« Ce que dit Macron, j’en ai rien à cirer » : ces grands patrons français ulcérés par l’appel à cesser d’investir aux États-Unis. Les nouveaux droits de douane annoncés par le président américain mercredi soir ont fait plonger les places boursières dans divers pays, mais Donald Trump a assuré vendredi qu’il maintenait le cap. En France, le président Emmanuel Macron a appelé à suspendre les investissements aux Etats-Unis, dans le cadre d’une riposte européenne qu’il souhaite « proportionnée » afin de laisser sa chance à la négociation avec les Américains.
Le ministre de l’Industrie Marc Ferracci a annoncé vendredi la tenue mardi à Paris d’un conseil national de l’industrie pour faire face à la crise commerciale déclenchée par la hausse des droits de douanes aux Etat-Unis. « Je convoquerai dès ce mardi un conseil national de l’industrie à Bercy, pour faire un point sur cette situation absolument exceptionnelle et préoccupante, avec l’ensemble des filières, et les représentants à la fois des employeurs et des salariés », a déclaré le ministre lors d’un déplacement chez Airbus près de Toulouse. Ce qui en soi ne serait pas une mauvaise idée si, comme d’habitude, le cadre déjà fixé n’en accentuait pas l’aspect purement formel.
Marc Ferracci, ministre délégué chargé de l’Industrie, le 23 septembre 2024© IAN LANGSDON / AFP
L’injonction présidentielle, au lendemain de l’annonce par Trump de droits de douane de 20% sur les importations en provenance d’Europe, n’a pas convaincu les grands groupes qui ont des projets au pays de l’Oncle Sam de tout stopper.
« Certains d’entre nous sont tombés de leur chaise », confie l’un des quelque 50 dirigeants d’entreprises français invités jeudi en fin d’après-midi à l’Élysée. Au lendemain de l’annonce par Donald Trump de droits de douane de 20 % sur les importations en provenance d’Europe, l’injonction du président de la République à suspendre tout projet d’investissement aux États-Unis a décontenancé les grands patrons français.
« On n’est pas en économie administrée », tonne le dirigeant d’un mouvement patronal. Et le PDG d’un géant du CAC 40 d’asséner sans détour : « Ce que dit Macron, je n’en ai rien à cirer. Nous avons des activités aux États-Unis. Il n’est pas question de les abandonner comme cela. Nous devons respecter nos engagements auprès de nos salariés, de nos clients et de nos actionnaires. » Un avis partagé par un dirigeant d’un producteur de spiritueux : « Il est hors de question d’arrêter d’investir aux États-Unis, surtout dans le marasme économique actuel. »
Notez que ce refus patriotique est affirmé par un « producteur de spiriueux … Les temps ont bien changés depuis les années 1950 encore dominées par l’influence du PCF et des « gaullistes » .
LES AMÉRICAINS EN AMÉRIQUE ! Film réalisé à la demande du Parti communiste, mais beaucoup de gaullistes partageaient ce rejet qui faisait l’unanimité de celles et ceux qui savaient lever le coude au comptoir avec le geste auguste qui sauve nos viticulteurs. De quoi entrer en résistance et visiter la Saône-et-Loire, se moque Daniel Mermet de là bas où j’y suis.
Raymond Vogel, « Les Américains en Amérique ! », 1950 (extrait) par Là-bas si j’y suis
On peut plaisanter et certains ne se priveront pas de se moquer de ce petit film, mais il faut noter que quand ils ont la bride sur le cou les patrons s’ils ne suivent pas les consignes de boycott des investissements puisqu’ils ne sont pas « en économie administrée » ne se privent pas d’en réclamer toujours plus de contraintes sur les salariés pour la « compétitivité » . Si aujourd’hui lever le coude au comptoir est considéré comme « franchouillard » la tolérance à d’autres drogues, y compris au sein de l’Assemblée nationale, en revanche est prônée et son interdiction relèverait d’un « moralisme »inadmissible .Donc c’est simplement le refus du peuple qui s’exprime, pas celui de l’accoutumance contre laquelle l’accord se fera aisément en terme de santé publique…
Et avec le refus quasi folklorique de ce « populo », il risque malheureusement un mépris de classe, et l’acceptation de faire payer à la classe ouvrière, aux couches populaires les effets des dits droits de douane, et c’est bien ce qui se dessine… Parce que Macron, même quand il propose au patronat de ne pas investir n’a aucun moyen d l’y contraindre et il refuse d’en prendre qui pourrait si peu que ce soit paraître une contrainte comme par exemple la nationalisation fut-elle temporaire de la dernière aciérie existante. Comment défendre la souveraineté, la sécurité, combattre les droits de douane si on cède là dessus. Alors que les effets inflationnistes de la guerre économique risquent d’engendrer une flambée dans ce domaine comme dans d’autres. Il y a la fois un vocabulaire technocratique et une méconnaissance générale de ce qu’il recouvre. Qui sait exactement ce qu’est une récession, les relations à l’importation ? et tout le travail politique de vulgarisation des causes et conséquences échappent au peuple, le rôle des « commissions » technocratiques n’aide pas à définir des priorités, le danger essentiel dont il faut se prémunir.
Et on se retrouve alors en ce qui concerne la riposte aux droits de douane, avec le fait qu’elle doit être « proportionnée » à qui et à quoi exactement ? .. Pour Marc Ferracci, dans cette période de turbulences, il est important « d’éviter l’escalade », on remarquera la différence entre cette riposte aux droits de douane des Etats-Unis et la manière téméraire de s’engouffrer dans l’industrie de guerre contre la Russie. Qui a jamais établi un bilan des deux ripostes et au profit de qui chacun d’entre elles intervient.
« Nous allons avoir une analyse extrêmement fine. Nous attendons que toutes les filières industrielles nous fassent remonter leurs analyses sur ce que doit être le bon niveau de réponse. Les mots d’ordre c’est l’unité, le travail collectif dans le diagnostic« , a-t-il ajouté.
Or il est établi qu’une récession (à savoir deux mois consécutif de baisse dans le PIB) peut très bien concerner un secteur esssentiel alors que d’autres se maintiennent apparemment. Quand la Chine riposte, elle vise là où c’est sensible, d’abord les produits agricoles ensuite elle restreint l’accès aux terres rares et enfin elle porte plainte auprès de l’Organisation mondiale du commerce et elle peut compter sur une population pratiquant le boycott. Il est clair que ces pratiques ciblés de surcroit anticipent également sur des effets plus généraux inflationnistes et donc susceptibles de ramener à leur plus simple expression les gains espérés des tarifs douanier avant même que soient envisagées des industries de substitution. Quelle est exactement la sttratégie française et en dehors d’un effet d’annonce en appelant au parotisme des chefs d’entreprise il n’y a aucune place pour l’interventon des couches populaires pourtant les premières spoliées.
Le ministre a averti que cette crise commerciale risquait de « déstabiliser l’ensemble des chaînes de valeurs mondiales, ce qui peut amener à des hausses de prix pour les consommateurs, des destructions d’emploi pour les entreprises. Bref, cela ressemble beaucoup à une guerre qui serait déclarée au plan économique alors même que l’on continue à entretenir des « coalitions » contre l’adversaire des Etats-Unis dont le coût est toujours plus élevé.
C’est en mesurant la capacité des forces politiques de gauche à favoriser l’intervention sur l’essentiel que doit s’estimer le patriotisme réel celui pour qui la nation est d’abord un peuple.
Accélérer l’agenda de compétitivité européenne
Dans le contexte économique actuel, il faut « accélérer notre agenda de compétitivité européenne » et « agir de manière résolue sur les prix de l’énergie, le coût du travail », a dit le ministre. Les prix de l’énergie n’iront pas jusqu’à remettre en question la manière dont on le sait maintenant les USA du gentil Obama, puis Biden ont organisé la guerre avec la Russie, en empêchant là encore de penser l’Europe de Brest à l’Oural. et de cela il ne sera pas plus question à propos de l’énergie que de l’équipement de la pseudo Europe fédérale de la défense s’est fait le chantre auprès des Etats-Unis, sans parler de ceux qui en Europe consacreront les 5% du budget réservé à l’armement à se battre pour une OTAN sous commandement américain. D’ailleurs Rubio est venu les rassurer, s’ils payent l’Amérique ne s’en ira pas…
« Il faut tenir compte de cette situation absolument exceptionnelle et en faire un levier pour aller encore plus vite dans les réformes », a estimé Marc Ferraci .
Le mal va être difficile à éradiquer tant il dure depuis des décennies
quand on est dans un système où le seul espoir de voir intervenir un changement passe comme aux Etats-Unis par la promotion d’un individu pour qui la dénonciation du mal profond touche à l’Etat et à la confiance du citoyen dans ses institutions au point d’élire un anarchiste radical qui ne pense qu’à sa propre promotion et à celle de ceux qui lui sont loyaux, il parait difficile de reconstruire la confiance dans le collectif. Le cas non seulement du rassemblement national mais d’une droite et d’un centre qui à la manière d’un Retailleau ou même d’un Attal doublent tous les autres ministères sur le mode de l’exploitationdu fait divers. La destruction du syndicat de la magistrature, du personnel enseignant, tous soupçonnés de « gauchisme » dans les moeurs, assure peut-être la promotion d’un candidat à la présidentielle mais c’est au prix d’une destruction en profondeur de l’adhéson aux institutions républicaines. Ce qui conduit au fascisme, c’est-à-dire sur le fond à la destruction de toute capacité pour le monde du travail de défendre ses intérêts.
Quand par un effet miroir le patriotisme est considéré comme la manifestation du chauvinisme par une gauche qui se prétend radicale mais fait porter tous ses coups sur les mêmes, la situation s’avère aussi catastrophiqe que celle des démocrates aux Etats-Unis qui deviennent le visage de la corruption mondaine, minoritaire comme risque de l’être Glucksman et autre Hollande qui ont suivi la même voie celle aujourd’hui de l’armement de l’UE.
Pour Trump, et il semble qu’il y croit, c’est même la seule foi pour laquelle on puisse le créditer de sincérité, les droits de douane sont unee sorte de baguette magique capable de réindustrialiser son pays, rééquilibrer la balance commerciale et éponger le déficit commercial. Y a-t-i parmi ceux qui n’osent pas l’affronter un seul qui partage cette croyance? Donald Trump a affirmé vendredi qu’il ne “changerait jamais de politique”. Il s’est adressé droit dans ses bottes : “Aux nombreux investisseurs qui viennent aux Etats-Unis investir d’énormes montants d’argent, sachez que je ne changerai jamais de politique. C’est un bon moment pour devenir riche, plus riche que jamais !”, a-t-il déclaré… alors que les marchés boursiers aux Etats-Unis continuaient de dévisser ; le Dow Jones reculait de 2,75% à l’ouverture vendredi, l’indice Nasdaq perdait 3,49% et l’indice élargi S&P chutait de 3,31%. La veille, l’indice Nasdaq avait connu sa pire séance depuis mars 2020, et l’indice élargi S&P 500 sa plus forte baisse en clôture depuis juin 2020.
Sur quelle base donc tous ces gens, chacun à leur manière se construisent des idéologies compatibles à la coexistence avec cette foi ? Au point de chercher l’adversaire partout là où ils sont assurés de ne point y affronter cette réalité? C’est cela et rien d’autre qui témoigne de la profondeur du mal qui frappe la vie politique française et qui rend toute issue difficile.
danielle Bleitrach
Voici la couverture de notre livre qui est chez l’imprimeur et devrait paraître le 25 avril , .agrandir l’image pour lire la quatrième de couverture, qui comme notre blog s’inscrit à contrecourant des analyses qui ne situent pas la politique de Trump dans la crise de l’hégémonisme et donc ne favorisent pas l’intervention populaire pourtant indispensable.

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