Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Le chemin de la vérité est le chemin du développement

C’est un texte très important signé par Gennady Zyuganov, président du Comité central du Parti communiste russe.
Petr Symonenko, premier secrétaire du Comité central du Parti communiste d’Ukraine et Alexey Sokol, premier secrétaire du Comité central du Parti communiste biélorusse.A quelle occasion celle des élections présidentielles en Biélorussie ce dimanche. les péripéties n’ont pas manqué entre le président biélorusse Loukachenko et la Russie, les tensions ont été nombreuses avec y compris l’accusation d’une ingérence russe en fait provoquée par les fascistes ukrainiens. Ce texte aborde cette situation et développe une vision de ce que devrait être le monde russe auquel les trois pays appartiennent, son apport au reste de ‘humanité. Au delà de l’actualité c’est un trés beau texte sur “l’âme” révolutionnaire russe. (note de Danielle Bleitrach et traduction de Marianne Dunlop)

https://kprf.ru/party-live/cknews/196318.html

Aux citoyens de la République du Bélarus.

Chers Biélorusses, chers amis!

Cette année est spéciale pour tous les peuples de l’Union soviétique. Il y a 75 ans, nos pères et nos grands-pères, endurant des souffrances incalculables, ont détruit l’ennemi dans son propre repaire. Chaque année, le 9 mai, nous ressentons particulièrement fortement le lien inviolable des peuples du Bélarus, de la Russie et de l’Ukraine.

L’Occident uni a créé une machine de mort agressive pour s’emparer de «l’espace de vie à l’Est». Dans les forêts de Biélorussie, les steppes d’Ukraine et dans les plaines de Russie, cette terrible machine a été détruite. Les colonialistes européens ont reçu une rebuffade appropriée. Notre patrie soviétique commune a arrêté la propagation du mal universel du fascisme sur la planète.

Tous les peuples de l’URSS envoyaient leurs fils au front, travaillaient dans les usines et dans les champs, partageaient leurs dernières ressources, rapprochant la Victoire. Dans le même temps, l’exploit de la Biélorussie est sans précédent. Les défenseurs de la forteresse de Brest et les participants à la défense de Moguilev se sont couverts d’une gloire sans faille. Le mouvement partisan et la lutte clandestine ont pris des proportions énormes. Plus de 400 000 personnes ont combattu dans les rangs de la résistance antifasciste.

À la suite de la brillante opération Bagration, la Biélorussie a été débarrassée des envahisseurs. Mais les blessures n’ont pas cicatrisé pendant longtemps. La république a perdu un habitant sur trois. Khatyn et des centaines d’autres villages sont devenus des monuments de la douleur humaine. L’ensemble de l’Union soviétique a fait sortir la Biélorussie des ruines.

Mai 1945 est devenu le triomphe du socialisme, du pouvoir soviétique et de l’amitié des peuples. La victoire a donné à la planète des décennies de paix et de progrès. Le système Yalta-Potsdam, malgré les tentatives de le détruire, continue d’empêcher l’humanité de sombrer dans le chaos de la destruction mutuelle.

Après la destruction perfide de l’URSS, le souvenir de l’héroïsme de nos ancêtres est devenu un pont de l’histoire, nous reliant nous et les pages glorieuses du passé. L’étoile directrice de la Grande Victoire nous montre la route vers l’avenir – la route d’une étroite coopération fraternelle. Lorsque la crise mondiale s’aggrave, il est difficile pour un pays de survivre seul face à la déstabilisation mondiale. Le salut réside dans l’intégration. Le noyau du rapprochement est la mémoire historique commune et notre fraternité.

La Biélorussie garde cette mémoire sacrée. Il n’y a pas eu de «réévaluation de l’histoire». Il n’y a pas eu sous ce terme rusé de profanation cynique du passé. En Biélorussie, ce ne sont pas des hommes de main fascistes comme Bandera et Shukhevych, Vlasov et Krasnov qui sont glorifiés, mais de vrais héros qui ont défendu leur terre natale contre des envahisseurs sanglants.

Le choix en faveur de la vérité a été confirmé par la création du Musée d’État de l’histoire de la Grande Guerre patriotique dans la ville-héros de Minsk. Jour et nuit, le drapeau rouge de la victoire flotte fièrement au-dessus de son dôme. Les membres de nos partis ont chaleureusement accueilli l’attribution du prix Lénine au collectif de ce musée unique. Et le 9 mai, jour de la victoire, des millions de résidents de nos pays regardent avec enthousiasme la diffusion du défilé dans la capitale biélorusse. Le pas martelé des rangs des soldats et le vrombissement des engins de combat sont répercutésà des milliers de kilomètres de Minsk. Les sons de l’orchestre et les chansons soviétiques préférées remplissent nos cœurs de joie et de fierté pour la Biélorussie fraternelle, qui vénère profondément la mémoire sacrée.

Et tout cela n’est pas fait pour le spectacle. Cette ligne politique de la Biélorussie se manifeste en tout. Dans l’éducation patriotique dès l’âge préscolaire. Politique d’information sans falsifications et vulgarité. Dans la culture, il n’y a aucun respect pour des «Bataillons disciplinaires» et des «Bâtards», films médiocres et trompeurs. C’est le seul moyen d’éviter la génération d’ « Ivan ayant oublié d’où il vient ». Sinon, la masse sans racines, empoisonnée par le cynisme et le consumérisme, foulera aux pieds tous les nobles idéaux. Dans un tel environnement, inutile de penser à une quelconque souveraineté. Seules des gens pour qui le courage, la noblesse, le patriotisme ne sont pas un vain mot sont capables de défendre leur pays d’origine.

Le Bélarus montre un exemple d’attitude honnête envers le passé et en tire un exemple pour l’avenir. Il a résisté à l’ouragan désastreux du marché qui a fait rage dans l’ex-URSS. Malgré l’effondrement des liens économiques et le manque de riches gisements, la république a créé une économie développée. Comme l’Union soviétique en 1941, elle ne s’incline pas devant les «caïds» du monde, ne s’incline pas devant les délégations du FMI, ne leur donne pas la richesse nationale accumulée par le travail et la sueur.

La Biélorussie ne s’est pas dissoute dans «l’espace économique européen». Elle n’a pas été victime des multinationales. Elle n’est pas devenu un vassal de l’Occident. Ni n’a perdu sa dignité et sa souveraineté. Elle ne s’est pas soumise aux fonctionnaires étrangers. Elle est devenu un point de référence pour les forces courageuses et de réflexion nationale dans le monde moderne.

Dans un contexte de fortes pressions extérieures, le peuple biélorusse a résisté, préservé son identité, sauvé les traditions et la culture de l’impact destructeur de «valeurs» douteuses. Le Bélarus avance avec confiance sur la voie du développement économique et social durable, de la consolidation de la société et du renforcement de l’État.

La construction mécanique, la métallurgie, le raffinage du pétrole, la pharmacie, les industries légères et du bois ne sont qu’une partie de la puissante industrie biélorusse. Plus de 60 pays du monde reçoivent les produits de l’usine de tracteurs de Minsk. Ses usines d’assemblage sont situées en Russie, au Kazakhstan, en Ouzbékistan, en Ukraine, en Serbie, au Pakistan, au Venezuela et dans d’autres États. Un camion à benne basculante sur trois dans le monde est produit en Biélorussie, et les célèbres BelAZ sont des leaders reconnus à l’échelle mondiale. Les réfrigérateurs et les appareils ménagers des usines Atlant et Gefest sont largement achetés en Europe et en Asie. Les exportations biélorusses sont pour un tiers, de haute technologie et à forte intensité scientifique. Des entreprises de 67 pays du monde commandent des produits logiciels issus du parc biélorusse des hautes technologies.

L’agriculture a remporté de grands succès grâce à un soutien gouvernemental compétent. Les produits alimentaires fabriqués en Biélorussie sont un modèle de qualité à des prix abordables.
Il est important que les profits ici ne finissent pas dans les poches des oligarques, ne soient pas envoyés à l’étranger, mais servent le bien de la société. L’ONU détermine chaque année l’indice de développement du capital humain. Selon cette note globale, la Biélorussie fait partie de la catégorie des pays avec des indicateurs très élevés. La santé et l’éducation ont échappé ici à une «optimisation» destructrice. En faveur de la Biélorussie joue la manière dont le pays parvient à faire face à l’infection à coronavirus. Le taux de mortalité en termes de population est presque la moitié de celui de la Russie.

Tout ce qui précède serait impossible sans une direction avisée. Le critère de sélection des cadres dans la république est le patriotisme et le professionnalisme. Le succès vient lorsque les intérêts du peuple sont au centre des politiques publiques. Nous l’avons vu dans l’exemple de l’ère léniniste-stalinienne en URSS. Nous voyons cela en Chine et au Vietnam. Le Bélarus montre également un exemple de solidité. Il combine les conquêtes du passé avec les dernières réalisations de la science et de la technologie. Tout cela permet au pays d’affronter l’avenir avec confiance.

Les méthodes de réglementation et de planification de l’État aident l’économie nationale du Bélarus à se développer de manière dynamique. Le peuple biélorusse fait toujours preuve de sagesse, évite les conflits internes et les bouleversements qui peuvent mettre en péril toutes les réalisations et tous les succès.

A la veille des élections présidentielles, on assiste à nouveau à une tentative non déguisée d’ingérence étrangère dans les affaires de la république. Ses organisateurs ne cachent pas leurs objectifs: empêcher l’élection du président Alexandre Grigorievich Loukachenko. Et cette tentative n’est pas la première. Nous nous souvenons des événements de 2010 et les raisons sont bien comprises. La Biélorussie est devenue la cible de provocations à grande échelle en raison du désir de vivre de leur propre manière et de leur travail. Dans les «fringantes années 90», seul son peuple a pu arrêter la vengeance du capitalisme de gangsters.

Ayant soutenu l’équipe de Loukachenko aux élections présidentielles, les Biélorusses n’ont pas permis leur asservissement. Aujourd’hui, nous voyons les résultats de ce choix crucial. Alors que la désindustrialisation était en cours dans d’autres républiques, le Bélarus développait son potentiel industriel. Pendant que les entreprises agricoles des voisins étaient détruites, des agrovilles ont été soigneusement construites sur les terres bélarussiennes. Les Bélarusses n’ont pas reconnu la destruction brutale des instituts et des écoles, des hôpitaux et des cliniques. Au contraire, une grande attention est accordée au développement de la science, de la culture et des soins de santé.

Un ouvrier est respecté en Biélorussie. Les gens sont aidés pour résoudre des problèmes urgents, recevoir un logement et un premier emploi. Il crée des chances égales de départ pour les jeunes et les retraités et les personnes handicapées bénéficient d’une sécurité sociale décente.

La Biélorussie est aujourd’hui un pays à l’économie diversifiée, où l’État organise la réalisation des objectifs de développement stratégique et soutient raisonnablement l’initiative privée. Il n’y a pas ici de stratification sociale aiguë ni de conflits ethniques sanglants.

Bien sûr, les réalisations de la république pour le Bélarus sont des choses familières et quotidiennes. Et c’est pourquoi ils semblent si naturels. Mais nous, vos voisins, savons que ce n’est pas le cas. Nous savons à quoi mènent les appels démagogiques à «vivre comme en Europe». Nous avons vu des géants industriels tomber en ruines, des villages vidés, des enfants qui ne reçoivent pas une éducation adéquate, des retraites se transformer en centimes et des prestations annulées. Cela nous a appris une vérité simple: il y a des réalisations et des valeurs qu’il faut absolument conserver. C’est tellement douloureux quand elles sont enlevées!

Aujourd’hui, nous assistons à des tentatives d’organiser une «rébellion de couleur» en Biélorussie. Et cela mène toujours à de gros problèmes. La vie du travailleur empire. Les positions des capitaux étrangers se renforcent. Au service des provocateurs, se met en place un nationalisme enragé, générateur de sang et de chaos.

Le masque de l’épidémie de coronavirus est incapable de cacher la crise mondiale du capitalisme. Les mondialistes recherchent de toute urgence de nouvelles sources de profit, pas encore «maîtrisées». C’est par eux que la Biélorussie a été si cyniquement ciblée. L’«internationale oligarchique» essaie effrontément de mettre ses pattes dans la poche de chaque Biélorusse. Ne les aidez pas! Faites attention! Prenez grand soin de ce que vous avez créé!

Nous nous adressons aux citoyens biélorusses avec un appel à ne pas succomber aux doux discours des aventuriers politiques. Les entreprises qui vous donnent des emplois sont des concurrentes d’entreprises étrangères. Vos champs bien entretenus sont des profits perdus pour les monstres agraires avec leur substitut génétiquement modifié. Les dépenses sociales de l’État sont les nouvelles villas et yachts non achetés par les oligarques. Souvenez-vous de cela! La vie ce n’est pas des vacances continues. Des difficultés sur le chemin peuvent être rencontrées. Mais ce n’est pas une raison de livrer votre propre pays au pillage. Ne répétez pas les erreurs de vos voisins!

Notre sympathie pour le peuple travailleur et pour Loukachenko est tout à fait compréhensible. Nous apprécions toujours la politique de principe, le patriotisme et la protection des intérêts du peuple. En l’année du 75e anniversaire de la Grande Victoire, nous exprimons notre profonde gratitude au peuple biélorusse et au Président du pays pour avoir préservé la vérité historique. Nous admirons les sages qui n’ont pas rejeté les réalisations de l’ère soviétique et ont choisi la voie de la fraternité, du développement et du souci des générations futures.

L’espace de l’URSS est notre patrie commune. Nous percevons ce qui se passe ici avec une attention et une douleur particulières. Après la destruction perfide du pays uni, des dizaines de conflits aigus comme autant de profondes blessuresse sont étendus sur ses terres. Ils sont «soigneusement» allumés par les forces du capital transnational. Sous couvert de conflits internes, cela leur permet d’imposer leur volonté, d’asservir les peuples, de détruire le potentiel scientifique et de production, d’augmenter l’exploitation et de piller les ressources naturelles.

Il nous incombait d’assister au sanglant Maidan en Ukraine, qui a porté au pouvoir la racaille de Bandera, l’oligarchie et le crime. La foi des personnes trompées dans le «choix européen», ainsi que les biscuits empoisonnés de Victoria Nuland, s’est transformée en une guerre fratricide dans le Donbass, avec des milliers de morts, dont des femmes, des enfants et des personnes âgées. Des citoyens pacifiques d’Odessa ont été brûlés vifs à la Chambre des syndicats. Des millions de personnes ont été humiliées et volées.

C’est effrayant quand, 75 ans après la Grande Victoire, le terrible mot «guerre» est redevenu une réalité. Des mines et des obus tombent à nouveau sur la tête des civils. Aujourd’hui, en Ukraine, ils détruisent ce qui a été construit pendant des générations. De nombreuses industries meurent. Les restes de la médecine sont détruits. Les spécialistes quittent le pays.

Un danger particulier est ledédain de la vérité historique. L’héroïsation des complices d’Hitler, l’humiliation et l’insulte des soldats de l’Armée rouge, des partisans soviétiques et des combattants clandestins, des travailleurs du front intérieur, tous ceux qui ont donné leur force et même leur vie pour la victoire sont monstrueux. Les héritiers des fascistes et des politsai font tout pour détruire les monuments et effacer la mémoire du passé héroïque de nos peuples. Et l’inconscience engendre la folie!

L’âme souffre de penser que certains veulent saper la situation au Bélarus. Hélas, les habitants de la charmante république ne peuvent éviter le flot de potins et de fausses nouvelles. On cherchera à vous charmer avec les «valeurs européennes» et la «démocratie». Seulement à partir des grains de cette “céréale” empoisonnée, des fruits terribles poussent toujours avec un goût de sang et le poison de la pauvreté.

Tout le monde devrait comprendre: si des problèmes surviennent chez nous, nous ne pourrons pas nous cacher dans un pays étranger. Nous ne pouvons survivre que sur notre propre terre et seulement ensemble. Dieu nous préserve de répéter la tragédie de l’Ukraine!

Nous croyons à l’intelligence et au bon cœur de nos frères. Nous savons qu’il est difficile de tromper les Biélorusses. Nous condamnons fermement toute ingérence étrangère dans les affaires de la république. Les citoyens du Bélarus détermineront leur propre destin et, si nécessaire, défendront leur choix.

Chersamis! Les communistes sont convaincus que les idéaux du socialisme, de la justice et de l’amitié entre les peuples triompheront. Ensemble, nos pays peuvent former un monde grand et beau – une planète entière de bonté et de création. Soyons forts et sages face aux menaces. Aidons-nous les uns les autres et aidons ensembleceux qui ont besoin de notre soutien. Rendons notre monde meilleur et plus juste.

Gennady Zyuganov, président du Comité central du Parti communiste russe.
Petr Symonenko, premier secrétaire du Comité central du Parti communiste d’Ukraine.
Alexey Sokol, premier secrétaire du Comité central du Parti communistebiélorusse.

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Un texte qui peut etre etendu a tous les peuples de TOUTE l’URSS. Et a tous les communistes.