Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Les blogueurs dénoncent la déclaration d’un juge de la Cour constitutionnelle concernant l’URSS “créée illégalement”

Nous avons en France quelques idées fausses sur la manière dont la grande masse des Russes juge de l’URSS. Il commence à se faire jour non sans difficulté et erreur d’interprétation, le fait que plus de 70% des Russes regrettent l’URSS. On a souvent dit que c’étaient les personnes âgées qui exprimaient ce regret, mais maintenant de sont également les jeunes. La période de transition a été un drame pour l’immense majorité. L’ère Poutine a été un retour à l’ordre et la reconquête d’une certaine dignité au plan international, mais maintenant sa politique intérieure, son soutien aux oligarques, sa réforme des retraites font monter les mécontentements mais les Russes ont peur que l’ennemi extérieur recrée les conditions du désordre, “les libéraux” vantés par l’Occident sont regardés avec suspicion. Les communistes à défaut d’un véritable syndicalisme sont la grande force de protestation et ils entretiennent la flamme de l’uRSS. Ils doivent faire oublier le fait que ce sont les communistes, Gorbatchev et Eltsine qui ont vendu le pays d’où leur référence aux triomphes de l’URSS, la grande guerre patriotique, le développement accéléré et tout cela se confond avec Lénine mais surtout avec Staline, qui est considéré par 38% des Russes comme le plus grand homme de tous les temps devant tous les autres hommes célèbres. La deuxième idée fausse de l’occident est que cette opinion favorable serait entretenue par le pouvoir. Si Poutine a un respect pour la grande guerre à laquelle a participé son père, un communiste fervent (son grand père était cuisinier de Staline) , son gouvernement, son parti et les médias qui le soutiennent mènent souvent les mêmes combats que chez nous contre l’URSS. Simplement ils se heurtent à une opinion publique qui dénonce la manipulation. En témoigne le tollé qu’a soulevé ce juge. Il faut encore noter que si l’on discute sur les répressions de la guerre civile et de Staline, il est des propos qu’il est impossible de tenir sur l’URSS parce que ceux qui l’ont vécu sont encore là, le thème de l’absence de marchandises dans les magasins provoque aussitôt des réponses sur le fait qu’il y avait de quoi vivre, que les prix étaient stables et que l’école, le travail, tout était mieux. Résultat paradoxalement un des thèmes d’affrontement est le fait que lénine aurait en créant l’uRSS créé les conditions du démantèlement de l’empire tsariste, une des peurs d’ajourd’hui avec l’idée qu’il peut y avoir après Poutine des gens capables comme Eltsine et Gorbatchev capables de déchirer la fédération de Russie. (note et traduction de danielle Bleitrach pour histoire et société)

Des journalistes, des politologues et des blogueurs discutent d’une déclaration du juge de la Cour constitutionnelle, Konstantin Aranovsky, qui a qualifié l’Union soviétique d ‘”État créé illégalement” et a déclaré que la Russie ne devrait pas être considérée comme le successeur légal des “actes terroristes répressifs” du gouvernement soviétique.

«Et qui a ensuite gagné la Grande Guerre patriotique? Alors faut-il refuser une place à l’ONU, au Conseil de sécurité? De tous les traités internationaux et reconnaître les frontières de la Russie en 1913? Quels gens incroyables se révèlent être des juges de la Cour constitutionnelle », a écrit l’ animateur de télévision et de radio Vladimir Solovyov sur sa chaîne Telegram .

Le président de l’Institut du Moyen-Orient, Yevgeny Satanovsky, à propos de la déclaration d’Aranovsky, a écrit: «C’est-à-dire que si lui, le juge Konstantin Aranovsky, a une telle opinion sur notre histoire, cela touche au droit  – il est juge.  Cette opinion, alors qu’il est juge témoigne d’une telle incompréhension , qu’elle annule les décisions de la Cour constitutionnelle, met en doute le statut de cet organe, et bien plus encore », a souligné le politologue.

«Cela ne vaut pas la peine de parler de la plus grave insulte qu’un juge a infligée à des millions de personnes vivant en URSS, qui ont défendu ce pays et ont donné leur vie pour cela. Il doit être jugé», a déclaré Satanovsky.

Il a rappelé la loi adoptée en Russie sur la protection des sentiments des croyants. “Qu’en est-il des sentiments de ceux qui sont offensés quand on s’essuye les pieds sur l’Union soviétique?” Croyants et incroyants? ” – Satanovsky a écrit.

Selon lui, «pas un seul ennemi extérieur ne dera au pays autant de mal que l’ennemi intérieur», qui «ne se considère pas comme un ennemi, mais, au contraire, se considère comme le porteur de la vérité en dernier ressort, en prétendant rectifier».

«Il y a eu il apeu de guerres intestines et des révolutions, leurs nouveaux organisateurs sont là à nouveau … (…) Et les bolcheviks ne sont pas des saints. Et les blancs. Et tout le reste, à commencer par le tsar… Donc, si nous ne laissons pas l’histoire aux historiens, nous nous couperons les uns les autres », a souligné le politologue.

L’historien Boris Yakemenko, à son tour, a noté avec ironie que des propos du juge, il s’ensuit que “tout ce qui s’est passé en URSS illégal doncest illégal, y compris la naissance d’un juge de la Cour constitutionnelle d’Aranovsky”.

«Il en découle logiquement incontestablement que tous les statuts et actes del’illégal l’Aranovsky sont illégaux, y compris son statut de juge et ses paroles. Par conséquent, il n’est pas possible de prendre en compte les paroles d’Aranovsky, ainsi que lui-même, jusqu’à ce qu’Aranovsky soit légalisé », a conclu Yakemenko.

L’historien, écrivain et animateur de radio Armen Gasparyan a écrit qu’Aranovsky “avait pris le chemin de Mein Kampf”.

Rappelons qu’Aranovsky a parlé de la responsabilité juridique de la Russie pour les crimes commis par le gouvernement soviétique, exprimant son avis sur la décision de décembre de la Cour constitutionnelle sur l’indemnisation des logements pris pendant la répression. Le juge a qualifié le gouvernement soviétique de “autorités illégales du parti”, qui ne peuvent pas être considérées comme “les prédécesseurs légaux du pouvoir constitutionnel de l’Etat”.

Selon lui, la Russie devrait avoir le statut constitutionnel d’un État «non impliqué dans des crimes totalitaires ni« personnellement »ni successivement».

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Peut être en parallèle serait il bon de rappeler le caractère illégal de la dissolution de l’Union Soviétique.

Pour le moins, lors des accords de Potsdam il n’a été question que de L’URSS.
La délégation soviétique n’a jamais été contestée.