Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Juliette Greco, une grande amie des communistes français

Paru dans la Pravda et traduit par Marianne Dunlop. Cela nous donne l’occasion de parler de Juliette Greco, mais aussi de saluer le nouveau correspondant de la Pravda en France, le camarade Doultsev, qui semble avoir à coeur de renouer des liens jusqu’ici assez distendus entre communistes russes et communistes français. Cela fait partie des avancées depuis le 38 e Congrès et celui-ci ne peut que réjouir les internationalistes. (note de Danielle Bleitrach)

10/04/2020

https://www.kpu.ua/ru/97223/bolshoj_drug_frantsuzkyh_kommunystov_zhjulett_greko

Juliette Greco, une grande amie des communistes français

10/04/2020 

https://www.kpu.ua/ru/97223/bolshoj_drug_frantsuzkyh_kommunystov_zhjulett_greko

Elle est née à Montpellier et a grandi dans le quartier parisien de Saint-Germain-des-Prés. Après le départ de sa famille de Paris en 1939, la mère de Juliette Greco fut un membre actif du mouvement de résistance dans le sud de la France jusqu’à son arrestation le 8 septembre 1943 par la Gestapo dans le département de la Dordogne.

Juliette Greco et sa sœur, rentrées à Paris après l’arrestation de leur mère, ont également été arrêtées par les nazis et incarcérées à Fresnes. Juliette, 16 ans, a eu de la chance: elle a été libérée au bout de trois semaines. Mais sa mère et sa sœur aînée ont été envoyées au camp de concentration des Ravensbrück par les envahisseurs allemands. Elles n’ont pu rentrer en France qu’en 1945, après la libération du camp par l’Armée rouge.

Libérée de prison, Juliette Greco a trouvé refuge auprès de l’amie de sa mère Hélène Duc, qui a très tôt discerné le talent de la jeune fille et a conseillé à Juliette d’aller à l’école d’art dramatique. Après trois ans d’études, Greco obtient son premier rôle dans la pièce de Roger Vitrac “Victor ou les Enfants au pouvoir” au Théâtre de La Gaîté Montparnasse.

Lorsque Paris a été libéré en août 1944, Greco a rejoint l’Union de la jeunesse communiste française. Dans son autobiographie Jujube (1982), elle a rappelé: «Jujube décide de rejoindre l’Union de la jeunesse communiste. Elle voit le communisme comme le seul moyen de donner un sens à la vie. De justifier son existence – lutter pour la victoire – pour la vôtre, avec les autres, pour les autres. Ses souvenirs sont frais et les blessures causées par la torture nazie ne sont pas guéries. … Jujube déteste l’injustice. “

Dans le 6e arrondissement de Paris, Greco a dirigé le comité d’arrondissement de l’Union de la jeunesse communiste: “Jujube vend le journal Avant-garde” (organe central de l’Union de la jeunesse communiste de France. – N.D.E.), Jujube écoute les discours de Pierre Courtade (correspondant à Moscou de “Humanité” – Note . éd.) “.

Après la guerre, Juliette Greco rencontre Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir. En 1946, elle rencontre pour la première fois l’auteur-compositeur Jacques Prévert, qui présente à Greco deux textes: «Je suis comme je suis» et «Les Feuilles mortes». Sartre a écrit un poème pour Greco qui est devenu une chanson, «la rue des Blancs-Manteaux». Greco a pris des cours de chant auprès du compositeur Vadim Kosma. Depuis 1954, elle chante en duo avec Georges Brassens, et après le début des années 1960 avec Jean Ferrat.

Greco est devenue une star dans la France d’après-guerre, dépeignant la frustration et la pauvreté des Français après la Seconde Guerre mondiale dans ses chansons. Son image de cette époque se composait de vêtements noirs et de longs cheveux noirs flottants.

On ne peut manquer de noter la contribution exceptionnelle de Juliette Greco à la formation de la chanson politique française d’après-guerre: en 1967, lors de la célébration du 50e anniversaire de la Grande Révolution socialiste d’octobre, la chanteuse enregistre pour le mensuel littéraire et musical soviétique “Krougozor” la chanson de Jean Drezhak sur la musique de Philippe Gérard “Octobre”, et en 1976 – la chanson “Paris populi”, dédiée à la Commune de Paris.

Greco est également connue pour ses rôles au cinéma: après de petits rôles dans le film Hélène et les hommes (1957), dans l’adaptation cinématographique du roman de Hemingway Le soleil se lève aussi, dans l’adaptation cinématographique du roman du même nom, La case de l’oncle Tom (1965), présentée en compétition au programme du IVe Festival international du film de Moscou, le talent d’acteur de Greco a été pleinement révélé dans la série télévisée Belphégor – le fantôme du Louvre (1965).

Tout au long de sa vie, Greco est restée fidèle à ses convictions politiques: elle a soutenu les grévistes et les étudiants, a participé activement au mouvement des femmes. En 1981, Greco a appelé à l’élection de François Mitterrand à la présidence, qui a formé un gouvernement de coalition avec les communistes.

En 1999, Greco a donné un concert dans le cadre de la fête du journal “Humanité”. En 2001, la chanteuse a subi une crise cardiaque et a quitté la grande scène. Jusqu’en 2017, Greco poursuit de petites activités de concerts et de variétés: en 2012, la chanteuse enregistre son dernier album “Ça se traverse et c’est beau”, dédié aux ponts parisiens. Dans une interview au journal L’Humanité, elle a déclaré: «Les ponts de Paris sont l’histoire de la France, l’histoire de la Révolution. Qu’avons-nous fait pendant l’occupation allemande? Nous avons fait sauter ces ponts. Pour nous, ces ponts étaient des lieux de vie et de mort. Après la guerre, les ponts de Paris sont devenus des lieux de rencontre pour les amoureux … Un pont c’est la vie: on se retrouve et on se sépare ici. Paris en vit. »

Juliette Greco est décédée le 23 septembre 2020 à l’âge de 94 ans.

Le secrétaire national du Parti communiste français Fabien Roussel a exprimé ses sincères condoléances à la famille du chanteur: «C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès de Juliette Greco. Interprète des chansons des poètes les plus célèbres de l’époque, Greco tout au long de sa carrière s’est distinguée par un répertoire étonnant, elle nous a laissé un riche patrimoine de chansons. Ses chansons sont la nourriture spirituelle des Français depuis des décennies. Avec respect et douleur, nous nous souvenons de cette grande amie des communistes, de cette grande voix et de cette femme sensible qui, comme personne d’autre, a su nous inspirer avec ses chansons ».

Andreï Doultsev

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