Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Qui était Alex Pretti, l’infirmier tué à Minneapolis par la police de l’immigration ?

Nous reprenons ce portrait – publié dans le Figaro, ce qui est un signe du « potage » dans lequel se débat l’élite mediatico-politique française, on perçoit la manière dont l’impérialisme dans son déclin est en train non seulement d’étendre la guerre civile dans les rapports nord-sud mais au sein même de sa « suprématie » supposée blanche et couches moyennes ralliées au capital monopoliste financiarisé constituée depuis les années soixante mais qui devient dominante dans les années quatre-vingt et à la chute de l’URSS. Ce qui est l’objet de mon livre, mais on assiste au cœur de l’empire à un questionnement sur ce qui renforce cette nouvelle forme de fascisme et ce qui l’affaiblit. Il faut comprendre ce qu’est le Minnoseta, nous en avions parlé lors de l’élection de Trump puisque le vice-président de Kamala Harris était le gouverneur de cet Etat très particulier. C’est lui qui est entré en guerre avec sa propre police contre Trump sur des bases différentes de celles de Los Angeles. D’un côté, on voit que Trump continue à avoir une adhésion massive pour sa politique à la frontière mais en revanche il est en minorité sur le traitement de l’immigration au plan intérieur et son paroxysme au Minnesota. L’enjeu est toujours au plan national le mécontentement face à l’inflation et c’est sur ces bases comme sur les baisses à la bourse que la crise de gouvernance paraît la plus apte à faire perdre à Trump les élections de mi-mandat alors que les affrontements contre « la dictature » n’ont pas jusqu’ici beaucoup d’impact et divisent les démocrates (comme elles divisent en France la social-démocratie, à savoir la gauche dans sa totalité). Mais est en train de surgir quelque chose qui ressemble assez à la contestation des années soixante avec ses forces et ses faiblesses qui pourrait déstabiliser un peu plus l’impérialisme par rapport à la transformation géopolitique (note de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete).

Par Barbara Azais

Il y a 27 minutes

Cet Américain de 37 ans a été tué par des agents fédéraux en pleine rue, samedi, dans le Minnesota. Deux semaines plus tôt, ses parents lui avaient conseillé d’être prudent lors des manifestations.

Alex Pretti, 37 ans, a été abattu en pleine rue par des agents fédéraux, samedi, alors qu’il aidait une femme à se relever sur le sol enneigé et glissant de Minneapolis. D’abord présenté comme « un terroriste national » par l’administration Trump, le profil de cet infirmier, qui travaillait dans l’unité de soins intensifs de l’hôpital des anciens combattants de la ville, se précise peu à peu. Sa famille, ses amis et ses collègues dressent le portrait d’un homme aidant et soucieux du monde qui l’entourait.

« Il se souciait profondément des gens et il était très bouleversé par ce qui se passait à Minneapolis et dans tous les États-Unis avec l’ICE, comme des millions d’autres personnes », explique son père, Michael Pretti, à l’Associated Press. « Il pensait que manifester était un moyen d’exprimer son souci des autres. » Selon sa mère, Susan Pretti, Alex était préoccupé par la conjoncture actuelle du pays, notamment par le démantèlement des politiques environnementales. « Il détestait que les gens détruisent la planète », a-t-elle déclaré. « Il aimait le plein air… Il aimait ce pays, mais il détestait ce que les gens lui faisaient subir. »

Engagé pour la justice sociale et l’équité

Interviewé par le New York Times, le Dr Dimitri Drekonja se souvient d’« un collègue formidable et d’un très bon ami » passionné de VTT, avec qui il a travaillé de nombreuses années. « Il avait toujours le sourire aux lèvres », explique-t-il, soulignant l’efficacité et les compétentes de l’infirmier. Une autre de ses collègues, Ruth Anway, décrit quelqu’un qui « voulait être utile », « aider l’humanité ». « Je ne suis pas surprise qu’il ait participé à la manifestation et observé la situation », a-t-elle précisé.

Chris Gray, son voisin, confirme à CNN qu’Alex Pretti « était travailleur » et investi auprès des autres, engagé pour la justice sociale et l’équité. « Il faisait partie intégrante de ma communauté, tout comme les immigrants et beaucoup d’autres personnes qui représentent notre quartier. Ceux qui détruisent notre quartier, ce sont ces agents de l’ICE qui courent partout, hors de contrôle ». Alors que le commandant en chef de la police des frontières, Gregory Bovino, avait affirmé qu’Alex Pretti tentait de « massacrer les forces de l’ordre » lorsqu’il a été tué, Chris Gray appelle à ce souvenir de lui comme ayant fait de la « résistance communautaire massive et non violente ».

Côté vie privé, Alex Pretti était divorcé et vivait avec son chien. Il faisait des heures supplémentaires pour économiser et acheter une maison ainsi qu’une nouvelle voiture. Le sachant investi auprès des minorités, ses parents lui avaient récemment conseillé d’être prudent lors des manifestations. « Nous avons eu cette discussion avec lui il y a environ deux semaines, vous savez, pour lui dire d’aller manifester, mais de ne pas s’impliquer, de ne pas faire de bêtises, en gros », a raconté Michael Pretti. « Et il a répondu qu’il le savait. Il le savait. »

Désarmé, puis tué

Les images des derniers moments d’Alex Pretti, largement relayées sur les réseaux sociaux, montrent le trentenaire, coiffé d’une casquette, filmer les agents de l’ICE avec son portable. Tout s’accélère lorsque l’un d’eux bouscule violemment une femme et la fait tomber à terre. L’infirmier s’interpose pour l’aider à se relever, pendant que l’agent à l’origine de cette chute persévère en le gazant de spray au poivre. Pretti, toujours occupé à essayer de relever cette inconnue, tourne le dos aux policiers. Pourtant, plusieurs d’entre eux l’attrapent et le plaquent au sol, avant qu’au moins neuf coups de feu ne retentissent et le laissent sans vie.

Une analyse des vidéos, par plusieurs médias, démontre que le jeune homme ne menaçait pas les forces de l’ordre avec une arme comme l’avance l’administration Trump. Un agent fédéral lui a retiré celle qu’il portait légalement à la ceinture quand ses collègues le maintenaient au sol, une seconde à peine avant que plusieurs coups de feu ne soient tirés dans sa direction.

Samedi soir, l’émotion est encore vive outre-Atlantique, où les hommages se succèdent pour celui que le monde a vu mourir sous ses yeux. Des centaines de personnes se sont rassemblées autour d’un mémorial improvisé sur le lieu de sa mort, pour y déposer des bougies, des fleurs et des pancartes appelant à la « justice pour Alex Pretti ».

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