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Tant qu'il n'y a pas d'œuvre commune, il y aura toujours de l'intolérance

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Editorial : Sur les conservateurs russes et l'essence de leurs efforts ce que disent les communistes russes

Il y a un important interview de Ziouganov sur les questions de politique intérieure et de politique extérieure qui malheureusement n'est pas encore traduit et qui demeure pour l'essentiel en video. En ce moment Poutine, est fort de ses résultats électoraux. Résultats les communistes contestent, en expliquant, ce qui est vrai que leur influence va bien au-delà de ces résultats avec bourrage d'urne comme appel au soutien en temps de guerre. Les communistes russes mettent également en évidence les fautes du gouvernement dans la mobilisation populaire; cela va des cas de répression de militants syndicaux qui protestent ou l'élévation des taux d'intérêt de la Banque centrale qui empêchent de poursuivre la diversification industrielle et l'équipement du pays. Ils mènent aussi un combat idéologique et à ce titre ils affrontent également la tentative conservatrice dont nous avons parlé à plusieurs reprises, qui vise à donner une "idéologie" à la politique de Poutine. Nous avons publié Dugin pour que nos lecteurs comprennent ce qu'est cette offensive des conservateurs qui se distingue de ce qui se passe aux Etats-Unis et en Europe non seulement par le niveau théorique mais aussi par le fait qu'ils sont anti-impérialistes et peu portés sur les fantasmagories d'un Munk ou d'un Thiel qu'ils jugent "sataniques" et liées aux manigances de Soros, l'ennemi juré. Quand on veut répondre à un philosophe comme Dugin il ne s'agit pas de se lancer dans un cours de Marxisme pour les nuls, il s'agit comme Marx l'aurait fait de comprendre ce que cherche le dit Dugin: "Etre la conscience de Poutine", fournir à sa politique une théorie apte à faire face au marxisme et à ses victoires chinoises. Il ne s'agit pas de l'extrême droite comme en occident, celle des cinglés de la Sillicon Valley entourant Trump, il s'agit d'un conservatisme face auquel un dirigeant aussi avisé que Ziouganov a depuis longtemps lancé un défi, un dialogue que nous qualifierions de "républicain", en particulier à propos du patriotisme et l'affrontement avec l'OTAN, le retour du fascisme... Il serait temps, si faire se peut, que les communistes français sortent de leur incapacité à concevoir le monde tel qu'il est, un monde qui pense, qui agit et qui n'attend plus après nos leçons, un monde dans lequel nous avons notre place mais notre place seulement. Avec comme premier travail la modestie par rapport à ce qui donne déjà lieu à des combats militaires, économiques, financiers sur le devenir de l'humanité, des enjeux stratégiques sur les forces productives et des affrontements idéologiques qui ne sont pas des leçons de pédants mais des enjeux vivants à savoir le choix du socialisme comme seul vecteur de paix et de développement. ...

Publié par Danielle Bleitrach

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Source : gazeta-pravda.ru

N.M. KOVYNEV, secrétaire du Comité régional de Carélie du Parti communiste de la Fédération de Russie, membre du Comité central de la Ligue des jeunes communistes de la Fédération de Russie.

Le XIXe Congrès du Parti communiste de la Fédération de Russie (PCFR) a déclaré : « La tentative de proclamer une prétendue révolution conservatrice ne répond à aucun des défis de l’époque moderne. Premièrement, les simples paroles sur les grandes traditions nationales et la « voie spéciale » de la Russie n’améliorent pas le niveau de vie du peuple. Et si ces formules ne font que l’aggraver, elles finiront par devenir exaspérantes. Deuxièmement, rien n’est plus dangereux pour le patriotisme que de tenter de parer la grande culture russe de vieilles chaussures en écorce et d’une chemise en lin déchirée. »

À mesure que les événements se déroulent dans le pays et à travers le monde, la justesse des analyses du congrès du parti apparaît plus clairement. Et la réponse à la question posée par le dirigeant du Parti communiste, Guennadi Ziouganov – « Est-ce un hasard si, lorsqu'ils examinent les faits du passé, les nouveaux conservateurs adoptent souvent les pratiques abjectes de la "cinquième colonne" libérale ? » – reflète la réalité avec une clarté croissante.

Par exemple, les conservateurs du nord de la Russie aiment à commémorer le « 800e anniversaire du baptême des Caréliens », à rappeler comment l'État tsariste prenait soin des besoins de la population locale et comment seuls les bolcheviks sanguinaires ont sapé la prospérité et la stabilité. Le chef de la République de Carélie l'a de nouveau évoqué lors de l'inauguration récente d'un monument à la comtesse Orlova-Chesmenskaya à Pitkyaranta. Dans son discours, il a souligné : « Grâce à la comtesse Orlova-Chesmenskaya, des églises ont été construites en Carélie et de nombreuses bonnes actions ont été accomplies. À Salmi, elle a fait construire une église. Après les guerres, elle a été détruite, mais nous la restaurerons », a déclaré le dirigeant régional. « La contribution de personnalités à différentes époques au développement de notre terre : voilà l'histoire que nous devons transmettre aux générations futures. Il est primordial de se souvenir de l'histoire et d'honorer les personnes qui y ont contribué afin de préserver les valeurs et les principes moraux et spirituels de l'orthodoxie. »

Cela paraît idyllique, mais si l'on se souvient de la réalité vécue par les Caréliens sous le règne des nobles, une tout autre impression se dégage. De plus, cette impression est renforcée par les résultats obtenus par ces héritiers de comtes et de comtesses, d'impératrices et de souverains, qui s'appuyaient sur les figures idéologiques qui inspiraient leurs maîtres.

Avant la Révolution, par exemple, le taux d'alphabétisation des Caréliens du gouvernement d'Olonetsk n'excédait pas 15 à 18 %. La plupart vivaient dans des villages et étaient de pauvres paysans (nul n'ignore le proverbe « Le Carélien mangeait l'écorce »), exerçant souvent des métiers saisonniers, comme bûcherons ou charpentiers. Nombre de paysans, en quête de travail, quittèrent leur gouvernement pour Saint-Pétersbourg, Reval, Riga et d'autres villes. Le nombre de travailleurs migrants (charpentiers, menuisiers, tailleurs de pierre, etc.) était d'environ 9 000 au milieu des années 1860, de 17 000 en 1890 et de 22 000 en 1900. Chaque année, entre 3 000 et 4 000 pêcheurs partaient de Pomorye, en Carélie, pour la pêche printanière et estivale dans l'océan Arctique.

Il est également important de noter que le niveau de développement médical était tel que des maladies, de la tuberculose à la syphilis, décimaient impitoyablement la population. De plus, il est avéré que, dans ce contexte, le gouvernement tsariste a artificiellement freiné le développement des régions ethniquement périphériques de Russie. Ainsi, la Carélie est restée un simple fournisseur de matières premières pour le marché intérieur du pays. À la veille de la Première Guerre mondiale, la production manufacturière annuelle moyenne par habitant en Russie dépassait 40 roubles, mais dans le gouvernement d'Olonetsk, elle n'était que d'environ 8 roubles. Faute de routes, ces régions étaient isolées et coupées du centre du pays, ce qui a nui au développement industriel et culturel de la Carélie.

Mais tout changea en 1920, lorsque le gouvernement soviétique créa la Commune ouvrière de Carélie. Pour la première fois de leur histoire, les Caréliens se dotaient d'un État. Trois ans plus tard, en 1923, la commune devint la République socialiste soviétique autonome de Carélie (RSSA).

Et c'est là que les choses deviennent intéressantes. En 1939, la grande majorité des Caréliens savaient lire et écrire. Des centaines d'écoles, d'instituts techniques et un institut pédagogique ont ouvert leurs portes dans toute la république. Et en 1940, l'université d'État de Petrozavodsk a ouvert ses portes. À cette date, la production industrielle avait été multipliée par sept par rapport à 1913. Ce n'était ni un hasard ni une bénédiction ; c'était le fruit d'une politique planifiée : le développement des républiques nationales était alors considéré comme un objectif stratégique, et non comme une question de rentabilité.

Dans les années 1970 et 1980, la Carélie possédait déjà sa propre section de l'Académie des sciences, un théâtre national, une société philharmonique, des bibliothèques, des musées et des groupes d'art populaire. Dans les villages et les villes caréliennes, les logements, les écoles, les crèches et les hôpitaux étaient construits selon une norme soviétique uniforme. Le chômage y était tout simplement inexistant.

Puis vint la destruction de l'URSS et l'abandon de l'économie planifiée, ainsi que la mise en œuvre de facto des politiques fondamentales de la Russie impériale et de ses successeurs et défenseurs de la guerre civile : les Gardes blancs. Les projets de construction, d'exploitation forestière et de développement rural qui restaient en suspens furent tout simplement abandonnés.

Dans les années 1990, les villages furent les premiers à être pris pour cible, notamment leurs habitants. Les forêts, piliers de la vie carélienne, furent accaparées par des entreprises privées uniquement motivées par le profit. De ce fait, les villages se vidèrent, les fermes d'État firent faillite et le travail se fit rare. En somme, l'habitat rural s'était installé à la place du mode de vie traditionnel.

Comme l'a judicieusement fait remarquer le poète Yegor Isaev :

Le village est en train de brûler,

Ça brûle, ça brûle,

Dans la brume du clair de lune

Les clubs restent silencieux :

Les pogosts sont à but lucratif,

Les maternités sont en déclin.

Les moteurs faiblissent,

dans la coupe des hectares,

Sous le couteau, sous le massacre

troupeaux et volées...

Le clocher est silencieux

dans une chaleur latente.

Parallèlement, face à l'effondrement de la production, les responsables locaux de Russie unie ont réprimé les services sociaux sous couvert d'« optimisation ». Hôpitaux de district, postes de premiers secours, bureaux de poste, petites écoles, lignes de bus – tout a disparu.

Les chiffres sont éloquents : en 1989, 79 000 Caréliens vivaient en RSSA de Carélie. Selon le recensement de 2021, ils n’étaient plus que 32 000 dans toute la Russie, dont 25 900 en Carélie même. Parallèlement, la population de toute la région diminue rapidement d’année en année. Au cours des trente dernières années, elle a diminué de près d’un tiers. La Carélie est aujourd’hui la première république nationale du pays où la population du groupe ethnique éponyme est tombée sous la barre des 50 000, la reléguant officiellement au statut de minorité. Les congrès caréliens sont essentiellement des rassemblements costumés financés par l’État. Une belle image pour illustrer l’harmonie interethnique, rien de plus. De toute évidence, personne n’y entend aborder la réalité de la situation.

Si les choses continuent ainsi, dans quelques décennies, nos petits-enfants ne liront l'histoire des Caréliens que dans des publications d'histoire locale, et encore, comme s'il s'agissait d'un peuple tombé dans l'oubli.

La question principale aujourd'hui est donc la suivante : aurons-nous le temps de changer quoi que ce soit ? Et il n'y a qu'une seule chose que nous pouvons changer : revenir à la voie socialiste qu'ont suivie notre pays et ses territoires pendant la majeure partie du XXe siècle.

Le problème, c'est que le marché ne préserve pas les petits peuples. Il les considère comme un gaspillage lorsqu'ils cessent d'être des « consommateurs efficaces ». La situation des Caréliens et de leurs villages en est une illustration flagrante. Tant que l'économie socialiste existait, il n'était pas nécessaire de prouver l'« efficacité » du village carélien : cela faisait partie intégrante du plan global.

De tout cela, une seule conclusion s'impose – et l'expérience historique le confirme, tout comme la réalité actuelle : seul le socialisme peut garantir le droit à une existence digne. Tout le reste n'est souvent qu'une cérémonie funéraire pompeuse, accompagnée de discours sur les grandes traditions nationales de la Russie et sa « voie particulière ».

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