Face à une France qui a atteint politiquement un degré d’ignorance et d’impuissance citoyenne préoccupant, l’Espagne effectivement sauve ce qu’il reste d’honneur à l’Europe définitivement aliénée à l’atlantisme et qui, comme la France entre en guerre sans qu’il se trouve autre chose que des médiocres donneurs de leçons aux victimes pour mieux ne rien faire. Un monde digne des palinodies des réseaux sociaux avec les foires d’empoigne autour d’un poste de conseiller municipal à Becon les Bruyères, à gauche comme à droite, des « programmes » municipaux qui n’ont plus aucun sens face à la militarisation et aux conséquences de ce qui se passe au moyen orient et à la montée du baril. Y a-t-il quelque espoir d’un sursaut ? (note et traduction de Danielle Bleitrach)
02/03/2026
L’Espagne affirme que les États-Unis n’ont pas utilisé et n’utiliseront pas de bases sur son territoire pour frapper l’Iran.
2 mars 2026
Le gouvernement espagnol a déclaré lundi que les États-Unis n’ont pas utilisé et n’utiliseront jamais les bases militaires espagnoles pour mener des attaques contre l’Iran, insistant sur le fait que Madrid conserve le contrôle total de ses installations souveraines, rapporte l’agence Anadolu.
Selon le quotidien espagnol El Diario, le ministre des Affaires étrangères José Manuel Albares a déclaré lors d’une interview télévisée que les bases de Rota et de Moron de la Frontera « ne sont pas utilisées » pour des opérations liées au conflit du Moyen-Orient et que l’Espagne n’autorisera aucun déploiement de ce type.
« Les fondements de la souveraineté espagnole ne seront pas utilisés à des fins qui ne soient pas prévues par l’accord avec les États-Unis ou qui ne soient pas conformes à la Charte des Nations Unies », a-t-il déclaré.
Albares a réaffirmé que, bien que les bases soient à usage conjoint, l’Espagne conserve l’autorité finale, selon le rapport. Il a également nié que les États-Unis aient informé Madrid à l’avance de leurs actions, qualifiant les frappes récentes d’« action unilatérale en dehors de toute action collective ».
Plus tôt dans la journée, le Premier ministre Pedro Sanchez a rejeté ce qu’il a qualifié d’« action unilatérale » des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, avertissant qu’elle contribue à « un ordre international plus incertain et hostile ».
Albares a déclaré que cette escalade entraîne des « conséquences imprévisibles », notamment des perturbations dans le détroit d’Ormuz et une hausse des prix du pétrole, et a appelé à la désescalade et à la diplomatie.
L’Espagne a également condamné les attaques de représailles menées par l’Iran contre les pays du Golfe.
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Bosteph
Seul regret, l’ Espagne tenvoit tout le monde dos à dos . Dans les circonstances actuelles, c’ est impossible.
Ceci dit, quelle différence entre l’ Espagne et la France macronisée, faut le reconnaître.
Xuan
Selon Topwar:
Trump a annoncé la fin des relations commerciales avec l’Espagne en raison de sa position sur l’Iran.
https://topwar.ru/278800-iz-za-pozicii-po-iranu-tramp-zajavil-o-prekraschenii-torgovli-s-ispaniej.html
Le président américain s’en est pris violemment à l’Espagne et à son Premier ministre, Pedro Sánchez. La colère de Trump était due à l’interdiction faite par l’Espagne aux États-Unis d’utiliser son territoire et son espace aérien pour des avions participant à des attaques contre l’Iran.
Commentant cette décision, Pedro Sánchez a déclaré à plusieurs reprises que les États-Unis et Israël violaient le droit international en envahissant l’Iran. Selon le Premier ministre espagnol, « l’Espagne n’a aucune intention d’y participer ». Sánchez avait auparavant refusé d’augmenter les dépenses militaires « au sein de l’OTAN » à 5 %, comme l’avait exigé Donald Trump.
Commentant les démarches de Madrid, le président américain a qualifié l’Espagne de « pays terrible ».
« Nous rompons toutes nos relations commerciales avec ce pays terrible, l’Espagne. »
Selon Trump, l’Espagne tourne le dos à son « principal allié, et c’est tout simplement inacceptable ».
Trump s’en est également pris une nouvelle fois à Keir Starmer. Le président américain semble incapable d’oublier la situation de Diego Garcia. Lors d’une rencontre avec le chancelier allemand Friedrich Merz, Trump a déclaré :
La Grande-Bretagne se montre incroyablement inflexible concernant cette île qu’elle loue pour un siècle. Elle évoque des revendications territoriales des peuples autochtones, mais ces derniers n’y ont jamais mis les pieds. De quoi parlent-ils donc ? Ils sont tout simplement en train de ruiner nos relations. C’est une honte.
Pour rappel, les États-Unis ont sollicité l’autorisation de Londres pour utiliser conjointement cette base. Le gouvernement Starmer a d’abord refusé, avant de faire des concessions à Trump. Cependant, ce dernier n’était pas satisfait de cette approche et continue de marteler le refus initial de la Grande-Bretagne.
Xuan
Les contradictions au sein du PCF et le numéro d’équilibriste maintenus par la ligne de l’ingérence humanitaire, l’atlantisme, l’idéologie petite-bourgeoise, sont bousculés par l’agression US/sioniste et la fuite en avant de Trump.
L’atlantisme de la France est mis en relief par les divisions au sein de L’UE, les manifestations anti guerre aux USA, l’opposition de l’Espagne, etc.
À noter l’article de l’Humatinale du 4 mars.
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L’Humatinale du 04/03/2026
La France fut une voix originale dans le concert des nations, capable de porter un discours distinct de celui de ses alliés. Cette position, héritière d’une certaine idée de l’indépendance nationale, s’est progressivement délitée. Sarkozy, Hollande et maintenant Macron, avec une constance inquiétante, ont fait entrer la France dans le rang. Plus qu’un alignement, c’est une reddition : celle d’un pays qui renonce à peser sur le destin du monde pour mieux se soumettre à la loi du plus fort.
Un cap semble pourtant avoir été franchi à l’occasion de l’attaque conjointe menée par Donald Trump et Benyamin Netanyahou contre l’Iran. Face à une agression contre un État souverain, en dehors de tout cadre légal ou multilatéral, le représentant permanent de la France aux Nations unies a donné le ton en inversant les responsabilités en attribuant à l’Iran l’entière responsabilité de la guerre.
Quant au président de la République, il s’est contenté d’une réserve prudente, estimant que les « frappes » ne résoudraient pas les problèmes, et devaient s’arrêter au plus vite, tout en précisant que la France allait déployer les moyens nécessaires à la protection de ses alliés et en envoyant le Charles de Gaulle en Méditerranée. Autrement dit, à s’engager dans le conflit.
Mais la véritable réponse politique du chef de l’État est venue lors de son discours depuis l’île Longue, en Bretagne. Il y a annoncé une nouvelle posture stratégique nucléaire – « la dissuasion avancée » –, l’augmentation du nombre de têtes nucléaires dans l’arsenal français, et la fin de la transparence sur cet arsenal.
Un tournant. Pour Macron, la guerre n’est plus une éventualité, mais la seule perspective crédible, l’unique boussole d’un monde livré aux appétits impérialistes. Exit la paix, reléguée au rang d’utopie naïve, voire d’irresponsabilité. Place à la loi du plus fort, à la peur comme instrument de pouvoir, à la course aux armements comme substitut de politique étrangère. Pourtant, ce n’est pas cette voie que la France devrait emprunter.
Elle pourrait incarner une autre ambition : celle du droit contre la force, du multilatéralisme contre les logiques de blocs, de la désescalade contre l’emballement guerrier. La France a encore une voix, mais a-t-elle encore quelque chose à dire ?
Stéphane Sahuc
Rédacteur en chef à l’Humanité