Jakline Boyer lie mon livre sur le Zugzwang à d’autres ouvrages qui tous ont la même caractéristique à savoir le caractère irréversible des changements géopolitiques et les démentis infligés aux déclarations de Trump mais cela va au-delà. La plupart des propositions politiques qui s’inscrivent dans le choix illusoire de la régression ou même du statu quo se heurtent au désaveu des FAITS. Ce qui accroit le sentiment général de la folie malgré ce que jakline dit justement être l’obstination forcenée des médias. (note de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)
Publié le 18 avril 2026 par Boyer Jakline
J’ai publié il y a quelques jours un article : où s’informer, où j’indiquais les nombreux sites que je fréquentais. Je vais ajouter aujourd’hui les livres que je lis récemment publiés qui ont tous la même caractéristique : proposer une analyse qui tienne compte des changements irréversibles en cours dans le monde entier, ce qu’une obstination forcenée de l’ »information » veut nous empêcher de réaliser. Exemple en en cours : toute déclaration de Donald Trump sur ce qu’il fait, ferait, en Iran est immédiatement démenti par le pouvoir iranien. Com’, manipulations, tel est notre lot. Voir mon article récent, le 14 avril, sur « Boutcha ».
De la même façon que je n’ai pas cité tous les lieux sur YouTube où l’on peut recevoir une information plus vraisemblable, je vais vous inviter à lire mes dernières acquisitions, liste absolument pas exhaustive. Je ne vais pas citer Jacques Baud dont les analyses et les très fameuses et nombreuses publications lui valent d’être sous sanctions de la Commission européenne non légitime, la Commission… et ses sanctions également illégitimes. Elles lui empoisonnent littéralement la vie.
Je vais m’attarder sur l’essai de Natalia Routkevitch, franco-russe, qui n’a pas de site YouTube mais est très active sur sa page Facebook. Elle y expose des analyses fouillées et complexes. J’ai déjà consacré un article à l’essai Le Zugzwang, la fin du libéralisme libertaire. Et après ? De Danielle Bleitrach, sociologue.
L’ouvrage de Natalia Routkevitch croise dans ses conclusions le même postulat. La « stratégie » de Trump en Iran étaye la thèse du Zugzwang : quelle que soit l’initiative prise par Trump et sa « paix par la force », elle ne fait que créer de nouvelles difficultés. Je passe sur les dommages infligés aux peuples.
Dans son ouvrage « Le commencement de l’Histoire » sous-titré D’une perestroika à l’autre, elle dévoile ce moment de l’Histoire avec un grand H, elle qui a vécu la perestroika soviétique à Moscou où elle est née. Nous sommes, écrit elle, dans un bouleversement du monde.
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de Moscou , du « sous-sol » comme écrit Dostoievski, c’est autre chose, la perestroika.
La perestroika qui a enthousiasmé toutes les forces politiques en Occident, n’a pas le même goût vue de Russie. Et l’arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir non plus : « reprise en main », fin de « l’expérience démocratique » vu d’ici.
Sortie du chaos, vu de là bas.
Pour avoir fréquenté Moscou, 1991-1994, et St-Petersbourg, 1998, je souscris intégralement à son témoignage.
En 1991, octobre, c’était encore l’Union Soviétique. Nous ignorions qu’il restait 3 mois d’existence à ce pays, un des piliers de l’équilibre du monde. Ce que l’on a compris quand il a disparu. Parenthèse : c’est de ce moment que nous sommes en train collectivement de sortir. Ensuite,1994, c’est la misère qui s’étale au grand jour. Mes lycéens ont un regard étonné mais sans plus. Moi, je suis choquée. Des situations de la Russie d’une autre époque telle que la littérature russe classique l’a dépeinte. Deux images sont ineffaçables dans ma mémoire : dans le métro, à l’entrée d’une station, une femme à genoux tend sa sébille, une « dame » en manteau de vison jusqu’aux pieds verse son obole. Nous sommes en février et il fait froid de loup. L’autre image, cette fois à la sortie du métro, des femmes âgées sont là, debout, et vendent un objet. Une, dans un manteau usé, vend tasse et sous-tasse en faïence. Une tasse. Honteusement. Osant à peine lever les yeux. Apocalypse now ! Le choc de ce pillage du pays fut tel que de très nombreux Russes, les plus de âgés, sont morts. Des amis sont morts.
Une guerre sans bruit.
En 1998, nous sommes chez l’habitant, à St-Petersbourg, nouvelle formule, toujours mes lycéens bordelais, toujours févier glacé et glaçant. L’école de Moscou qui nous recevait n’est plus en état de le faire. Chez l’habitant, nous sommes nourris au minimum. Les adolescents français complètent leur alimentation dans les magasins qui offrent quelque chose.
Si on ne part pas de cette réalité tout ce qui s’en suit semble relever de la « propagande russe ».
Oui, encore deux mots, la dévaluation de 1998. Le Gouvernement Eltsine à la manœuvre : on enlève sur tous les comptes d’épargne deux zéros aux sommes économisées. Si vous avez des économies, appliquez cette simple règle et voyez l’effet. Cette « expérience » pourrait donner des idées à la Commission Européenne.
Et puis, la vodka. Comment revenir de Russie sans sa bouteille de vodka ? Elle se vend sur les trottoirs. Mais c’est une vodka frelatée qui sera à l’origine de centaines de morts. Gorbatchev au début de son règne a voulu lutter contre l’alcoolisme et a pris des mesures répressives fortes. Le retour de l’accès à cet alcool « magique », dans le nouveau contexte politique, a été catastrophique. Nous prévenons nos lycéens : ne rien acheter sur les trottoirs. Nous irons dans les magasins pour acquérir ce précieux breuvage, associé absolument à la Russie.
J’ai eu ensuite des récits de leur vie dans cette « décennie maudite » comme la nomment fort justement Natalia Routkevitch et la plupart des Russes. Des amis rencontrés plus tard, étudiants à l’époque, racontent qu’ils ont survécu avec une baguette de pain et un litre de lait. Oui, la faim avait fait son retour. De quoi ranimer dans les consciences l’âpre souvenir de la guerre, vécue ou racontée.
1993, le Parlement est bombardé pour faire taire les députés contestataires. Félicitations de Clinton à Eltsine. Combien de morts ? On ne sait encore aujourd’hui.
Cela ressemble bigrement à « la paix par la force ».
Lisez ce livre, dense, juste. Natalia Routkevitch interpelle, nous interpelle, nous Occidentaux, nourris une nouvelle fois, déjà, toujours, par l’absence de vérité. Comment comprendre alors la « Russie de Poutine » ? Son incroyable redressement, visible à l’œil nu, moi qui ai poursuivi mes séjours réguliers ? Comment comprendre son rôle actuel dans la « perestroika du monde » actuelle ? Des clés dans cet ouvrage bienvenu.
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La première page de la Table des matières, il y en a 3.
Les dernières phrases de l’essai :
« Ce temps des troubles est aussi un moment d’une catharsis collective. Seules les sociétés capables d’assumer le sacrifice ultime, animées par un idéal partagé et habitées par l’amour de quelque chose qui les dépasse, pourront survivre en tant qu’entités historiques conscientes d’elles mêmes. Les autres sont vouées à disparaître ou à passer sous l’autorité d’un tiers. »
Ce pourrait être écrit aussi par un Iranien ou un Burkina bé, un Cubain. Ce fut ainsi qu’agirent les Vietnamiens ou le Africains du Sud. Leur point commun est évident.
Et nous, citoyens de cet » Occident collectif », comment ce texte nous interpelle-t-il ?
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Nicolas
L’auteur a présenté son livre sur YouTube (chaîne Nouvelle Action Royaliste !) : je recommande. Les témoignages de ceux qui ont vécu cette période sont tellement riches et sensibles ! J’ai commandé le livre.