Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Parti travailliste: Les services de renseignement britanniques ont besoin d’aide ! par Catherine Winch

Catherine Winch, notre correspondante de Londres nous décrit la dérive du Parti travailliste qui en rajoute dans la servilité à la croisade de Trump face à la Chine ou à la Russie (note de Danielle Bleitrach)

Le rapport sur « l’ingérence russe » dans les affaires britanniques.

Ce rapport, écrit par le Comité Intelligence et Sécurité, vient d’être publié par le président du comité, élu avec le soutien des députés travaillistes.  Le précédent président avait retardé sa publication pendant 10 mois.

Le rapport ne donne aucune preuve d’une ingérence russe, à part quelques commentaires rédactés [redacted = recouvert d’un épais trait noir pour empêcher la lecture].

Aucun problème : les agences de renseignements britanniques n’ont pas trouvé de preuves parce qu’ils n’ont pas cherché !

Les députés travaillistes ont tout fait pour donner à ce rapport la plus grande publicité possible. Mercredi 22 juillet, dans la dernière session du parlement (questions au premier ministre) Starmer, le leader de l’opposition, a attaqué Johnson au sujet du rapport, employant les six questions allouées pour amplifier son attaque.

Dans le débat qui a suivi, les députés travaillistes ont continué l’attaque.

Voilà des extraits.  Le député travailliste Nick Thomas-Symonds:

« « jusqu’à récemment, le gouvernement avait fortement sous-estimé la menace russe et la réponse qu’elle exigeait”.

« Ce n’est pas moi qui le dis, mais l’accusation accablante de profondes défaillances systémiques dans l’approche du gouvernement en matière de sécurité que le rapport sur la Russie expose. Ce n’est pas tant que le gouvernement a étudié ce qui se passait et qu’il a manqué les signes. La vérité est qu’il a pris la décision consciente de ne pas regarder du tout, comme dans le cas du référendum de 2016. S’il y a un doute sur le fait que les ministres n’ont pas regardé, permettez-moi de dire à l’Assemblée ce que dit le rapport :

“Les preuves écrites qui nous ont été fournies semblaient suggérer que le gouvernement de Sa Majesté n’avait pas vu ou cherché de preuves d’une ingérence avérée dans les processus démocratiques britanniques”.

Qui a fourni les preuves écrites ? Si nous vérifions la note de bas de page, c’est le gouvernement lui-même. Pas étonnant que le gouvernement ait été si soucieux de retarder la publication du rapport. S’asseoir dessus pendant des mois et bloquer sa publication avant des élections législatives était un manquement à son devoir.

Nous n’avons aucun problème avec le peuple russe. C’est l’État russe qui est impliqué dans une litanie d’activités hostiles, de cyber-guerre, d’ingérence dans les processus démocratiques, de financement illicite et d’actes de violence sur le sol britannique. Le rapport constate un échec des départements de sécurité à s’engager dans cette question, au point que le Royaume-Uni est maintenant confronté à une menace de la Russie à l’intérieur de ses propres frontières. Le ministre reconnaît-il qu’il s’agit là d’une situation où le Royaume-Uni est, comme le dit le rapport, une cible de premier plan pour le régime russe ? Accepte-t-il également, en défendant les processus et le discours démocratiques du Royaume-Uni, qu’aucune organisation n’offre de leadership au sein du gouvernement ? Au lieu de cela, il s’agissait, selon les termes du rapport, d’une “patate chaude” passée de l’un à l’autre, sans qu’aucun organisme n’en assume la responsabilité globale.

Je remercie nos services de sécurité pour le travail qu’ils font, mais ils ont besoin d’aide, et le rapport indique clairement qu’ils n’ont pas reçu le soutien stratégique, les outils législatifs ou les ressources nécessaires pour défendre nos intérêts. Le rapport conclut que :

“Les récents changements dans les ressources pour contrer l’activité de l’État hostile russe ne sont pas (ou pas seulement) dus à une escalade continue de la menace, mais semblent être une indication d’un simple rattrapage”.

Quand le gouvernement cessera-t-il de faire du rattrapage ? Quiconque a vu la façon lamentable dont le Premier ministre n’a pas pu s’engager sur ce point lors des questions au Premier ministre sera extrêmement inquiet. Quand le gouvernement va-t-il traiter cette affaire avec le sérieux qu’elle mérite, donner suite aux conclusions du rapport et faire passer la sécurité de notre pays en premier ? »

D’autres députés ont pris le relai pour attaquer la Russie et pour accuser le gouvernement de Boris Johnson pratiquement de trahison.

Les motivations du leadership travailliste pour ce travail honteux sont multiples.  Une est d’essayer encore de délégitimer le résultat du referendum de Brexit (c’était les Russes, donc le résultat ne compte pas).

Pour flatter l’électorat ; les Britanniques sont dans l’ensemble très va-t-en guerre, dans toutes les couches de la société.  N’ont-ils pas gagné la deuxième guerre mondiale sans l’aide de quiconque ?  50% de britanniques interviewés 2018 en sont convaincus.  (https://yougov.co.uk/topics/international/articles-reports/2018/05/08/half-britons-think-britain-did-more-us-and-russia-).

Pour montrer qu’ils ont rompu entièrement avec Corbyn, qui est pacifiste.

Pour plaire aux Etats Unis.  La ministre des Affaires étrangères de l’opposition (c’est à dire travailliste) Lisa Nandy, est aussi anti Russe que anti Chinoise.  Elle applaudit la décision d’extirper toute trace de Huawei dans le système téléphonique britannique (ce qui va prendre des années et coûter des sommes astronomiques).  Cette décision a été finalement prise par le gouvernement Johnson sous la très forte pression des Américains, mais les Travaillistes applaudissent.

Que conclure ?  Concluons avec une curiosité. L’Irlande du Nord a son système particulier de partis politiques.  Un député du DUP (Democratic Unionist Party, protestant) a eu cela à dire dans le débat, et ses remarques ne sont pas tellement plus bizarres que celles des travaillistes :

Jim Shannon (Strangford) (DUP)

« Le ministre connaît les quatre cavaliers de l’apocalypse ; je crois que la Russie est l’un de ces cavaliers et un réel danger pour le monde libre. Le ministre peut-il préciser les leçons que nous avons tirées du rapport et qui nous aideront à contrecarrer la présence très réelle de l’ingérence russe, notamment dans les médias sociaux ? »

Quand on parle du système politique anglais, se méfier des simplifications : travailliste bon, conservateur méchant, ça ne marche pas dans le cas présent.  Surtout quand Johnson est dans le camp moins belliqueux et plus favorable au redressement économique du nord de l’Angleterre.  Certains dans le camp belliqueux et ultralibéral voudraient bien se débarrasser de lui.  Starmer va les aider.

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qui des gouvernants européens ou étatsuniens a remplacer hitler dans la désinformation. Il y a à l’heure actuelle-faillitte du capitalisme oblige- une course au plus menteur que moi tu crèves- espèrant que les peuples resteront sous leur dégueulis narcotiques encore longtemps.Quel gâchis. tout çà pour le pouvoir d’une poignée de milliardaires totalemeent tarés dont la paranoïa s’aggrave de jour en jour.Ils en sont arrivé au point que refusant de sortir de leur logique de profit immédiat il leur est devenu impossible de sortir de cette crise. et ce n’est pas les rugissements de Trump qui vont arranger les choses. L’occident… Lire la suite »

Il apparait ds cet article que le parti travailliste pro Union européenne est le moteur des intérêts , non de l’Angleterre mais des USA par sa croisade antirusse fanatiquement antichinoise. Ces fanatiques prennet comme démonstration la “rouste” démocratique que le peuple britannique a imposé aux promoteurs de l’esclavage européiste sous domination américaine. Une nouvelle faois les forces sociales démocrates apparaissent pour ce qu’elles sont antinationales et au service d’une puissance impérialiste majeure les USA. DE GAULLE classait les socialistes comme le parti américain avec quelques autres en FRANCE. En Angleterre idem. Que fait le PCF en alliance avec ces assassins… Lire la suite »