Histoire et société3

Tant qu'il n'y a pas d'œuvre commune, il y aura toujours de l'intolérance

article header cover image

Histoire et société > Si on vous le dit

Léon XIV : « Ne bâtissons pas une nouvelle Babel. L’avenir naît du dialogue, de la justice et de la paix. » (Sante Cavalleri)

C'est avec les BRICS mais aussi avec ceux qui ont conscience du profond bouleversement auquel nous sommes confrontés que j'ai le désir de dialoguer parce que je n'ai plus de temps à perdre. Ce qui relève du politicien en France n'a pas besoin de moi et de ce que je sais qui est parfois fort encombrant. Mais en revanche il y a ce qui me passionne et qui de temps en temps peut créer des lueurs qui avec le poids des actions et des difficultés peut aider à une prise de conscience .

Publié par Danielle Bleitrach

le

Source : www.farodiroma.it

Face aux transformations technologiques, environnementales et économiques majeures, l’humanité est confrontée à un choix crucial : construire une nouvelle Tour de Babel ou bâtir une société fondée sur la fraternité, la dignité humaine et la responsabilité partagée. Tel est le message que le pape Léon XIV a adressé aux participants de la rencontre « Fratelli Tutti : Dialogue socio-environnemental Nord-Sud », organisée par la Commission pontificale pour l’Amérique latine, en collaboration avec le CELAM et la Conférence des évêques catholiques des États-Unis.

Accueillant au Vatican des évêques, des syndicalistes, des chefs d'entreprise, des représentants d'universités et d'institutions internationales, le pape a esquissé un véritable programme éthique pour l'avenir, dans lequel le dialogue, la justice sociale et la diplomatie de paix deviennent les outils indispensables pour faire face aux crises mondiales.

« L’Église dialogue avec le monde car telle est sa mission. »

Léon XIV a rappelé que le dialogue n'est pas un choix tactique, mais qu'il est inhérent à la nature même de l'Église. Évoquant la voie ouverte par le concile Vatican II, il a expliqué que la proclamation de l'Évangile se réalise par la rencontre avec la réalité concrète des personnes.

« L’Église est appelée à un dialogue courageux et confiant avec le monde contemporain dans toute sa diversité et ses réalités. Elle a reçu de Jésus-Christ la mission d’apporter la lumière de l’Évangile aux circonstances concrètes dans lesquelles vivent les hommes et les femmes de notre temps », a déclaré le pape Léon XIII.

Pour le Pape, ce regard pastoral doit se porter avant tout sur les plus vulnérables, ceux qui sont les plus durement touchés par les mutations sociales, économiques et technologiques. Le souci des pauvres, a-t-il réaffirmé, demeure le critère fondamental pour évaluer tout progrès humain authentique.

« La question décisive est de savoir quel type d’humanité nous voulons construire. »

Le cœur du discours repose sur une puissante image biblique tirée de son encyclique Magnifica Humanitas. Selon Léon XIV, le véritable carrefour de l'histoire contemporaine ne concerne pas les outils technologiques, mais le modèle de société qu'ils contribueront à engendrer.

« Nous sommes confrontés à la possibilité d’ériger une nouvelle Tour de Babel ou de bâtir une cité où Dieu et l’humanité cohabitent. La question cruciale n’est donc pas simplement d’accepter ou de rejeter certaines technologies, mais de savoir quel type d’humanité nous voulons construire et quelle place chaque personne y occupera », a poursuivi le pape, soulignant que la dignité humaine est le critère de toute innovation.

Une telle responsabilité, constata-t-il, dépasse les capacités de toute institution isolée. C’est pourquoi il appela à une réhabilitation vigoureuse du principe de subsidiarité, renforçant la contribution des institutions publiques, des entreprises, des travailleurs, des universités et des collectivités locales dans un cadre de responsabilité partagée.

Contre la polarisation : « Les différences ne doivent pas être des instruments de pouvoir. »

Un passage central du discours était consacré à la crise du débat public et à la polarisation croissante qui affectent les sociétés contemporaines. Léon XIV proposait l'expérience synodale de l'Église comme une méthode capable de transformer le conflit en une occasion de discernement.

« Écouter véritablement les différences ne signifie pas les diluer, mais apprendre à discerner ce qui peut servir le bien de tous. Nous vivons à une époque où les discours polarisés sont immédiatement amplifiés et où la confrontation risque facilement de se transformer en instrument de pouvoir », a déclaré le pape Léon XIII, nous exhortant à ne pas céder à la logique d'une opposition permanente.

Un dialogue authentique, a-t-il ajouté, exige bien plus qu'une simple cordialité. « Un véritable dialogue nous impose de rester assis à la même table même lorsque des intérêts divergents surgissent et que les décisions nécessitent des sacrifices concrets », a-t-il souligné, rappelant que la fraternité repose sur le fait que nous sommes tous enfants d'un même Père.

La doctrine sociale : « Non pas un manuel, mais un discernement partagé »

S’adressant aux représentants du monde économique et syndical, Léon XIV a défini la doctrine sociale de l’Église comme un instrument vivant, capable de guider les choix sans se substituer à la responsabilité personnelle et politique.

« La doctrine sociale de l’Église n’est pas un manuel de principes et de normes à appliquer mécaniquement, mais une démarche de discernement partagé. Ses principes ne remplacent pas les décisions que vous êtes appelés à prendre : ils offrent des critères pour juger si elles respectent véritablement la dignité de la personne et servent le bien commun », a expliqué le Saint-Père.

D’où l’appel à la justice sociale comme critère décisif de l’action publique. « Un ordre social, économique et politique ne peut être considéré comme véritablement humain que lorsqu’il permet à chacun, et en particulier aux plus vulnérables, de vivre une vie digne, sans laisser personne de côté », a-t-il déclaré, réaffirmant que la valeur des décisions se mesure à leur capacité à protéger ceux qui ont moins de pouvoir et moins de moyens de se défendre.

« Entrer sur les chantiers de l’histoire » : un appel à la diplomatie de paix

Dans la conclusion de son discours, Léon XIV proposa la figure biblique du prophète Néhémie comme modèle pour reconstruire un monde meurtri par la guerre, l'inégalité et la division. De même que Néhémie rebâtit Jérusalem en mobilisant tout le peuple, chacun est aujourd'hui appelé à partager cette responsabilité commune.

« Entrez sur les chantiers de l’histoire : laboratoires de recherche, entreprises technologiques, écoles, médias, institutions et communautés locales, pour reconstruire ce qui s’est effondré et protéger ce qui est menacé aujourd’hui », a exhorté le pape Léon XIII, nous invitant à nous laisser interroger par les signes des temps et la contribution de la science et de la culture.

La dernière partie du discours était consacrée à la valeur de la diplomatie et de la négociation, présentées comme une alternative concrète à l'escalade des conflits.

« La négociation fait partie d’une forme de politique plus noble, capable de rechercher le bien commun au-dessus des intérêts particuliers. Je vous encourage à cultiver une saine culture de la négociation, capable d’ouvrir des voies précisément là où les divergences semblent bloquer toute possibilité de rencontre. Ainsi, vous contribuerez à la diplomatie de paix dont notre monde a un besoin urgent », a conclu le pape.

L’ultime espoir de Léon XIV se retrouve aussi dans le programme de son pontificat : faire en sorte que le progrès ne laisse pas derrière lui de nouvelles ruines, mais devienne une maison commune capable d’accueillir tout le monde, à commencer par les plus démunis.

Chevaliers sacrés

Commentaires