Histoire et société > Éditorial
Editorial : ce qu'il est impossible encore de voir mais qui déjà devient du passé, du présent et de l'avenir perceptible par danielle Bleitrach
Un camarade lecteur de Livourne en Italie m'a envoyé ce mot qui est un symbole de ce que le passé recèle de forces que l'on ne saurait négliger. A ce titre on peut se féliciter de l'existence sur toute la planète de gens qui à la fois veulent défendre la mémoire mais le font dans la conscience des urgences d'aujourd'hui... On peut considérer que le grand événement qui a eu lieu le 30 octobre 2026 c'est une grande grève mondiale des ports qui ont refusé d'embarquer les armes pour les conflits, en particulier celui devenu symbolique qui s'attaque au peuple palestinien et dit l'hypocrisie de la "démocratie occidentale" et Livourne ce n'est pas rien :
Publié par Danielle Bleitrach
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Article original pour le blog
Hier, à Livourne, le drapeau de l'Union soviétique a défilé – comme le veut la tradition – hissé sur un haut mât et tenu par moi-même, un geste très apprécié par de nombreux participants, un rappel de nos racines et de notre « forêt ». Ici, en Italie, nous n'avons – hélas – ni 'histoire ni societe ni éditions Delga, pourtant indispensables pour compenser les énormes dégâts culturels causés par la « guerre froide culturelle de la CIA »
Ieri, a Livorno, ha sfilato - come ormai di consueto - issata su un'asta a grande altezza e sorretta dal sottoscritto la bandiera dell'Unione Sovietica, molto apprezzata da molti partecipanti, a richiamo delle radici e della "foresta". Qui, in Italia, non abbiamo - purtroppo - una histoireetsociete né una Delga Editions, di cui vi sarebbe gran bisogno per sopperire agi enormi danni culturali determinati dalla "guerra fredda culturale della Cia"
1) Oui la profondeur de l'Histoire remonte et vient de loin quand se pose comme aujourd'hui la question d'un changement historique et le nom de Livourne appelle cette mémoire avec une double référence qui prend sens aujourd'hui à ce moment particulier :
La ville de Livourne (Toscane, Italie) occupe une place unique dans l'histoire juive car elle s'est développée sans ghetto, à la différence de la plupart des autres cités européennes et italiennes de l'époque et ceci grâce à un édit de 1593 dans lequel Ferdiand premmier de Médecis pour stimuler l'économie et pour faire de Livourne un grand port franc offrait aux citoyens juifs un statut totalement différent . Une partie de ma famille vient de Livourne mais cette ville a peu à peu étendu une élite de marchands et d'intellectuels à tout le bassin méditerranéen y compris en Algérie. C'est un apport progressiste comparable à celui de Tolède.
Mais Livourne c'est la ville des communistes celle où en 1921 a été fondé le PCI... Issu d'une longue tradition de lutte . là , Il faudrait raconter toute l'histoire des corporations, des luttes de cette ville depuis le temps des Médecis. Tout tourne autour du port et là aussi multiplient les liens dans le bassin méditerranéen.
Au début du XXe siècle, Livourne devient un centre névralgique du syndicalisme révolutionnaire, le capitalisme a engendré son fossoyeur. mais la partie est rude. .
Il faudrait reprendre toute l'histoire du parti communiste et du syndicalisme italien et y compris la manière dont il a résisté à la fois à la liquidation et à la politique de la droite, puis de l'extrême-droite de l'eurocommunisme puis de la destruction du parti communiste en conservant la référence à la classe ouvrière qui est beaucoup plus effacée en France alors qu'apparemment la France a conservé un parti communiste et se lance périodiquement dans des mouvements qui étonnent le reste du monde . .Aujourd'hui, le syndicalisme portuaire à Livourne s'illustre à travers des structures majeures (Filt-CGIL, Fit-CISL, mais aussi le syndicat de base USB). Il s'articule autour de deux axes principaux :
• La sécurité au travail : Le combat contre les accidents mortels sur les quais reste une priorité absolue, donnant lieu à des grèves de solidarité systématiques à chaque drame.
• L'internationalisme et le pacifisme : Fidèles à leur histoire politique, les syndicats et dockers de Livourne s'illustrent régulièrement par des actions à forte portée géopolitique, refusant par exemple de charger ou de laisser accoster des navires transportant des armes destinées à des conflits
2- Pourquoi face à la professionnalisation du "champ politique" la question du QUE FAIRE se pose plus que jamais...
Alors ce mot d'un compagnon de Livourne qui dit que ce monde de lutte a besoin de nos écrits et de ceux de DELGA, c'est la confirmation du rôle que peut jouer ceux qui comme les copistes du Moyen âge peuvent transmettre mais qui ne prendront sens qu' à partir du moment où il y a des combats de classe assumés. Ce rôle permet de mettre en question de ce que j'ai expliqué être le "champ politique" dans lequel depuis les années 80 la France est enfermée. Bien sur nous aurions préféré le faire avec un parti mais la situation est justement celle de l'absence de ce parti révolutionnaire dans les pays impérialistes devenus ingouvernables.
Ce "Champ politique" qui est celui des pays impérialistes mais a pris le visage de la démocratie est non seulement déchiré par les divisions de la classe dominante dans l'appropriation des dépouilles de l'Etat, mais il est complètement incapable de traduire les besoins des couches populaires et est de plus en plus réservé à une élite héréditaire. Ce champ politique fait se rencontrer les représentants politiques, les journalistes et des "experts" universitaires accrédités; Il n'a cessé de s'autonomiser et il existe un certain nombre de gens qui remplissent les conditions d'accès à ce champ et y jouent un jeu dont les autres sont exclus. Ils sont comme les clercs dont Max Weber dit qu'ils défendaient "le monopole de la manipulation légitime des biens de salut" c'e qui a été vécu comme un trafic illégal de la religion" et a engendré la réforme, a déchiré le continent européen sur fond de guerre des paysans et de constitution des Etats-Royaumes de la Renaissance . C'est face à ce monopole de l'espace public qui repose toujours sur une violence qu'elle soit répressive ou d'exclusion symbolique que s'était constitué la nécessité d'un appareil révolutionnaire des exploités. Lénine va dans le Que faire explique reprend les analyses de Marx sur la Commune de Paris et la nécessité de la dictature du prolétariat face aux Versaillais et leur entente avec les Allemands envahisseurs, décrit en quoi une situation révolutionnaire a besoin du socialisme et de l'Etat qui oppose à la dictature de la bourgeoisie la dictature du prolétariat ce qui est la véritable démocratie celle qui substitue à la violence légitime de l'Etat des bourgeois l'Etat du prolétariat de la majorité. Mais il doit avant la prise du pouvoir constituer sa propre presse, ses "fonctionnaires" ses enseignants, et ses force organisées qui empêchent la violence de l'Etat capitaliste de s'exercer et qui sont tout sauf l'anarchie.
D'ailleurs ne sommes nous pas effrayés et nous considérons comme fascistes cette réaction de ceux qui s'arment, mais le chois du fascisme n'est-il pas la peur de l'anarchie, de cette désagrégation de l'Etat plus encore que la haine du bouc émissaire?
Et là nous avons effectivement une question à nous poser par rapport aux mouvements qui se développent en France: exigent-ils l'absence d'Etat ou un autre Etat qui appartiendrait non plus à un poignée mais à la quasi totalité du peuple français ? Que signifie la perspective socialiste sinon ce choix et comment l'imposer? Est-ce que ce qu'on attend des élections présidentielles qui selon la Constitution de la Ve République donnent au président un pouvoir sans équivalent nulle part dans le monde est susceptible de résoudre les problèmes qui inquiètent le peuple français, la jeuesse en particulier qui interroge l'avenir, la guerre, l'environnement mais aussi la formation et l'accès à une profession, un logement, une vie? Et d'où vient ce sentiment que l'offre politique ne résoudra rien ? C'est reconnaissons le l'échec sur la suprématie du "libéralisme" et de la démocratie occidentale.
Il n' s'agit pas seulement d'interroger les "gens" pour savoir ce qu'ils veulent il faut oser leur proposer une alternative, le socialisme et faire grandir cette exigence. Oui il faut écouter ce que dit le peuple, les travailleurs, la jeunesse mais aussi en tant qu'ils répondent à nos propositions, quels sont les freins?
Même si la référence à la démocratie libérale est tenace: ainsi il y a en ce moment trois élections qui sont intervenues en même temps : le Brésil, la Serbie et bientôt les USA à mi mandat. Notez que si la plupart des médias dominant ont interprété la victoire de Lula, celle des étudiants contre le président Serbe comme un triomphe de la démocratie contre l'autoritarisme, le moins que l'on puisse dire que si ce que représente Trump a connu un revers qui augure de son échec supposé face aux démocrates, Lula est aussi le leader du refus de la soumission de l'Amérique latine voire du triomphe du monde multipolaire. Le cas de la Serbie mais aussi d'autres pays ex-socialistes comme la Bulgarie montre un retournement possible de tendance et ne va pas dans le sens d'une Europe stabilisée autour de ses "commissaires" européens.
Nous avons insisté sur le retournement de tendance du zugzwang.
On peut considérer qu'il y a eu dans la décennie quatre vingt quatre vingt dix un paroxysme dans lequel se sont conjugués des séries d'événements qui ont permis à la crise impérialiste de reporter sur le reste du monde ses problèmes de baisse du taux de profit, d'une croissance exsangue, avec la contrerévolution néolibérale; Celle-ci s'est approprié partout l'Etat pour pomper les ressources planétaires au profit des marchés financiers et des marchands d'armes en utilisant le dollar, le petrodollar, l'armada militaire et le monopole de l'information.
Il n'y a pas eu fin de l'Etat mais appropriation de l'Etat par des monopoles financiarisés privatisés et qui comme Total ont échappé à l'Etat pour que les Français n'aient plus de gouvernail et que penser d'une nation qui n'a plus de monnaie, d'armée et qui est en train d'envisager de partager la force de frappe.? Qui a été victime de cette spoliation à grande échelle. Aux dépens de ce qui avait été dans les pays impérialistes ce que Léinine décrivait comme "l'aristocratie ouvrière" c'est-à-dire une classe ouvrière bénéficiant de la redistribution mondiale, du colonialisme et de l'impérialisme. Face à ce mouvement impérialiste, il y avait eu l'existence de l'URSS, le poids acquis par la classe ouvrière avait favorisé cette montée des acquis comme les luttes de décolonisation, c'était au moins une régulation.
La fin de l'URSS instaura un mouvement contraire de dérégulation, la bête sauvage comme la décrivait Hegel était déchaînée et elle l'est toujours ...
Mais il y avait eu dans les pays impérialistes l'illusion d'un champ politique républicain dans lequel avec ses partis communistes forts on pourrait jouer à jeu égal le jeu démocratique qui n'était plus l'Etat de la classe capitaliste. C'est le sens de l'eurocommunisme qui en fait n'a de sens que quand il y a un état socialiste fort qu'il n'a de cesse que de décrier et de s'associer à ceux qui en font la source de tous les maux.
Il faut voir que cette contrerévolution a été une divine surpris pour l'impérialisme On peut conseiller la relecture de James Burnham qui en 1949 écrivait un ouvrage pour vaincre l'impérialisme soviétique que l'on croirait du Trump pur jus y compris la référence à Mackinder et dont le diagnostic est : "le malaise des Etats-Unis n'est pas celui qui précède la mort ; c'est celui de la pénible pause avant la maturité." mais ce qui surgit est l'idée d'un empire universel dans lequel l'Europe ne peut être que sauvée par les USA et donc perdue par l'URSS. ce qui est encore plus ou moins l'idéologie des démocrates. Nous avons vécu sous un protectorat aimable mais qui quand a disparu l'URSS et que le déclin de l'empire s'est posé à nouveau a changé de visage en nous traitant "à plus de frais, au prix de plus de souffrance qu'il n'est nécessaire mais pour que l'hégémon subsiste.
3- Mais aujourd'hui les pays occidentaux, la France en particulier découvrent ce qu'est la violence de l'Etat capitaliste et face à cela il ne reste plus au capital que le fascisme.
Cette question d'un parti révolutionnaire c'est-à-dire qui renforce la classe ouvrière, les couches populaires se repose aujourd'hui avec une nouvelle acuité parce que nous assistons bien à la crise de l'Etat, de la gouvernance de l'occident unipolaire et que cette crise est celle de l'impérialisme, elle est aussi externe parce que les peuples du sud ne veulent plus être pillés et sont en plein dans un rapport des forces avec le système de sanctions militaires et financières qui sont imposés d'une manière qui met en cause la survie et l'avenir des enfants.
Mais elle est aussi interne avec la population des pays impérialistes qui sont eux mêmes devenus ingouvernables. Les actions de l'impérialisme pour tenter de maintenir son système ont, comme je l'expliquais dans le zugzwang, accéléré la crise déjà là en surajoutant à des crise classiques de baisse du taux de profit et de surproduction, à la crise environnementale une crise énergétique qui a accéléré la décomposition.
Le choix des dirigeants européens de se priver de l'énergie a bon marché qu'était la Russie, plus le coût de la guerre , plus la tentative de ce couper des produits bon marché venant de la Chine a de fait accéléré la situation au point d'être confrontés à une telle déstabilisation que les "politiques sociales" conçues pour atténuer la crise structurelle de la désindustrialisation et de la financiarisation ont été mises en cause jusqu'à l'asphyxie.
L'intervention en Iran a encore comme cela était prévisible accéléré cette crise et remis en cause la maîtrise de l'occident sur les routes qu'il contrôlait.
Dans un contexte où l'accès au "champ politique" s'était raréfié. non seulement a été exclue la classe ouvrière d'abord subordonnée puis effacée au point qu'il ne lui reste plus que les jacqueries et l'invite au luttes internes racistes, xénophobe mais de plus en plus il n'y a plus de méritocratie, les diplômes perdent leur valeur. La colère contre parcours sup reflète ce rétrécissement de l'accès par l'école et l'autoformation des diplômes, les dynasties médiatiques et le soupçons de voir ces filières réservées à une religion, l'antisémitisme dit une fois de plus ce sentiment de spoliation.
4- Les luttes ont une dimension nationales mais dans un contexte qui soit restituer la profondeur historique autant que l'apparition du monde multipolaire.
Voyez-vous je suis si heureuse de mon vivant d'avoir vu cette grande grève mondiale, est-ce que vous vous rendez compte de cet événement fantastique une grève mondiale contre la guerre, contre le trafic d'arme et de surcroit pour le peuple palestinien devenu un symbole alors que dans ce pays nommé Israël, j'ai eu le bonheur de voir des communistes y compris juifs et arabes unis pour refuser ce que l'extrême-droite prétend faire des juifs.
Il est évident en ce qui me concerne que je ne peux en aucun cas affronter en tant qu'individu ce champ politique désagrégé et les illusions dont ils se nourrit mais il est possible en prenant de la distance de continuer à produire ce que seront de plus en plus nombreux à entendre sous la pression des luttes ceux qui auront besoin d'armes.
Mon passé m'est fidèle
le temps court dans mes veines.
Ce temps salue les temps nouveaux qui ne me ressembleront pas mais j'aurais fait la jonction sans jamais trahir, me trahir et trahir mes engagements...
4- La crise qui secoue la France est une crise de l'Etat comme celle qui secoue l'occident c'est un système qui se fragmente et ne dirige plus rien.
Il faudrait la paix et les camarades dockers de Livourne tracent et bien sur pour notre continent l'Europe on songe à la guerre en Ukraine. C'est à la fois parfaitement exact et désormais insuffisant. C'est exact parce que cela témoignerait d'une lucidité qui n'a cessé de faire défaut à l'Europe et à la France mais la crise a pris une ampleur encore plus vaste dans l'espace et dans les temps accumulés.
Il s'avère que pour simplement avoir suivi le fil des événements non seulement à partir de 2014 et de m'être heurtée au refus total de la prise en compte de ce qui avait provoqué la guerre mais depuis 1956 , leur logique n'a cessé de s'imposer chaque fois que j'étais confrontée à une désinformation systématique qui non seulement nourrissait l'escalade belliciste mais mentait systématiquement sur ce que pouvait espérer l'Ukraine sacrifiée à la volonté d'attaque de la Russie sur le modèle de ce qui avait été la dislocation de l'URSS. A titre des mensonges souvenez vous de ce qui se racontait sur Poutine à l'article de la mort... et tant d'autres stupidités.
Paradoxalement j'jouterai que l'Ukraine est devenu comme d'autres conflits un abcès de fixation parmi d'autres. Justement parce que j'ai systématiquement fait remonter cette fin de l'empire d'occident au moins à la crise de 1956 je suis convaincue que la question ukrainienne va se régler dans un ensemble plus vaste pas un nouveau Yalta mais certainement la limitation de l'empire d'occident dont l'Europe "ukrainisée à toute chance d'être la victime. Donc les causes profondes ne sont pas seulement dans l'opération de madame Nunland, les démocrates dans la logique de Clinton poursuivant le réarmement de l'OTAN malgré les promesses faites à Gorbatchev mais bien dans ce qui a permis l'arrivée au pouvoir de Gorbatchev.
Delga va sortir un livre sur les événement de Hongrie en 1956, un livre blanc sur le déroulé exact de ce qui s'est imposé en occident comme le crime perpétré par les soviétiques contre la Hongrie réclamant la liberté. J'ai écrit en préface une mise en contexte de cette intervention en la resituant dans l'année 1956 qui est celle où Khrouchtchev pfait son rapport contre Staline, les évènements de Hongrie sont précédés de ceux de Pologne et seront suivis du rôle de Tito appuyant l'attaque contre Staline, mais c'est aussi le début de la crise entre la Russie et la Chine. Le tout dans la crise du canal de Suez avec l'intervention des Français et des Britanniques qui essuient un échec et surtout pour la France c'est Guy Mollet à qui a été voté les pleins pouvoirs pour faire la paix en Algérie qui est rapidement convaincu par les pieds noirs d'Alger de soutenir l'Algérie française et envoie le contingent en Algérie. Ce qui va porter en France la question coloniale avec des attentats et qui se terminera par un coup d'Etat et le retour de De Gaulle au pouvoir.
Si vous recontextualisez la plupart des événements dans une profondeur historique et dans une analyse des conditions réelles de développement, vous êtes aussitôt taxée d'être une "stalinienne" l'ennemi des despotes par des gens qui n'ont et ne veulent pas avoir la moindre idée de la logique évènementielle. Ils ont totalement perdu la mémoire des FAITS mais aussi de tout l'apport théorique du matérialisme historique et dialectique, un savoir théorico pratique. Ils ne lisent plus, ils survolent et reconnaissent ce qu'ils croient savoir. Ce qui nous vaut un à la fois un dogmatisme stupéfiant qui se combine aisément avec un asservissement à la propagande dans la mesure où cela crée non pas des militants convaincus mais des clients capable de devenir le fan club d'une élection.
Fort heureusement nous sommes dans une période où sous la pression du mécontentement des classes populaires, de la jeunesse, d'un peuple qui s'estime trahi, les illusions s'écroulent et le capital court derrière sa propre légitimité et tente d'imposer des idéologies d'explication de la crise qui mènent à la guerre, au fascisme, ce dont les peuple ne veulent pas.
Il n'est pas possible de convaincre ceux qui au sommet ne sont que trop rentrés dans le jeu politicien et qui y retournent systématiquement ne serait-ce que parce qu'ils sont contraints par le jeu électoral., ce sera la pression de la base qui dès aujourd'hui produira ses propres cadres mais il ne s'agit pas de spontanéisme. On le voit bien avec le rôle des syndicats : il n'y aura pas de table rase et de leader charismatique dans une telle confusion, mais il y aura à partir des forces existantes une transformation à laquelle nous pouvons contribuer.
danielle Bleitrach
