Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Une soirée électorale destinée à masquer la déroute de LaREM+communiqué du PCF

Même dans un contexte tout à fait particulier et sans entrer dans une appréciation en détail on peut néanmoins en tirer un enseignement du point de vue du mouvement social : les candidats et les listes estampillées Macron sont en échec. Nous publions en fin d’article le communiqué du PCF qui donne une vision plus globale du scrutin. Ce qui a été difficile à percevoir dans une soirée sur le coronavirus dans laquelle de temps en temps intervenait un score. Ce qui était sans doute destiné à camoufler la déroute de Larem. Le cas emblématique illustrant cet échec, c’est celui du premier ministre mis en ballottage au Havre et en difficulté face au député communiste Jean-Paul LECOQ, dans une circonscription aux fortes traditions ouvrières et où les luttes contre la loi travail et la contre-réforme des retraites ont été fortes. Et il n’est pas le seul, plus de 70 maires communistes ont été réélus et plus grand nombre est en passe de l’être malgré le silence médiatique.


POUR RAPPEL, Edouard Philippe avait élu aux municipales précédentes dès le 1er tour avec plus de 52% des voix.Condamnation sans bavure de celui qui a conduit la bataille du pouvoir pour imposer la contre-réforme des retraites et qui illustre sur le terrain électoral le rejet majoritaire du peuple de cette contre-réforme.REMARQUE :Sur les plateaux télé, chez BFM, LCI comme sur la 2 on a vite passé sur cette situation du premier ministre au Havre dont on avait pourtant dit AVANT l’élection qu’il s’agissait d’un test pour le pouvoir.Par ailleurs, les manoeuvres sont engagées en dehors de la question de l’annulation du second tour pour annuler purement et simplement les résultats du premier tour.Signe supplémentaire qu’en haut lieu comme on dit ce n’est pas la satisfaction des résultats qui l’emporte.marquer comme non lu

Mais au-delà de ce cas emblématique, Il faut encore vérifier ce qui pour le moment est un simple constat à partir de quelques chiffres épars et qui pourrait refléter au-delà des scores électoraux les positionnements sociaux dans un contexte marqué à la fois par une épidémie et par un affrontement social d’une grande portée.

Il y a incontestablement une mobilisation des couches moyennes, un désaveu de la politique du pouvoir qui ne profite pas autant qu’il pouvait l’espérer au Rassemblement National même s’il est conforté dans certains de ses bastions.

La droite peut en bénéficier comme les verts, et il y a un retour en force de la social démocratie quand celle-ci joue le jeu de la gauche plurielle, les tendances séparatistes des notables PS n’obtiennent pas le score espéré. Un des faits qui me parait devoir être mis en évidence concerne toutes les formes de social démocratisation et la pression qui s’exerce sur eux pour qu’ils adoptent une politique de gauche: quand il est question de percée d’EELV à Besançon ou Bordeaux, c’est qu’il y a des listes d’Union de toute la gauche, comme dans la plupart des cas où les Verts sont en tête. En revanche, dans la très grande majorité des villes où ils ont voulu montrer leur force en allant au scrutin tous seuls, ils ratent leur démonstration. La remarque vaut pour le PS et pour la France Insoumise.

C’est pourquoi nous pensons qu’il s’agit du soutien des mêmes couches qui sanctionnent le fait de ne pas être assez à gauche. Sans que pour autant il y ait chez ces couches une propension réelle encore à la rupture avec le capital. ce qui fait que je considère que cette voie est encore pleine d’illusion vu l’ampleur de la crise, mais nous en sommes là.

Le parti communiste a commencé une résistance et il bénéficie à la fois du travail de ses élus et d’une nouvelle écoute, en particulier dans les catégories qui ont mené le combat contre le code du travail, même quand il se présente comme à Ivry ou au Havre face à un Front hostile des différentes tendances de cette social démocratie, mais il n’en reste pas moins que l’abstention concerne encore au premier chef les couches populaires, une ville comme Venissieux qui atteint 70% d’abstention est obligée d’affronter un deuxième tour même si la maire communiste est en tête.

Carte de l’implantation communiste tel qu’elle apparait dans ces élections municipales :

https://www.google.com/maps/d/viewer?fbclid=IwAR2-iIXLQTFrrFQ56SeVLF5iMdO5Fb8CURUx9Kmr8oD-9IW7VM-wUClp-2k&mid=1QyR2YD6BLKH4O69MXeiWZrbB0BNG9SjZ&ll=46.252465116218914%2C1.430955604887231&z=6

COMMUNIQUE DE PRESSE :PREMIER TOUR DES ELECTIONS MUNICIPALES: DECLARATION DU PARTI COMMUNISTE FRANCAIS

Premier tour des élections municipales : déclaration du Parti communiste
français

Le premier tour de ces élections municipales s’est tenu dans la
situation exceptionnelle de la crise sanitaire du coronavirus.

Cela a évidemment pesé sur une abstention qui, à plus de 54%, s’avère
historique.

Il faut, dans ce contexte particulièrement difficile, saluer
l’engagement des élus municipaux et des personnels communaux, qui ont
permis la continuité de cet exercice démocratique essentiel.

Cet engagement constitue un atout pour la mobilisation de toute la
nation et pour la construction des solidarités populaires indispensables
face à la menace pesant sur le pays.

La priorité est à l’amplification de la mobilisation nationale contre la
pandémie.

Il appartient dans ce cadre à l’exécutif d’informer, sur la base des
estimations des autorités sanitaires, sur l’évolution de la pandémie, et
sur les conditions dans lesquelles les opérations de vote du second tour
pourront ou non se tenir.

Parce que l’implication de chacun et chacune va être indispensable, les
décisions à prendre ne peuvent relever du seul président de la
République et de son gouvernement. Elles doivent être prises en
concertation avec les partis représentés au Parlement, qui doivent être
prochainement réunis.

Au-delà, les premiers résultats du scrutin font apparaître la bonne
tenue des listes de large rassemblement à gauche, et tout
particulièrement de celles que conduisent des communistes.

Ainsi, à cette heure, alors que l’on ne connaît pas encore tous les
résultats, sont notamment remportées au premier tour des villes comme
Montreuil-sous-Bois, Stains, Fontenay-sous-Bois, Bonneuil, Nanterre,
Gennevilliers, Martigues, Vierzon, Dieppe, Tarnos, Saint-Amand-les-Eaux,
Avion etc.

Au Havre, le Premier ministre subit la sanction de la politique de casse
sociale et de régression démocratique de son gouvernement. Il perd 8
points sur son résultat de 2014, Jean-Paul Lecocq obtenant face à lui le
score de 35 %.

Le Parti communiste français y voit une invitation à défendre les
communes, pilier de notre République, et à consolider les politiques
publiques qui font de celles-ci des laboratoires de progrès social et
écologique au quotidien.

Plus que jamais, l ‘humain et la planète doivent être au coeur des
politiques à mettre en œuvre pour répondre aux attentes des Françaises
et des Français.

Ce soir, les communistes et leurs élus sont mobilisés pour poursuive la
bataille engagée pour le premier tour de ces municipales. Partout où
c’est possible, ils appellent au plus large rassemblement des forces de
gauche et écologistes pour l’emporter face aux listes soutenues par le
gouvernement, la droite et l’extrême droite.

Parti communiste français,

Paris, le 15 mars 2020.

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