Histoire et société3

Tant qu'il n'y a pas d'œuvre commune, il y aura toujours de l'intolérance

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Quelques raisons d'espérer encore faut-il prendre ses responsabilités... par danielle Bleitrach

Nous sommes dans une époque de basculement historique avec de grandes turbulences, en particulier en Europe et en France… Voici face à l'actualité immédiate de ce début de semaine quelques remarques sur ce qu'il est possible non seulement d'analyser mais de faire... Il faut d'abord bien mesurer la fenêtre d'opportunité qui s'ouvre... et l 'accélération que cela suppose ... quelques remarques à la hâte pour la semaine qui s'annonce : décryptage à chaud...

Publié par Danielle Bleitrach

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Article original pour le blog

s' il n'est pas un seul continent qui échappe à la situation de crise de l'impérialisme dans laquelle des "élites" politiques moribondes imposent un système mafieux qui tombe le masque du "libéralisme" et de la démocratie. Il traque "les dissidences" dans lesquelles tous ceux qui revendiquent sont de plus en plus identifiés à des ennemis extérieurs... Ceux-ci sont fabriqués sous des traits xénophobes voire raciste mais dans lesquels on retrouve toujours la peur du communisme, la classe laborieuse toujours dangereuse .

Celui qui se prête si peu que ce soit à une telle mascarade en croyant se concilier le système de propagande et l'aliénation qu'il engendre, s'interdit de pouvoir prendre ses responsabilités dans la bataille à laquelle nous sommes confrontés. Prendre ses responsabilités est ce qui a toujours caractérisé les communistes. Comme le disait un jour Moravia, l'écrivain italien à qui un animateur télé demandait s'il était de gauche a répondu : je ne suis pas de gauche, je suis communiste. Quelle différence faites vous? Un communiste est toujours responsable de tout, non seulement de lui mais de la planète et de l'histoire. Alors que plus personne ne se souvient de ce qu'à pensé un individu de gauche; J'assume cette responsabilité et mes décisions d'action.

Nous sommes dans une fenêtre d'opportunité où il est possible de prendre ses responsabilité, la confusion se dissipe un peu.

Nous venons d'avoir une joie et une démonstration avec la victoire de Lula au Brésil. Tous non seulement les communistes, mais la gauche, ceux qui refusent le fascisme... C'est dire que la rassemblement peut être large et qu'il ne s'agit pas d'exclure mais bien de rassembler sur une ligne qui ne crée pas les clivages mais favorise au contraire cette mobilisation. Là aussi être communiste c'est créer les conditions de ce rassemblement au-delà des divisions qu'exaspère l'impérialisme et le fascisme, race, religion, sexe, etc... Mais sans pour autant sousestimer l'ennemi et rester dans le vague du "demain on rasera gratis", je veux le bien de l'humanité, etc...

Nous avons souligné à quel point l'offensive fasciste de Trump-Rubio en Aémrique latine manifestait une recomposition de l'impérialisme non seulement aux Etats-Unis mais sur toute la planète. Il y a là une force de régression qui partout exploite la déception des peuples face à la dégradation de leur situation et des gouvernements qui ont mis un frein à l'espoir des peuples d'un changement de plus en plus urgent. Partout la gauche subit une telle offensive et voit monter sous couvert de "sécurité" une réponse "populiste" qui en fait accélère le processus et crée les conditions de la répression.

Donc rassembler large ne signifie pas tout le monde il est beau tout le monde il est gentil et encore moins sur ce qui fait la force réelle du combat, le rôle des communistes, l'ancrage dans les revendications d'un peuple qui en assez des discours vains.

Nous avons souligné à quel point c'était le peuple brésilien qui avait pris les rênes de la campagne au deuxième tour et Lula avait retrouvé ses fondamentaux pour arriver au moins à empêcher cette fascisation.

Comme l'a souligné dans son message de félicitation le président cubain : avec cette élection les Brésiliens ont « préserve leur souveraineté et garantit la poursuite de la lutte pour la justice sociale et le bien-être de leurs citoyens ».

Voilà dit ce qui rassemble ... comme le refus de n'être pas ce que l'on est...

C'est une joie pour toute l'Amérique latine en particulier pour Cuba mais pas seulement, toutes les résistances populaires en ont reçu un regain de forces. Il faut bien mesurer la tâche prioritaire qui est commune à tous les peuples : « préserve leur souveraineté et garantit la poursuite de la lutte pour la justice sociale et le bien-être de leurs citoyens ».

Pour autant rien n'est résolu et si nous n'oublions pas le rôle de Lula dans les BRICS, cela nous indique aussi que les BRICS, ce monde multipolaire est en train de connaitre une nouvelle dynamique dans laquelle la pression des peuples joue un rôle essentiel parce que ce simple programme autour duquel les Brésiliens ont préservé le gouvernement de Lula, il s'agit maintenant de le réaliser au Brésil mais dans un contexte qui doit être compris et pris au sérieux.

Au Brésil, l'adversaire est apparu face auquel il n'y a pas de troisième force même si les démocrates succèdent à Trump. C'est le système qui impose sa logique et TRump n'a fait qu'en révéler la logique. Il faut considérer que Lula va gouverner avec un congrès beaucoup plus à droite qu'il ne l'était précédemment, un entourage qui là aussi est devenu partout plus dirigé par l'extrême-droite et celle-ci organisée comme jamais avec ses gangs et ses pressions. Il aura besoin d'un peuple brésilien très politisé... Il aura besoin de se situer par rapport à un contexte international... Que croyez-vous qu'il en sera de la France ?

Les BRICS comme toutes les institutions et pratiques qui sont nées dans ce monde multipolaire avaient pour unique finalité de constituer un espace de développement qui ne subirait pas la pression devenue insupportable et destructrice de l'hégémon unipolaire. Il ne s'agissait pas d'hostilité mais d'une protection, ce choix n'exigeait pas la rupture avec les USA, les coalitions y compris l'OTAN mais il s'agissait simplement d'échapper à la crise profonde à la fois financière, économique, environnementale, civilisationnelle de ce système. Trump n'a innové en rien il a révélé crument l'état réel du dit système. Ceux qui tablaient sur un épisode qui serait transformé par l'alternance avec les démocrates ont peu à peu découvert l'ampleur de ce que représentait la crise de l'impérialisme et l'atlantisme. Celui-ci n'abandonnait pas ses proies mais jouait avec elles quitte à les abandonner quand leur intérêt l'exigeait. De ce point de vue on peut également se féliciter de la rencontre proche entre Xi-Trump et Poutine.

Mais il faut se réveiller du cauchemar dans lequel on enferme les peuples; si l'on prend le cas de l'Ukraine: il faut bien voir qu'il ne présente d'intérêt réel que pour les dirigeants européens qui n'ont cessé de soutenir un individu corrompu et un système qui ruine et détruit l'Ukraine, ce qui est le cas de tous les guerriers par procuration (y compris le pire de tous qui est le dirigeant israélien et son équipe), ceux-ci ne se contentent jamais d'exercer leur nocivité dans leur pays ils "tiennent" d'autres mafieux et sont les agents de tous les trafics et répression populaire sur toute la planète. Là encore le système est bien mafieux.

Là encore on ne peut que se réjouir que des négociations interviennent dans un cadre beaucoup plus large qui est celui qui tente d'instaurer un ordre international susceptible d'endiguer l'impérialisme après les leçons qu'il a reçues. Nul doute que la victoire brésilienne, la force de résistance de l'Iran, comme l'obligation d'avoir à négocier imposée à Trump ne soient des éléments favorables dans des rapports de forces mouvants même s'il ne s'agit que d'une étape qui peut être remise en cause au hasard des crises du système dit démocratique.

Si préserver la souveraineté et la possibilité de développement et de justice sociale va bien au-delà d'un combat électoral, la nécessité est de construire partout des rapports de force favorables en sachant bien qui est l'adversaire.

Il faut noter et c'est là un point essentiel de notre analyse et de nos convictions c'est que le monde multipolaire, les BRICS, tout ce qui a été mis en place comme une force défensive alternative essentiellement pour le sud, est confronté sous la violence de la crise, en particulier énergétique mais pas seulement, la pression des peuples, à évoluer. La volonté de porter la guerre et d'exiger que les alliés servent toujours plus ce système autophage a profondément et durablement ébranlé l'édifice y compris celui qui croyait pouvoir être neutre.. Nous sommes confrontés à une nouvelle dynamique et le fait que ce soit la Chine dirigée par un parti communiste qui en soit le leader est d'une importance dont nous ne prenons pas la mesure.

En quoi effectivement les exigences précédemment énoncées ont le socialisme pour finalité ?

Les forces politiques, qui se sont développées depuis des décennies dans cette décomposition de l'impérialisme et qui n'arrivent pas à concevoir le changement de situation planétaire ne sont pas elle-mêmes des freins ? Celles d'Europe le sont à un point qui est celui de la décomposition, elles sont incapables de trouver des solutions aux maux que leur système engendre et tentent de désigner une menace "extérieure" ce qui leur permet de poursuivre leur refus d'entendre la colère populaire et de poursuivre leur surarmement. d'Europe refusent d'admettre qu'il faille céder sur des points fondamentaux.

Les causes de la colère populaire, qu'il s'agisse de la dégradation des services publics ou du coût de la vie, sont profondément ancrées dans un modèle économique auquel elles sont attachées – un modèle que les traités de l'UE consacrent avec force de constitution. Ce qui se passe en France et en Europe peut-être d'une importance considérable avec la fenêtre d'opportunité qui s'ouvre avec bien sur le problème de l'absence totale de leader fut-il même comparable à Lula.

Mais je voudrais terminer ces quelques lignes qui renvoient à des articles publiés par histoire et societe en disant que toute l'analyse faite ici repose sur une mise en mouvement, celle-ci est globale même si les nations, les formations sociales y apportent leur propre niveau de conscience et d'exigence économique , politique culturelle.

Alors la France, ce puissant mouvement est une immense chance et je pense à ce que disait Fidel quand on lui disait qu'il était un génie politique : le génie politique est moins rare que celui des artistes des savants, c'est le peuple en mouvement qui crée les cadres politiques dont il a besoin. Toute révolution crée en partant du peuple des compétences insoupçonnées en particulier de la part de ceux qui jusqu'ici ont été écartés de "la compétence" officielle. Alors si nous sommes confrontés à un peuple à l'étonnante combativité et maturité on peut peut-être espérer qu'il naîtra des dirigeants en quantité comme cela s'est passé durant la seconde guerre mondiale.

Nous n'osons rêver d'un Fidel Castro mais un Maurice Thorez et bien d'autres nous suffiraient. Encore faut-il qu'ils aient conscience de ce qu'est un "dirigeant" ce n'est pas un individu qui cherche à plaire aux médias, c'est quelqu'un qui quel que soit le poste où il se trouve sait prendre ses responsabilité face au collectif, tracer une perspective et la mettre en mouvement dans des choix concrets.

Maintenant il est tout aussi évident que l'internationalisation des luttes et des perspectives se heurte à l'expérience différente non seulement de chaque formation sociale, mais de ce que sont les positions de classe à l'intérieur Si l'on a partagé le sort des Cubains et pas en tant que touristes ou celle d'autres peuples confrontés à l'atrocité de l'impérialisme... Il est alors des phrases consensuelles qui vous cinglent comme une gifle... D'autres qui sont naïves et indéfendables, peut-on pourtant parler de "trahison de la petite bourgeoisie hédoniste? Ou tout mettre sur le dos du "wokisme, du "libertaire", c'est mal connaître le "monstre et ce dont il est capable... Mais simplement les mots n"ont plus le même sens. Ain si accepter l'idée que partout où il y a le socialisme il y aurait d'abominables dictatures quand vous avez découvert l'expérience réelle de ce qu'a représenté la chute de l'URSS dans les ex pays soviétiques et les effets y compris dans les pays à qui ont été imposés les plans d'ajustement structurel ou tout a été à vendre y compris les enfants... Il faudra sans doute encore beaucoup de temps pour qu'un langage commun puisse exister pour le moment contentons nous de quelques fondamentaux .. qui nous font nous réjouir de l'élection de Lula.

Avec cette élection les Brésiliens ont « préserve leur souveraineté et garantit la poursuite de la lutte pour la justice sociale et le bien-être de leurs citoyens ».Tout reste à faire ici, là-bas, partout.

danielle Bleitrach

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