Histoire et société3

Tant qu'il n'y a pas d'œuvre commune, il y aura toujours de l'intolérance

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Histoire et société > Vie du PCF

Réponse de Franck sur le mouvement lycéen et l'engagement générationnel

je suis d'accord avec ton éditorial danielle me dit Franck qui est aux côtés de ses élèves pour discuter et inciter au calme ... Franck revient d'un long voyage en Chine et il nous avait dit dans ses reportages à quel point il était frappé par la sérénité, le calme, l'optimisme pourquoi ne pas le dire qui émanait de cette jeune société et pourtant riche d'une histoire millénaire comme la France d'ailleurs ... Il y a tant à faire, à découvrir, à inventer pour ces jeunes ... "Voici mon commentaire sur la situation et je vous le dit, la moutarde me monte au nez. Le motif le plus profond de mon engagement, ces dernières années, fut précisément de réveiller ma génération pour qu'elle prenne enfin ses responsabilités et cesse de reporter les problèmes sur les générations suivantes, et surtout, pour qu'on n'envoie pas nos enfants dans une guerre, qui plus est, une guerre de défense des privilèges impérialistes ou ce qu'il en reste. 

Publié par Franck Marsal

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Article original pour le blog

Mais le fait est que nous nous épuisons dans des leurres, des divisions et que c'est la jeunesse aujourd'hui qui relève la tête parce qu'elle perçoit qu'on lui vole son avenir, qu'on l'enferme comme tu dis dans un tunnel, alors que le monde s'ouvre et que dans de nombreux pays, la jeunesse a accès à un avenir, non sans difficultés, bien sûr, parfois même avec beaucoup plus d'exigences mais avec un environnement cohérent et qui fait sens. 

Dans le lycée de mon fils, les jeunes ont brandi et accroché, côté à côte, le drapeau français et le drapeau palestinien. Et je trouve que c'est symboliquement fort, une manière de dire précisément ça, on est ici, à la fois dans notre pays et dans ce monde qui émerge. Face à eux, les policiers s'occupaient des poubelles et entre ces policiers et ces jeunes, tout est fait pour empêcher le dialogue, quelques tirs de gaz ont déjà eu lieu et, à l'heure où j'écris, je crains le pire pour la suite. Pourtant, pour avoir, chaque fois que l'occasion s'est présentée ouvert l'échange avec des policiers, je peux vous assurer qu'ils n'en pensent pas moins sur l'incurie de leurs conditions de travail, l'impossibilité qu'ils ont de faire leur travail.

Hier soir, j'ai fait quelque chose qui m'est très inhabituel, j'ai regardé la télévision, les chaînes de désinformation continue. Cnews (les autres ne valaient pas mieux, ce n'est pas un problème de Cnews ou d'une autre, c'est général) s'était saisie du mouvement lycéen sous la forme d'un débat sur la violence et sa légitimité. Il y avait là un commissaire représentant le RN, Corbières, qui se présentait comme enseignant et représentant la gauche, la "journaliste" Sonia Mabrouk et quelques  gens de "droite" dont j'ai oublié les noms. 

Ce "débat" fut une véritable honte.  Personne n'écoutant personne, la parole était coupée en permanence, aucune discussion ne pouvait avancer, l'animatrice du débat ne faisait respecter aucune règle minimale de discussion, sortant régulièrement de son rôle. Pire, derrière les affrontements théatralisés, pointait régulièrement une connivence, genre "on discutera ça autour d'une bière" (cette phrase a réellement été prononcée !). 

C'est à dire qu'après avoir mis de côté les revendications et la situation de la jeunesse (Corbières a essayé d'aller dans ce sens mais n'a pas réussi), en même temps, on dénonçait la violence et on montrait pratiquement l'incapacité de notre génération de parents et d'adultes, y compris un enseignant et un commissaire de police revendiquant leurs titres, à simplement débattre dans une perspective commune de proposer un chemin d'avenir, ne serait-ce qu'un seul chemin à la nouvelle génération. Le tout en affichant, finalement que bon, tout débat n'est qu'un théâtre sans perspective, un jeu dans lequel on singe la réalité pour faire spectacle et qu'au fond, personne ne croit réellement à ce qu'il dit ni à ce qu'il fait. Le schéma profond qui se dégage est celui d'une corruption enracinée. 

C'est au fond une autre forme de fascisme à laquelle notre jeunesse fait face aujourd'hui, mais elle n'en a pas encore la clé. Le fascisme classique interdisait le débat, le fascisme actuel l'empêche non par l'interdiction ouverte, mais par la saturation des espaces, en diffusant à haute dose la cacophonie. 


Comment voulez-vous que la jeunesse s'en sorte, à peine s'ouvrant à l'action collective et déjà piégée dans la violence et l'incapacité des générations précédentes à débattre, qui noyent la réalité dans un théâtre sans issue ? Pourtant la jeunesse n'a pas le choix que de chercher une issue pour son avenir, et ce matin, malgré la peur et le rejet de la violence largement majoritaire, les lycéens sont redescendus dans la rue, plus nombreux encore. Et cette issue existe, car le monde ouvre beaucoup de perspective d'avenir, de coopérations, de développement, de créativité et de solutions. Perspectives dont on veut nous priver en nous enfermant dans la guerre. 

Alors, nous avons encore le problème qui se repose devant nous. Que ferons-nous ? Que fera notre génération ? Macron nous tire vers le bas, cessons de le suivre. La majorité ne veut pas du fascisme, mais la cacophonie lui prépare le terrain. Relevons la tête, arrêtons de surjouer les débats du passé et regardons le monde tel qu'il est. Prenons notre responsabilité et agissons en adulte, il est plus que temps. 

Franck


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