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Editorial : Le temps du déballage et de la révélation des contradictions par Danielle Bleitrach
C'est le temps du grand déballage rarement on vit la politique à un tel niveau obscène d'exhibitionnisme... Mais il y a là selon nous la volonté de continuer à masquer le fond sous des passions de diversion, et ce dans le même temps où se révèle tout ce qui a été longtemps masqué sous une sorte de décence voir d'apparente innocente naïveté.. Je me suis étonnée longtemps que personne ne paraisse entendre ce que je disais, toujours on me ramenait au consensus ambiant, au dogme... Et était refusé ce qui me paraissait le propre de la situation, le nouveau, l'inconnu, ce qui appelle expérimentation et approfondissement théorico-pratique : je sais que pour une bonne part désormais il y avait des gens qui entendaient parfaitement ce que je disais... La censure qui intervenait sur ce que je tentais de dire- et qui n'était pas de mon fait puisque je reprenais simplement ce que je croyais deviner de ce monde multipolaire- avait un sens. Maintenant ce qui apparait c'est l'impossibilité de continuer comme avant, et le fait que les divisions de la classe dominante sont arrivées à un tel niveau, qu'il y a des failles. Là on découvre à quel point tout ce monde là savait ce qu'il en était et comment a été entretenu tout le narratif qui était le plus susceptibles de couvrir leurs choix de pillage interne et externe. Cela donne aux élections présidentielles en Occident un arrière fond qui ne peut plus se contenter des empoignades et du cirque ordinaire. Il y a la pression des peuples, la jeunesse en particulier et l'état de division de la caste dominante: cette pression doublée de la stratégie qui se dessine dans "l'endiguement" de cette furie impérialiste, qui peu à peu éclaire les enjeux force le discours a tenter de traduire cet inconnu déjà là, tout en continuant à empêcher l'intervention populaire : lecture des événements du week end.
Publié par Danielle Bleitrach
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Article original pour le blog
Prenons le discours ordinaire celui qui se déverse dans les médias et sur les plateformes d'information:
Il suffit désormais d' écoute attentivement ce qui se dit actuellement sur LCI par exemple, tout ce qui a été occulté, voire dénoncé comme du "complotisme" est aujourd'hui assumé : le personnage de Darius Rochebin est par moment stupéfiant son anticommunisme est si ancré, si assumé qu'il ose révéler ce qui ne se dit pas à l'ordinaire. Voici deux FAITS qui sont désormais révélés sur le ton badin entre gens qui osent enfin sortir les secrets de famille ...
Ainsi à propos de Trump il a dit deux choses :
la première est que si Trump voulait vraiment arrêter la guerre en Ukraine, il lui suffirait de ne plus donner d'armes à longue portée, ne plus les vendre aux Européens, ou Elon Musk qui a lui aussi exigé le départ de Zelenski retirait Starlink dont il financer gratuitement les terminaux Starlink utilisés par l'armée ukrainienne, il a déjà menacé de le faire payer aux Européens avant de faire marche arrière. Il a aussi admis avoir refusé d'activer le réseau près de la Crimée en 2022 pour ne pas impliquer SpaceX dans une attaque de drones contre la flotte russe; S'il retirait Starlinck et la guerre serait impossible comme elle serait impossible si les Etats-Unis ne vendaient pas à l'UE de quoi alimenter la guerre en Ukraine. Sur le plateau, ils ont tous été d'accord comme ils l'ont été sur le diagnostic qui a suivi "son seul problème est de virer Zelenski qui n'est pas assez docile..."
Il n'a pas dit en quoi Zelenski était incontrôlable ce n'est pas par patriotisme mais parce qu'il joue cavalier seul, à cause de son avidité ou de ses addictions peu importe... le fait est qu'il est allé une fois de plus jusqu'à s'immiscer dans les élections des Etats-Unis en jouant avec les démocrates qui sont encore plus bellicistes. Le président conserve son veto donc tout cela ne mène pas très loin, on peut difficilement croire que Rubio est une agnelet de paix et c'est lui le plus agité contre Zelenski. Donc tout ce marigot règle une seule chose le droit au président des Etats-Unis, à la CIA de régler les problèmes à leur convenance pas en faveur de la paix mais en ce qui concerne les individus qui leur obéissent.
Pourquoi Zelenski est-il indocile parce qu'il prétend comme Macron, comme Merz et les autres interférer dans les querelles entre partis des USA... Même Netanayoun n'ose pas c'est dire, ce sont des inconscients des têtes folles ce qu'a très bien perçu Poutine et la quasi totalité des dirigeants planétaires. Il n'obéit pas, comme les autres européens type Macron mais c'est le pire du lot...
Donc je suis tout à fait d'accord avec le diagnostic de Darius : Trump ne veut pas arrêter la guerre en Ukraine pas plus qu'ailleurs ou plutôt le système dont il est le syndic de faillite ne peut pas arrêter la guerre il doit simplement toujours plus en transférer la charge sur les peuples et sur les couches populaires, ce qui développe les contradictions internes et externes et rend l'exercice "démocratique" sous sa forme "libérale" instable partout et en particulier en occident chez qui c'est l'alpha et omega de la gouvernance. Notre élection présidentielle est prise dans ce tsunami. (nous y reviendrons).
Mais ce que Darius Rochepin et son plateau a ajouté à sa démonstration était encore plus étonnant:
cyniquement, dans un aveu jusqu'ici inusité il a noté que les Américains étaient comme ça, ils préféraient choisir les vainqueurs des élections de leurs vassaux. Ainsi ils savaient a-t-il dit qu'Eltsine avait triché, les communistes avaient gagné les élections mais ils n'en voulaient pas alors ils ont soutenu Eltsine. C'est la première fois que le système de propagande dont LCI est fleuron faisait un tel aveu et il prouvait que malgré les apparences ces gens là n'étaient pas ignorants, ils savaient et nous dupaient avec cynisme et un anticommunisme sans état d'âme.
Ils ont sciemment eux et notons le tout le système de propagande qui tient lieu de media en France interdit tout droit à la parole au Parti communiste russe, ils en ont fait des "rouge-bruns" et un simple parti annexe du système que les Etats-Unis avaient imposé à la Russie et qui avec Poutine s'était retourné contre eux. Etonnez-vous que le principal lieu de censure du KPRF ait été l'Humanité et que cela demeure la Grande Oeuvre du sieur Boulet qui en revanche bénéficie de tous les annexes tolérés par la CIA d'une pseudo contestation de troisième force.
Qui peut comme cela a été imposé depuis tant de temps encore prétendre défendre la cause des femmes à partir de l'Iran quand on tait aussi obstinément le financement des bases installées en Arabie Saoudite et aux Emirats? Quand actuellement tout appel à soutenir l'opposition en Iran prend des prétextes féministes pour tuer des enfants pour contribuer au génocide de Gaza? Comment peut-on dire que l'on est contre la guerre, voire comme Melenchon proclamer sa "neutralité" quand l'impérialisme a choisi avec une telle évidence la guerre génocidaire comme le disent calmement les Cubains ? C'est ignorer le fond de la situation à savoir que l'impérialisme dans toutes ses factions veut la guerre et s'organise en internationale fasciste pour soumettre y compris ses alliés à sa volonté.
Qu'en est-il d'une troisième force ? par rapport à quoi se justifie-t-elle ?
Première conclusion : ils savent mais tous leurs complices y compris ceux qui officient depuis des années à la tête du PCF, de l'humanité, de la "gauche" savent également. Ce qui nous permet de mesurer ce qui se joue dans l'élection présidentielle. Veulent-ils réellement la souveraineté française face à cet impérialisme ou sont-ils en attente du bellicisme des démocrates ce qui est déjà la stratégie de Macron, celle de l'UE . Ce serait donc un alignement sur Ursula qui actuellement reçoit démonstration sur démonstration de l'impuissance de ses actions en matière de guerre et le retournement de celles-ci contre les peuples, la violence boomerang. Qui pourra encore nous maintenir dans cette illusion de neutralité "moraliste"?
La Troisieme force en France a un premier visage, celui de GLUSKMANN, l'aventurier atlantiste au passé d'agent trouble, candidat de l'UE, et des médias, qui appellera à voter au deuxième tour 2027 pour le candidat de la droite et qui vient de mettre fin à 40 ans de social démocratie libérale à la française.
Mais ce qui est plus malaisé à voir c'est le cas de Melenchon qui lui n'appellera pas à voter pour la droite mais dont espère "un tout plutôt que lui", il symbolise aussi la fin de la social démocratie libérale à la française ou plutôt la manière dont elle est allée jusqu'au bout de sa course telle que l'a impulsé Mitterrand pour faire jouer à Le pen, éclaireur et repoussoir, jusqu'à ce que se présente un "sauveur qui accorde un sursis au système.
Parallèlement, cette force n'a pu se construire que sur la destruction d'un accord intervenu aux lendemains de la deuxième guerre mondiale entre communistes et gaullistes, un statu quo qui sans rompre avec les USA s'équilibrait avec l'URSS, qui s'appuyait sur le compromis de l'Allemagne. le nazisme n'a pas été éradiqué mais un équilibre se créait qui a été détruit par Mitterrand mais également par Giscard et leurs successeurs .
L'illusion libérale vole en éclat mais on va encore tenter d'y enfermer ce qui reste de jeu démocratique, essentiellement électoral.
Avec là encore une étonnante publicité de LCI à Melenchon leur opposant favori avec bien sur Le pen, mais qui peut préparer le retour en force d'une élection qui serait la branche française des démocrates aux Etats-Unis. un jeu dérisoire mais qui est celui des nains européens. C'est pour cela qu'effectivement le vote intervenu en faveur de Glucksman ne peut que précipiter les contradictions au sein de la gauche, y compris du PCF avec le bastion que représente le sieur Boulet, ses proxis à l'Humanité, à la CGT c'est-à-dire les sociaux démocrates et trotskistes installés au sein de l'appareil. C'est tout ce qu'on aurait jadis appelé les appareils idéologiques d'Etat qui s'est mis en mouvement dans une impuissante dépendance à l'hégémon luttant contre sa propre faillite.
C'est la version française de ce que l'on retrouve sous des formes diverses dans toute l'Europe mais aussi en Amérique latine et au Moyen Orient. Nous avons en effet un processus général avec son autonomie dans les formes, ce que décrit très bien la Cjhine
Notons que ces appareils idéologiques masquent de moins en moins les contradictions structurelles, celles des multiples défis économiques, financiers, environnementaux et qui obligent les appareils répressifs à intervenir, en guerre et en actions déterminées contre les travailleurs, la jeunesse qui sont sur ces contradictions. Chacun aura noté la montée de la répression et du déchainement policier que ne justifie en rien les mouvements dans leur évolution réelle et en particulier celui des lycéens. La censure est de plus en plus imposée et elle est celle d'un temps de guerre alors que celle-ci n'a jamais été déclarée. Elle impose aux "candidats" sur les questions internationales une autocensure pour pouvoir accéder à l'univers médiatique.
Tout cela pour nous conduire au cauchemar d'une guerre inexorable que personne n'a les moyens de gagner... un suicide programmé que le deal entre Poutine et Trump caricature...
Si l'on considère dans ce contexte la situation française et l'élection présidentielle avec ses propre codes, son "champ" autonome, la logique à l'oeuvre devrait entraîner de nouvelles divisions - y compris en ce qui concerne Melenchon qui a toujours fait partie de ce camp là et demeure sur le fond le poulain de Mitterrand, celui qui a fait carrière au sénat et n'a jamais représenté le moinde danger séditieux, c'est simplement une posture clientéliste. L'élection de Glucksmann pourrait même précipiter l'éviction de ce dernier au profit de celui qui va porter le conflit à un niveau de paroxysme, le maire de Saint Denis. Nous sommes dans la parodie et il faut noter que le plus "révolutionnaire" reste Fabien Roussel ne serait-ce que parce que c'est le seul qui a construit sa tactique sur un "hors-champ" de cette élection, à partir d'une reconquête de la classe ouvrière. Bien de ses propositions témoignent d'ailleurs de ce fait d'une vision plus prospective, moins contrainte par les appareils, rassemblant nécessairement plus large mais c'est une esquisse qui attend sa mise en oeuvre.
C'est dans ce contexte de limitation consensuelle à la domination impérialiste et à ses divisions, son impuissance, son choix du bellicisme que se jouent toutes les élections du monde occidental, celui de la division qui ne cesse de s'accentuer des différents partis qui jusqu'ici ont représenté la classe dominante et qui témoignent tous selon le diagnostic de Lénine de l'impossibilité pour cette classe à gouverner.
mais va surgir un intérêt commun celui d'un affrontement avec les USA. Jusqu'où ira-t-il ? c'est un peu le défi que lance le "deal" de Poutine... Sans la moindre illusion... Le sens des mouvements de la jeunesse qui dépassent dans toute l'Europe les limites "politiciennes" pour porter sur les enjeux civilisationnels avec ce que dit Todd et il a parfaitement raison: le fait que partout il y a une chute démographique telle que la population ne se renouvelle pas, et on ne fait pas la guerre dans une situation démographique de ce type.
La conclusion devrait être évidente pour des individus rationnels : si ces élections ont une quelconque importance pour ceux qui cherchent réellement une issue en conformité avec la réalité il devrait y avoir un maximum de gens qui ne se reconnaissent ni dans Glucksman (le choix de l'atlantisme sous sa forme proxi Zelenski Netanyahou, Macron) ni dans Mélenchon (troisième force neutre), ni dans l'extrême-droite (qui va terminer en Meloni) ni dans la droite qui a perdu ses références gaulliennes et dérive derrière l'extrême-droite parce qu'aucun de ces choix ne mène à la rupture avec les USA erratiques et mortifères, il faut en effet considérer cette évidence : le réarmement est une guerre de classe menée par le sommet contre la base. Nous avons simultanément au réarmement, à la crise et aux coupes budgétaires dans les dépenses sociales. S'agit-il encore d'une simple crise de répartition ou d'un changement fondamental ? Tant que l'on ne voit pas ce FAIT on ne peut pas comprendre qu'il y a un lien incontournable entre la protestation sociale et la guerre.
Le risque est que Fabien Roussel et le PCF qui ne verra que trop l'espace qui s'ouvre du côté de la social démocratie avec la candidature de Glucksman suivent les "conseillers" qui l'incitent à ce social démocratiser alors même qu'il y a chez Segolène Royal et chez Emmanuel Maurel, au moins une avancée encore plus forte à la base et en reste aux jeux de sommet alors que s'effondre visiblement la social démocratie non par erreurs des appareils mais parce qu'il n'y a pas d'issue là, parce que le monde réel est sur d'autres enjeux et le rassemblement à opérer plus large.
Les espaces qui se dégagent sur le terrain électoral risquent d'être des pièges par qu'ils ont ce retard sur la réalité comme l'erre d'un bateau qui moteur arrêté continue sa dérive ou se que Bourdieu appelait l'hysterisis de l'habitus et qui désigne le décalage temporel et structurel entre les dispositions mentales et corporelles d’un individu (son habitus) et un environnement social ou économique qui a changé, il ne s'agit pas seulement des individus mais de notre aptitude face à l'accélération d'une transformation d'une telle ampleur.
le grand déballage et les discours dogmatiques, "consensuels" poursuivent la confusion qui est aussi "protection" mais les lignes forces sont là, elles s'imposent à nous. C'est le choix d'Histoire et societe de tenter de les mettre en évidence en publiant les textes et interventions qui portent sur ces enjeux là. Histoire et societe a fait le pari d'une dynamique différente celle adoptée peut-être dans une totale inconscience par l'actuelle direction du PCF et Fabien Roussel , ce qui lui fait jouer non seulement l'élection mais le rôle du PCF sur la paix, le travail, la ré-industrialisation, sans attendre les échéances électorales, en refusant les vaines polémiques, une dynamique qui tranche mais qui demeure totalement empêtrée dans une vision internationale qui est très proche de celle dans laquelle l'affrontement qui n'en est pas un entre Melenchon-Glucksman-Le Pen paraît résumer un avenir sans perspective. Un choix à court terme qui prépare le candidat qui serait le plus vassalisé.
Danielle Bleitrach
