Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

La Chine a souffert mais n’est pas mal partie..

Tout un compte-rendu en anglais d’un texte officiel chinois est insatisfaisant , parce que beaucoup d’informations restent en surface.

Bien sur en lisant le discours du premier ministre même dans sa traduction anglaise , il paraissait évident que la Chine n’était pas où on l’attendait: disons à la mode de ce qu’avaient décidé les Etats-Unis et l’UE. On pensait qu’il y aurait un grand plan de relance comparable à ce qui avait été fait en 2008, mais là non au contraire il a été décidé de limiter l’endettement. Apparaissait aussi l’insistance sur le fait que charbonnier est maître chez lui à Hong kong. Les Taiwanais en ont conclu que c’était la fin de deux systèmes un pays, c’était un système un pays et Taïwan devait se le tenir pour dit. Ce choix, un défi, s’affirmait sans pour autant se lancer dans une course aux armements, en mobilisant le pays et en insistant sur la stabilité sociale. Mais voici selon un site qui apporte souvent des informations intéressantes sans être du tout c’est le moins que l’on puisse dire un supporter du socialisme, les conclusions d’un observateur installé aux Etats-Unis, qui parle Chinois. (note de danielle Bleitrach)

Le journaliste d’origine chinoise Wang Jian, installé depuis quelques années aux États-Unis, a un regard plus équilibré. Après une remarque amusée sur Xi Jinping, qui a applaudi le rapport de Li Keqiang, à l’inverse de l’an dernier, Wang relève les points importants :

1. Dans la lutte contre l’épidémie, la Chine a obtenu de grands résultats mais il faut continuer à rester vigilant.

2. Le ton principal est dans la formule « Le défi des risques 风险挑战 », qui appelle à ne pas baisser la garde en cette période compliquée.

3. Pour cette année exceptionnelle, la croissance n’aura pas d’objectifs. Pour Wang, les dirigeants locaux ont besoin de direction, ils ont des modèles et en fonction de leurs objectifs de croissances, ils savent quelles directives ils peuvent donner sur les montants des crédits à accorder et les investissements à mettre en œuvre ou attirer. Les économistes officiels relèvent que le Premier ministre a toutefois donné beaucoup de chiffres et de direction.


4. L’accent a été mis sur l’emploi, le bien-être et la société de « moyenne aisance, 小康 ».
On vise pour les villes cette année 9 millions de création d’emploi contre 13 millions l’an dernier et un chômage à 6%.
Le discours ne le dit pas, mais on comprend bien que l’économie n’est pas en forme. Rien de plus normal avec les secousses de la guerre commerciale l’an dernier et surtout un trimestre boxé par l’épidémie.

5. La dette va être portée à 3,6% du PIB. Elle va être augmenté de 1 000 milliards de yuans (160 milliards dollars) et dans le même temps 1000 milliards d’Emprunts d’Etats spéciaux lutte contre l’épidémie – 抗疫特别国债 – vont être créés, moins que prévu ; des analystes attendaient le double au moins. Apparemment, le souci est de contenir la croissance de la dette. Cette augmentation est destinée aux gouvernements locaux et surtout aux investissements dans les infrastructures et dans le  secteur sanitaire, ainsi que pour les dépenses dans la lutte contre l’épidémie sans oublier les besoins de maintenir un niveau de bien-être – les 6 stabilités et les 6 garanties. Les économistes pensent que les recette publiques vont baisser cette année de 8 à  9000 milliards de yuans. Par ailleurs, un plan d’investissement de 3 750 milliards est précisé.

6. Hong Kong : Wang Jian, ancien journaliste à Hong Kong, a la même opinion que ses confrères taïwanais. La réaction de la Chine pour contrer la contestation populaire sonne la fin de l’exception de Hong Kong. Les marchés boursiers ont fait écho hier à cette crainte avec une chute de 5,56% de l’indice Heng Seng et de 2,2% de la place financière de Shenzhen, de l’autre côté de la frontière. Pour Lui, le parti communiste chinois montre son ADN : combattre, 斗。Quand on regarde les 70 ans passés, les jours calmes sont minoritaires, la lutte et les combats sont omniprésents. La dernière lutte censée contre la corruption entamée avec l’arrivée de Xi Jiping a permis de mettre au pas tous ses ennemis, qui menaçaient son pouvoir. Avec Hong Kong, pas de répit.

Quelles que soient les opinions politiques des uns et des autres, il faut bien reconnaître, qu’après le gros retard à l’allumage jusqu’à mi-janvier, le gouvernement chinois a plutôt lutté avec efficacité contre l’épidémie et qu’il est bien armé pour mieux s’en sortir que les pays occidentaux. Les deux assemblées viennent de débuter, il est encore trop tôt pour tirer une conclusion. La seule vraie surprise concerne l’annonce sur Hong Kong. 
Comme le souligne le site du gouvernement, le discours de Li Keqiang a été interrompu trois fois par des applaudissements. Tout va bien alors !

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