Histoire et société3

Tant qu'il n'y a pas d'œuvre commune, il y aura toujours de l'intolérance

article header cover image

Histoire et société > Éditorial

Editorial : Quels enseignements tirer du bilan que Poutine a fait de l'effondrement de l'URSS ? commentaires de Danielle Bleitrach

Poutine a expliqué l'effondrement de l'URSS par des erreurs de direction et une confiance aveugle en l'Occident. Nous vous présentons un résumé de ses conclusions par un média russe proche du pouvoir. Mais nos commentaires sont également inspirés par une analyse, qui tout en suivant la démonstration de Poutine, élargit la perspective à partir de ce que je tente souvent en vain de dire dans Histoire et societe. Parce que ce qui est proprement fascinant et parfois désespérant en France en particulier, c'est l'incapacité à lire, à comprendre une pensée qui ne correspond pas à ce que "l'opinion" française, celle des médias comme celle d'ailleurs des réseaux sociaux, considère comme la "Vérité". L'idée de "vérité" est théologique et passe aisément de la connaissance "scientifique" à la "révélation"' par le dogme et la foi même quand celle-ci n'est plus que superstition. Quand histoireetsociete présente un texte qui reflète non son analyse mais un approfondissement dans un possible dialogue il est fascinant et parfois désespérant de voir l'incapacité à répondre, à prendre en considération ce qui est dit. Souvent d'ailleurs ce sont les textes les moins essentiels mais ceux qui favorisent les débats de diversion sur le "connu" qui sont privilégiés. Est-ce qu'il y aura la capacité d'écoute qu'exigent les textes que nous publions aujourd'hui, je l'ignore. C'est une bouteille à la mer.

Publié par Danielle Bleitrach

le

Source : vz.ru

Poutine a énuméré les raisons de l'effondrement de l'Union soviétique
@ Evgeny Razumny/Vedomosti/TASS

Trois traits essentiels, qui relient l'effondrement de l'URSS au monde multipolaire et à sa complexité, qui peuvent être sujet d'un dialogue renouvelé par Danielle Bleitrach

L'incapacité à entendre celui avec qui on n'est pas d'accord non pas pour l'approuver mais pour simplement lui répondre réellement est déjà préjudiciable quand il s'agit de débats intellectuels mais elle est quasiment mortelle quand il s'agit de décisionnaires et bien que ne voulant pas la guerre ils sont prêts à la faire si on ne tient pas compte de ce qui pour eux est simplement existentiel et pas de l'ordre du caprice mondain dans lequel rien de ce qui est secondaire ne devient étranger. Tous les leurres habituels à travers lesquels les nations qui se croient "civilisées" ont coutume de masquer la réalité de leurs actions de pillage et d'abus de droit.

Notons d'abord que ce thème de l'effondrement de l'URSS à cause de la confiance aveugle de ce qui était lors de la guerre froide le camp de l'URSS et celui même des "non alignés" est récurrent aujourd'hui dans la plupart des articles de la journée et il correspond effectivement au bilan que la Chine a fait de cette chute. Poutine le reprend d'une manière plus partiale pour limiter l'influence du KPRF, et imposer son propre leadership comme il a réussi à le faire avec les élections. Mais le diagnostic n'est pas simplement partisan. et il est partagé par le peuple russe comme la plupart des courants marxistes sauf les trotskistes qui d'ailleurs refusent toujours le rôle de l'Etat dont l'importance est pourtant manifeste, enkystés comme ils le sont dans le dogme du stalinisme comme une classe bureaucratique qui a viré anti-étatisme . Nous sommes dans un renouveau théorico politique au plan international et il nait du monde multipolaire, Nous avons déjà dit à plusieurs reprises le contraste saisissant entre le ton de nos "élites politico-médiatique" et celui du monde multipolaire, les gouvernants et aussi les peuples, Il y a du pessimisme mais surtout une incapacité à sortir de ce que l'on croit savoir, un radotage généralisé, incapable de voir les changements , un conformisme étroit et des pseudo révolutionnaires enfermés dans le dogmatisme refusant la complexité au nom d'une situation qui n'existe plus. Au contraire nous retenons dans la démonstration de Poutine , trois traits que l'on retrouve dans les débats et les échanges comme dans les luttes et les mouvements du monde multipolaire en train de naître

Le premier est l'acceptation de la complexité alors que la guerre froide fut un temps où s'affrontaient des idéologies considérées comme simplificatrices, le capitalisme et le communisme. Ces idéologies n'ont pas disparu mais elles sont réinterprétées dans un contexte plus mouvant, moins tranché, ce qui donne des institutions .

Le deuxième trait est l'absence de peur et la volonté de faire face sans panique du côté du monde multipolaire alors que l'occident paraît la proie à la fois à la paranoïa et au désespoir des citoyens. Simplement le calme provient de la conviction héritée de la fin de la guerre froide et des promesses non tenues que l'on ne peut en aucun cas faire confiance à l'occident et que l'URSS de Gorbatchev précédée (depuis Khrouchtchev) de l'illusion de la bonne foi dans la coexistence pacifique est morte de cet excès de confiance comme la guerre en Ukraine est le dernier vestige de cette confiance inconsidérée. Parce que la fédération de Russie reste une puissance nucléaire, la première puissance, qu'elle n'a jamais été vaincue mais qu'elle a vécu l'expérience de l'URSS, celle d'avoir été le protecteur de l'émancipation du sud, mais aussi d'avoir succombé par auto-destruction par excès de confiance elle reste une sentinelle.

Le troisième trait est dans ce moment d'instabilité généralisé le retour en force des Etats et des gouvernances nationales. Ces Etats doivent être capables de faire régner un ordre interne pour avoir réellement une parole souveraine dans l'ordre international tel qu'il s'impose dans la multipolarité. Les Etats occidentaux sont au bord de la guerre civile et du fascisme parce qu'ils pompent les ressources budgétaires pour leur caste prédatrice et belliqueuse. Ils installent ou confortent des marionnettes sanglantes et s'attaquent aux pays faibles. Mais les Etats-Unis imposent à leur coalition des exigences de plus en plus intolérables. Ils sont constamment divisés par des campagnes électorales qu'ils définissent comme la démocratie et dans lesquelles leurs peuples ne se reconnait le plus et qui débouchent sur le fascisme. Mais si l'occident, en particulier l'Europe est dans ce déclin et pour cette dernière a de moins en moins droit au chapitre, la question de la gouvernance et de ce qu'est l'Etat dans le monde multipolaire demeure essentielle. Si pour la Chine la référence au socialisme et à "la dictature du prolétariat" s'approfondit pour la Russie nous sommes devant un modèle hybride et franchement capitaliste pour d'autre comme pour l'Inde, notez la fragilité de ce dernier cas.

A suivre...

Poutine a commenté les raisons de l'effondrement de l'URSS lors du forum Valdaï

Texte : Timur Shaidullin

Lors de la séance plénière du Club Valdaï au Centre scientifique russe, Vladimir Poutine a décrit l'effondrement de l'URSS comme une conséquence du manque de clairvoyance des dirigeants soviétiques. Il l'a imputé aux déséquilibres internes et aux erreurs commises par plusieurs générations de dirigeants du pays, rapporte RIA Novosti .

« L’effondrement de l’URSS est le résultat d’une combinaison de déséquilibres internes accumulés – c’est la vérité, c’est la vérité – et c’est précisément ce déséquilibre interne, les erreurs commises par plusieurs générations de dirigeants du pays et le manque de clairvoyance », a déclaré le chef de l’État.

Poutine a également souligné que la confiance aveugle des anciens dirigeants soviétiques envers l'Occident s'était retournée contre l'Union soviétique. Leur confiance dans la possibilité d'accords avec l'Europe et leur recours à la parole donnée se sont révélés erronés.

« La confiance aveugle (des derniers dirigeants soviétiques) envers leurs partenaires occidentaux, la confiance dans la possibilité d’accords entre gentlemen, alors qu’il suffisait soi-disant de se fier à la parole de quelqu’un et de se mettre d’accord sur quelque chose, c’est ce qui a joué un tour cruel à l’URSS », a fait remarquer Poutine.

L’effondrement du système étatique il y a 35 ans a été une tragédie pour des dizaines de millions de personnes qui se sont soudainement retrouvées à l’étranger, a souligné le président.

« La Russie a traversé une période difficile de transformation radicale, et ce processus se poursuit. Il y a trente-cinq ans, nous avons connu l'effondrement de notre système étatique, une véritable tragédie pour des dizaines de millions de personnes qui se sont soudainement retrouvées à l'étranger, ce qui a bouleversé leur destin et celui de leurs enfants », a déclaré Poutine.

Par ailleurs, le dirigeant russe a souligné que l'Occident s'efforçait de détruire davantage la Fédération de Russie elle-même. Malgré les efforts déployés depuis des années par Moscou pour s'intégrer à la civilisation occidentale, ses partenaires étrangers cherchaient à isoler et à affaiblir le pays.

« Et malgré les nombreuses années – et je tiens à le souligner, de nombreuses années – d’efforts de la nouvelle Russie pour s’intégrer à la soi-disant civilisation occidentale, dans les faits, elle a tout fait pour isoler et détruire davantage la Fédération de Russie elle-même », a conclu le président.

Comme l'a rapporté le journal Vzglyad, le porte-parole du chef de l'État, Dmitri Peskov, a déclaré que le monde entier attendait le discours du président russe lors de la session plénière du Club Valdaï.

S'exprimant lors du forum, Poutine a déclaré que l'on assistait à un tournant décisif du développement mondial, un tournant qui touche tous les aspects de la vie humaine. Le président a également souligné que le maintien de l'ordre intérieur constituait une tâche essentielle pour tous les États.

A propos qui se souvient, qui a jamais su en France que le 3 et le 4 octobre il y a eu un soulèvement en Russie contre la contrerévolution d'Eltsine, non seulement la douma a été bombardée pour en attaquer les députés communistes mais également le peuple avec ses barricades s'est insurgé (photos). Y a -t-il eu une gauche, un parti communiste en France qui à l'époque a soutenu cette protestation? Comment peut-on encore à l'université du PCF faire venir des gens qui parlent de "démocratie" pour vanter cette terrible baisse du niveau de vie, les retraités mendiant et les oligarques faisant la loi, ignorer que Poutine est apparu comme le seul apte à faire régner un ordre face à cette bêtes déchaînées ?

Commentaires