Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Mort subite d’André Vltchek

LE 25 SEPTEMBRE 2020

Dans cet article de Counterpunch nous avons des précisions sur la fin d’André Vltchek. Il est mort d’épuisement, de souffrance pour être allé jusqu’au bout de l’état horrible du monde… de la perte de l’URSS, de cette gigantesque tromperie et de toute l’hypocrisie des tortionnaires de l’humanité… L’émotion qui nous étreint à cette lecture est celle de la perte d’un camarade, un vrai communiste (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoire et societe)

Par ROBERT HUNZIKERFacebookTwitterRedditMessagerie électroniquehttps://dissidentvoice.org/wp-content/uploads/2020/09/In-Kenya-during-Al-Shabaab-standoff-e1600913264833.jpg

Au Kenya pendant l’impasse d’Al-Shabaab

NOTE DE L’ÉDITEUR : CounterPunch a reçu la nouvelle de Rossi Indira, la compagne d’André qui était avec lui au moment de sa mort, qu’André est mort de complications du diabète. André était très malade depuis plusieurs semaines avant sa mort, il pouvait à peine marcher et une de ses jambes était paralysée. Rossi nous dit qu’il a également refusé un traitement médical. Les funérailles d’André ont lieu à Istanbul. Pour une liste complète des articles qu’il a écrit pour CounterPunch, s’il vous plaît visitez sa page auteur.

Exposer les mensonges de l’Empire (PT. Badak Merah Semesta, 2015) m’a d’abord présenté le remarquable journalisme d’André Vltchek, mêlant des récits inoubliables de l’impérialisme occidental et du fondamentalisme capitaliste. Il est largement considéré comme l’un des penseurs les plus doués du monde, et même si je ne le connaissais pas personnellement, j’avais toujours hâte de lire ses articles. Ses paroles sont nées d’une expérience personnelle directe sur les lignes de front des champs de bataille ou partout où l’humanité a souffert et lutté. Il parcourait des bidonvilles ainsi que des palais et des villages qui avaient été bombardés. Il était un véritable révolutionnaire qui se battait pour la classe défavorisée, un communiste à vie et un défenseur du mondialisme chinois, qu’il a décrit comme bénéfique pour les anciens pays colonisés à travers le monde.

Philosophe, cinéaste, journaliste d’investigation exceptionnel, il manquera à des millions d’anonymes parce qu’il a combattu pour la justice et la dénonciation des forces du colonialisme, passées et présentes.

Il est mort subitement au milieu de la nuit du 22 septembre alors qu’il voyageait dans une voiture avec chauffeur avec sa femme à Samsun sur la mer Noire en Turquie à Istanbul. Quand ils sont arrivés tôt le matin à l’hôtel, sa femme a essayé de le réveiller, mais il était mort. La police turque a ordonné une analyse médico-légale de sa mystérieuse mort inattendue.

Il a dénoncé les atrocités commises de l’Afghanistan à la Syrie, en Irak, en Iran, au Soudan, en Argentine, au Chili, au Pérou, à Hong Kong et au Xinjiang. Non seulement il a exposé la cruauté des élites dirigeantes par la plume, il a voyagé pour voir ce qui était vrai, ce qui était faux, ce qui était horrible. Suivre ses traces conduit à une litanie inquiétante de l’ « horreur ».

Ce n’est que récemment à Hong Kong qu’il a accordé une interview vidéo personnelle de 20 minutes à DotDotNews. Voici un lien vers André Vltchek racontant sa propre histoire. C’est vraiment une histoire remarquable:

Dans l’interview, il déclare : « Je me bats contre tout ce qui pourrait être décrit comme de l’impérialisme… comme quelque chose qui renverse les gouvernements des gens … impose de force une idéologie aux gens… fondamentalement, ce que l’Occident fait depuis des décennies et des siècles à travers la domination colonialiste, puis impérialiste du monde … Donc, je vais partout où les pays sont détruits.

Au Timor oriental, où il filmait en 1996, l’armée indonésienne l’a arrêté et pendu au plafond et torturé pendant 24 heures. Par la suite, il n’a pas pu utiliser son bras gauche pendant un an. Il faisait un reportage sur le coup d’État indonésien soutenu par les États-Unis en 1965 dans un film intitulé « Downfall », produit et réalisé par André. Il lui a fallu 15 ans pour terminer le film au cours de laquelle il a été condamné à mort à deux reprises. Il est probablement l’un des seuls journalistes au monde dont le corps est rempli de cicatrices de combat par la torture et /ou la proximité directe des zones de combat.

Dans ses mots: « L’état horrible du monde que j’ai vu dans tous les pays dans toutes les parties du monde dans plus de 160 pays … Je suis convaincu que seule la lutte contre l’impérialisme peut sauver des milliards d’êtres humains qui sont torturés et détruits depuis tous ces siècles… L’impérialisme occidental est le seul problème de cette planète.

RIP André Vltchek.

Robert Hunziker vit à Los Angeles et peut être joint à rlhunziker@gmail.com.

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