Histoire et société3

Tant qu'il n'y a pas d'œuvre commune, il y aura toujours de l'intolérance

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Histoire et société > Vie du PCF

VIVRE Un beau slogan... qui dit ce qui toujours résiste

Puisque j'en suis par ailleurs à mettre à jour les raisons pour lesquelles des sociétés sont incapables de résister au nazisme, il serait temps de dire la force du communisme en revenant sur l'expérience des "camps" de la collaboration puisque telle est le discours du temps... L'Allemand apolitique des couches moyennes était incapable de tenir tête au national socialisme . il n'avait aucune idéologie cohérente, ni morale, ni politique, ni sociale ne protégeait son "intégrité" intérieure, une fois pris dans la nasse, il disposait de peu de ressources intérieure pour réagir au choc. Sa dignité était fondée sur un statut social et sa respectabilité dépendait de ses fonctions, de facteurs extérieurs. Il suffisait alors de les en priver pour qu'ils s'effondrent. Les communistes étaient exactement le contraire et c'est cela qui a résisté dans les camps et que la liquidation contre-révolutionnaire a tenté de briser, de les fondre dans la masse de ceux qui perdaient pied et à qui ils ne restaient plus qu'un chef à qui se raccrocher. Ceux qui perdent pied dans le choix de l'humiliation, de la soumission...

Publié par Danielle Bleitrach

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Article original pour le blog

j'ai tenté de dire à quel point cette jeunesse était au coeur des contradictions, entre le vivre et la mort mais comme des Bernard l'ermite à la recherche d'une coquille... En France, en particulier qui une fois de plus fait la preuve de la capacité du peuple français de se trouver au paroxysme de la crise, à ce point où on ne peut plus considérer qu'il y a une seule crise ou une addition mais bien une seule grande crise, celle d'un changement de société. Mais cette jeunesse a aussi cette caractéristique française, ce que l'on peut qualifier d'idiosyncratique (1) qui en fait une nation d'émeutiers sans chefs digne de ce nom et disposé à tous les bonapartismes... Ce qu'a tenté de rompre Thorez et le parti communiste qui sut s'ancrer sur le peuple et le dépasser, en finir avec les Jacqueries en transformant la clase ouvrière dans une alliance divilisationnelle avec les avant-garde du savoir et de ce qui étrangement caractérise l'humanité, cette exigence de l'art pour s'unifier.

Qu'en est-il de ce mouvement de jeunes qui partout change de physionomie ? Et en France ? Qui sont-ils où en est la France, trahie, éventrée, privée de ses forces et la proie de toutes les liquidation jusqu'à celle du réarmement devenu un simple trucage pour la piller un peu plus.

Tels qu'ils sont, tels que l'on a joué avec eux, avec leur mémoire, avec leur personnalité de base, il sera sans doute facile de leur faire perdre le respect d'eux mêmes dans les petits arrangements comme dans les délations qui seront exigées d'eux... Parce qu'on s'est employé à rendre artificiel et précaire tout ce qui les tenait et tout ce qui nourrit leur amour-propre depuis toujours s'effondre dans le fascisme et il ne reste plus qu'à y chuter avec plus ou moins de volupté et de souffrance assumée et reportée sur les autres.

Les communistes ont-ils jamais mesuré ce qu'ils représentaient encore, ce qui n'avait pas pu être détruit et qui dit ce collectif qui veut VIVRE. Ils sont dans leur état l'ultime chance, celle qui rassemblera les énergies d'autres résistance et leur donnera un projet de société, une perspective qui ne soit pas régression mais avenir;

C'est ce qui se réalise non dans des discours mais dans des acte... Ce n'est pas une campagne électorale c'est une action urgente par rapport à la réalité de ce qui menace...

J'ai la chance -si on peut appeler cela une chance- d'avoir bénéficié de quelques enseignements sur l'art et la manière de résister. Le premier fut le savoir de l'enfant gibier qui a inscrit en lui des avertissements qui disent la où est la menace, la vraie... La seconde fut ce que me raconta mon époux sur la torture, sur le camp de Dachau qui était celui où avaient été incarcérés les communistes allemands. Il me disait certains étaient là depuis onze ans, au début on les a pris pour des fous tant ce qu'ils exigeaient de nous comme discipline paraissait pire que les nazis, puis on a compris qu'effectivement il fallait tenir bon dans les moindre détail du quotidien pour rester soi-même. La troisème leçon me fut donnée à Cuba durant la période spéciale, là aussi il y a des choses que l'on imagine mal, le besoin vicéral tout à coup d'un objet, la tension autour d'un fait, d'une idée. Ce qui ratache tout à coup l'absence d'un médicament à la géopolitique... Et comment on tente à chaque moment de combattre en vous ce qui menace de craquer, la dignité humaine que l'on vit alors comme une récompense pour le reste de votre vie.

Il m'arrive de parler de "mépris" pour le monde politicien mais c'est le "mépris" de Godard, l'impossibilité d'adhérer à cette conception parce que ce que vous êtes n'y survivrait pas... Ce n'est pas dirigé contre l'autre, c'est une question de survie pour après... En ce moment une question qui se pose à chaque moment est de savoir à quel point la gauche est parfois devenu le chemin du fascisme et ce n'est pas une simple manière de se faire peur... Tous ceux qui approché l'expérience du fascisme, telle que je tente ici de le cerner jusqu'au cœur de ce qu'il exige d'autodestruction de vous, disent tous la même chose: je préfère un fasciste qu'un opportuniste, on résiste à ce qui exerce sur vous la violence si vous êtes entouré, formé, dans une sorte de volonté de l'être alors qu'il n'y a rien de pire que l'accoutumance insidieuse à la lâcheté comme la rationalité de la survie. Mais il ne faut ne faut pas confondre ce qui vous désarme et l'origine du mal: le fascisme a toujours la même origine quand la classe capitaliste n'arrive plus à gouverner et ceux qui acceptent d'être ses tortionnaires ont rarement été recrutés dans la gauche opportuniste, ni dans le communisme qui a exigé réflexion de ses militants.

Pour le moment, le mouvement de la jeunesse tient bon et nous dit que la bataille n'ignore pas les élections mais est d'une tout autre ampleur... c'est aussi ce qu'a proposé le PCF, mais tout cela doit encore devenir réalité. C'est le plus difficile...

Danielle Bleitrach

(1) c'est un terme que nous partageons avec les espagnols, les latins mais qui étonnement en France concerne l'individu alors que dans le monde hispanique ce terme est attribué en priorité à une nation et à un groupe, un classe sociale. Ce que Bourdieu à partir de l'attitude retrouve dans l'habitus dans son projet de constituer l'équivalent de ce que Marx a mis en évidence dans l'économie dans le registre des pratiques symboliques. D'autres parleront de mentalité pour marquer cette circularité à l'intérieur du champ politique.

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