Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

L’Iran remplace les ports des Émirats arabes unis par un corridor pakistanais pour contourner le blocus américain.

Le rôle du Pakistan, qui est à la fois intermédiaire, ayant l’écoute des USA mais proche de la Chine, est un de ces acteurs d’une situation complexe qui fait de cette guerre quelque chose de totalement inédit. L’Asie celle du grand jeu revient sur le devant de la scène. Nous devons désormais intégrer une autre géographie dans laquelle les routes de la soie jouent un rôle renouvelé. (note et traduction de danielle Bleitrach)

04/05/2026

3 mai 2026

Cette initiative active un accord bilatéral signé en 2008 mais jamais utilisé auparavant, et positionne le corridor Gwadar-Karachi comme un lien stratégique potentiel entre l’Asie du Sud et l’Eurasie à travers le CPEC et l’initiative chinoise « Ceinture et Route ».

Le Pakistan a officiellement autorisé le transit de marchandises vers l’Iran via son territoire et ses ports, faisant de Karachi, Port Qasim et Gwadar des points de passage logistiques clés pour le commerce iranien, tandis que le blocus maritime imposé par Washington tente d’étrangler l’accès de la République islamique au commerce mondial,  a rapporté l’agence de presse Tasnim  .

Le ministère du Commerce d’Islamabad a publié le 25 avril l’Ordonnance n° 2026 relative au transit de marchandises sur le territoire pakistanais, qui entre en vigueur immédiatement. Cette ordonnance, qui active un accord bilatéral de transport routier signé avec Téhéran en 2008 mais jamais appliqué jusqu’alors, ouvre six voies terrestres reliant les trois principaux ports pakistanais aux deux postes frontières iraniens de Gabd et Taftan, via le Baloutchistan.

Cette annonce a coïncidé avec  la visite du ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi,  à Islamabad pour des entretiens avec le Premier ministre Shehbaz Sharif. Le corridor Gwadar-Gabd, le plus court des itinéraires désignés, réduit le temps de trajet vers la frontière iranienne à deux ou trois heures et devrait permettre de diminuer les coûts de transport de 45 à 55 % par rapport à un acheminement des marchandises via Karachi, selon des responsables pakistanais.

Cette décision marque un tournant important, s’éloignant des ports des Émirats arabes unis sur lesquels l’Iran s’appuyait depuis longtemps pour accéder au commerce régional, notamment Jebel Ali.

Des ports avec un potentiel de croissance

Les ports pakistanais apportent une capacité considérable à cet accord. Karachi et Port Qasim traitent ensemble environ 42 millions de tonnes de marchandises par an, avec une capacité d’absorption importante.

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Depuis le début de la guerre, Karachi a géré à elle seule environ 75 % du fret réacheminé vers le Pakistan, selon les données du secteur. Gwadar, exploité par China Overseas Port Holding Company et pilier du Corridor économique Chine-Pakistan (CPEC), se situe à environ 170 kilomètres à l’est du port iranien de Chabahar, ce qui en fait le plus proche géographiquement du territoire iranien des trois ports.

Tasnim  a présenté ce nouvel accord en des termes qui dépassent largement le cadre de la logistique de guerre immédiate. Le  corridor de transit Pakistan-Iran  devrait devenir un lien stratégique reliant l’Asie du Sud à l’Eurasie grâce à son intégration au corridor économique Chine-Pakistan (CPEC), un projet de 60 milliards de dollars, et à l’initiative chinoise plus vaste des Nouvelles Routes de la Soie, une architecture initialement conçue pour réduire la dépendance de la Chine au détroit de Malacca en raccourcissant les voies de transport d’énergie via le Pakistan vers le Xinjiang.

Le blocus se renforce, Téhéran maintient sa position

Le président américain Donald Trump a annoncé le 13 avril un blocus maritime contre l’Iran, les forces américaines interceptant des navires dans les eaux côtières iraniennes. Depuis, les autorités iraniennes ont averti que le maintien de ce blocus  risquait de compromettre les négociations en cours .

Les autorités de Téhéran ont insisté sur le fait que le blocus est un signe de faiblesse des États-Unis, affirmant que l’Iran conserve un levier d’influence inexploité tout en soulignant la cohésion intérieure face à la pression extérieure croissante.

Une source sécuritaire iranienne de haut rang a déclaré à  Press TV  que les actes de « piraterie maritime et d’intimidation » perpétrés par les États-Unis sous couvert d’un blocus se heurteraient bientôt à une « riposte militaire sans précédent et concrète ».

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