Le mur des illusions que l’hegemon a construit autour de sa suprématie est en train de s’écrouler et de plus en plus nombreux sont ceux qui mesurent que le monde unipolaire est mort, mais est-il à l’ordre du jour de l’achever? Notre hypothèse est différente à savoir qu’ il s’agit d’une guerre prolongée dans lesquelles s’inscrit événement après événement un nouveau rapport des forces mondiales en tentant d’échapper à l’apocalypse avec lequel joue le monde unipolaire. La Chine,même associée à la Russie qui construit son propre espace politique, ne veut pas se mettre à la place des USA , elle ne veut pas non plus d’un affrontement du type de celui de l’URSS tout en ne se faisant aucune illusion sur l’occident et sur les USA. La Chine table sur un mode de développement pour elle et pour le sud global, pour en finir avec les traces du colonialisme, du néocolonialisme, sans se substituer aux nations. Cette stratégie qui se dessine en réponse aux problèmes à solutionner provoque un jeu de dynamiques régionales. L’originalité est de voir dans quelle mesure ces dynamiques peuvent plus ou moins échapper à l’intervention US où en tentant d’en limiter le poids. Ce n’est pas un hasard si nous consacrons un dossier à la manière dont Cuba joue dans la même configuration alors que son cas paraît le plus périlleux. Ce n’est pas un hasard non plus si nous nous interrogeons sur ce qu’il reste de Badung dans le monde multipolaire.
la Chine dans ce sommet avec Trump n’a pas cherché des ‘avancées majeures, mais a chercher à stabiliser la situation d’une manière « constructive » c’est-à-dire en réalisant à travers des des progrès certains pour son propre peuple en matière de commerce, de défense et même en ce qui concerne Taïwan sans remettre en cause ses lignes rouges. Cette vision autocentrée comprend également le développement du monde multipolaire. Le pivot reste l’l’Asie qui observe – non sans tension- qui a été jusqu’ici le foyer de la dynamique mondiale sur le plan économiqe et que l’aventurisme de l’occident met en péril. Qu’il s’agisse de pays comme l’Indonésie, mais même le Japon, l’Inde. Il n’est pas question de provoquer une crise mondiale et de ce point de vue il ne faut pas négliger de comprendre ce qui s’est passé aux BRICS entre ministres des Affaires étrangères.
Ce choix de « stabilisation constructive supposait que soit posé d’une manière subtile la manifestation de la puissance y compris sur le plan de la relation personnelle entre les deux leaders ne ^jamais provoquer mais imposer une remise à niveau vers la reconnaissance de l’égalité et de l’intérêt d’agir ensemble pour empêcher la guerre économique autant que militaire.
Xi a montré à Trump le complexe fermé de Zhongnanhai, où se trouve l’ancien jardin impérial et où les dirigeants étrangers sont rarement autorisés. Mais ils ont fait une exception pour Trump. « Laissez-moi vous dire que tous les arbres de ce côté ont plus de 200-300 ans », a déclaré Xi par l’intermédiaire du traducteur, en pointant vers les hautes tiges. « Et il y a des arbres qui ont plus de 400 ans. » Trump a demandé : « Est-ce qu’ils vont vivre aussi longtemps ? » Xi lui a jeté un regard pensif et a ajouté : « Ailleurs dans notre jardin, il y a même des arbres vieux de mille ans »
Xi a ensuite suggéré à Trump de toucher un arbre vieux de 280 ans.
Les États-Unis vont avoir 250 ans cette année. On peut s’interroger sur la capacité que peut avoir Trump a comprendre la sagesse orientale que les Chinois essayaient de lui transmettre…. Ce qui est sur c’est que Trump était transformé, attentif, il n’a pas multiplié comme à son ordinaire les propos intempestifs pour faire le buzz
même subtilité à propos de Taiwan: Xi Jinping a dit l’importance de Taiwan dès l’ouverture du sommet. la « question » taïwanaise restait « le sujet le plus important des relations sino-américaines » et que toute mauvaise gestion de cette question pourrait mener à des « affrontements, voire à des conflits ». Les observateurs ont noté à cette occasion – et c’est pratiquement une première- le poids du parti communiste chinois avec ses 100 millions de membres qui restent très fermes sur cette question sur laquelle il n’est pas question de transiger. On parle beaucoup d’invasion en notant les périodes où le détroit de Taïwan est accessible et non la proie de tempêtes, mais la Chine parait plus dans une stratégie où elle sait que le fruit va tomber parce les conditions s’en crée inexorablement. La Chine sait également que la stratégie américaine a deux faces, l’une qui conserve avec Taiwan un système d’encerclement de la Chine qui est parallèle à celui de l’île de Guam mais il y a aussi un message clair à Taiwan dans la dite stratégie de sécurité publiée en 2025 : les États-Unis s’opposaient à une déclaration d’indépendance de Taïwan.
Selon l’AFP et Reuters le message concernant Taiwan a été bien compris et le président américain Donald Trump a mis en garde Taïwan contre toute déclaration d’indépendance, après sa rencontre avec son homologue chinois, Xi Jinping, et a annoncé qu’il prendrait prochainement une décision quant à l’envoi ou non d’une cargaison d’armes à l’île. « Je ne veux pas que quelqu’un déclare son indépendance et que, vous savez, nous soyons censés parcourir 15 000 kilomètres pour aller faire la guerre », a déclaré Trump, selon un extrait d’une interview diffusée par Fox News . « Nous ne voulons pas que quiconque pense : déclarons notre indépendance parce que les États-Unis nous soutiennent », a-t-il insisté. Lors d’une conférence de presse à bord d’ Air Force One à son retour aux États-Unis, le magnat a souligné que son homologue chinois lui avait indiqué son opposition à l’indépendance de Taïwan. « Je l’ai écouté. Je n’ai fait aucun commentaire. Je n’ai pris aucun engagement non plus », a déclaré Trump. Il a affirmé qu’il prendrait prochainement une décision concernant une vente d’armes en cours à Taïwan, après s’être entretenu avec « la personne actuellement à la tête » de l’île. On ignore s’il faisait référence au président taïwanais Lai Ching-te.
Il y avait un autre dossier sécuritaire militaire sur lequel Trump a prétendu avoir triomphé alors qu’en réalité il n’y a pas eu de bougé: Trump a également indiqué avoir évoqué la possibilité d’un accord nucléaire trilatéral entre les États-Unis, la Russie et la Chine, dans lequel chaque pays s’engagerait à limiter le nombre d’ogives nucléaires de son arsenal. Par le passé, Pékin avait manifesté des réticences à conclure un tel accord.
En fait Washington cherche à établir un dialogue sur les questions militaires, comparable à ce qui existait entre l’URSS et les USA, mais la Chine n’est pas disposé à aller jusque là tout au plus laisser entrevoir quelque chose de cet ordre là et c’est probablement la raison de la présence du secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, à Pékin. Il est en effet très inhabituel qu’un secrétaire à la Défense participe à un sommet de cette envergure.
Il y a eu les mêmes résultats modérés sur le plan commercial. La Chine n’a pas cherché à retrouver ce qui a été perdu depuis 2018 et elle n’a pas cédé aux exigences de Trump : Depuis son premier mandat, Trump a clairement indiqué que la mainmise de la Chine sur les chaînes d’approvisionnement et le déséquilibre commercial constituent, à ses yeux, une question de sécurité nationale. Washington dénonce ce qui est fondamental dans l’ouverture aux investissements étranger pour la Chine, à savoir que les entreprises doivent rendre transparents leurs plans, secrets commerciaux, listes de clients, stratégies marketing et autres documents confidentiels pour pouvoir exercer leur activité pour être sur qu’il n’y a rien dans ces investissements de nuisible à ce que la planification chinoise a défini dans ses orientations..
Donc il a été insisté à défaut d’obtenir des modifications structurelles des ventes de boeuf américain, de soja et 200 boeing. Par ailleurs plusieurs entreprises chinoises ont accepté d’acheter des microprocesseurs NVIDIA, c’est le résultat d’un compromis parce que en laissant intervenir NVIDIA, Trump tente d’empêcher que Huwai ait la totalité du marché chinois, et tout à l’avenant.
La grande nouveauté est l’entente sur la création d’Un Conseil du commerce et un Conseil des investissements qui ont pour finalité d’ouvrir la voie à un développement accru des échanges commerciaux dans les mois à venir, domaine dans lequel la délégation américaine se sentait nettement plus à l’aise que sur les supposées avancées dans le domaine militaire et les innovations en matière de doctrine de Securité.


L’intérêt de ce sommet dans le contexte de tension et les multiples foyers de guerre militaire, économique que les USA ont ouvert partout c’est selon nous c’est qu’il est caractéristique des temps dans lesquels nous sommes avec le caractère irréversible de la multipolarité alors que l’hégémon quoiqu’il lui en coûte et surtout à ses alliés vassaux tente une régression vers sa puissance et perd à chaque fois une position, le zugzwang. Il faudra prendre l’habitude de ces négociations dans lesquelles tout semble relativement figé mais dans lesquelles s’inscrit un nouveau rapport des forces mondiales. Il y aura partout ce poids de la Chine flanqué de la Russie mais aussi à l’ombre de ce géant qui ne veut pas se mettre à la place des USA , un jeu de dynamiques régionales qui se recomposent loin de l’intervention US où en tentant d’en limiter le poids. Et l’observation des dynamiques régionales sera à scruter de près.
C’est vrai pour l’Asie centrale, pour le Golfe, pour toute l’Asie mais aussi en Afrique et en Amérique latine, on peut même considérer que les BRICS ont déjà entamé cette nouvelle configuration.
Cuba a sa manière également. C’est pour cela que nous revenons sur ce qu’il reste de Badung aujourd’hui dans un dossier.
Danielle Bleitrrach
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Xuan
Xi Jinping a déclaré à Trump, qui ne l’a pas contredit, que la Chine et les USA sont deux grandes puissances.
Façon de dire que l’hégémonie des USA a pris fin.
C’est aussi le sens de MAGA, les USA ne sont plus great au sens hégémonique.
Mais l’hégémonisme comme volonté de puissance impérialiste existe encore.
L’unité dans une coexistence pacifique n’exclut pas l’opposition, qui vit du début à la fin du processus, c’est-à-dire jusqu’à la fin de l’impérialisme.
D’ici-là la Chine accumule les étapes de sa domination dans les domaines économique, technologique, scientifique.
Mais surtout dans sa propre unité, dans l’unité de son peuple et de sa nation, et cette unité est liée au développement de la consommation intérieure et au bien-être du peuple.
Elle met maintenant l’accent sur la recherche fondamentale, la réglementation et l’encadrement juridique de l’IA, c’est-à-dire passer de la recherche pratique à sa théorie.
Puis elle lance « la construction d’une philosophie et de sciences sociales aux caractéristiques chinoises », une philosophie des Lumières socialistes à la chinoise pourrait-on dire.
A la chinoise mais en opposition à l’universalisme bourgeois.
La proposition faite à Trump d’une période pacifique de trois ans pourrait être le délai que le PCC se donne pour assurer une supériorité, comme un pacte germano-sovietique ?
Mais une supériorité interdisant tout conflit cette fois.