Samedi 14 mars 2026
Les idéaux socialistes ne sont pas morts, et ils ne sauraient l’être ! Le socialisme, en définitive, est un cri pour la justice. La question qui se pose aujourd’hui est de savoir comment aller de l’avant, surtout après tout ce qui a été dit, révélant un esprit fermé de part et d’autre. Devons-nous alors rejeter ces idées comme irréalistes ? Partout dans le monde, on assiste à un réveil, c’est aussi ça le Zugzwang, cet effroi de ceux qui se retrouvent malgré eux aux côtés de la guerre et de l’apocalypse. Certains sont allés sans doute trop loin pour revenir, la question du socialisme ne se pose même plus, seule celle de se faire un peu respecter par l’ogre qui sème dans son propre camp la guerre civile et continue à prétendre dévorer les enfants de la planète. D’autres poursuivent leur fuite en avant et censurent plus que jamais pour que l’on ne mesure pas le degré de leur collaboration en continuant à faire porter leurs coups en priorité sur ceux qui résistent à l’ogre. D’autres ne voient que la lutte des places et voient dans la division leurs intérêts médiocres. D’autres se réveillent et comme ce Guatémaltèque s’interrogent sur la manière dont ils ont eux-mêmes affaibli leur propre camp, ils se demandent ce qu’il faut faire, quel socialisme… (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)
Marcelo Colussi / Pour notre Amérique De la ville de Guatemala
Précision essentielle : ce texte n’est en aucun cas – et nous insistons fortement sur ce point, absolument pas ! – une capitulation face aux idéaux socialistes. Il s’agit, en tout cas, d’une brève – et sans doute pas très profonde – réflexion sur l’état actuel du monde, de la gauche et du mouvement populaire (l’espace ne permet pas une plus grande complexité… ou plutôt, l’auteur le souhaite). Autrement dit, c’est une tentative d’explorer comment il est possible aujourd’hui de construire une alternative révolutionnaire et socialiste, un projet qui transcende le capitalisme. Ceci étant dit, nous pouvons développer quelques points.
« Si les révolutionnaires, en tant qu’individus, peuvent être tués, les idées, elles, ne peuvent pas l’être . »
Thomas Sankara, leader de la révolution socialiste au Burkina Faso, assassiné par le gouvernement colonial français et la CIA
Il y a quelques décennies à peine, cinq tout au plus, le monde semblait s’orienter vers des positions socialistes. Après les gigantesques révolutions prolétariennes en Russie et en Chine, et la transition vers des systèmes non capitalistes dans de nombreux pays (Cuba, Vietnam, Laos, Nicaragua, anciennes colonies européennes d’Afrique, certains États arabes, Afghanistan), le monde connaissait un climat de protestation, de rébellion et de rupture avec l’ordre établi : du mouvement hippie pacifiste et anticonsumériste aux mouvements de guérilla aux visées révolutionnaires, des syndicats militants au mouvement inspirant de Mai 20 en France, des mouvements étudiants critiques à la stimulante Révolution culturelle chinoise, de la théologie de la libération au sein de l’Église catholique à une mystique guévariste qui guidait les actions, avec des groupes intellectuels critiques proposant des changements, des mouvements féministes très mobilisés et une vague de mécontentement social grandissante contre le statu quo qui donnait le ton. Les luttes ouvrières, paysannes et populaires avaient une saveur résolument socialiste, l’influence de Marx se faisant sentir dans le monde entier. Mais le système a réagi brutalement. Les répressions sanglantes furent suivies de politiques néolibérales qui freinèrent considérablement les luttes pour le changement social. Dès lors, les idéaux socialistes furent remis en question. Une propagande anticommuniste viscérale et colossale déferla sur le monde, créant un récit où la transformation paraissait impossible et où un concept fondamental de la pensée marxiste, tel que la lutte des classes, fut relégué au second plan.
À sa place, d’autres injustices, non moins importantes, furent érigées en moteurs des mobilisations (la lutte contre le patriarcat, contre toutes les formes de discrimination, contre l’écocide), sans pour autant s’attaquer au problème fondamental de l’exploitation économique. Plus jamais un mot ne fut prononcé sur la lutte des classes. Le mouvement des ONG, promu par les pays du Nord, contribua à parachever ce tableau de démobilisation, même sous couvert de progressisme.
Depuis lors, un demi-siècle s’est écoulé, durant lequel le génocide intellectuel (la mort de la pensée critique) a été la norme. L’énergie transformatrice qui animait d’immenses mouvements il y a des décennies s’est tarie. Une culture du pragmatisme et de la résignation s’est installée, intronisant l’individualisme et le chacun pour soi. Conséquence : un monde où les propositions socialistes sont manifestement absentes. Le progressisme, tel qu’on l’a vu en Amérique latine au début de ce siècle, n’a jamais dépassé le stade des bonnes intentions, démontrant que sans processus révolutionnaires fondamentaux, les changements superficiels sont illusoires. Si le corollaire de ces idées est qu’après une invasion brutale comme celle qui a eu lieu à Caracas en début d’année, qui a conduit sa présidente actuelle, Delcy Rodríguez, à déclarer : « Dans un monde où la violence et la guerre sont semées, que le Venezuela manifeste et envoie des messages aux autres nations, qu’il envoie des messages selon lesquels la diplomatie directe, le dialogue politique direct, est la seule chose qui fonctionne », alors que la CIA et les compagnies pétrolières américaines prennent le contrôle du pays, le transformant en un protectorat de facto, il est évident que ces mouvements progressistes ne sont pas la voie à suivre. La jeunesse mondiale, force motrice indispensable du changement social, s’est endormie. Il serait totalement insensé, erroné et injuste d’affirmer que les jeunes d’aujourd’hui sont superficiels. Cette mentalité hégémonique et centrée sur l’adulte doit être radicalement remise en question.
« La jeunesse d’aujourd’hui aime le luxe, est mal élevée, méprise l’autorité, manque de respect à ses aînés et bavarde au lieu de travailler. Les enfants sont désormais des tyrans, et non plus des serviteurs. Ils ne se lèvent plus lorsque les personnes âgées entrent dans la pièce. Ils contredisent leurs parents et se vantent en société », écrivait Aristote il y a plus de deux millénaires dans le livre VIII, chapitre 7 de sa « Politique ». Il semble que cette erreur de considérer la jeunesse comme « perdue » soit un thème récurrent à travers l’histoire. Si l’esprit révolutionnaire de la jeunesse actuelle s’estompe, remplacé par un engouement addictif et conformiste pour le monde numérique, ce n’est pas par hasard, mais bien par des desseins savamment orchestrés par ceux qui détiennent le pouvoir. L’esprit critique essentiel a été supplanté par l’influence. Conclusion : les gens ne pensent plus, ou plutôt, on ne leur permet plus de penser ; ils « influencent » (et, pire encore : ils sont influencés). La guerre cognitive est bien réelle, et la droite est en train de la gagner – et de loin.
« Pour étouffer toute révolte par avance, (…) les méthodes archaïques comme celles d’Hitler sont dépassées. Il suffit de créer un conditionnement collectif en réduisant drastiquement le niveau et la qualité de l’éducation. (…) Que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu subversif. Nous diffuserons massivement, par la télévision [il faudrait aujourd’hui y ajouter les réseaux sociaux et les applications internet], des divertissements abrutissants, toujours en flattant l’instinct émotionnel », déclarait le penseur austro-allemand Günther Anders en 1956.
« Divertissement abrutissant », n’oublions pas cela. Il semble que ce soit là la clé : les masses sont manipulables – tous les êtres humains le sont, c’est pourquoi, par exemple, nous consommons allègrement ce poison qu’est le Coca-Cola – et si l’on ajoute à cela une forte dose de manipulation menée avec des moyens scientifiques et techniques efficaces, les effets peuvent être dévastateurs, voire terrifiants. Terrifiants pour le peuple, qui subit cet exercice brutal – mais habilement présenté – du pouvoir. Très commode pour ceux qui le pratiquent : les élites dirigeantes.
Dans ce contexte, la gauche est non seulement quelque peu à la dérive (soyons honnêtes : nous sommes inefficaces, nous avons cessé d’être à l’avant-garde des luttes révolutionnaires ), mais la droite se développe, gagne du terrain et occupe désormais l’espace politique avec des populismes conservateurs aux caractéristiques néofascistes (suprématistes, violemment racistes et xénophobes, patriarcaux), avec l’horreur inédite d’être soutenue par de larges majorités populaires, remportant des élections où l’esclave applaudit et glorifie le maître. Un syndrome de Stockholm poussé à l’extrême.
Tout cela signifie-t-il que le capitalisme a triomphé et que nous ne pouvons plus jamais envisager de solutions socialistes ? La situation actuelle, notamment avec la montée en puissance fulgurante de l’extrême droite à travers le monde, pourrait nous y amener. Les premières grandes révolutions socialistes de l’histoire, en Russie et en Chine, ont changé de cap. Dans les deux pays, nous assistons à une résurgence du capitalisme (l’ex-Union soviétique, aujourd’hui désintégrée) et en Chine, avec son « socialisme de marché » si particulier (un capitalisme d’État de fait).
Un exemple de dignité comme Cuba est de plus en plus précaire. « Cuba sera la prochaine à tomber », déclare avec arrogance Donald Trump, et les mouvements progressistes latino-américains ne peuvent aller au-delà – malgré d’énormes efforts – que par des politiques de redistribution. Cette vision pessimiste est exacerbée par l’actualité, notamment par la perte d’hégémonie de la principale puissance capitaliste, les États-Unis, qui refusent de céder leur place de centre mondial et se montrent donc plus agressifs que jamais. Bien qu’il s’agisse en fin de compte d’un signe de faiblesse, leur ancienne puissance s’amenuisant – ils ont déjà indéniablement perdu la guerre commerciale (et scientifique et technique) contre la Chine –, tels une bête blessée, ils sont prêts à tout pour éviter de succomber. D’où leur belligérance actuelle. Ce n’est pas le président actuel qui est le « fou déséquilibré » menant une politique d’intimidation arrogante, mais plutôt la classe dirigeante, son État profond (grandes banques, compagnies pétrolières, complexe militaro-industriel, géants de la tech), qui constate le déclin qu’elle commence à subir.
Perdant son hégémonie, face à d’autres puissances – loin d’être socialistes – qui érodent le dollar, comme les BRICS+, Washington tremble, malgré ses dénégations. « L’Iran a déjà capitulé sans condition », a crié le président depuis la Maison Blanche, tandis que les missiles et les drones persans ne lui laissaient aucun répit depuis leurs bases dans le golfe Persique. L’ensemble de l’élite dirigeante de la superpuissance s’exprime avec une véhémence féroce, affirmant que le capitalisme américain « n’a pas de rival ». Or, il en a, et il semble que, lentement, les nouveaux centres de pouvoir érodent son hégémonie. Aussi, presque en réaction désespérée, l’empire yankee montre les dents. Pete Hegseth, son secrétaire à la Défense, vient d’informer les gouvernements d’Amérique latine que Washington est prêt à lancer une « offensive militaire » unilatérale contre les cartels de la drogue, exigeant que ses alliés dans la région « combattent les narcoterroristes » (ce qui a conduit à la formation rapide et très docile de l’alliance continentale correspondante : le Bouclier des Amériques, une version élargie et remaniée du tristement célèbre Plan Colombie, qui n’a pas mis fin au trafic de drogue mais a complètement militarisé le pays caribéen). Une menace terrifiante, sans aucun doute, pour le Mexique en premier lieu, et pour tout le sous-continent : quiconque n’obéit pas à ses ordres risque d’être envahi.
De son côté, Trump affiche fièrement la campagne militaire « phénoménale » menée au Venezuela suite à l’enlèvement du président Nicolás Maduro (grâce à sa guerre électronique sophistiquée ou à des traîtres ?), tout en déclarant que l’Amérique latine est « notre hémisphère ». Son conseiller à la sécurité nationale, Stephen Miller, se vante quant à lui que « la force est la nouvelle loi internationale [bafouant ainsi la Charte des Nations Unies] et nous allons l’utiliser ». Ce que l’empire éprouve de plus en plus de difficultés dans des contrées lointaines – il ne gagne pas en Iran, malgré ses affirmations – il le compense dans sa propre zone d’influence, l’Amérique latine. Selon sa nouvelle doctrine de sécurité nationale de fin 2025, qui a introduit le corollaire Trump, cette doctrine vise à « renforcer la doctrine Monroe afin de restaurer la prééminence dans l’hémisphère occidental et de protéger notre territoire et nos accès stratégiques à des zones géographiques clés dans toute la région. Nous empêcherons nos concurrents non hémisphériques de déployer des forces, de menacer nos capacités ou de contrôler des ressources vitales dans notre hémisphère . » En d’autres termes : la guerre contre la Russie et, fondamentalement, contre la Chine.
En plus de tout ce qui a été dit, et au grand dam de ceux d’entre nous qui envisagent encore une perspective socialiste, les caractéristiques que prend actuellement la sphère militaire pourraient nous paralyser. Avec les systèmes de détection dont disposent aujourd’hui les grandes puissances, le secret n’est plus possible. Depuis des satellites en orbite autour de la Terre, équipés d’intelligence artificielle, d’algorithmes complexes et de processus robotiques frôlant la perfection, les puissances capitalistes semblent tout savoir, tout contrôler et tout anticiper. La cyberguerre atteint des niveaux qui dépassent la science-fiction, et ce n’est pas le mouvement populaire qui la mène. La lutte des classes – qui n’est pas terminée et qui demeure le moteur de l’histoire ! – s’exprime à travers ce niveau d’hypersophistication, où un panoptique qui nous surpasse, nous connaît et est conscient de nos plans avec une précision chirurgicale, peut anticiper toute stratégie révolutionnaire.
Face à tout cela, une question se pose : comment un petit pays isolé peut-il envisager une option socialiste alors que le capitalisme semble invincible, surtout avec des États-Unis prêts à tout, « par tous les moyens », comme l’a déclaré leur président, songeant à l’annexion de territoires appartenant à un allié supposé, membre de l’OTAN comme le Danemark ? Qui oserait s’opposer à la brute du voisinage, à ce voyou soi-disant invincible ? Comment penser au socialisme si ceux qui le prônent finissent comme Cuba, où la réalité insulaire se révèle être un lieu de souffrances indicibles (ce qui, malheureusement, est encore le cas aujourd’hui. Des souffrances infligées, ne l’oublions pas) ? De tout cela, il semblerait inéluctable que le socialisme ait été une mauvaise idée dans l’histoire, impossible, irréalisable. Alors, Marx avait-il tort ?Absolument pas ! Les vérités du matérialisme historique restent pleinement valables : la richesse de quelques-uns est due à l’exploitation du travail du plus grand nombre (autrement dit : la plus-value). Le travail humain et la nature sont les seules sources de richesse, et depuis 10 000 ans, lorsque la production dépasse les besoins de subsistance, des classes sociales existent : les uns possèdent, les autres sont dépossédés. Les uns exploitent les autres ; dans le système actuel – le capitalisme – malgré toutes les technologies disponibles, cette exploitation demeure la norme, permettant l’existence d’individus ostentatoirement riches et de masses appauvries. Au-delà des discours pompeux auxquels personne ne croit, la dure réalité est tout autre : un chien dans un foyer moyen du Nord est mieux nourri qu’un habitant du Sud. Ce que Marx avait pressenti dans son analyse scientifique rigoureuse de la société capitaliste est en train de se réaliser pleinement : le système s’est mondialisé, les monopoles ont pris le contrôle, le « capital fictif » (la spéculation financière) engendre des effondrements (la crise de 2008), les besoins superflus (le consumérisme, l’obsolescence programmée) croissent de façon exponentielle, contribuant à terme à l’écocide, des armées de réserve de main-d’œuvre permettent au capital de poursuivre son exploitation impitoyable, et les guerres constituent systématiquement une soupape de sécurité pour le système lorsqu’il dysfonctionne. Rien de tout cela ne saurait être considéré comme une erreur dans son analyse.
Aujourd’hui, toute tentative de changement semble vouée à l’échec, du moins selon le discours dominant de la droite. « Regardez Cuba ! » s’exclament-ils triomphalement. Mais leur triomphe est illusoire ! Tant qu’il y aura des êtres humains opprimés, même manipulés par les techniques les plus sophistiquées de contrôle social et d’ingénierie humaine, le mécontentement resurgira inexorablement sous forme de protestation. Ce qui se passe actuellement au Sahel, par exemple, le démontre. Les idéaux socialistes ne sont pas morts, et ils ne peuvent pas l’être !
Le socialisme, en fin de compte, est un cri de justice. La question qui se pose aujourd’hui est la suivante : comment progresser vers cet idéal, surtout après tous les discours qui révèlent l’intolérance de tous bords ? Devons-nous alors rejeter ces idées comme irréalistes ? Absolument pas. Au contraire, il faut les repositionner, les contextualiser dans un monde bien différent de celui d’il y a 150 ans, lorsqu’elles ont été formulées. Mais au fond, ce monde n’a pas changé. En tant qu’êtres humains, en tant qu’individus finis et limités, nous pourrions dire que ce qui, il y a cinquante ans, nous paraissait imminent, alors que la révolution socialiste nous semblait imminente, le virage à droite que nous connaissons aujourd’hui nous a démoralisés et rendus sceptiques.
Mais nous ne devons jamais oublier que l’histoire s’écoule très lentement, à un rythme infiniment plus lent que nos propres vies. Les changements sociaux sont des processus d’une lenteur et d’une complexité insoutenables. Par exemple : l’esclavage par le fouet a été aboli, mais le salariat persiste. Et même l’esclavage traditionnel ! L’ONU estime le nombre d’esclaves à 50 millions. Nous avons conquis la Lune et au-delà, nous disposons d’intelligence artificielle et de robots qui simplifient nos tâches, mais il existe encore des gens dans le monde (et ils sont nombreux !) qui n’ont pas accès à l’électricité, qui labourent leurs terres avec des bœufs et qui ignorent ce qu’est une salle d’opération. La révolution socialiste que nous considérions comme presque à portée de main il y a des décennies a été retardée, mais elle n’a pas été abandonnée.
Le monde actuel, apparemment dominé par un capitalisme invincible et hyper-dominateur, connaît de profondes mutations. Sa principale puissance, les États-Unis, amorce son déclin. Son hyper-belligérance actuelle – Trump n’étant que l’acteur sans scrupules de ce drame – doit être perçue comme une tentative désespérée annonçant peut-être sa fin (une économie stagnante, un système éducatif vieillissant, une guerre civile, la possibilité d’une sécession, un grave problème de drogue et un racisme flagrant). L’émergence de propositions inédites, clairement non socialistes mais susceptibles de constituer une menace importante, telles que les BRICS+ et leur processus de dédollarisation, pourrait ouvrir de nouvelles perspectives. Peut-être qu’au milieu du siècle, lors du centenaire de la Révolution chinoise, Pékin sera une puissance encore plus grande qu’elle ne l’est déjà, surpassant largement les États-Unis – y compris militairement – et pourrait contribuer à la promotion des idéologies socialistes dans d’autres régions du monde, comme l’a fait l’Union soviétique en son temps. Ce n’est qu’une hypothèse, certes, mais une hypothèse qu’il ne faut pas écarter.
La vérité est que la gauche est aujourd’hui désorientée. Participer aux élections démocratiques bourgeoises ne mène guère loin (réformisme superficiel) ; les mouvements armés semblent aujourd’hui n’avoir aucune chance de succès, compte tenu de l’énorme asymétrie militaire. La voie à suivre réside peut-être dans la recherche d’une insurrection populaire, avec une population organisée et un projet révolutionnaire clair pour la guider, incarné par une avant-garde consciente. Et peut-être devons-nous aussi envisager des processus régionaux, voire universels, car la perspective nationale est insuffisante. L’histoire l’a démontré. Sans aucun doute, la situation est grave aujourd’hui, et nous devons donc explorer de nouvelles voies (« Pour obtenir des résultats différents, il faut faire les choses différemment »).
Il est essentiel de reconquérir l’espace public pour protester et de délaisser nos téléphones portables ; nous devons continuer à diffuser une idéologie de gauche auprès des masses, en démontrant que la lutte des classes demeure le facteur déterminant. Nous devons surmonter notre peur, non pas tant de la répression, mais de notre propre paralysie, de notre inaction. Concluons avec l’épigraphe de Gramsci.
« Nous devons agir avec le pessimisme de la raison et l’optimisme de la volonté . »
Antonio Gramsci, communiste italien
Views: 48




LAGIER
Qui s’est opposé à la théologie de la Libération au Brésil soutenu par Dom Helder Camara
et le Jésuite Ricardo Boff ? Le même pape qui a soutenu Pinochet , a soutenu Lech Walesa et Solidarnosc en Pologne le très polonais et anticommuniste Jean-Paul II
Nous ne cesserons pas de le dire pour rappeler son action non pas en faveur des pauvres comme le veut la parole évangélique mais en soutien de la riche bourgeoisie dominante