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Von der Leyen et le réarmement européen : quand la sécurité risque de remplacer la paix (Fortunato Depero)
Voici l'éditorial que nous pouvons souhaiter pour aujourd'hui , nous l'empruntons à Farodi di Roma, ce site des chrétiens communistes et anti-impérialistes avec lequel nous sommes la plupart du temps d'accord et qui représente le plus souvent les positions dans lesquelles nous nous reconnaissons. Voici le discours de celle qui sans être élue par personne et qui a toujours représenté les intérêts des marchés financiers et des forces conservatrices bellicistes a donné comme ligne à nos politiques. C'est ça que nous acceptons comme démocratie et qui leur donne toute latitude pour nous imposer leur guerre. Aujourd'hui les partis sont convoqués par Macron pour entériner cette ligne et s'ils n'obtempèrent pas ils seront désignés comme proches des régimes autoritaires, contre la liberté et la démocratie, anti-patriotes et des meilleures. Ils sont bien coupables ceux qui à gauche et même au parti communiste et à la CGT ont placé ces gens là à la tête des secteurs internationaux et dans la presse.
Publié par Danielle Bleitrach
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Source : www.farodiroma.it
Le discours sur l'état de l'Union prononcé hier à Strasbourg par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, marque une nouvelle étape vers la construction d'une Europe de plus en plus axée sur la sécurité et la défense. Outre des propositions relatives au climat, à l'industrie et à l'innovation, le cœur politique de ce discours était un appel à accélérer le réarmement européen, à renforcer l'industrie militaire et à créer de nouveaux instruments permanents de coordination stratégique.
L’impression qui se dégage est que l’Union européenne délaisse peu à peu le discours de paix qui a accompagné sa naissance après la tragédie de la Seconde Guerre mondiale au profit de celui de la dissuasion et de la préparation au conflit. Ce changement mérite une réflexion critique, non pas idéologique, mais profondément politique.
De l'Europe de la réconciliation à l'Europe de la dissuasion
Ursula von der Leyen a décrit le monde comme « ouvertement hostile » et a affirmé que l'Europe devait être prête à répondre non seulement à la guerre conventionnelle, mais aussi aux attaques hybrides, au sabotage, aux drones et aux cybermenaces. C'est pourquoi elle a proposé un Protocole européen de sécurité d'urgence, inspiré du mécanisme de consultation de l'article 4 de l'OTAN, et un futur Conseil européen de sécurité ouvert à des partenaires tels que le Royaume-Uni, le Canada et la Norvège.
Nul ne saurait nier l'existence de menaces. La guerre en Ukraine, les tensions à ses frontières orientales et l'instabilité internationale croissante contraignent l'Europe à s'interroger sur sa capacité à défendre ses citoyens. Mais la question cruciale est ailleurs : la sécurité rime-t-elle réellement avec réarmement ?
C’est une question que le discours de Strasbourg semble considérer comme allant de soi, sans ouvrir un véritable débat sur les alternatives diplomatiques et le renforcement des institutions internationales.
La logique de l'urgence
L'aspect le plus problématique de cette intervention n'est pas tant l'accent mis sur la défense que la normalisation de l'état d'urgence. Lorsque chaque crise est perçue comme une menace existentielle, il devient plus facile de justifier des procédures extraordinaires, des dépenses exceptionnelles et une militarisation progressive des politiques publiques.
L’histoire européenne nous enseigne cependant que la démocratie prospère précisément grâce à sa capacité à gérer les conflits sans faire de l’exception la règle. La sécurité est un bien public, mais elle ne saurait devenir un principe absolu qui compromette la primauté du droit, de la coopération et de la politique.
Le coût social du réarmement
L’Europe discute depuis des mois de la mobilisation de centaines de milliards d’euros pour renforcer ses capacités militaires dans le cadre du Programme de défense communautaire lancé en 2025 et rebaptisé ultérieurement Readiness 2030.
L’enjeu n’est pas seulement économique, mais aussi éthique et social. Chaque euro dépensé en armements est un euro non investi dans la santé publique, l’éducation, la recherche civile, la lutte contre les inégalités ou la transition écologique. Ursula von der Leyen a également annoncé d’importantes initiatives en matière de climat et de protection des citoyens contre les vagues de chaleur, reconnaissant la gravité de l’urgence climatique.
Cette contradiction est flagrante : alors même que l’on reconnaît que le changement climatique cause des dizaines de milliers de victimes et des ravages considérables, la priorité politique semble se déplacer vers la production d’armes et le renforcement des forces armées.
Une autre idée de sécurité
La notion de sécurité est plus large que la seule sécurité militaire. Elle englobe l'alimentation, l'énergie, la santé, l'environnement et la sécurité sociale. C'est la sécurité garantie par des institutions internationales crédibles, une diplomatie préventive et le dialogue entre les peuples.
L’Union européenne est née comme un projet de paix, fondée sur la conviction que l’interdépendance et la coopération économiques pouvaient rendre la guerre non seulement indésirable, mais matériellement impossible. Renoncer à cette vocation reviendrait à perdre son identité la plus profonde.
Se préparer à défendre la paix est peut-être nécessaire ; se préparer constamment à la guerre risque d’accroître son probabilité. Le véritable défi politique de notre époque n’est pas de construire l’industrie de guerre la plus efficace, mais de redonner à la diplomatie, au désarmement et au droit international toute leur place. Ce n’est qu’ainsi que l’Europe pourra continuer à se définir de manière cohérente comme une communauté de paix et non comme une simple puissance armée.
Fortunato Depero
