Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Si nous sommes tous dans le même bateau, pourquoi votre patron n’était-il pas dans un train bondé aujourd’hui?

Cet article du Morning Star, le journal du parti communiste britannique a l’art et la manière de poser en termes simples les questions incontournables face à un gouvernement plus que défaillant. Le traçage de l’épidémie suit une piste de classe, il en est de même des solutions gouvernementalesn ne croyez pas que ce gouvernement à l’oeil sur les sondages, il se fiche de ce que vous pensez la seule chose qui lui importe c’est l’opinion des riches. Et bien évidement cela interroge sur ce qu’est cette démocratie et le test grandeur nature qu’est l’élection. (note et traduction de Danielle Bleitrach)

Illustration : Le Premier ministre Boris Johnson quitte le 10 Downing Street, Londres, pour la Chambre des communes, avant sa déclaration à la Chambre sur Covid-19

LA CONFUSION règne. Et si c’est la conséquence considérée de la politique gouvernementale ou le résultat inévitable d’une administration incompétente divisée sur la meilleure façon d’éviter la responsabilité des retombées de ce verrouillage défaillant est difficile à dire.

Le volontairement optimiste peut espérer qu’il s’agit d’incompétence. Ceux d’un intellect incurablement pessimiste concluront qu’il s’agit d’une politique.

D’une manière ou d’une autre, les statistiques racontent une sombre histoire, avec des groupes particuliers de travailleurs susceptibles de subir les conséquences les plus dommageables de la gestion maladroite de notre gouvernement de la crise des coronavirus.

L’extrême vulnérabilité à l’infection des Noirs et des minorités ethniques, le fait que les catégories clés de travailleurs des transports, de la vente au détail et des services sociaux connaissent une incidence plus élevée d’infection et de décès, que les hommes qui travaillent dans les professions les moins qualifiées ont le taux de la mort révèle les vérités qui sont le plus souvent cachées dans les discours officiels de la société de classe.

Chaque statistique nous dit que votre position dans la structure de classe de notre société de classe est le facteur le plus actif pour tracer la route empruntée par ce virus pendant son cheminement dans la société.

Si votre travail signifie que vous pouvez travailler à domicile dans un environnement sur lequel vous avez un contrôle décisif, alors vos chances de contracter cette infection, d’être hospitalisé et de mourir sont bien moindres que celles qui doivent se rendre au travail dans les transports en commun bondés, travailler à proximité des autres et dont l’environnement de travail est soumis aux prérogatives que la société de classe (et les lois qui soutiennent ses procédures) réservent à la classe employeuse.

Nous ne sommes pas tous dans le même bateau. Nous saurons que ce virus n’est maîtrisé que lorsque les patrons se rendent au travail dans les transports publics et lorsque les députés sont assis les uns sur les autres sur les bancs du Parlement.

Tant que le Covid-19 élimine le PDG et les cadres supérieurs avec rien de tel que la férocité qu’il nivelle les travailleurs sociaux et les chauffeurs de bus, nous ne pourrons jamais compter sur une approche impartiale pour gérer cette crise.

Si nos dirigeants, les riches qui n’ont pas besoin de travailler, craignent individuellement pour leur santé et leur vie, collectivement ils craignent davantage pour leurs profits.

Et c’est pourquoi les médias monopolistes ont mené la campagne corrosive de la semaine dernière qui, en augmentant les attentes de la fin du verrouillage, a affaibli notre détermination collective à rester chez nous.

Le Daily Telegraph, détenu par une paire de frères milliardaires nichés en toute sécurité sur un rocher détaxé de la Manche, et qui parle aux esprits conscients et inconscients des classes moyennes réactionnaires, dit à ses lecteurs que «les syndicats doivent pas faire obstacle aux progrès de la Grande-Bretagne. »

Le fait est qu’avec un gouvernement des riches et des titulaires de pouvoir, les syndicats sont notre meilleur obstacle à la progression de ce coronavirus.

Une argumentation spécieuse est avancée selon laquelle le NHS a été protégé, n’est plus vulnérable et que la production et les bénéfices peuvent reprendre.

Le sous-entendu tacite est que le NHS a prouvé sa capacité à gérer un débit continu de victimes et de mourants, et que le maintien d’un niveau tolérable de décès continus de coronavirus est un prix acceptable à payer pour la reprise de l’activité économique.

La mesure qui mesure la crédibilité du gouvernement est le niveau de soutien dont il bénéficie. Jusqu’au week-end, c’était dans les années 90. Aujourd’hui, il est divisé par deux.

Mais ne pensez pas un instant que ce gouvernement conservateur est exclusivement guidé par les chiffres des sondages. Ce n’est pas votre opinion qui compte, mais celle des riches et des puissants.

Suite de l'article
S’abonner
Notifier de
4 Commentaires
le plus ancien
le plus récent
Inline Feedbacks
View all comments

Bonjour Daniele,
J’ai un petit souci avec cet article qui me paraît intéressant mais dont la traduction (google?) n’est pas fameuse. J’ai voulu me reporter au texte original mais je ne l’ai pas trouvé sur le site du Morning Star. Pourrais-tu m’en donner la référence?
Fraternellement,
Enver

Un grand merci et bonne journée
enver