L’illustration publiée dans un journal mexicain dit que le plus délirant n’est pas qu’il s’attribue le titre de président du Venezuela mais qu’il soit président des Etats-Unis

Ce n’est pas pourtant le plus délirant, à mes yeux le plus délirant c’est la fascination qu’exerce cet être puéril et effrayant qui finit par apparaitre à certains comme le seul apte à régler les guerres qu’il provoque. Le plus délirant, ce qui m’est le plus insupportable c’est le fait que nous sommes devant l’incapacité planétaire de sortir de l’espace mental des Etats-Unis qui est celui de la guerre perpétuelle et il ne s’agit pas que de cet ubuesque personnage, il est au centre d’un mensonge dans lequel on nous invite à débattre de notre sort alors même que l’on censure tout ce qui va a contrario de l’assentiment.
C’est cette invraisemblable sujétion qui m’est de plus en plus insupportable par la puissance de la déchéance intellectuelle, morale, les conséquences matérielles de cette acceptation fait songer au petit essai d’Emmanuel Kant paru en 1795 : « Vers la paix perpétuelle ». Dans cet essai publié six mois après le traité de paix conclu entre la Prusse et la France, le philosophe allemand Emmanuel Kant, constatant que la guerre est un état de nature, souhaite instituer l’état de fait de la paix comme état de droit.
Emmanuel Kant explique la perpétuelle menace de guerre que constitue le maintien des armées permanentes car loin d’imposer la paix à ses voisins par la crainte de ses forces armées, celles-ci représentent une constante menace qui incite les États à faire le jeu de la surenchère en troupes et en armes et impose par conséquent de lourdes dépenses aux pays. Kant aborde également l’économie insistant sur les aspects pernicieux pour un État de contracter et entretenir la dette « comme une machine de réaction réciproque des puissances, un système de crédit… système ingénieux d’une dangereuse puissance financière, un trésor pour faire la guerre ». Ce qui se passe aujourd’hui coche toutes les cases de la guerre perpétuelle définie par Emmanuel Kant, plus celles d’un mode de production capitaliste qui établit de grands principes mais qui les a violés en distinguant le citoyen du travailleur et qui a poursuivi à l’échelle planétaire avec l’impérialisme, un état de guerre perpétuelle alors qu’il s’abrite derrière des prétextes moraux que ne renierait pas Kant mais en même temps crée les conditions du pillage impérialiste et l’inégalité de la force.
Ce que dit Trump est tout simplement la traduction de ce droit « naturel » du plus fort : si je suis président des Etats-Unis je suis président de n’importe quel Etat au monde qui devra subir ma loi. Devant une telle affirmation alors qu’elle tourne au bluff on ne peut pas démonter toutes les farces ubuesques d’une telle parodie, la seule solution est de lui opposer le concret du refus d’entrer dans le jeu auquel il nous invite, en sachant que céder coûte beaucoup plus cher que résister. Mais comment aboutir à une telle lucidité si l’acceptation est partout.
Danielle Bleitrach
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Falakia
Lumineux votre texte autant la pile de savoir et de connaissance que vous mettez à disposition su votre blog » Histoire et société » avec votre équipe Marianne et d’autres.
En effet Emmanuel Kant critique l’état de guerre permanent et appelle à sortir de cet état naturel violent .
Kant tout comme Karl Jaspers aspiraient à une organisation juridique mondiale juste en mettant en avant la raison et le droit comme moyen d’atteindre une coexistence pacifique , et ces idées ont contribué à la naissance de l’ONU , celle du droit International .
Sur les logiques de la guerre et de la géopolitique , Trump et l’union Européenne ne doivent rien à Machiavel
Pour Trump et l’union Européenne » le territoire est la finance et non l’État « .
Une note à méditer celle de Valéry 1871 / 1945 .
» La guerre , un massacre de gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas » .