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Vers un axe pétrolier Chine, Iran, Russie ? Une aubaine pour Pékin et Moscou qui contrôleraient 30% du pétrole mondial

Voici deux articles celui de Capital qui introduit l’article du New York Times qui s’interroge sur les raisons qui auraient poussé la Chine à faire pression sur l’Iran pour qu’il accepte un cessez le feu. Outre le fait que la Chine ne s’amusera pas à appuyer sur la gâchette qui détruira l’économie mondiale et le peuple chinois, il y a sans doute une compensation au refus manifeste de l’Iran d’arrêter la guerre avant que les Etats-Unis et Israël en soient à regretter profondément d’avoir provoqué cette guerre, eux et les monarchies qui ne cessent de trahir leurs peuples et le monde musulman.Cette pression serait celles des perspectives offertes par le contrôle à trois Chine Iran Russie du détroit, la réorientation du monde multipolaire. La trêve au Moyen-Orient rassure temporairement les marchés pétroliers. Mais le contrôle du détroit d’Ormuz pourrait rebattre les cartes géopolitiques et favoriser un bloc Chine-Iran-Russie pesant près d’un tiers de l’offre mondiale.(note et traduction de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Près de 20 % du pétrole mondial transitent par le détroit d’Ormuz.

Près de 20 % du pétrole mondial transitent par le détroit d’Ormuz. © Alperen Bozkurt / Pexels

Par Sabrina Guintini

Publié aujourd’hui à 19h04.

Lecture : 1 min


C’est un répit, certes. Mais un répit fragile. Mardi 7 avril, les États-Unis et l’Iran ont conclu un cessez-le-feu de deux semaines, avec en contrepartie la réouverture du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transitent près de 20 % du pétrole mondial. Cette accalmie a brièvement rassuré les marchés, après plusieurs semaines de fortes tensions sur l’approvisionnement énergétique. Mais, comme le souligne BMFTV, si l’Iran parvient à asseoir un contrôle durable sur Ormuz, c’est tout l’équilibre énergétique mondial qui pourrait vaciller. En seulement six semaines, la confiance dans la capacité des États-Unis à sécuriser cette artère maritime s’est érodée, au point que le trafic a chuté de 90 %.

Dans ce contexte, plusieurs puissances avancent leurs pions. La Chine, fortement dépendante du pétrole du Golfe, semble avoir anticipé le choc en multipliant les accords bilatéraux, notamment avec l’Iran. Pékin se positionne désormais comme un acteur diplomatique incontournable, revendiquant de nombreux échanges avec les protagonistes de la crise et cherchant à apparaître comme un médiateur crédible. La Russie, de son côté, profite directement de la hausse des prix du pétrole, qui renfloue ses finances fragilisées, et semble vouloir profiter de l’affaiblissement l’hégémonie américaine.

Vers une recomposition géopolitique ?

Certains experts redoutent même un scénario plus radical. Si l’Iran consolide son emprise sur Ormuz, il pourrait contrôler environ 20 % du pétrole mondial, auxquels s’ajoutent les 11 % liés à la Russie. Associée à la très forte demande chinoise, cette alliance de fait pourrait priver l’Occident de près de 30% de l’offre mondiale, selon les calculs de BFMTV. Un levier colossal. Pour le professeur Robert Pape, de l’Université de Chicago, cette évolution marquerait un tournant historique : «Un tel scénario provoquerait un déclin brutal de la puissance des Etats Unis et de l’Europe, et un basculement mondial vers la Chine, la Russie et l’Iran.»

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Selon cet article du New york Times : La Chine a fait pression sur l’Iran pour obtenir un cessez-le-feu, selon des responsables iraniens.

Il semble que Pékin ait contribué à pousser Téhéran à accepter l’accord de deux semaines conclu avec les États-Unis, ce qui témoigne de l’influence croissante de la Chine et de son intérêt à éviter une guerre plus étendue.La Liste · 4 min 30 s

Un homme en costume-cravate est assis derrière un panneau indiquant « Chine » sur un long bureau incurvé. D'autres personnes sont assises derrière et à côté de lui.
Pékin a soutenu l’Iran dans son veto à une résolution du Conseil de sécurité visant à ouvrir le détroit d’Ormuz, mardi aux Nations Unies.Crédit…Jeenah Moon/Reuters
Keith Bradsher
Farnaz Fassihi

ParKeith Bradsheret

Farnaz FassihiKeith Bradsher a fait son reportage depuis Pékin et Farnaz Fassihi depuis New York.

8 avril 2026, 5 h 36 HA Depuis des années, la Chine est l’un des principaux soutiens de l’Iran. Elle achète la quasi-totalité de ses exportations de pétrole, le protège diplomatiquement et l’aide à surmonter son isolement international. Or, selon trois responsables iraniens, Pékin utilise désormais cette influence à des fins différentes : faire pression sur l’Iran pour qu’il accepte le cessez-le-feu conclu avec les États-Unis.La décision de l’Iran d’accepter la proposition de cessez-le-feu de deux semaines négociée par le Pakistan fait suite aux efforts diplomatiques de ce dernier et à une intervention de dernière minute de la Chine, selon des responsables iraniens. La Chine a demandé à l’Iran de faire preuve de souplesse et de désamorcer les tensions, ont-ils précisé.Cette intervention témoigne non seulement de l’influence de Pékin sur Téhéran, mais aussi de son propre intérêt à prévenir une guerre prolongée susceptible 

de perturber les approvisionnements énergétiques ou de déclencher une récession mondiale, et de nuire aux pays du Golfe persique, avec lesquels la Chine entretient également des relations étroites. L’accord prévoit par ailleurs l’ouverture immédiate du détroit d’Ormuz.Les autorités chinoises n’ont pas publiquement décrit l’implication de Pékin dans les négociations ayant mené à l’accord annoncé mardi soir par le président Trump. Interrogée mercredi sur le rôle éventuel de la Chine dans la persuasion de l’Iran à conclure cet accord, une porte-parole du ministère des Affaires étrangères à Pékin n’a ni confirmé ni infirmé cette implication, se contentant d’affirmer de manière générale que la Chine continuerait de « maintenir le dialogue avec toutes les parties et de travailler à la désescalade des tensions et à l’instauration d’un cessez-le-feu global ».L’accord, que l’Iran a qualifié de victoire dans laquelle Washington avait accepté ses conditions, est intervenu 90 minutes avant l’ultimatum fixé par M. Trump à l’Iran pour qu’il accède à ses exigences sous peine de dévastation généralisée.Les initiatives prises par la Chine ces derniers jours témoignent du délicat équilibre que Pékin s’efforce de maintenir. Mardi, aux Nations Unies, Pékin a apporté son soutien à l’Iran en se joignant à Moscou pour 

opposer son veto à une résolution du Conseil de sécurité qui aurait pu ouvrir la voie à une intervention militaire pour le détroit d’Ormuz. Mais en coulisses, selon les déclarations des responsables iraniens, la Chine a également exhorté Téhéran à renoncer à l’escalade.Wu Xinbo, un éminent expert en politique étrangère de l’université Fudan de Shanghai, a déclaré qu’il pensait que la Chine avait joué un rôle actif dans la réalisation du cessez-le-feu, non seulement en encourageant le Pakistan à jouer un rôle de médiateur, mais aussi en encourageant directement l’Iran à conclure un accord.Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a multiplié les appels à ses homologues de la région, insistant sur la nécessité d’un cessez-le-feu et exhortant les pays à ne pas recourir à la force pour rouvrir le détroit, selon le ministère des Affaires étrangères. La semaine dernière, il a rencontré à Pékin des responsables pakistanais, venus dans la capitale chinoise après avoir tenu une 

réunion à Islamabad avec des représentants de la Turquie, de l’Arabie saoudite et de l’Égypte afin de discuter d’une possible résolution du conflit.Le Pakistan et l’Iran sont tous deux fortement dépendants de la Chine. Les prêts chinois sont devenus essentiels au maintien à flot de l’économie pakistanaise, lourdement endettée. Par ailleurs, la Chine a joué un rôle central ces dernières années dans le soutien à l’économie iranienne, en achetant la quasi-totalité de ses exportations de pétrole à un moment où de nombreux autres pays évitaient de commercer avec l’Iran en raison de son programme d’armement nucléaire.

Sélection de la rédaction

Que contient un pot de peinture, et pourquoi certaines peintures coûtent-elles si cher ?L’influence alimentaire se renouvelle avec une touche positiveLa mère de mon fiancé est incontrôlable. Doit-elle absolument venir au mariage ?Shen Dingli, chercheur indépendant en relations internationales basé à Shanghai, a fait remarquer que la Chine cherchait à prendre ses distances avec l’Iran depuis le début de la guerre. Pékin n’a dépêché qu’un vice-ministre des Affaires étrangères à l’ambassade d’Iran pour présenter ses condoléances suite au décès du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué lors de frappes américano-israéliennes en Iran.M. Wang, le ministre des Affaires étrangères, lors d’un de ses appels avec son homologue iranien, a même exhorté Téhéran à « prêter attention aux préoccupations légitimes de ses voisins », c’est-à-dire les pays du Golfe, a noté M. Shen.La Chine s’est souvent présentée comme un médiateur sur la scène internationale et une puissance mondiale responsable, en opposition tacite aux États-Unis. Elle 

a notamment contribué à un rapprochement inattendu entre l’Arabie saoudite et l’Iran en 2023. Cependant, d’autres tentatives ont été moins fructueuses. Pékin a élaboré un 

plan de paix en douze points concernant la guerre menée par la Russie en Ukraine, ainsi qu’une 

proposition en trois volets pour une solution à deux États entre Israël et la Palestine ; ces deux initiatives, restées vagues, n’ont guère donné lieu à des suites concrètes.Berry Wang a contribué à ce reportage depuis Hong Kong et Siyi Zhao a effectué des recherches depuis Pékin.

Keith Bradsher est le chef du bureau de Pékin du New York Times. Il a auparavant occupé les mêmes fonctions à Shanghai, Hong Kong et Detroit, et a été correspondant à Washington. Il a vécu et travaillé en Chine continentale pendant toute la pandémie.

Farnaz Fassihi est la chef du bureau des Nations Unies du New York Times, où elle supervise la couverture de l’organisation. Elle couvre également l’Iran et écrit sur les conflits au Moyen-Orient depuis 15 ans.

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1 Commentaire

  • Aussaris
    Aussaris

    Ces gens-là ont besoin de trouver un tuteur à l’Iran et un rôle qui leur plaise à la Chine. Mais ceux qui jouent les bien informés sur ce qui se passerait en coulisse ne sont pas crédibles. C’est le corps des gardiens de la révolution islamique, qui est une organisation de révolutionnaires professionnels (ce qui échappe à la géopolitique et qu’elle ignore), qui mène la danse ouvertement, qui « conspire comme le soleil contre les ténèbres », qui fait reculer la puissance hégémoniste dans ses rêves, mais qui n’a jamais été hégémonique dans la réalité (ayant dû accepter la victoire des communistes russes, puis chinois, puis coréens, cubains, vietnamiens…). Les gardiens de la révolution iraniens ont délibérément évité de déclarer l’Iran puissance nucléaire afin de pouvoir affronter directement l’armée garante du dollar, ce que ni la Russie ni la Chine ni la Corée indépendante (dite du Nord) ne peuvent faire. On ne va pas leur donner des ordres ni des leçons ni faire pression sur eux. Aujourd’hui ce sont eux qui agissent, et non pas l’Iran, comme en 1920 c’était les bolcheviks qui agissaient, et non pas la Russie.

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