Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Portrait du Premier ministre russe, Mikhaïl Michoustine

Le pouvoir de manipulation idéologique doit être analysé, compris largement afin de réduire en miettes son efficacité. Cela passe par la confrontation régulière entre la réalité et l’image qui en est donnée dans les médias occidentaux. En occident, les gouvernements qui conservent une popularité durable sont extrêmement rares. Cela n’est pas le fait d’une prétendue nécessité de « prendre des mesures difficiles ». C’est la conséquence du fait que le pouvoir de la classe dominante capitaliste contraint les gouvernements à mener des politiques impopulaires et contraire à l’intérêt général. On use donc rapidement la popularité de gouvernements. Ceux-ci commencent souvent leur mandat avec une popularité raisonnable, mais rapidement, leur approbation descend aux alentours de 20 % et y demeure jusqu’à la fin de leur mandat. Ils sont alors remplacés par une nouvelle équipe, qui poursuit exactement la même politique. Ces gouvernements n’ont pas pour objectif de faire fonctionner les services de l’état dans le sens de l’intérêt commun, mais comme le savent bien tous ceux qui travaillent dans l’administration ou les services publics, à les désorganiser, à les affaiblir et à les mettre en difficulté sous toutes sortes de prétextes. Les intérêts privés en sont confortés et dès qu’on peut, on leur confie la réalisation des missions publiques par la sous-traitance ou la privatisation pure et simple. On en vient à persuader le public occidental qu’avoir un gouvernement qui se consacre à ses missions avec efficacité est suspect et qu’un gouvernement qui conserve une bonne popularité est forcément une dictature. (note de Franck Marsal pour Histoire&Société)

Par Kirill Strelnikov, ria.novosti

https://ria.ru/20260303/zapad-2078020915.html

Le titre original de l’article est : « À cause du sabotage de cet homme, la voie vers l’Occident est définitivement fermée à la Russie ». L’auteur se moque ouvertement des desiderata de l’Occident, qui voudrait tellement se persuader que la Russie est désespérée d’avoir été bannie de son camp. J’ajouterai pour compléter le portrait que le KPRF apprécie son travail. Ce sont d’autres ministres dont les communistes voudraient bien se débarrasser, en particulier les finances (note et traduction de Marianne Dunlop pour histoire et société).

Aujourd’hui, c’est le 60e anniversaire d’un homme que tout le monde connaît, mais dont on sait en réalité très peu de choses.

Cet homme, c’est le chef du gouvernement russe, Mikhaïl Michoustine.

Le Premier ministre russe a abordé son anniversaire avec une réputation qui suscite une haine impuissante dans l’Occident collectif, comme celle que l’on éprouve envers un intello à lunettes qui a obtenu la seule place subventionnée dans l’université dont vous rêviez.

Il est amusant de constater que les réalisations concrètes de Michoustine à la tête de l’Agence fédérale des impôts (FNS en russe et du gouvernement sont reconnues par presque tout le monde, même si c’est à contrecœur, mais ce sont des réalisations tout à fait incorrectes et nuisibles du point de vue de nos ennemis.

Selon Deutsche Welle*, M. Michoustine est un « bureaucrate de carrière » issu du Service fédéral des impôts, où il a mis en place des « systèmes techno-autoritaires de surveillance des transactions » et lutté contre les « données erronées ». C’est bien sûr très, très mal.

« Voice of America »* a accusé M. Michoustine de « manquer d’ambition politique » : « Il n’appartient à aucun parti politique et préfère parler d’innovation ».

Reuters a également des griefs à l’encontre du Premier ministre russe : « M. Moustine a été confronté à des conditions extrêmement difficiles pour adapter l’économie russe aux sanctions occidentales et aux objectifs fixés par Poutine, mais il s’en est sorti ». Et ce, tout en « se concentrant sur les délais et les objectifs ».

Le site américain The Bell* décrit le gouvernement de M. Michoustine comme « un gouvernement technocratique idéal, sans programme propre », et le méchant Michoustine « ne fait aucune déclaration sur la guerre, mais se concentre plutôt sur son travail ».

Le verdict final a été rendu par le Jordan Center for the Advanced Study of Russia : « Au lieu d’être considéré comme un grand réformateur, Michoustine restera probablement dans l’histoire comme celui qui a graissé les rouages de la machine de guerre meurtrière. »

Avant de graisser efficacement les rouages de la « machine de guerre », Mikhaïl Michoustine a graissé tout aussi efficacement ceux du Service fédéral des impôts, qu’il a dirigé de 2010 à 2020.

De formation, Michoustine est ingénieur en systèmes et ingénieur de recherche (Stankin, spécialité « systèmes de conception automatisée »), et également docteur en sciences économiques. C’est pourquoi la FNS n’a d’abord pas compris ce qui se passait, et ensuite, il était trop tard.

Pendant le mandat de Michoustine au sein du service fiscal russe, les recettes du budget de l’État ont presque doublé (sans augmentation des taux), et le processus de paiement des impôts est devenu beaucoup plus pratique pour les contribuables. Un exemple : après l’introduction du système « Mon impôt » pour les travailleurs indépendants, le nombre d’utilisateurs est passé à un million en seulement un an, et aujourd’hui, 15 millions de personnes l’utilisent.

C’est déjà une réalisation importante, mais Mikhaïl Michoustine est un homme tenace et passionné. Sous sa direction, d’autres systèmes ont également été lancés, tels que « L’espace personnel du contribuable », les caisses en ligne, le marquage des marchandises par des étiquettes RFID, le registre unique des actes d’état civil (base du registre unique de la population de la Fédération de Russie), la taxe sur les services électroniques fournis par les éditeurs de logiciels étrangers en Fédération de Russie, le système automatisé de contrôle du remboursement de la taxe sur la valeur ajoutée (qui permet de vérifier automatiquement toutes les chaînes de paiement de la TVA par tous les contractants), la construction de centres de données de la FNS, le système informatique « Taxe-3 » et bien d’autres choses encore. Il est intéressant de noter que grâce à la numérisation, le Service fédéral des impôts a réduit de moitié le nombre de contrôles des entreprises, et qu’il n’y a pas de manifestations à ce sujet en Russie.

Et tout cela sans passer par 1937. Comme l’a écrit avec surprise le Fonds Carnegie* à propos de Michoustine, « l’image d’un inspecteur tout-puissant a amélioré la gestion et la perception des impôts sans répression ». Et pourtant, on aurait tellement aimé !

La nomination de Mikhaïl Michoustine au poste de chef du gouvernement en 2020 a été accueillie avec beaucoup d’inquiétude en Occident, et ces craintes se sont avérées plus que justifiées.

Il est évident que Mikhaïl Michoustine n’a pas personnellement foré, creusé, martelé, cuit et battu pendant tout ce temps, mais le rôle du dirigeant dans l’histoire montre que le battage et le martelage sont beaucoup plus efficaces lorsque les objectifs et le processus sont correctement définis.

Il est inutile de détailler toutes les réalisations de Mikhaïl Michoustine en tant que Premier ministre, car cela prendrait trop de temps. Il suffit de mentionner le récent rapport du chef du gouvernement russe devant la Douma d’État, dans lequel il a souligné le résultat principal : nos adversaires n’ont pas réussi à tuer notre économie, à freiner notre développement et à nous faire basculer dans une guerre totale.

Bien que M. Michoustine ait reconnu que cela avait été très difficile (c’est le moins qu’on puisse dire), la croissance économique a été de 1 % l’année dernière et de 10 % sur trois ans ; la croissance de la production industrielle a été de 1,3 % ; la croissance des exportations non énergétiques et non liées aux matières premières a été de 9,5 % (près de 13 000 milliards de roubles) ; le chômage a atteint un niveau historiquement bas de 2,3 %, etc.

Comme l’a écrit avec surprise le magazine The European Conservative : « À l’occasion du quatrième anniversaire de la guerre en Ukraine, une question évidente se pose de plus en plus souvent à Bruxelles : les sanctions contre la Russie ont-elles vraiment été efficaces ? Les dernières données indiquent une réalité différente du discours officiel ».

Alors, quel est le mystère qui entoure ce « technocrate de carrière » tant détesté en Occident ?

Si l’on procède à une analyse sémantique et psychologique de toutes les interventions et interviews de M. Michoustine, on remarque immédiatement ce qui suit : son discours est dominé par des termes d’action — « construire », « lancer », « assurer », « accélérer », « allouer », « prendre des mesures » et « soutenir », ainsi que par des termes indiquant un résultat — « pour que les gens ressentent les changements », « cela permettra » et « devrait conduire à ».

En félicitant le Premier ministre russe pour son anniversaire, on peut être sûr d’une chose : toutes les tâches seront accomplies.

Et c’est là le cadeau que l’Occident redoute le plus.

* Organisation reconnue comme agent étranger sur le territoire russe.

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