Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Manœuvres stratégiques derrière la crise des coronavirus

Comme nous l’avions signalé ici dans un excellent article de Comaguer, les manœuvres se poursuivent, avec moins de soldats et plus de bombardiers nucléaires. La contribution exigée des Etats Européens va encore augmenter, on voit à quoi servent les campagnes contre la Russie ou la Chine, en violation des faits… (note et traduction de Danielle Bleitrach)

L’art de la guerre. Les pays européens de l’OTAN sont mis en garde par Washington: ils doivent continuer d’augmenter leurs budgets militaires pour “maintenir leur capacité à se défendre”. L’Italie devrait donc augmenter ses dépenses militaires, qui s’élèvent déjà à plus de 26 milliards d’euros par an

Manlio Dinucci

ÉDITION DU31/03/2020

PUBLIÉ30.3.2020, 23:59

Alors que la crise du coronavirus paralyse des sociétés entières, des forces puissantes se déplacent pour tirer pleinement parti de la situation. Le 27 mars, l’OTAN sous commandement américain est passée de 29 à 30 membres, intégrant la Macédoine du Nord.

Le lendemain – alors que l’exercice américain «Defender of Europe 2020» se poursuivait, avec moins de soldats mais plus de bombardiers nucléaires – l’exercice aérien et naval interarmées de l’OTAN a commencé avec l’Écosse avec des forces américaines, britanniques, allemandes et autres, qui dureront jusqu’à le 10 avril également avec des opérations terrestres.

Pendant ce temps, les pays européens de l’OTAN sont avertis par Washington que, malgré les pertes économiques causées par le coronavirus, ils doivent continuer d’augmenter leurs budgets militaires pour “maintenir leur capacité à se défendre”, visiblement contre “l’agression russe”.

Lors de la conférence de Munich du 15 février, le secrétaire d’État Mike Pompeo a annoncé que les États-Unis avaient exhorté leurs alliés à allouer 400 milliards de dollars supplémentaires pour augmenter les dépenses militaires de l’OTAN, qui dépassent déjà bien plus de 1000 milliards de dollars par an.

L’Italie doit donc augmenter ses dépenses militaires, qui s’élèvent déjà à plus de 26 milliards d’euros par an, soit plus que ce que le Parlement a autorisé à allouer en une seule fois pour l’urgence du coronavirus (25 milliards). L’OTAN gagne ainsi du terrain dans une Europe largement paralysée par le virus, où les États-Unis, aujourd’hui plus que jamais, peuvent faire ce qu’ils veulent.

Lors de la conférence de Munich, Mike Pompeo a violemment attaqué non seulement la Russie mais aussi la Chine, l’accusant d’utiliser Huawei et d’autres sociétés comme un “cheval de Troie du renseignement”, c’est-à-dire comme des outils d’espionnage. De cette façon, les États-Unis accroissent leur pression sur les pays européens pour qu’ils rompent également les accords économiques avec la Russie et la Chine et renforcent les sanctions contre la Russie.

Que devrait faire l’Italie si elle avait un gouvernement qui voulait défendre nos véritables intérêts nationaux? Elle doit tout d’abord refuser d’augmenter nos dépenses militaires, gonflées artificiellement avec les fausses nouvelles de “l’agression russe”, et la soumettre à une révision radicale afin de réduire le gaspillage d’argent public dans des systèmes d’armes comme le chasseur américain F-35.

Elle devrait immédiatement lever les sanctions contre la Russie, développer autant que possible l’échange. Elle devrait adhérer à la demande – présentée le 26 mars à l’ONU par la Chine, la Russie, l’Iran, la Syrie, le Venezuela, le Nicaragua, Cuba et la Corée du Nord – que les Nations Unies pressent Washington d’abolir toutes les sanctions, particulièrement néfastes lorsque les pays qui en souffrent sont touchés par le coronavirus.

L’abolition des sanctions contre l’Iran entraînerait également des avantages économiques pour l’Italie, dont les échanges avec ce pays ont été pratiquement bloqués par les sanctions des États-Unis.

Ces mesures et d’autres donneraient de l’oxygène, en particulier aux petites et moyennes entreprises étouffées par la fermeture forcée, elles mettraient des fonds à disposition pour l’urgence, en particulier en faveur des couches les plus défavorisées, sans pour autant s’endetter. Le plus grand risque est de sortir de la crise avec le nœud coulant d’une dette extérieure qui pourrait ramener l’Italie aux conditions de la Grèce.

Plus puissantes que les forces militaires, celles qui détiennent les leviers de décision même dans le complexe militaro-industriel, sont les forces de la grande finance internationale, qui utilisent la crise du coronavirus pour une offensive mondiale avec les armes de spéculation les plus sophistiquées.

Ce sont eux qui peuvent ruiner des millions de petits épargnants, qui peuvent utiliser la dette pour reprendre des secteurs économiques entiers. Décisif dans cette situation est l’exercice de la souveraineté nationale, non pas celle de la rhétorique politique mais la vraie qui, sanctionnant notre Constitution, appartient au peuple.

En France, appel du mouvement de la paix :

https://www.mvtpaix.org/wordpress/virus-et-guerre-stop-aux-manoeuvres-de-lotan-en-europe/

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Cet article de Manlio Dinucci est encore une fois très pertinent. Ayant vécu en Italie pendant 6 ans j’ai appris à connaître les spécificités de ce pays que je considère, bien que je soit rentrée en France pour des raisons familiales, comme mon pays de coeur. Quand j’ai recensé les sous-entendus NAUSEEUX véhiculés en choeur par nos médias inféodés au “bordel ambiant” ( passez-moi la trivialité de l’expression mais je suis une femme en colère… et depuis longtemps ) à savoir: -les ritals, ces machos sales et rigolards sont bien incapables de gérer cette gripette -ils ont un système de… Lire la suite »