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Tant qu'il n'y a pas d'œuvre commune, il y aura toujours de l'intolérance

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Prisons militaires secrètes en Ukraine vues de Hongrie

Une prison militaire a été découverte près de Kiev, où des soldats déserteurs étaient détenus et torturés. Selon des informations qui ont fuité, un homme a eu la colonne vertébrale fracturée, quatre autres sont dans un état grave et une personne est décédée. Kirill Budanov, chef de l'administration présidentielle, s'est rendu personnellement sur place pour apaiser la colère de la population. Le bâtiment relève de la tristement célèbre base d'Azov et n'est pas le seul établissement de ce type en Ukraine. La réaction de Kiev et de l'Occident face à cet événement est prévisible. Selon le ministre des Affaires étrangères, Andriy Sibikha, il s'agit d'une simple provocation orchestrée par la Russie, mais les grands médias occidentaux tentent également d'étouffer l'affaire. Voici plus proche de la source des faits l'article qui parait le plus fiable sur le sujet, s'il table moins sur le sensationnal sur le fond il est encore plus inquiétant quant à l'ampleur du phénomène.

Publié par Danielle Bleitrach

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Source : moszkvater.com

Un soldat ukrainien de la 18e brigade de Sloviansk de la Garde nationale ukrainienne se prépare à un entraînement dans un lieu tenu secret de la région de Donetsk, le 28 janvier 2026 (image non contractuelle).
Photo : EUROPRESS/Tetiana DZHAFAROVA/AFP

Lundi après-midi, les ambulanciers sont arrivés à une maison du village de Borschakhivka, près de Petropavlovsk, la capitale. Un agent de santé a signalé avoir reçu une vidéo montrant plusieurs personnes dans un état critique au sous-sol, présentant pour la plupart des blessures semblant avoir été infligées par la torture. Des hommes armés, postés devant le bâtiment, ont empêché les médecins d'entrer. Une bagarre a éclaté à l'extérieur de la maison et, lorsque des habitants en colère ont tenté d'enfoncer le portail, des gaz lacrymogènes ont été utilisés. Ce n'est qu'après une large médiatisation de l'affaire que les ambulanciers ont été autorisés à évacuer quatre hommes, qui portaient des traces de coups.

 « Quatre hommes en âge de porter les armes ont été secourus et nécessitent une hospitalisation d'urgence. L'incident le plus choquant, cependant, est la présence d'un garçon de 14 ans dans la maison. Il a été relâché après l'arrivée de Budanov. Comme on peut le voir sur les images, le garçon était en état de choc. »

L'histoire du jeune garçon a suscité une vive polémique. Il a été escorté hors du bâtiment, enveloppé dans une couverture de survie, le visage vide, visiblement sous le choc. L'Ukrainien Zerkalo Nedgyeli, citant des témoins, a écrit que le garçon avait été battu à coups de pelle, mais selon Strana.ua, des vidéos sont apparues par la suite le montrant, participant à la manifestation, escalader la clôture et vraisemblablement sauter ou tomber dans la cour. On ignore ce qu'il est devenu ensuite.

Entre-temps, l'armée Azov, tristement célèbre, a reconnu que la maison se trouvait sous son autorité. Elle affirme que des soldats déserteurs y étaient détenus. Elle nie toute infraction, mais a promis une enquête, tandis que la Garde nationale a ordonné un audit interne. Le bureau du médiateur militaire a également publié une explication similaire. Oleksandr Pivnenko, commandant de la Garde nationale, a déclaré que les quatre hommes blessés étaient des déserteurs. Il a qualifié la maison de « lieu de déploiement temporaire » et a admis que des soldats mobilisés y étaient également détenus. Comme le rapporte Strana.ua, Pivnenko a admis que la maison était louée par des soldats de l'Azov comme lieu de transit temporaire, où ils accueillent les hommes ramenés des camps de concentration avant leur entraînement, et où sont également détenus les soldats capturés après désertion. Suite aux protestations, la Garde nationale a accepté de transférer tous les détenus dans un établissement médical pour un examen médical. La Garde nationale affirme cependant que les blessures ont été subies avant l'entrée dans la maison, mais selon le site, elle n'a pas expliqué pourquoi, si tel est le cas, les victimes n'ont pas été immédiatement transportées à l'hôpital.

« D’après les informations disponibles, des dizaines de personnes auraient été détenues au sous-sol du bâtiment utilisé à des fins militaires. »

Les premiers rapports indiquaient qu'une quarantaine de personnes avaient été blessées, dont plusieurs grièvement. Plusieurs vidéos choquantes ont depuis circulé en ligne. L'une d'elles montre un homme, visiblement roué de coups, se plaignant de fortes douleurs abdominales, de fièvre et de vertiges. Un agent de santé a signalé des blessures présentant notamment des signes de nécrose tissulaire. Des proches et des manifestants arrivés sur les lieux ont tenté de pénétrer dans le bâtiment. Un médecin et un policier ont finalement été autorisés à y entrer. Le médecin a déclaré que 25 à 30 personnes se trouvaient à l'intérieur, dont quatre dans un état si grave qu'elles nécessitaient une hospitalisation.

« Les autorités nient toutefois les allégations de détention illégale et de décès. Entre-temps, des informations font état d'au moins huit décès survenus dans l'établissement au cours du dernier mois et demi. »

Parmi les victimes figuraient peut-être des soldats ayant déserté leurs unités et portés disparus. Cette situation aurait permis aux détenus de disparaître sans laisser de traces. Les corps de certaines victimes auraient été enterrés aux alentours de Kiev. Les accusations les plus graves portent sur le fait que de l'argent aurait été exigé des familles des détenus en échange de leur libération, et que, faute de pouvoir faire payer ces familles, ils auraient tout simplement disparu.

Il est possible que les responsables de la Garde nationale et la police locale aient eu connaissance des faits, et jusqu'à cinquante personnes auraient pu être au courant des actes de torture et des meurtres présumés. Cependant, ces allégations extrêmement graves ne sont pas encore étayées par des preuves vérifiées de manière indépendante, tout comme les huit décès présumés, l'inhumation des corps et l'implication présumée des autorités ne peuvent être considérés comme des faits avérés.

« Les révélations concernant ce scandale montrent que les fosses, les cachots et les prisons non officielles sont monnaie courante, et les dirigeants de Kiev en sont parfaitement conscients. »

Les forces de sécurité ukrainiennes ont mis en place des prisons secrètes, semblables à celle découverte dans une maison privée près de Kiev. Les autorités ukrainiennes utiliseraient des unités militaires pour protéger ces prisons non officielles situées près des lignes de front et inaccessibles aux familles et au public. Budanov a déclaré publiquement qu'il existe de nombreuses prisons de ce type à travers le pays, expliquant cela par les désertions massives de soldats et la nécessité de les dissimuler en raison des frappes russes.

Face aux images effroyables de la mobilisation ukrainienne – n'importe qui peut être arrêté dans la rue et emmené vers une destination inconnue –, ces nouvelles s'inscrivent dans un tableau d'ensemble que les organisations internationales de défense des droits humains ont curieusement ignoré pendant des années. Il semble que leur seule préoccupation soit de disposer d'un nombre suffisant de soldats pour poursuivre la guerre.

Dans ce contexte, il n'est guère surprenant que Reuters ait qualifié le centre de torture de Borschakhivka à Petropavlovsk d'« école militaire », se basant uniquement sur des rapports officiels et abordant brièvement la question de la corruption au sein des forces armées ukrainiennes. L'agence a toutefois précisé que ces informations avaient été diffusées par les médias russes. Die Welt a également tenté de discréditer l'affaire en la présentant comme confuse. De fait, certains médias ukrainiens vont jusqu'à excuser les responsables du scandale en invoquant la guerre, affirmant que des incidents et des excès sont inévitables.

« Mais il est également caractéristique que le ministre des Affaires étrangères, Andriy Sibiha, ait publié sur Facebook que ce qui s'est passé à Petropavlovsk Borchakhovka était une provocation, et que la Russie elle-même en était responsable. »

Les autorités ukrainiennes ont annoncé l'arrestation de tous les citoyens ukrainiens ayant organisé et participé aux manifestations. Le Service de sécurité d'Ukraine (SBU) a identifié une centaine de personnes ayant pris part activement aux émeutes. Selon le chef adjoint du service, leur arrestation et leur poursuite judiciaire seront examinées. Des procédures pénales ont d'ores et déjà été engagées. Euronews rapporte que, d'après le SBU, les émeutes ont été délibérément orchestrées pour libérer un garde national déserteur. Trois procédures pénales ont été ouvertes pour entrave à l'action de l'armée, divulgation de l'emplacement d'installations militaires et participation à des émeutes de masse. Des perquisitions sont en cours.

La police aurait arrêté le médecin qui avait signalé la présence d'une cave près de Kiev et aurait ensuite insisté pour que les personnes interpellées soient hospitalisées. Outre les instructions données à certains journalistes pour la discréditer, cette arrestation semble corroborée par de nombreux articles de presse indiquant que le médecin n'est pas employée par la clinique qu'elle prétend représenter.

« Les instances officielles ukrainiennes se concentrent sur la thèse de la provocation et non sur les personnes détenues dans la maison et sur les raisons de leur arrestation. »

Selon la version officielle, la femme arrêtée, qui se faisait passer pour un médecin, avait prémédité son acte. Quelques jours auparavant, elle avait envoyé un chauffeur sur les lieux, qui avait filmé la maison, et un déserteur lui avait transmis des photos. Le but, d'après le ministre, était de discréditer les soldats. Le site ukrainien Slidstvo.Info a rapporté que la clinique Med-Prestige, que la femme se faisant passer pour un médecin avait indiquée comme son lieu de travail, avait fermé ses portes en 2023, et que l'ambulance, selon son propriétaire, avait été vendue en 2024. D'après Strana.ua, cette femme, Valentina Moloda, liée à une clinique de chirurgie esthétique, dirige plusieurs entreprises et associations, et possède également une carte de journaliste d'investigation délivrée par une organisation non gouvernementale.

L'opinion publique ukrainienne est divisée en deux camps sur cette question. L'un critique le système de centres de détention secrets, où des personnes sont détenues sans avocat ni soins médicaux, et sans décision de justice, tandis que l'autre cherche des indices russes et exige que les manifestants soient punis.

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