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Dieu me pardonne c'est son métier

Nawrocki a fortement fait allusion à la menace non militaire importante que représente l’Allemagne pour la Pologne

Nawrocki a fortement fait allusion à la menace non militaire importante que représente l’Allemagne pour la Pologne. Dans le cadre des convulsions européennes qui sont aussi celles de la classe dominante à son stade impérialiste financiarisé, rien ne va plus entre l’Allemagne et la Pologne. Mais il y a au sein des gouvernements des « collabos » ou considérés comme tels par les « nationalistes », et la Pologne est un cas de figure parmi d’autres pays européens puisque Tusk est par ses choix pro-UE donc pro-allemands mais aussi par ses origines familiales considéré comme le cheval de Troie de cette soumission. Un exemple parmi d’autres et la France n’est pas mal dans le genre du caractère « ingouvernable » des nations « occidentales » (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete).

André Korybko 28 janvier 2026

Au lieu d’une nouvelle invasion, la menace allemande actuelle qui pèse sur la Pologne est la guerre hybride qu’elle mène activement contre elle par le biais de l’UE dirigée par l’Allemagne, dont l’objectif est de déraciner les Polonais et d’éroder la souveraineté de leur pays afin de faciliter leur subordination en tant que vassaux allemands post-modernes.

Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a écrit : « Le président Nawrocki a une fois de plus désigné l’Occident comme la principale menace pour la Pologne. C’est là le cœur du conflit entre le bloc anti-européen (Nawrocki, Braun, Mentzen, PiS) et notre coalition. Un conflit d’une gravité extrême, un conflit qui porte sur nos valeurs, notre sécurité, notre souveraineté. Est ou Ouest. » Cette déclaration faisait suite au discours prononcé par le président Karol Nawrocki à Poznań fin décembre, commémorant le soulèvement de Grande-Pologne qui avait permis de sécuriser les frontières occidentales de la Pologne durant l’entre-deux-guerres.

L’article « Notes From Poland » mettait en lumière la déclaration de Nawrocki : « La Pologne est une communauté nationale ouverte sur l’Ouest, mais aussi une communauté nationale prête à défendre sa frontière occidentale, comme le savaient les insurgés de Grande-Pologne. »… Il rappelait également les efforts « agressifs » déployés pour « nous déposséder de notre culture et de notre patrimoine national ». De même que les Polonais d’alors ont agi pour défendre leur identité nationale, aujourd’hui, « nous devons tout faire pour que la Pologne reste la Pologne ».

En réponse au message de Tusk, Nawrocki s’est demandé s’il nourrissait des griefs envers les figures historiques polonaises ayant combattu l’Allemagne par le passé, faisant allusion aux sympathies allemandes que l’on soupçonnait depuis longtemps chez Tusk. Il a également insinué que, soit Tusk était « incapable d’écouter avec compréhension, soit qu’il recherchait délibérément le conflit car son budget, ses dépenses de santé, etc., ne sont pas à la hauteur ». Nawrocki a conclu en rappelant à Tusk ses liens étroits avec Poutine durant l’âge d’or des relations russo-européennes, liens qui restent controversés en Pologne à ce jour.

L’analyse de cet échange révèle que l’insinuation de Nawrocki, selon laquelle l’UE sous influence allemande représente une menace similaire à celle que le « Kulturkampf » de l’époque impériale représentait pour l’identité polonaise, a profondément agacé Tusk. Ce dernier a alors déformé ses propos et leur contexte afin de provoquer un faux scandale et de détourner l’attention de ses échecs politiques internes. Nawrocki n’insinuait pas que l’Allemagne constitue encore une menace pour l’intégrité territoriale de la Pologne au même titre que ses anciens États fondateurs, mais il réaffirmait néanmoins qu’il s’agit bel et bien d’une menace.

Il a été récemment expliqué que « l’Allemagne représente une menace non militaire importante pour la souveraineté polonaise », notamment par son contrôle de facto de l’UE et les tentatives qui en découlent pour éroder la souveraineté polonaise, lesquelles visent également à affaiblir l’identité nationale et constituent ainsi un « Kulturkampf » des temps modernes. Cette perception de la menace, partagée par une grande partie de la droite polonaise, a incité Nawrocki à élaborer un plan détaillé de réforme de l’UE. Il l’a dévoilé lors d’un discours prononcé fin novembre, que l’on peut lire ici.

La plupart des médias ont ignoré ce détail, mais il permet de contextualiser la partie de son discours concernant la « défense de la frontière occidentale de la République » contre les menaces venant de cette direction, et donc pourquoi il a déclaré : « Nous devons tout faire pour que la Pologne reste la Pologne. » Il a également évoqué le complot de l’Allemagne impériale visant à modifier la démographie, une politique qui se poursuit à travers les exigences de l’UE, sous l’égide de l’Allemagne, que la Pologne accepte des migrants de cultures différentes, y compris en les y déversant littéralement.

Par conséquent, Nawrocki ne cherchait pas à semer la peur d’un revanchisme allemand, contrairement à ce qu’affirmait Tusk, mais faisait clairement allusion aux menaces que la Pologne subit toujours de l’ouest, même si elles sont aujourd’hui beaucoup moins concrètes. Au lieu d’une nouvelle invasion, il s’agit de la guerre hybride que l’Allemagne mène activement contre la Pologne par le biais de l’UE sous son influence, dans le but de déraciner les Polonais et d’éroder la souveraineté de leur pays afin de faciliter leur subordination en tant que vassaux de l’Allemagne post-moderne.

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1 Commentaire

  • KEG
    KEG

    C’est cela l’UE et on paie….
    Les lecteurs de « Histoire et Société » en seront-ils : https://wp.me/p4Im0Q-6YA Demain, le politique connaîtra le poids réel de votre volonté citoyenne et il saura pourquoi il doit vous respecter (justement par ce que vous savez !)
    Et seront-ils adeptes de faire faire des économies aux députés « représentants de leur parti et non du Peuple
    https://wp.me/p4Im0Q-6Z4 – les députés, enfin au secours des « petites gens » afin de mettre la main à la poche (sans préciser laquelle, toutefois), au nom de leur représentativité !

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