Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Quelle est la nature du « développement financier à la chinoise » ?

Fidèle à sa défense des capitalistes occidentaux, Le Monde s’inquiète non seulement que le yuan ait chuté de 22 % face à l’euro depuis 2022, que les USA exhortent la Chine à le renforcer, mais surtout qu’il ne devienne une monnaie de réserve. Mais l’inquiétude cardinale pour l’hégémonisme US provient de la contradiction entre la production marchande mondiale dominée par la Chine et les BRICS et sa monnaie d’échange toujours en dollars, qui constitue une base majeure de la domination impérialiste.

Le Monde signale alors dans « Comment la Chine fait de sa monnaie une arme d’exportation massive » le rappel par Qiushi, l’organe théorique du PCC, du discours de Xi Jinping « Suivre la voie du développement financier à la chinoise et bâtir une puissance financière ».

Parallèlement l’institut Montaigne signalait mi-octobre, dans « Yuan vs Dollar : la stratégie chinoise pour un ordre financier multipolaire », qu’en 2025, « le yuan représentait ainsi près de 6 % des transactions commerciales traitées par SWIFT, contre 2 % en 2021. Il vient de dépasser l’euro et se classe deuxième, loin derrière le dollar, qui reste très majoritairement dominant et est utilisé dans plus de 80 % des transactions commerciales. Le yuan compte pour environ 2 % des réserves de change des banques centrales mondiales, contre près de 60 % pour le dollar et 20 % pour l’euro. » https://www.institutmontaigne.org/expressions/yuan-vs-dollar-la-strategie-chinoise-pour-un-ordre-financier-multipolaire#:~:text=En%202025%2C%20le%20yuan%20repr%C3%A9sentait,de%2080%20%25%20des%20transactions%20commerciales.

Et l’article indiquait que « Le contexte géopolitique (usage grandissant des sanctions et rétorsions commerciales) et l’émergence de technologies financières (projet mbridge) accélèrent ce mouvement. ». De sorte que l’utilisation du monopole monétaire à des fins hégémonistes aboutit à miner le dollar.

La fin de la domination sans partage du dollar a d’abord pour origine la transformation des rapports dans la production et le commerce international. Ensuite il s’agit d’un remodelage complet des échanges monétaires internationaux, dans un cadre multipolaire et non plus unipolaire, ce qui rend l’édifice à la fois plus stable et plus compliqué. Mais surtout l’essor monétaire de la Chine Populaire n’est pas un équivalent à l’essor monétaire de la livre sterling ou du dollar. Qu’il soit initié par un puissant pays socialiste change profondément la nature de cette transformation. Nous publions ci-dessous cet extrait du discours de Xi le 16 janvier 2024, lors du séminaire sur la promotion d’un développement financier de haute qualité qui s’est ouvert à l’École centrale du Parti, et publié le 31 janvier dernier. Comme nous allons le constater, ce projet n’a rien à voir avec le monopole mondial impérialiste du dollar.

Xuan pour HIstoire & Société

_____________________________________

Suivre la voie du développement financier à la chinoise et bâtir une puissance financière

Source : Qiushi, 2026/03 ; Auteur : Xi Jinping ; Date : 2026-01-31 15:00:04

https://www.qstheory.cn/20260131/487aa5b5e0804f7ea968118e541b4e91/c.html

Xi Jinping

un

  Depuis le XVIIIe Congrès national du Parti communiste chinois, nous avons activement étudié les lois régissant le développement financier à l’ère nouvelle, approfondi notre compréhension de l’essence de la finance à la chinoise et promu sans cesse l’innovation dans la pratique, la théorie et les systèmes financiers. Nous avons ainsi acquis une expérience précieuse et nous nous sommes progressivement engagés sur la voie d’un développement financier à la chinoise.

  La Conférence centrale sur le travail financier s’est tenue à Pékin les 30 et 31 octobre 2023. Xi Jinping, secrétaire général du Comité central du PCC, président de la République populaire de Chine et président de la Commission militaire centrale, y a participé et a prononcé un discours important. (Photo : Ju Peng/Xinhua)

  Premièrement, nous devons maintenir le leadership centralisé et unifié du Comité central du PCC en matière financière. Le leadership du Parti est la caractéristique essentielle du développement financier unique de mon pays et son principal atout politique et institutionnel. Les plus grandes réussites du développement financier de mon pays ont toujours été accomplies sous l’égide du Parti. Nombre de problèmes du système financier découlent du fait que beaucoup d’entités du secteur financier n’ont pas appliqué efficacement les décisions et les plans du Comité central du PCC, ce qui a entraîné une application superficielle et inefficace du leadership du Parti, une construction politique fragile et des efforts insuffisants pour promouvoir la conduite et l’intégrité du Parti. Par conséquent, nous devons maintenir le leadership centralisé et unifié du Comité central du PCC en matière financière, donner pleinement au Parti son rôle central de supervision de la situation générale et de coordination de tous les acteurs, et veiller à ce que les affaires financières progressent toujours dans la bonne direction.

  Deuxièmement, nous devons adhérer à une approche centrée sur l’humain. L’engagement financier de notre Parti vise en définitive à servir l’intérêt général, ce qui le distingue fondamentalement de la finance pratiquée dans certains pays, qui sert le capital et une poignée de privilégiés. À l’ère nouvelle et sur cette nouvelle voie, l’action financière doit s’appuyer résolument sur l’intérêt du peuple, renforcer la diversité, l’inclusion et l’accessibilité des services, et mieux protéger les droits et les intérêts des consommateurs de services financiers.

  Troisièmement, nous devons adhérer au principe fondamental de servir l’économie réelle. L’économie réelle est le fondement de la finance, et la finance est le moteur de l’économie réelle ; servir l’économie réelle est le devoir inhérent de la finance. Si elle se livre à une course effrénée vers l’autofinancement et l’expansion personnelle, la finance deviendra comme une eau sans source et un arbre sans racines, ce qui conduira inévitablement à une crise, tôt ou tard. Le système financier de mon pays doit respecter son devoir de servir l’économie réelle et de promouvoir un développement de haute qualité, et ne doit jamais s’en écarter à des fins spéculatives.

  Quatrièmement, nous devons faire de la prévention et du contrôle des risques le fil conducteur permanent de l’activité financière. La finance ne se contente pas de gérer et de répartir les risques, elle en comporte aussi intrinsèquement. La taille et la complexité du système financier de mon pays sont aujourd’hui bien différentes de ce qu’elles étaient, et l’interconnexion systémique des risques s’est considérablement accrue. Nous devons renforcer notre vigilance face aux dangers potentiels, prévenir et contrôler efficacement les risques, et accroître la résilience du système financier.

  Cinquièmement, nous devons nous attacher à promouvoir l’innovation et le développement financiers dans un cadre de marché et de respect de l’État de droit. La sécurité financière repose sur des systèmes solides, la vitalité du marché et l’ordre public sur le respect de l’État de droit. Les transactions financières impliquent des droits et des obligations complexes et diversifiés, se caractérisent par une asymétrie d’information et présentent des exigences de crédit très élevées, ce qui nécessite un système de réglementation robuste. Nous devons établir un système complet de lois financières et de règles de marché, en veillant à ce que les interdictions soient strictement appliquées et les infractions sanctionnées afin de garantir le bon fonctionnement du marché financier.

  Sixièmement, nous devons persévérer dans l’approfondissement de la réforme structurelle de l’offre dans le secteur financier. La prédominance des institutions financières publiques constitue une caractéristique et un atout majeur du système financier de mon pays. Toutefois, ce système souffre de problèmes tels qu’une part excessive de financement indirect et par emprunt, une offre de services financiers insuffisamment inclusive et la prolifération d’activités financières non réglementées et de pratiques financières illégales. Pour remédier à ces problèmes, nous devons approfondir la réforme structurelle de l’offre dans le secteur financier, rationaliser les liens entre financement indirect et direct, ainsi qu’entre financement par actions et par emprunt, optimiser la structure du système financier, améliorer l’infrastructure financière et renforcer la qualité et l’efficacité des services financiers.

  Septièmement, nous devons respecter le principe d’équilibre entre ouverture financière et sécurité. L’ouverture financière doit garantir la sécurité financière et économique nationale, en prévenant à la fois les risques inhérents au processus d’ouverture lui-même et ceux délibérément créés par nos adversaires. Nous devons gérer avec soin le rythme et l’intensité de l’ouverture, renforcer efficacement les capacités de réglementation financière et assurer un niveau d’ouverture financière plus élevé grâce à un contrôle des risques accru.

  Huitièmement, il convient de respecter le principe général de recherche du progrès dans le maintien de la stabilité. L’action financière doit s’inscrire dans cette logique, promouvoir la stabilité par le progrès et mettre en place de nouveaux systèmes avant de démanteler les anciens. La stabilité doit être la priorité absolue ; le contrôle macroéconomique, le développement financier, la réforme financière, la supervision financière et la gestion des risques doivent tous être stables. Le resserrement et l’assouplissement des politiques financières ne doivent pas être précipités afin d’éviter des fluctuations brutales. Parallèlement, il est impératif d’être proactif, de mettre rapidement en place les mesures nécessaires, de résoudre les problèmes en continu et d’avancer tout en préservant des fondements et une situation de base stables. Il est essentiel de maintenir la prudence de la politique monétaire et d’utiliser avec souplesse les différents outils de politique économique pour favoriser un développement macroéconomique stable et sain.

  Les points précédents éclairent la manière d’envisager et de mener les activités financières à l’ère nouvelle et dans cette nouvelle perspective, formant un ensemble cohérent qui incarne les principes, les perspectives et les méthodes fondamentaux du développement financier à la chinoise. Cette voie respecte non seulement les lois objectives du développement financier moderne, mais possède également des caractéristiques propres, adaptées au contexte national chinois, et se distingue fondamentalement des modèles financiers occidentaux. Nous devons garder confiance et poursuivre son exploration et son perfectionnement, afin d’élargir sans cesse cette voie.

deux

  Lors de la Conférence centrale sur le travail financier, j’ai proposé d’accélérer la construction d’une nation financièrement forte. Qu’est-ce qu’une nation financièrement forte ? Elle doit reposer sur des fondements économiques solides, jouir d’une puissance économique de premier plan, d’une maîtrise technologique et d’une puissance nationale globale, tout en possédant une série d’éléments financiers clés.

Premièrement, elle doit disposer d’une monnaie forte, largement utilisée dans le commerce international, les investissements et les marchés des changes, et avoir le statut de monnaie de réserve mondiale.

Deuxièmement, elle doit disposer d’une banque centrale forte, capable de contrôler efficacement la politique monétaire et la gestion macroprudentielle, et de prévenir et de résoudre rapidement et efficacement les risques systémiques.

Troisièmement, elle doit disposer d’institutions financières solides, dotées d’une grande efficacité opérationnelle, d’une forte résistance aux risques, d’une gamme complète de catégories de services, d’une présence mondiale et d’une compétitivité internationale.

Quatrièmement, elle doit disposer d’une place financière internationale forte, capable d’attirer les investisseurs du monde entier et d’influencer le système international des prix.

Cinquièmement, elle doit disposer d’une supervision financière rigoureuse, d’un système juridique financier solide et d’une voix et d’une influence importantes dans l’élaboration des règles financières internationales.

Sixièmement, elle doit disposer d’un vivier de talents financiers de haut niveau. Bien que mon pays soit déjà une grande puissance financière, occupant le premier rang mondial en termes de taille des banques et de réserves de change, le deuxième en termes de taille des marchés obligataires et boursiers, et figurant parmi les premiers en matière d’assurance, il est certes vaste, mais fragile. Bâtir une nation financière forte exige des efforts de longue haleine et un engagement constant.

Le 16 janvier 2024, un séminaire sur la promotion d’un développement financier de haute qualité s’est ouvert à l’École centrale du Parti (Académie nationale de gouvernance) à l’intention des principaux cadres dirigeants provinciaux et ministériels. Xi Jinping, secrétaire général du Comité central du PCC, président de la République populaire de Chine et président de la Commission militaire centrale, a prononcé un discours important lors de la cérémonie d’ouverture. Zhao Leji, Wang Huning, Cai Qi, Ding Xuexiang, Li Xi et Han Zheng ont assisté à la cérémonie. (Xinhua/Shen Hong)

Pour bâtir une nation financièrement forte, nous devons accélérer la construction d’un système financier moderne aux caractéristiques chinoises.

  Premièrement, un système de régulation financière scientifique et rigoureux. Cela implique la mise en place d’un système de banque centrale moderne, l’amélioration du cadre d’une politique monétaire moderne adaptée au contexte chinois, le perfectionnement des mécanismes de contrôle de l’émission de monnaie de base et de la masse monétaire, et l’utilisation efficace des fonctions globales et structurelles des instruments de politique monétaire et de crédit afin de préserver la valeur du renminbi et la stabilité économique et financière.

  Deuxièmement, un système de marché financier bien structuré. Nous devons accélérer la mise en place d’un marché des capitaux sûr, normalisé, transparent, ouvert, dynamique et résilient. Il convient de développer un marché des actions à plusieurs niveaux, d’améliorer la qualité des sociétés cotées et de renforcer le mécanisme normalisé de radiation de la cote. Nous devons exploiter pleinement le rôle du capital-risque et du capital-investissement dans le soutien à l’innovation technologique et consolider les fonctions des marchés obligataire, monétaire et des changes.

  Troisièmement, un système d’institutions financières collaboratives avec une division du travail. Mon pays dispose d’un éventail complet d’institutions financières ; la clé est de se développer de manière différenciée, en mettant en valeur les atouts de chacune, et que chaque institution remplisse son rôle spécifique et tire parti de ses forces au service de l’économie réelle. Tous les types d’institutions financières doivent rester fidèles à leur mission initiale et se recentrer sur leurs fonctions essentielles, renforçant ainsi leur compétitivité et leurs capacités de service afin de répondre aux besoins diversifiés et complexes de services financiers de l’économie réelle et de la population.

  Quatrièmement, un système de réglementation financière complet et efficace. Nous renforcerons globalement la supervision financière, en améliorant le contrôle institutionnel, comportemental, fonctionnel, approfondi et continu afin d’assurer une couverture réglementaire exhaustive. Ceci permettra d’améliorer concrètement la prévoyance, la précision, la coordination et l’efficacité de la supervision, et de constituer un filet de sécurité financière.

  Cinquièmement, un système de produits et services financiers diversifié et professionnel. Nous renforcerons les services financiers de haute qualité pour les grandes stratégies, les domaines clés et les points faibles, en nous concentrant sur cinq domaines prioritaires : la finance technologique, la finance verte, la finance inclusive, le financement des retraites et la finance numérique, afin d’accélérer la transformation numérique et intelligente du secteur financier.

  Sixièmement, nous mettrons en place un système d’infrastructure financière indépendant, contrôlable, sûr et efficace. Nous renforcerons la planification globale, améliorerons l’accès au marché, les normes réglementaires et les exigences opérationnelles, et améliorerons l’autonomie et la fiabilité des matériels et logiciels essentiels à l’infrastructure financière.

trois

  Pour promouvoir un développement financier de haute qualité et bâtir une nation financière forte, nous devons adhérer à la combinaison de l’état de droit et de l’état de vertu, promouvoir vigoureusement l’excellente culture traditionnelle chinoise et cultiver activement une culture financière aux caractéristiques chinoises.

  Avant tout, l’honnêteté et la fiabilité sont primordiales, et nous devons toujours respecter nos engagements. La culture traditionnelle chinoise, riche de valeurs, valorise le respect des promesses et des engagements. Le secteur financier, fondé sur le crédit, se doit de respecter l’esprit des contrats, les règles du marché et la déontologie professionnelle. Nous devons perpétuer la tradition d’une comptabilité rigoureuse, de registres infaillibles et de réglementations strictes, et ne jamais falsifier les comptes. Nous devons impérativement rembourser nos dettes, préserver notre réputation et éviter tout défaut de paiement. Enfin, nous devons renforcer l’autorégulation du secteur et exclure définitivement de celui-ci toute personne ayant gravement abusé de la confiance des clients.

  Deuxièmement, nous devons rechercher le profit en agissant avec droiture, et non par simple intérêt personnel. La riche culture traditionnelle chinoise souligne que « ceux qui privilégient la droiture au profit sont honorés, tandis que ceux qui privilégient le profit à la droiture sont déshonorés », et privilégier le profit au détriment de la droiture a toujours été méprisé par les personnes vertueuses. La finance possède des attributs à la fois fonctionnels et lucratifs ; la rentabilité doit servir l’accomplissement de sa fonction. Le secteur financier doit assumer sa responsabilité sociale et instaurer une relation symbiotique et prospère entre la finance, l’économie, la société et l’environnement.

  Troisièmement, nous devons faire preuve de prudence et de circonspection, en évitant les gains à court terme. La culture chinoise traditionnelle souligne que « la précipitation est source de gaspillage, et se focaliser sur de petits profits empêche d’accomplir de grandes choses ». Le secret le plus important du succès durable de certaines institutions financières internationales réside dans leur approche prudente et circonspecte. Le secteur financier doit adopter des perspectives pertinentes en matière d’activité, de performance et de risques, opérer avec prudence et circonspection, en tenant compte à la fois du présent et du long terme, et en évitant la recherche de profits à court terme, l’impétuosité et les prises de risques excessives.

  Quatrièmement, nous devons préserver l’intégrité et poursuivre l’innovation sans nous éloigner de l’économie réelle. L’essentiel est de bien comprendre à qui profite la finance et pourquoi l’innovation est nécessaire. Nous devons privilégier la promotion de l’innovation pour mieux servir l’économie réelle et faciliter le quotidien des citoyens, et éviter toute pseudo-innovation ou innovation hasardeuse.

  Cinquièmement, il est essentiel d’agir conformément aux lois et règlements et de s’abstenir de tout comportement inapproprié. Les opérations financières accordent une importance particulière au respect des obligations légales. Les institutions financières et leurs employés doivent se conformer strictement aux lois et règlements, respecter les exigences réglementaires financières et agir en toute conscience dans le cadre autorisé par la réglementation. Ils ne peuvent rechercher des profits en exploitant les failles des lois et règlements ou en se soustrayant à la surveillance, et ils ne doivent ni franchir les limites légales ni enfreindre les principes de rentabilité, ni agir en dehors du cadre légal.

  ※ Ceci est un extrait du discours du secrétaire général Xi Jinping lors du séminaire destiné aux principaux cadres dirigeants aux niveaux provincial et ministériel sur la promotion d’un développement financier de haute qualité, le 16 janvier 2024.

Views: 61

Suite de l'article

1 Commentaire

  • Xuan
    Xuan

    Asia Times n’a pas manqué de relever. Nigel Green y écrit le 3 février :
    « …Plutôt que de se concentrer uniquement sur les objectifs de croissance ou la stabilité financière, Xi a placé la vigueur de la monnaie au cœur de la puissance nationale. Il l’a définie en termes tournés vers l’extérieur : utilisation internationale, portée des règlements commerciaux, influence sur les marchés des changes et statut de monnaie de réserve.
    Un tel langage direct est rare. La Chine encourage depuis des années l’utilisation plus large du yuan, mais la finalité stratégique de ce discours est souvent restée implicite. Ce discours a levé une grande partie de cette ambiguïté. Il a présenté l’influence monétaire comme un pilier fondamental de la puissance nationale, au même titre que les capacités industrielles et technologiques.
    Le moment choisi pour la publication de ce discours est significatif. Il intervient alors que le discours américain sur le dollar est devenu moins orthodoxe.
    Donald Trump a maintes fois affirmé qu’un dollar plus faible favorisait la compétitivité du secteur manufacturier national. Ses récentes déclarations saluant la baisse du dollar ont renforcé l’impression que la vigueur de la monnaie n’est plus considérée comme un pilier de la politique monétaire. »…
    « Il y a une ironie dans la façon dont cette situation a émergé. Les politiques fondées sur le nationalisme économique aux États-Unis risquent de réduire la domination même qu’elles visent à protéger. En se montrant tolérant envers un dollar plus faible, Washington offre aux concurrents la possibilité d’expérimenter d’autres options, même involontairement.
    La Chine n’a pas besoin d’agir rapidement pour en tirer profit. Le temps joue en sa faveur. Chaque augmentation progressive de l’utilisation du yuan, chaque transaction supplémentaire réglée hors du dollar, modifie légèrement les comportements. Au fil du temps, ces changements marginaux s’accumulent »…
    https://asiatimes.com/2026/02/trumps-dollar-downer-buoying-xis-global-yuan-ambitions/

    Depuis plusieurs années nous relevons les signes de la dédollarisation. Comme le reste ce processus constitue selon Green encore non pas un « renversement brutal », mais un « rééquilibrage progressif. Un monde où le dollar demeure central, mais moins unique ».
    Cette réorientation, intégrée au nouveau plan quinquennal, signifie que le processus se met en place d’ici 2030.

    Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

La modération des commentaires est activée. Votre commentaire peut prendre un certain temps avant d’apparaître.