Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

La polio est officiellement éradiquée en Afrique, « une délivrance »

N’en déplaise au professeur Raoult, qui das son récent interview n’a pas craint de dénoncer cette victoire, je suis si heureuse de ne plus voir ce spectacle encore courant il y a une vingtaine d’années dans les rues de Dakar, d’adolescents marchant à quatre patte… que l’Afrique soit débarrassé de ce mal que l’on trouve encore en Afghanistan est un grand triomphe (note de danielle Bleitrach)

L’OMS va annoncer l’éradication totale de cette maladie infectieuse, qui touche principalement les enfants. Une victoire due aux vastes campagnes de vaccination menées sur le continent.

Par L’Obs avec AFPPublié le 25 août 2020 à 12h38Temps de lecture 3 min

  • Une nouvelle historique pour le continent africain. L’OMS doit certifier ce mardi 25 août que ce dernier est « exempt de poliovirus sauvage ». Les derniers cas de « polio » sont apparus il y a quatre ans maintenant dans le nord-est du Nigeria, une région dévastée par un conflit contre les djihadistes de Boko Haram.

« Grâce aux efforts déployés par les gouvernements, le personnel soignant et les communautés, plus de 1,8 million d’enfants ont été sauvés » de cette maladie, se réjouit l’OMS dans un communiqué publié avant cette annonce historique, qui constitue une étape cruciale dans l’éradication mondiale de cette maladie.

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L’annonce officielle, par visioconférence à partir de 15h GMT, réunira notamment le directeur général de l’OMS, l’Ethiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus, sa directrice régionale pour l’Afrique, Matshidiso Moeti, les milliardaires et philanthropes nigérian Aliko Dangote et américain Bill Gates.

« Formidable victoire »

« Une formidable victoire, une délivrance », pour le Dr Tunji Funsho, du comité Polio Nigeria de l’association Rotary International, qui s’est confié à l’AFP. « Cela fait plus de 30 ans que nous avons lancé ce défi. Dire que je suis heureux, c’est un euphémisme ! », se réjouit le médecin nigérian, qui a consacré sa vie à cette cause.Quatre histoires exemplaires dans la lutte contre les épidémies

Provoquée par le « poliovirus sauvage », la poliomyélite est une maladie infectieuse aiguë et contagieuse qui touche principalement les enfants. Elle attaque la moelle épinière et peut provoquer une paralysie irréversible.

Elle était répandue partout dans le monde jusqu’à la découverte d’un vaccin dans les années 1950. Les pays les plus riches y ont eu rapidement accès, mais l’Asie et l’Afrique sont longtemps restés des foyers infectieux importants. En 1988, l’OMS dénombrait 350 000 cas à travers le monde et encore plus de 70 000 cas rien qu’en Afrique en 1996.

Mais grâce à une rare prise de conscience collective et à d’importants efforts financiers (19 milliards de dollars ont été investis dans cette lutte sur 30 ans), seuls deux pays au monde comptent encore des contaminations par le « poliovirus sauvage » : l’Afghanistan et le Pakistan, qui ont respectivement 29 et 58 cas à leur actif en 2020.

Acceptation progressive du vaccin

Epicentre de la maladie dans le monde au début des années 2000, le Nigeria, géant africain de 200 millions d’habitants, figurait encore il y a peu à leurs côtés. Dans le nord musulman, sous la pression des milieux salafistes, les campagnes de vaccination « antipolio » s’étaient interrompues entre 2003 et 2004, accusées par la rumeur d’être l’outil d’un vaste complot international pour stériliser les musulmans.Une invasion massive de criquets pèlerins : l’autre crise qui frappe l’Afrique et l’Asie

Un énorme travail a été mené avec les chefs traditionnels et religieux pour convaincre les populations de faire vacciner leurs enfants. « Les gens font plus confiance à leurs chefs qu’à leurs hommes politiques car nous vivons avec eux », explique à l’AFP Grema Mundube, chef communautaire à Monguno, ville de l’extrême nord-est du pays.« Nous leur avons parlé et avons vacciné nos propres enfants, et avec le temps, eux aussi ont accepté le vaccin ».

Pourtant, dès 2009, l’émergence du conflit contre Boko Haram a douché les espoirs d’avoir enfin éradiqué la maladie : en 2016, quatre nouveaux cas de poliomyélite étaient enregistrés dans l’Etat du Borno, au nord-est, foyer de l’insurrection djihadiste. « A l’époque, environ 400 000 enfants étaient hors d’atteinte de toute campagne médicale à cause des violences », se souvient le Dr Funsho.

Contexte sécuritaire tendu

La situation sécuritaire reste extrêmement volatile dans le Nord-Est du Nigeria, « les autorités locales, les agences humanitaires et tous les partenaires ont pris le taureau par les cornes pour trouver des solutions pour atteindre ces enfants », explique le Dr Musa Idowu Audu, coordinateur de l’OMS pour l’Etat du Borno.

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