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Tant qu'il n'y a pas d'œuvre commune, il y aura toujours de l'intolérance

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Le débat d'hier soir sur LCI: confirmation de mon choix. de "soutien critique" par danielle Bleitrach

Pourquoi le débat de hier soir sur LCI me confirme dans mes choix politiques. Mes choix politiques sont simples, je me sens incapable de mener un combat nécessairement opportuniste mais je conçois que dans sa remontée le PCF et son secrétaire se croient obligés d'agir ainsi. Comme je l'ai dit lors de mes débats télévisuels et écrit dans le Zugzwang moi je peux aller très loin quitte à être interdite à provoquer un clash dans une émission, mais ce n'est pas le cas pour Fabien Roussel qui a la responsabilité d'un parti. Un parti dans quel état et capable de quoi ? Là est la question. Le fait est que ce langage est le seul que je peux estimer susceptible d'entraîner mon vote en sa faveur. Explication.

Publié par Danielle Bleitrach

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Article original pour le blog

A titre individuel, je ne suis pas d'accord et ce parti là n'est pas le mien, je suis contente de ne plus en être adhérente et mon rôle se situe plus que jamais à l'extérieur, je vais y revenir, parce que l'essentiel demeure que dans le même temps, j'apprécie les avancées courageuses et le parti pris tel qu'il est apparu dans le débat de LCI. et cela me confirme dans mon soutien à cette candidature qui s'avère pour moi la seule issue pour la France.

Premièrement il est évident que le plateau sélectionné par LCI était composé uniquement de militants d'extrême droite, de gens apparemment les moins aptes à dialoguer. Quand Sandrine Rousseau est apparue et à dénoncé un harceleur en procès antiféministe et raciste elle a à sa manière justifié un premier parti pris que j'approuve de la part de Fabien Roussel, le débat à gauche avec les écologistes en particulier est apparu comme fondamentalement respectueux. Fabien Roussel a marqué les différences de programme mais a refusé les divisions de personnes et les insultes. Il a marqué un profond respect dans le combat politique, une écoute qui tranchait.

Il ne s'agit pas d'envoyer un coup de pied dans toutes les pierres du chemin et il a raison de pratiquer cet art du silence par moment. J'approuve même qu'il ait fait semblant d'ignorer que la dame qui se plaignait de la sécurité à Venissieux n'ai t pas remarqué qu'un LFI ait gagné à 25 voix sur des bases troubles cette ville de Venissieux y compris au bureau des Minguettes. Il a eu raison de ne pas vider ce genre de querelle et de rester sur le fond, les difficultés des maires. C'est exactement ce que j'appelle voir la priorité d'une ligne ...

Sandrine Rousseau et lui ont eu le courage de marquer à la fois la différence et le dialogue. Pas seulement sur l'Union à gauche mais sur l'agriculture, sur des questions de fond qui demeurent ouvertes. Il n'a même pas fait de l'union de la gauche le but de sa candidature il l'a assumé en tant que communiste dans sa définition de ce qu'est pour lui le communisme et qui correspond au quarantième congrès. Fabien Roussel a acquis une maturité, une gravité qui transparait dans son physique, fini le joyeux personnage, on découvre un profil dur, il a pris des coups, mais il sait pourquoi il est là, respect. Il n'empêche la démocratie avec les autres forces politiques, le débat serein ne se confond pas avec l'unité nécessaire au sein du Parti quand le congrès a tranché. Cette ambiguïté là devra être levée.

Deuxièmement je signale qu'il y a eu un autre moment clé et à partir de là on pouvait sentir c'était palpable une sorte d'accord sur le plateau du point de vue français. Et là Fabien Roussel et ses camarades devraient réfléchir et refuser d'être tiré en arrière. J'ai dit à quel point j'approuvais son exigence démocratique mais elle n'est pas assez pensée, elle reste marquée par l'eurocommunisme et les lacunes théoriques, historiques et surtout internationales. Ce moment clé dans le débat devrait l'aider à percevoir qu'il peut avancer au delà de ce qu'il croit utile de faire.

Mais dans ce choix, il me semble qu'il y a d'autres avancées possibles et Il a un entourage qui le tire en arrière mais c'est son choix : pourtant je considère que ces gens là ne comprennent pas ce peuple qui est prêt à voter pour l'extrême-droite . Ils ne voient pas à quel point ce peuple n'approuve pas les discours libéraux pour autant et qui, c'est la spécificité française, attend tout de l'Etat tout en repoussant "la bureaucratie". Ils n'ont rien à voir avec les personnages caricaturaux qui sont censés représenter le libéralisme d'extrême-droite, belliciste qui était celui de la "Cubaine" ou l'Ucrainienne aux lèvres torturées. Fabien Roussel détient cette clé, ce levier, mais il sous estime les points d'appui.

Il a perçu ce besoin de rassemblement sur des bases non idéologiques, celle qui poussait le boulanger de Nice à défiler avec la CGT et à souffrir de donner le SMIC à ses employés, tout en visiblement ayant lui aussi choisi l'extrême droite, mais ce choix là n'avait rien à voir avec l'obsédé qui débitait tous les poncifs fascistes et anticommunistes et que Sandrrine Rousseau a dénoncé comme un refouilé de première. Le public appréciait cette volonté de ne pas lier l'amitié et l'amour à l'idéologie et cela allait au-de là de la vie privée, c'était la garantie d'un rassemblement non partisan, celui d'un communiste. Mais car il y a un mais... cette sensibilité reste enfermée dans une vision trop étroite de ce que selon moi ressent notre peuple, il faut en tirer des conclusions que l'entourage médiocre de Fabien Roussel est incapable d'envisager, c'est dommage..

Parce qu'on le prenne sur le plan moral ou sur le plan politique nous sommes confrontés à la même réalité : un système qui nous gouverne et a perdu toute crédibilité et n'a plus aucun droit à défendre le monopole du "discours" et de ce qui est considéré comme licite dont il jouit, c'est ce que manifeste ce peuple français qui comme tous les présents sur le plateau voit dans Marine Le Pen une issue. Tant qu'il n'y aura personne pour avoir le courage de dénoncer cette politique de surarmement de peur d'affronter le consensus auquel personne ne croit, tout porte à penser que l'extrême-droite montera.. Nous ne sommes pas éloignés de la leçon de l'élection allemande. Est-ce un hasard si dans le débat piégé de LCI, le moment où tout s'est retourné en faveur de Fabien Roussel a été quand il a eu le courage d'affirmer sa position en faveur de la paix. Y compris de citer le pape et d'affirmer des choses courageuses qui tranchaient sur le galimatias que son entourage l'incite à adopter en osant dire à ce panel que parce qu'il défendait l'intérêt français il avait deux priorités : l'énergie et la paix, le refus du surarmement.

Quand il a eu le courage tranquille de noter accords et désaccords sur le fond.

Parce qu'à partir de ce moment-là avec l'affirmation de la nécessité de penser d'abord au peuple français, aux difficultés quotidiennes, il y a eu une véritable écoute, des femmes qui jusque là étaient fermées approuvaient.

Il y a quatre points sur lequel j'estime avoir été entendue et qui font que je voterai pour Fabien Roussel: 1) ne pas avoir de polémique déshonorantes, des luttes de personnes au sein de la gauche en particulier. 2) Etablir sa campagne sur un programme qui se conçoit pour la France et pas pour l'union de la gauche sans dénoncer celle-ci 3) ce programme ne sera crédible que si il a deux priorités incontournables la paix, le refus du surarmement et une politique de l'énergie planifiée. . 4) s'ouvrir aux croyants et en particulier au pape, aller au-delà du "politicien".

Donc je suis assez d'accord pour voter pour ce candidat qui est celui qui correspond le mieux ou le moins mal à ce que j'attends d'un président de la République française, c'est ce que j'ai défini comme mon choix d'électrice et même de soutien actif.

Maintenant est-il besoin de le souligner j'ai souffert mille mort de devoir distinguer le PCF de Cuba en laissant le moins du monde entendre la moindre réserve face à ce qui demeure à mes yeux le summum de la dignité humaine dans les pires conditions qui sont infligées. Cuba ne relève pas de la simple solidarité, c'est une grande question politique. Cette absence de critique de l'impérialisme, ce gadget qui reniait Marx et surtout ce refus y compris dans les choix économiques et écologiques de s'appuyer sur la réalité du monde multipolaire puait le secteur international, les bobos parisiens et jamais je ne pourrais adhérer à ce parti là. Jamais je n'accepterai la discipline de ce collectif là.

Maintenant, j'en parlais hier avec un ami, mon choix est désormais celui d'une intellectuelle qui pratique une tactique qui a été celle de Tolstoï, je pense que c'est le formalisme russe qui l'a inventé et elle a été utilisée par Brecht. On peut la qualifier d'esthétique : l'art pour cette école n'est pas une esthétique c'est un choix politique, c'est ce qui rompt l'habitude qui empêche de voir ce qui est différent. Comment rendre visible ce que l'habitude, le consensus ambiant rend invisible. Rompre avec les automatismes. C'est adopter un point de vue hors champ. Comme dans le cas de Tolstoï quand il fait parler un cheval pour dire ce qu'est le rapport tronqué de l'homme à la nature, la possession à la place de l'identification et qui rend l'animal selon Tolstoï supérieur à l'homme qui ne sait que "posséder". Ou ce qui dit Kojève accusant les libéraux de nihilisme parce qu'ils sont incapables d'aimer la vie à en mourir. Ce qui par parenthèse me fait tenir à Cuba qui porte haut dette conception de l'humanité. C'est une méditation sur le sens de votre vie.

Il y a dans le peuple, de France et la ruée vers le film De gaulle le prouve, une exigence de grandeur. On les a réduit à ce nihilisme du consensus libéral avec ses mensonges, et le pari que je fais c'est qu'un jour le parti communiste le retrouvera mais cela ne peut être par un choix intellectuel, qui est malgré tout le mien. Cette prise de conscience est le résultat de cette nécessité théorico pratique qui part des problèmes concrets pour assumer un projet historique. C'est le poids de la réalité et pas le choix de rendre à nouveau sensible ce que savait faire le parti de Maurice Thorez. Peut-être que cela ira plus vite qu'on ne le croit. Tout ce que je peux faire c'est y contribuer sans exagérer l'impact de la bataille d'idées seule.

La situation dont nous avons hérité avec la montée de l'extrême droite est le résultat selon moi de deux choses qui sont à l'œuvre dans ce qui vient de se passer dans l'ex-RDA. Pendant des décennies on a expliqué aux peuples européens que le communisme et le nazisme c'était quasiment pareil voir que le nazisme était préférable. Ce discours libéral est apparu de plus en plus mensonger mais après le maccarthysme érigé à l'échelle de l'occident il ne reste plus au peuple qu'à voter pour l'extrême droite surtout si celle-ci a le bon gout de refuser la guerre et de renouer avec la prospérité d'une relation renouée avec la Russie. Notez que tout le monde se fiche dans le fond de savoir les mœurs de la dite extreême-droite. Dans l'ex-RDA, la dirigeante est lesbienne, mariée avec une sri lankaise et on peut ajouter qu'elle a été cadre chez Goldman et Sachs Quant à sa famille elle est de même lignée que la chef des verts allemands qui les a fait renoncer au nucléaire, ou Ursula von der Leyen qui symbolise cette politique. Qu'est-ce que cela veut dire ? Que tout le monde s'en fout de tout ça , ce qui compte c'est la paix, de ne plus être traités comme des "colonisés" la nostalgie de l'ex-RDA est là. Le fait que les critères de la liberté individuelle soient de plus en plus contradictoires avec les libertés collectives plonge les peuples dans un malaise profond, malaise dans la civilisation . Ce qui compte en définitive pour les habitants de l'ex-RDA et de plus en plus pour toute l'UE c'est l'affirmation de la paix et même le choix de quitter la dite Union européenne.

Ne vous faites pas d'illusion ce que vous croyez un repoussoir pour le peuple ne l'est pas et si vous défendiez le socialisme et y compris ce que réalise la Chine, le facteur de paix vous avanceriez. Vous ne pouvez pas tout dire mais en tant que communiste il convient de ne dire que la vérité en tablant sur ce qu'est notre peuple.

C'est ce que je pratique avec un effet de distanciation mais que ne peut pas adopter un responsable de parti quand le parti qu'il a est ce qu'il est. C'est un choix intellectuel qui est celui qui correspond à ce que j'estime juste et que je continuerai à porter en dénonçant ceux qui tirent en arrière et ne voient même pas les possibilités du moment. Donc je poursuivrai avec Histoireetsociete cet engagement critique que me permet mon âge, mon expérience et mon positionnement théorico-pratique, celui de mes écrits et j'invite tous ceux qui ont cette vision des "possibles" de soutenir cette candidature et d'aider à la maturation de la réflexion collective. Parce que je table sur le courage de l'engagement, sur les capacités personnelles de sens de l'Etat, de la nation, sur lesquelles j'ai toujours tablé sans me dissimuler les difficultés de l'entreprise et sur l'avancée de la situation réelle pour que la reconquête aille plus loin et plus vite qu'on ne le croit. Ce que je vois et ce qui me paraît déjà là n'avancera que dans un rythme collectif aiguillonné par la dimension de classe... C'est un pari. qui sur le fond est encouragé par un tel débat qui je suis sur a changé de tous les pugilats sans objets ni enjeux réels auxquels on assiste..

Danielle Bleitrach

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