégique il est destiné à devenir un pôle d’échanges logistique entre l’Amérique latine, l’Afrique et l’Asie. Un projet de ligne ferroviaire de fret vers le l’Amérique centrale est à l’étude, renforçant cette vocation régionale.
    Mais Cuba ne veut pas se limiter au transit. Elle ambitionne de dynamiser et développer son industrie, aujourd’hui affaiblie, notamment dans l’agroalimentaire, les matériaux de construction et la production pharmaceutique agricole. Ce développement se heurte à un obstacle majeur : la crise énergétique. Le réseau électrique, vétuste et dépendant des importations, freine l’industrialisation. Un plan de modernisation de 1,2 milliard de dollars, financé par la NDB, vise à développer les énergies renouvelables, avec transfert de technologie depuis la Chine notamment.
    La santé reste un levier d’influence majeur. Le programme Médicos, relancé sous le label BRICS, prévoit l’envoi de professionnels vers l’Afrique de l’Ouest et l’Asie du Sud-Est. Les vaccins Cuba, produits localement, seront distribués via un consortium multilatéral, avec des essais menés conjointement avec l’Inde. En parallèle, Cuba participe à 17 projets pilotes dans des petits Etats insulaires en développement (PEID), allant de la télémédecine au diagnostic par intelligence artificielle.
    Enfin, deux axes agricoles stratégiques émergent. D’une part, un partenariat avec la Biélorussie prévoit la création d’une coentreprise pour la fabrication et l’entretien du matériel agricole. D’autre part, une coopération renforcée avec le Vietnam vise à sécuriser l’approvisionnement en riz, à travers des transferts de semences, des techniques de culture adaptées au climat cubain et des accords de stockage stratégique.

    Denis Lemercier
    avec les soutiens importants du blogue « Histoire et société », du journal électronique « Liberté Actus » et l’article « Moscou-Caracas : le nouvel ordre mondial » de Piero Sinatti (Outre-mer, 2007/1, n°18)

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  • Martine Garcin
    Martine Garcin

    L’article de Danielle Bleitrach « La troisième Guerre mondiale a-t-elle commencé au Kosovo ? »
    Est en consultation et téléchargement sur le site de la BNF GALLICA :
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6202245k?rk=42918;4
    Il me semble que supprimer un article d’une revue publiée constitue une contrefaçon. Le droit moral de l’auteur est inaliénable. Mais je ne suis pas juriste.

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    • admin5319
      admin5319

      je reste sur la couverture ce qui m’aidera peut être à récupérer un exemplaire… parce que je n’ai pas l’habitude de conserver mes articles, ni même mes livres… mais impossible de rentrer dans la revue et aller vers l’article, est-ce que quelqu’un y arrive?
      danielle Bleitrach

      PS je crois qu’effectivement je peux porter plainte mais d’un côté il faudrait sanctionner ces maniaques de la censure mais de l’autre passer les quelques années qui me restent à vivre en procès avec ces gens-là, être obligée de me préoccuper de ces tarés médiocres et venimeux me paraît l’art de gâcher une vie… dans l’aigreur des ressentiments.. et ne correspond pas à mon tempérament certes un peu rude dans la polémique mais fondamentalement joyeux …

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      • Denis Lemercier
        Denis Lemercier

        Danielle,
        Quand tu es sur la page, en bas d’écran apparaît un onglet zoom. En cliquant sur cet onglet on peut faire défiler les pages.
        DL

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  • Denis Lemercier
    Denis Lemercier

    Danielle,
    Je renouvelle mon message parce que je ne sais pas s’il t’est parvenu : quand tu es sur la page de couverture, clique sur l’onglet zoom et fais défiler les pages.
    DL

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  • Martine Garcin
    Martine Garcin

    Pour télécharger la revue sur GALLICA : cliquer sur la 3e icône « téléchargement » (barre de 7 icônes sur la droite), puis cocher : « PDF », « le document entier », « en cochant cette case… », puis cliquer plus bas sur « Télécharger ». Ou « une sélection du document » pages 133 à 150.

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