Ce congrès ouvre une nouvelle période pour le PCF
Le PCF a tenu un congrès important et très regardé à Lille, comme promis, voici mon retour personnel sur ce moment politique important. Ce congrès a été matériellement très bien organisé par les camarades du Nord avec leur engagement humain et chalereux habituel.
Le bilan de ce congrès présente des points très positifs. Les objectifs principaux qui avaient été fixés à ce congrès ont été atteints :
1) Les tentatives de renouveler l’effacement du parti, d’affaiblir voire d’empêcher la candidature communiste à l’élection présidentielle de 2027 ont été déjouées. Cette candidature a été actée sans réserve ni « clause de revoyure ». A travers ce choix est confirmé l’orientation d’un parti communiste qui agit par lui-même en tant que représentant des travailleurs et porteur d’orientations de classe et non comme force d’appoint des gauches social-démocrates.
2) La perspective nécessaire d’une société socialiste comme phase ou étape de transition entre le capitalisme existant et la société communiste pleinement développée, société sans classe et dans laquelle l’état perd ses fonctions répressives a été inscrite, confirmant l’abandon de la théorie du « communisme déjà là » et la perte d’influence de la théorie révisionniste du communisme « mouvement réel » flou, théorie qui sort de son contexte une phrase de Marx (issue de l’Idéologie allemande) pour lui faire dire l’inverse de ce que dit Marx, pour qui, le « mouvement réel » est bien l’organisation en parti du prolétariat en vue de la prise du pouvoir. politique et le renversement de la bourgeoisie. C’est un point d’appui essentiel pour l’avenir.
Ces deux points ont été acquis à une large majorité malgré la montée au créneaux de « ténors ». Pierre Laurent est ainsi intervenu sur ces deux débats pour défendre les choix d’abandons : abandon de la perspective du socialisme et abandon du choix d’un parti qui assume sa place en tant que telle dans la vie politique nationale et notamment dans les élections majeures.
Les arguments douteux n’ont pas manqué non plus. La fameuse « clause de revoyure » par exemple était clairement portée par des intervenants qui étaient en réalité opposés par principe à la candidature communiste. Ils l’ont évoqué ou laissé entendre dans leur argumentation. Ayant été largement battus dans les votes pour le choix de la base commune, ils ont simplement tenté d’élargir leur propos afin de vider de son contenu le choix des communistes et de fournir des armes à nos adversaires pour affaiblir le candidat des communistes.
Il faut noter la méthode employée : la perspective d’une conférence nationale 6 mois après le congrès. Cette proposition n’est pas simplement malvenue, pas simplement un handicap grave pour notre campagne. Elle est une tentative de détourner les statuts de notre parti pour violer nos principes démocratiques, en récusant dès son élection la direction élue et en proposant de la remplacer par un happening permanent au nom du « contrôle des communistes » sur la campagne.
Ces tentatives ayant été contrecarrées par l’unité et la détermination de la large majorité du parti, Fabien Roussel a pu, dans un remarquable discours de clôture lancer la campagne communiste pour l’élection présidentielle, dans une ligne de classe à la fois claire, offensive et rassembleuse. Je ne peux qu’inviter nos lecteurs à regarder ce discours :
L’ambiance et les tentatives de faire dérailler le congrès
On peut dire que ce débat et sa mise en scène a occupé largement le congrès. Les tentatives répétés et sans aucune décence de certains délégués pour provoquer des incidents, apparaître en « victimes », créer de la confusion se sont multipliés notamment centrés sur la question électorale.
Face à cela, la stratégie du bureau du congrès fut d’être « unis pour deux ». Plus ces délégués déformaient et détournaient le débat de congrès, plus on leur laissait d’espace. Au milieu de ce débat d’amendement, alors que le débat était très en retard et qu’on pressait les délégués pour raccourcir leurs intervention, on laissa la tribune à Stéphane Peu, en tant que « président du groupe de députés »..
Le débat sur les amendements concernant le journal ‘ »l’humanité » fut précédé d’un discours du directeur du journal et sénateur de Seine St Denis, Fabien Gay, qui avec toute la démagogie qui le caractérise, présenta l’Huma comme un journal communiste et tenta de convaincre les délégués qu’il n’y avait pas de débat à avoir sur le journal. Il suffit pourtant de lire le « Qui sommes-nous » du site du journal pour y lire que l’huma est un « Journal de création communiste ouvert à tous les courants de pensée se réclamant de l’humanisme, des droits humains, du progrès social, démocratique et environnemental ». Journal « de création communiste », outre que c’est évidemment factuellement puisque l’Humanité a été créé par Jean Jaurès alors que le parti communiste n’existait pas, ce n’est évidemment pas un journal communiste et il suffit de lire ce journal pour se rendre compte qu’il ne revendique cette identité communiste que dans les congrès et rassemblement du parti lorsqu’il s’agit de conforter l’aide matérielle et financière des militants du PCF.
Cette stratégie d’apaisement n’a pas eu le moindre retour tangible de la partie adverse. Au contraire. Ces délégués n’ont cessé de montrer qu’il n’avait que faire de l’opinion des communistes. Le point culminant de cette attitude fut atteint lors de la conférence nationale qui suivait le congrès. Celle-ci suivait le congrès, après l’adoption finale du texte, pour valider le bulletin de vote par lequel les adhérents du PCF pourront formellement valider la candidature de Fabien Roussel à l’élection présidentielle en septembre. Les représentants de cette tendance désormais affichée ont alors démontré leur refus d’appliquer les décisions de congrès, en proposant un bulletin de vote remettant en cause le principe d’une candidature communiste et proposant « une candidature d’union » ou « une candidature à construire ».
L’unité souhaitée n’est donc en rien obtenue, malgré tous les gestes de bonne volonté effectués au détriment des autres délégués du congrès. L’absence d’argument ne gène en rien cette tendance destructrice qui ne recule devant aucun mensonge, aucune incohérence et prend la « bienveillance » et la volonté d’unité pour de la faiblesse. Il faut donc se préparer à toutes les éventualités, à tous les coups fourrés durant cette campagne, y compris venant de l’intérieur du parti.
Les délégués communistes ont su néanmoins saisir des interstices pour soulever un certain nombre de débats et passer un certain nombre de message, sur la remise en question de la participation de la France à l’Union Européenne (l’organisation d’un débat dans le parti avant les prochaines élections européennes prévues en 2029 a été accepté), sur le respect des décisions démocratiques, sur la nécessité d’un organe central pour le PCF et, petite cerise sur le gâteau, un amendement sur le rétablissement de la faucille et du marteau a manqué de justesse d’être majoritaire, plus de 49% des délégués l’ayant soutenu. Cela n’a pas échappé à notre secrétaire national qui y a fait référence et s’en est saisi lors de son intervention de clôture.
Mes interventions :
Cela a fortement limité les espaces d’expressions.
Ma première proposition d’intervention, dans le débat général, et visant à ouvrir la réflexion sur les transformations des rapports mondiaux n’a pas été retenue. Voici ce que j’avais prévu de dire :
Les rapports internationaux sont aussi des rapports sociaux. Le Burkina n’a pas la même place dans l’ordre mondial impérialiste que les Pays Bas. Cuba gagne chaque année la condamnation du blocus états-unien, pourtant, ce blocus s’applique et pas seuleent de la part des USA. Le capital n’a pas de patrie, mais il s’appuie sur une poignée d’appareil d’état nationaux qui ont besoin de déployer une domination internationale pour assurer la reproduction du capital, son accumulation à l’échelle internationale et maintenir le taux de profit. Depuis plusieurs décennies, le monde est dominé par l’impérialisme états-unien. Ceci est aujourd’hui remis en question.
Ces rapports sociaux internationaux sont en effet entrés en crise car ils ne correspondent plus à la structure internationale des forces productives : 70 % des capitaux financiers mondiaux sont détenus par la bourgeoisie état-unienne, mais les pays du G7, le club impérialiste dominant ne réalisent plus sur leur territoire que 30 % de la production industrielle mondiale. Les BRICS, avec en leur centre la Chine socialiste, désormais 1ère puissance industrielle, commerciale et techno-scientifique mondiale, ne sont pas un « nouvel impérialisme » destiné à remplacer l’existant. Ils ne peuvent pas l’être, pour une raison simple. Le monde, et en particulier le « Sud global » aujourd’hui majoritaire, n’aspire pas à voir un impérialisme en remplacer un autre. Il est en situation d’imposer la fin du système impérialiste, comme la 2ème partie du 20ème siècle a mis fin à l’essentiel du système colonial. Le monde multipolaire est déjà là. Il se construit, se structure et se déploie peu à peu. Il réalise ce que nous communiste avons toujours proposé : des relations de coopérations internationales sans renoncement à la souveraineté.
Cette crise détermine aujourd’hui toutes les autres. L’impérialisme hégémonique occidental, dirigé par les USA se crispe et pour maintenir son système de domination, il provoque partout la guerre et les conflits afin de justifier la militarisation de l’économie et des relations mondiales, développe en son sein des formes dangereuses de fascisation, menace d’un chaos et se prépare partout à un conflit généralisé. Il entretient des formes de terrorisme de masse en Afrique notamment. En Europe et en France, la militarisation de la société est la cause majeure des maux qui frappent notre peuple : inflation, suppressions de classes dans l’éducation, fermetures de services et plans de redressement dans les hôpitaux.
Le projet des classes dominantes d’Europe est le maintien à tous prix (au prix de la guerre, de la fascisation, de la manipulation des élections démocratiques) et l’élargissement du projet d’exploitation « atlantico-européen ». Mettre la main sur les ressources, sur les routes commerciales, par la force, la menace, les blocus et la guerre. La soi-disant « autonomie stratégique européenne », défendue par Macron en particulier consiste à assumer le rôle de contrer la Russie pour le compte et sous la domination des USA. C’est la voie de l’UE qui jour après jour assume une dérive autoritaire, anti communiste et anti populaire et organise la fusion de l’OTAN et de l’UE en un organisme coercitif au service des bourgeoisies et de leur projet de guerre : la liquidation finale des modèles sociaux et la militarisation de l’économie et de l’industrie.
Face à celà, nos perspectives doivent être claires : socialisme, car c’est le seul moyen de reconstruire notre économie, notre industrie et notre société, sous le contrôle et le pouvoir des travailleurs; souveraineté, car c’est la seule base possible d’une démocratie sociale et d’une reconstruction et modernisationn de notre industrie ; adhésion au monde multipolaire, sortie des organisations qui organisent la domination impérialistes ; l’UE et l’OTAN sont à ce titre deux organisations jumelles, (comment peut-on sortir de l’un sans sortir de l’autre ?), adhésion aux BRICS, nouveaux partenariats et coopérations au sein de l’Eurasie, avec l’Afrique, avec l’Amérique Latine … car c’est la seule possibilité de la souveraineté réelle, ni assujetissement, ni isolement.
De même, l’amendement que j’avais proposé, extrait d’un amendement plus long adopté par ma conférence fédérale n’a pu être débattu. Il concernait la partie du texte sur la « campagne pour la paix, l’autodétermination des peuples et un nouvel ordre économique international ». Les quelques paragraphes qui décrivent cette « campagne », font apparaître des propositions disparates et non hiérarchisées, peu politiques. L’essentiel consiste à reprendre les campagnes Cuba et Palestine, à y adjoindre une dimension pacifiste très vague, peu mobilisatrice et non centrée sur le monde du travail : « Le PCF travaille à lancer, en coordination avec ses partenaires européens et internationaux, un appel mondial pour la paix, le droit international, la démocratie, pour une nouvelle conférence internationale de San Francisco remettant l’ONU au centre des relations internationales ».
Cette partie très confuse et mal structurée a donné lieu à la partie des débats la plus chaotique du congrès. La campagne proposée n’avait ainsi pas d’axe central, et ne reposait pas sur une analyse maîtrisée de la situation. Elle renvoie principalement à la solidarité internationaliste. Il était donc naturel que les délégués s’engoufrent dans cette logique, et tentent d’abonder dans cette logique de solidarité internationaliste. Ils l’ont fait sous deux formes : 1) en accentuant la campagne Palestine pour soulever la question des campagnes de boycott, et notamment de boycott des produits illégalement exportés des territoires occupés, 2) en intégrant à la campagne de solidarité internationalistes, une longue série d’autres combats, commençant par le Venezuela, et s’élargissant rapidement, les sujets de solidarité internationale ne manquant pas.
La tribune essaya alors d’appeler les camarades à la raison et d’invoquer que la campagne du parti ne devait pas se disperser. Mais comme la proposition initiale confondait largement les notions de campagnes et l’agenda de travail du secteur international, l’argument était difficile à porter. La tribune s’enlisa rapidement, la commission du texte fut mise en minorité et on dût renvoyer le débat à plus tard la discussion, le temps de réécrir un petit paragraphe pour donner satisfaction à l’élargissement de la campagne.
Mon amendement, extrait d’un amendement plus long et plus détaillé voté dans ma fédération, était ainsi formulé :
« Conscient des dangers d’une nouvelle guerre mondiale, le PCF s’engage résolument dans une campagne large pour la paix, contre l’économie de guerre, contre l’impérialisme qui propage la guerre pour préserver ses profits et ses privilèges. ».
J’avais prévu de l’argumenter comme suit :
Nous avons débattu et nous avons fait des choix clairs en perspective des élections 2027 en étant conscient des dangers de la période. Parmi ces dangers, celui de la guerre n’est pas le moindre. Les pays capitalistes impérialistes dominant en Europe, sous la coordination de l’UE, sur la consigne donnée par les USA, mettent en place une économie de guerre, avec l’objectif de 5% du pib en dépenses de guerre, avec la transformations d’usines civiles en usines d’armement, avec des programmes de propagande dnas les écoles, avec la priorisation de la recherche à vocation militaire, avec la mise en place d’outils de propagande pour intervenir dans les processus électoraux (etc).
Pendant ce temps, le Chef d’Etat Major des Armées a demandé aux maires de préparer les françaises et les fraançais à la mort de leurs enfants sur d’hypothétiques champs de bataille. Pendant ce temps, l’OTAN actualise tous ses plans de guerre et la France réintègre l’état-major de l’OTAN de manière actie, subordonnant ses moyens militaires à ceux de l’alliance impérialiste.
Dans ce contexte, nous ne pouvons nous contenter d’une campagne généraliste pour la paix. La menace de guerre n’est pas abstraite. Elle est concrète. Nous devons agir concrètement contre la préparation de la guerre, que certains experts militaires annoncent à un horizon 2030.
C’est pourquoi nous devons agir concrètement contre l’économie de guerre, qui se traduit par l’inflation massive, la compression du niveau de vie des travailleurs, la destruction des services publics. Les travailleuses et les travailleurs sont bien conscient que cette politique va être bien plus destructrice que l’austérité déjà vécue depuis plusieurs années. Dans les luttes, cette question : des missiles ou des écoles, un porte avion ou des hôpitaux, est déjà largement débattue.
Notre parti doit se saisie activement et prioritairement de ce sujet, en faire un leitmotiv et dénoncer la politique de guerre et ses promoteurs, le capitalisme impérialiste dominant.
La seule intervention que j’ai pu passer, s’est située dans le débat sur le socialisme. La voici également :
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