Aujourd’hui, le Mali a tenu bon. Les vaillantes forces armées de ce pays, riche d’une histoire ancienne et glorieuse (car le Mali fut jadis un empire prospère), ont tenu bon aujourd’hui. Ce texte de celui qui est présenté comme le leader des « conservateurs » russes nous renseigne sur la manière dont le « traditionalisme russe » demeure anti-impérialiste et propose non pas le « suprématisme blanc » mais un monde dans lequel les civilisations ont chacune leur apport propre (1) , il est des civilisations simplement qui ont pu se développer avec une amplitude que d’autres n’ont pas pu atteindre tant elles ont subi la logique d’empire étranger et ont dû mettre toute leur énergie dans la survie. Cette vision n’est pas éloignée de celle de Ziouganov qui non seulement voit dans le monde russe et sa capacité à intégrer de multiples ethnies, nations une civilisation millénaire ayant connu son apogée par le collectif sous l’URSS. (note et traduction de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)
Alexandre Dougin
26 avril
(1) L’empire du Mali est constitué au XIIIe siècle par le roi mandingue Soundiata Keïta (1190 – 1255). C’est un État riche et puissant, notamment grâce au dynamisme du commerce transsaharien. Le Soudan constitue lui aussi un empire puissant à travers Tombouctou et son rôle non seulement caravanier mais de lieu de culture.
Aujourd’hui est un jour très important pour le Mali. Ce pays, sous la direction du président général Assimi Goïta, est le principal bastion du monde multipolaire en Afrique de l’Ouest — et sur l’ensemble du continent africain — aux côtés des autres membres de l’Alliance des États du Sahel : le Burkina Faso, sous la houlette de l’héroïque Ibrahim Traoré, et le Niger, sous celle du général Abdourahamane Tchiani.
Ces trois pays constituent un prototype de l’Union panafricaine, un pôle d’intégration continentale. Tous se sont affranchis de la domination coloniale de l’Occident unipolaire, de la dictature de la Françafrique, et se sont engagés sur la voie de la construction d’une Grande Afrique.
Naturellement, ils trouvèrent immédiatement des alliés parmi les principales puissances multipolaires, au premier rang desquels la Russie, mais aussi la Chine. Le Corps africain russe, en particulier, apporta un soutien considérable à ces pays dans leur lutte pour l’indépendance. C’est ainsi que naît la Mère Patrie : par la libération de la dépendance coloniale à la dictature politique, économique et militaire occidentale.
Mais l’ennemi ne dort jamais. Aujourd’hui au Mali, les forces soutenues par Macron — des combattants islamistes de Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (affilié à Al-Qaïda) et de l’État islamique dans le Grand Sahara (affilié à Daech) — ainsi que des séparatistes touaregs de l’« Azawad » autoproclamé — ont tenté de reproduire le scénario syrien qui a conduit en 2024 au renversement du régime pro-russe de Bachar el-Assad.
Avec la coordination des services spéciaux français et la participation active de représentants des forces armées ukrainiennes, ces formations terroristes ont tenté d’attaquer simultanément les forces gouvernementales maliennes depuis plusieurs directions, notamment la banlieue de Bamako, à Kati. Des attaques ont également eu lieu dans les villes de Kidal, Gao, Bourem et Sévaré.
Sévaré et Bourem sont des centres névralgiques situés au carrefour d’importantes voies de transport. Gao abrite le pont le plus important sur le fleuve Niger. Kidal est l’avant-poste des forces gouvernementales dans la zone nord-ouest peuplée de Touaregs.
L’objectif était de s’emparer du pouvoir dans le pays, d’écraser les troupes gouvernementales et, en même temps, de détruire le Corps africain russe qui assiste les forces armées maliennes, tout en semant le chaos et l’anarchie et en brisant l’unité du pays.
Pour l’instant, toutes les tentatives ont été repoussées, les terroristes ont été mis en déroute et ont subi de lourdes pertes. Mais la guerre est la guerre : il y a aussi des victimes dans nos rangs, y compris parmi les patriotes russes.
Avant, on demandait : « Que faisons-nous en Afghanistan ? Que faisons-nous en Syrie ? Que faisons-nous au Moyen-Orient ? » Aujourd’hui, on entend : « Que faisons-nous en Afrique ? »
Nous défendons la liberté, les principes et le monde multipolaire. Nous combattons partout – en Ukraine, en Afrique et au Moyen-Orient – le même ennemi. Partout où nous l’emportons, la vie devient meilleure et plus juste. Et là où, hélas, nous perdons, des extrémistes fanatiques, des pervers issus de la civilisation d’Epstein, des exploiteurs et des meurtriers prennent notre place. Ils ont déjà régné sur l’Afrique, et nous savons ce que cela a donné : génocide, esclavage, accaparement des ressources naturelles. Tout pour les colonisateurs – rien pour les populations locales, seulement la mort.
La Russie adhère à une éthique différente en politique internationale. Nous l’exigeons pour nous-mêmes et pour nos amis du monde entier.
Nos héros russes au Mali, et plus largement en Afrique, ainsi qu’en Asie et en Amérique latine – où qu’ils soient – sont l’avant-garde de la libération mondiale, les forces offensives et défensives du monde multipolaire. Partout, ils mènent le même combat sacré : l’opération Épée de Katechon. Et les soldats russes accomplissent leur devoir avec honneur.
Aujourd’hui, le Mali a tenu bon. Les vaillants militaires de ce pays, riche d’une histoire millénaire – car le Mali fut jadis un empire prospère – ont résisté avec bravoure. La victoire leur revient, ainsi qu’à nos Corps africains. Mais nous devons les honorer en toutes circonstances. Nous devons connaître nos héros et leur apporter tout le soutien possible : diplomatique, informationnel, moral et matériel. Ils se battent pour la Patrie, pour la Russie, pour le Katechon.
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