Histoire et société3

Tant qu'il n'y a pas d'œuvre commune, il y aura toujours de l'intolérance

article header cover image

Histoire et société > Civilisation

Revendication de l’adhésion au TPNW. Armes nucléaires, inégalités et échec de l’État-providence dans une Europe en réarmement (Laura Tussi)

Tout à fait d'accord avec nos camarades italiens et en particulier Laura Tussi : il est proprement fascinant de voir à quel point en France il y a dans les partis en compétition électorale un consensus (ce que nous définissons aujourd'hui comme le "champ politique" , l'arène de la compétition entre ceux qu'admet le système pour feindre des empoignades passionnées pour ne pas remettre en question l'éléphant du surarmement de la préparation à une escalade militaire. Entendre en même temps des experts déplorer l'absence de moyens, le poids de la dette face à la pression de la rue qui arrive à bloquer 'pour combien de temps) l'atteinte aux retraites, à continuer( (malgré l'appel ,aux casseurs) à réclamer des conditions d'étude et des formations... tandis que le président Macron de plus en plus "ailleurs" dit vouoir répondre aux demandes de Zelenski et en même temps continuer le surarmement ... c'est déjà pour un esprit logique un problème même si on réussi à produire une réflexe conditionné (Russes nazis agresseurs, Chinois perfides voleurs d'emplois et iraniens féminicides, voulant nous obliger à nous islamiser et voulant du mal aux juifs, défendus heureusement pat le disciple de Soral qu'est Bardella.. ) Tout le monde finit par s'en moquer mais pas au point de se battre contre le véritable danger pour cela il faudrait une offensive sur le fond du péril.

Publié par Danielle Bleitrach

le

Source : www.farodiroma.it

L'Europe contemporaine traverse une profonde fracture, silencieuse dans les cercles du pouvoir mais assourdissante dans les rues, les couloirs des hôpitaux de banlieue et les salles de classe délabrées des écoles publiques. D'un côté, les gouvernements du continent accélèrent une course aux armements sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale, justifiée par la menace de la dissuasion et les tensions géopolitiques mondiales. De l'autre, une génération d'étudiants et de citoyens engagés – en Italie, en France et en Espagne – se soulève pour dénoncer une réalité inacceptable : tandis que des milliards sont alloués à la machine de mort et à la défense stratégique, l'État-providence est systématiquement démantelé.

Dans ce contexte de régression civile, le Traité sur l'interdiction des armes nucléaires (TIAN) représente non seulement une avancée juridique et diplomatique d'une exigence morale suprême, mais aussi un avertissement politique et économique capital. Le TIAN nous rappelle que la sécurité d'une nation ne se mesure pas à sa capacité d'anéantir ses voisins, mais à sa capacité de garantir les droits, la dignité et l'avenir de ses enfants.

L'économie de destruction contre le bien commun

Le discours de la défense à tout prix se heurte tragiquement aux réalités des dépenses publiques. Maintenir, moderniser et renforcer les arsenaux nucléaires et conventionnels exige un ponction colossale sur les ressources financières, industrielles et scientifiques. Ce capital soustrait à la collectivité n'est pas neutre : chaque euro investi dans un missile balistique ou un système d'armes stratégiques est un euro soustrait à une salle de classe, un laboratoire de recherche, un lit en soins intensifs ou un projet de logement social.

Le TPNW dénonce structurellement cette aberration logique. En établissant l'illégitimité humanitaire des armes nucléaires, le traité met à nu le mensonge de la dissuasion : les armes qui promettent la destruction totale ne protègent pas les peuples, mais les prennent en otage, les appauvrissant matériellement et spirituellement. Lorsque les dépenses militaires priment sur le bien-être social, l'État abdique sa fonction première, qui est la protection et le soutien social de ses citoyens.

La révolte des périphéries et des salles de classe : France, Italie, Espagne

Les mouvements étudiants qui embrasent les capitales et les provinces européennes ne sont pas de simples rébellions de la jeunesse, mais bien des manifestations d'une lucidité politique extrême. En France, les luttes contre les réformes scolaires et les coupes budgétaires dans les services publics ; en Italie, les mobilisations étudiantes contre l'alternance précaire entre études et travail et la précarité structurelle de l'emploi ; en Espagne, les manifestations pour le droit à une éducation et à des soins de santé publics, universels et de qualité, contribuent à forger un front uni.

La jeunesse européenne dénonce avec force ce que les décideurs politiques feignent d'ignorer : la crise économique et sociale n'est pas un phénomène naturel, mais le fruit de décisions budgétaires irresponsables. On exige des sacrifices au nom de « l'austérité » et de la « stabilité », pour s'apercevoir que les caisses de l'État se remplissent comme par magie dès qu'il s'agit de financer l'industrie de guerre. Les écoles publiques se délabrent, les enseignants sont sous-payés, les hôpitaux publics sont au bord de l'effondrement faute de personnel, et pourtant, on trouve toujours des fonds pour les programmes de réarmement. C'est la consécration d'une inégalité structurelle, où la richesse sociale produite par les travailleurs est canalisée dans une spirale de destruction plutôt que dans la reproduction sociale de la vie.

Vers une nouvelle idée de sécurité

Le lien profond entre le TPNW et les luttes de la jeunesse réside dans la redéfinition même du concept de sécurité. Une société où les soins de santé sont un privilège réservé à ceux qui peuvent se les offrir et où l'éducation est un luxe subordonné aux budgets de guerre est une société intrinsèquement précaire, fragile et injuste.

La véritable sécurité humaine repose sur la justice sociale, la redistribution des ressources, la garantie d'un travail décent, la transition écologique et un système éducatif universel qui éduque les consciences. Exiger le respect du TIAN et l'abolition des armes nucléaires revient à exiger un changement de paradigme radical : cesser d'investir dans la fin du monde et enfin investir dans son avenir. Tant que les gouvernements privilégieront les chars aux hôpitaux et les missiles aux livres, la voix des étudiants dans les rues d'Europe restera le seul véritable rempart de la civilisation face à la barbarie de notre époque.

Laura Tussi

Commentaires