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Tant qu'il n'y a pas d'œuvre commune, il y aura toujours de l'intolérance

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Histoire et société > Éditorial

Editorial :"Le champ politique" et l'ultime négationnisme : Stalingrad" par danielle Bleitrach

J'ai peut-être eu un tort, je n'ai pas tenu compte de l'état réel de mes contemporains en France, du travail tel qu'il a été opéré sur leur mémoire, le consensus auquel ils ont été contraints d'adhérer(1) . Pourtant j'avais bien indiqué à la fois la période et ce qui s'était passé. J'avais même proposé un concept emprunté à Bourdieu : le champ politique en citant une date les années mille neuf cent quatre vingt et le choix par Mitterrand de la politique patronale. Le "libéralisme" qui a été imposé en Amérique latine par la torture et des Pinochet, le plan Condor, en France ce sera un gouvernement de gauche avec des ministres communistes qui opèrent ce tournant qui veut non la fin de l'Etat mais que celui-ci réserve son budget au ruissellement sur les monopoles financiarisés partant à l'assaut de la planète ce qu_i a fait de Total ce que l'entreprise est aujourd'hui la propriété réelle des fonds de pension des USA. Cette "mutation" a été accompagnée par le "music hall des âmes nobles", Yves Montand qui accomplit la prestation "Vive la crise", c'est Tapie et les "gagneurs"; Sur le plan politique c'est l'opération Le Pen, il fait 2% et il est gonflée pour diviser la droite, se débarrasser de Roccard et assurer à cette gauche là une survie électorale quelles que soient ses trahisons. C'est paillette et strass de Jack Lang prenant la place de ce qu'ont représenté les communistes, leur lutte pour la "démocratisation de la culture avec Aragon et tous les autres, : être "élitaire" pour tous . C'est alors la reconnaissance ininterrompue des crimes du communisme pour accepter de conserver quelques élus qui ne porteront même plus le nom de communistes... Mais revenons en au concept de champ politique que propose Bourdieu: il dit beaucoup de choses non seulement sur hier mais sur aujourd'hui., il indique le "sens " de tout cela...

Publié par Danielle Bleitrach

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Article original pour le blog

Bourdieu a toujours été un électeur communiste, comme bien d'autres qui conserveront cet ancrage tout en se désespérant de ce que parti est devenu, il hésitera à lui redemander un retour au stalinisme ou au contraire toujours plus de dénonciation. Je l'ai rencontré quelques mois avant sa mort, il m'avait invitée dans un restaurant de la Bastille et il s'est adressée à moi avec cette courtoisie qui le caractérisait et qui là aussi dit une "époque". le fond en était qu'il me sollicitait pour une action commune, en tant qu'intellectuelle pour laquelle il avait de l'estime et en tant que membre du PCF. Il continuait à espérer un réveil de la classe ouvrière par rapport à ce qu'il percevait en particulier chez les intellectuels. Il avait énormément apprécié mes travaux sur la classe ouvrière qu'il s'agisse de l'Usine et la vie ou de classe ouvrière et social démocratie. mais il avait encore plus apprécié mon rôle au sein du Comité national du CNRS. Mes combats pour défendre un certain type de sociologie que la droite mettait déjà en cause. C'était la place de l'université, de l'école de la République dans ce qui était bradé.

Ceci pour expliquer la manière dont certains grands intellectuels ont tenté de tenir bon, ils étaient issus sinon de la classe ouvrière au moins du monde provincial de la fonction publique. Ils étaient attachés à ce qui s'était créé aux lendemains de la guerre, l'application du programme de la résistance et ils reconnaissaient le rôle du PCF dans les lutte anticoloniales. pour Bourdieu la guerre d'Algérie et son premier terrain d'étude la Kabylie a joué le rôle que l'on sait. Comme pour moi d'ailleurs. Nous avions un langage commun et quelle que fut sa colère contre le PCF qui l'avait poussé à soutenir la candidature Coluche et refuse tout interview à la presse communiste, je puis affirmer et j'en ai la preuve écrite qu'il attendait encore un sursaut du PCF. Il avait lié des relations avec les syndicats allemands et avec ce qu'il y avait à l'époque de plus conscient qui se rassemble aujourd'hui autour d'Oskar Lafontaine et d'autres qui refusent le SPD et la coalition, l'attaque de la Russie... Même sur le plan esthétique, et culturel nous étions conscients de ces combats communs au-delà des choix partisans et ceux qui aujourd'hui veulent faire de moi une gauchiste ont du mal eux qui ont tout bradé à s'y reconnaître...

Donc je crois que j'ai perçu en tant que sociologue convaincue comme lui qu'il s'agissait d'un "sport de combat", qui ne parlait pas pour passer le temps ou pour être l'homo academicus, ce que représentait ce concept de champ politique . Je m'y suis déféré également comme à un concept ad hoc pour décrire ce qui s'est mis en place dans ces années quatre vingt. Je replace ce concept dans un contexte historique très précis, un processus qu'il décrit justement celui de ces années quatre-vingt et qui est celui qui commence selon moi a être dénoncé aujourd'hui.

La "politique" est un concept qui s'est imposé depuis des millénaires à l'activité des hommes et à la pensée philosophique. Il y a eu beaucoup de discussions depuis pour classer cette activité: art de gouverner, technique, science, pratique comme exercice du pouvoir ou affirmation de souveraineté d'une classe, d'un groupe, d'un territoire ou encore lutte entre agents individuels et collectifs. Toutes ces interprétations ont donné lieu à des études, des écrits le plus souvent savants et émanant de ceux qui pouvaient l'exercer. On conçoit le bouleversement qu'a représenté le marxisme qui a poursuivi la plupart des études antérieures tout en les révolutionnant en proposant que le sujet réel de l'histoire devienne conscient.

Bourdieu s'inscrit dans cette perspective et propose même de compléter Marx en produisant dans l'ordre du symbolique (les superstructures) l'équivalent de Marx dans les infrastructures. Que vient donc faire le concept de champ politique? Je n'ai pas le temps ni l'espace pour décrire ce qui s'est passé non pas seulement en 1980 mais en deux autres période clés que sont pour moi 1956 et 1973 (2) . Je veux en arriver à ce que Bourdieu constate avec le Mitterrandisme et l'eurocommunisme et ce dont nous avons longuement parlé dans ce restaurant de la Bastille :

Il ne part pas d'une conception savante mais du "parlé ordinaire" (ce que parler veut dire) de la politique à cette époque là, qui est celle- je le répète- où sous le mitterrandisme la gauche celle du PS, rompant avec le monde ouvrier, sous prétexte déjà de radicalité, devenue dominante. L'essentiel dont Fabius est l'illustration est la rupture avec la classe ouvrière au moment où l'on démantèle les forteresses ouvrières et s' imposera des choix libéraux devenus "incontournables" pour la lutte contre les autres monopoles et peu à peu leur interpénétration tandis que se constitue "le club de Paris, la France usurière... Il est impossible de faire autrement, c'est la modernité, selon ceux qui s'en feront les porte-voix au nom des avantages "corporatifs" qu'ils en retireront. Il va y avoir à ce titre la constitution d'un champ saturé de termes et de formules qui suppose être l'apanage de ceux qui savent et dont le citoyen lambda est exclu tout en participant au spectacle comme s'il était conçu pour lui".

D'un côté le politique parait se démocratiser et les élections se multiplient, elles n'arrêtent pas mais tout est fait pour que le dit citoyen spectateur sache que ce n'est pas réellement son affaire. Dans le fond il y a champ politique parce qu'il y a la constitution très triviale d'une arène dans laquelle on contemple le combat politique comme un spectacle. Résultat plus nous sommes immergés dans le politique , plus nous sommes submergés d'informations, d'analyses, de débats et donc l'illusion du savoir immédiat, de pouvoir juger, plus l'oubli est le lot, un clou chasse l'autre et nous sommes pris dans des représentations... moins donc nous pensons "politiquement" c'est-à-dire par rapport à une capacité réelle d'intervention.

J'ai cru innocemment que cette analyse était compréhensible en particulier par ceux qui je partageais des combats puis peu à peu j'ai compris que je me faisais des illusions personne ne percevait ce processus de dépolitisation et ce que je disais dans le Zugzwang restait de ce fait largement incompréhensible même par mes co-auteurs, quand j'expliquais cette "dépolitisation" cette perte de mémoire. Ces gens là, croyais-je, avaient vécu les mêmes événements que moi pourquoi n'en était-il rien resté y compris dans un temps relativement proche? J'étais obligée de refaire le terrain à chaque fois. Ils ne me paraissaient reconnaître et percevoir que ce qu'ils savaient déjà. Le problème était que le monde multipolaire était toujours un bouleversement d'une ampleur inusitée.

Pourquoi me suis-je intéressé au cinéma ? je vais vous donner un exemple immédiat qui vous permettra de comprendre ce que m'apporte le cinéma : des instantanés sur ce qui est encore mémorisé ou non par une époque.

Actuellement, il y a pour diverses raisons et toujours sous la pression de la réalité une remise en question de ce champ politique : il est vrai que voir défiler des "experts" qui expliquent gravement que premièrement les Français sont coupables de l'endettement alors que cela fait au minimum quarante qu'ils sont invités au spectacle de ce jeu de ces expertises. Que comme le disait déjà Bourdieu "ils ont parfaitement compris, ils n'en veulent pas" et que ça n'a pas cessé de leur être imposée la politique qui s'en suit qui va toujours dans le même sens. ça commence déjà à poser problème, mais quand on ne peut plus vivre et que ça continue c'est insupportable. Là ça touche à l'os. Mais il y aussi le fait que dans les mêmes images on leur demande de participer au petit jeu de savoir qui des retraités ou de l'avenir de nos enfants il faut sacrifier dans cette logique et qu'apparaît un président hagard qui continue à proposer de répondre aux demandes de Zelenski à fond perdu, le choc est radical et Marine le Pen ne s'y trompe pas.

Oui mais pas au point de reconstituer une autre logique et je voudrais là encore vous infliger non une démonstration mais un FAIT qui pour moi dit beaucoup :

Pour revenir au cinéma, c'est fou le nombre de films qui connaissent un succès en France. Ils traitent de la manière dont la France a collaboré et comment une poignée a eu le courage de s'opposer au consensus ambiant. A ce qui était déjà le champ politique de l'époque, l'acceptation graduelle de la défaite.. Chacun notera dans ces films la part belle faite au gaullisme à la prise de conscience d'une classe bourgeoise qui pourtant jusqu'ici était pétainiste et saluait Verdun, ceux qui s'étaient si facilement retourné contre le bolchevisme. Des communistes, on ne cessera de répéter le pacte germano soviétique sans que jamais il soit question de Munich, du refus de l'étrange défait des communistes..;

Et surprise: la direction du PCF s'extasie sur ce retour de l'histoire... Ne met jamais en cause la manière dont on nie l'histoire des communistes, c'est une longue habitude de soumission, celle d'avoir espéré quelques élus en étant bien dociles derrière le triomphe des pseudos héros, ceux qui comme Mitterrand étaient ministres sous Vichy.

Oserais-je aller jusqu'à l'esprit collabo tel que le champ politique que je viens de décrire l'a produit ? Oui j'ose parce qu'il y a le choc de ces gamins dont certaines pancartes sont fantastiques et qui n'ont pas dans leur ensemble de quoi exister politiquement sinon comme une pression non négligeable mais qui tiendra jusqu'à quand ? Et cela constitue un véritable choc avec le film le plus intéressant du moment de ce point de vue et qui est : "notre salut". Celui où s'efface la distinction entre passé et présent de la collaboration.

Mais moi qui ai vécu avec ceux qui ont fait cette histoire là et qui ai sous des formes diverses recueilli le témoignage de Krasucki (dix heures d'interview pour l'hebdomadaire Révolution, plus de nombreux diners chez moi avec janine Porte, les débats avec Walesa... Plus l'interviex de Gaston Plissonnier, plus l'expérience de mon compagnon qui a créé le PCF et le Front National des communistes et des gaullistes dans le bassin minier et à Aix je sais à quel point il reste des mensonges dans cette représentation.

Deux mensonges: le premier est le FAIT OCCULTE qu'après leur interdiction par le gouvernement issu du Front populaire qui a mis en prison Ambroise Croizat, pour mieux en appeler à Pétain, ils étaient parfois deux ou trois pour reconstituer le parti dans la clandestinité. Je sais comment ils ont agi. CE FAIT on le masque pourtant ce serait bien utile aujourd'hui. je sais que le PCF avait ces gens là à la base, mais au sommet il y avait le secrétaire à l'organisation Gitton qui possédait toute la liste des adhérents, liste sur laquelle il était impossible à la base de se référer eet seule la mémoire, le contact prudent pouvait suppléer. les noms de communistes a été transmis directement par ceux qui ont choisi "renouveau national" sous prétexte qu'ils ne supportaient pas Staline et que les métèques juifs ça commençait à faire tous des capitalistes... Gitton a donné ces listes à la police française qui arrêtait les communistes et les donnait pour la torture à la gestapo. Cette trajectoire était la même pour Krasucko, pour Gaston Plissonnier, pour mon mari et bien d'autres.

Etonnez-vous alors du deuxième mensonge : non seulement il n'est jamais fait référence à ce que représentait alors la résistance soviétique mais il y a un événement qui a été comme une traînée de poudre y compris dans le camp de Dachau où mon compagnon était c'est l'importance de la victoire de Stalingrad qui a complètement changé la donne. Comment l'ont-ils su, y compris dans les camps mais aussi dans les salons mondains où l'on fraternisait ? Commet les Mitterrand se sont -ils tout à coup découvert résistants sinon par ,l'écho de Stalingrad.

Et tout cela il n'y a plus un seul communiste pour le dire : alors voyez-vous oui je me sens seule irrémédiablement seule parce que chaque individu, chaque responsable, à chaque promesse non suivie d'effet, je m'interroge sur la trajectoire, qu'implique un tel négationnisme : d'un côté j'ai envie d'être indulgente, tous ces gens n'ont pas la moindre idée de ce qui les attend : ils sont dans la comédie du "champ politique", il faut faire avec... Et de l'autre je ne peux m'empêcher de penser qu'il n'y a pas un seul individu actuellement en qui j'aurais assez confiance pour rentrer en résistance à ses côtés, un réseau ne tiendrait pas deux jours avec ces gens là... .

Il ne reste qu'une seule chose à faire pour être digne de ceux qui ont été les "communistes" et dont tant de gens se contentent d'usurper les combats et les biens, c'est de faire comme eux: il faut partir de ce qui est, construire avec ce que l'on a, ne pas se tromper d'adversaire même si certains vous donnent la nausée, et faire le peu que l'on peut faire là où l'on est pour évite que ne revienne l'horreur qui est déjà là mais que l'on doit s'employer à endiguer par le rassemblement le plus large ... Et armer si possible ces enfants qui sont comme des Bernard 'Ermite sans coquille livrée à ce qu'ils n'imaginent même pas, eux qui ne se contentent plus d'être spectateurs.

Inutile de dire que ma rencontre avec les mêmes communistes à Cuba, n'a fait que renforcer ce double mouvement, il faut partir de ce qu'on a et la suite dira mais d'un autre côté l'absence de confiance et la solitude, les colères parfois.

A propos de Stalingrad : ce qui n'est pas dit est pourtant l'essentiel , si vous n'y prenez garde le fascisme ne sera pas vos effrois mondains qui permettent les petits arrangement ce sera ce jugement de celui qui l'a vécu.

Illustration : Vassili Tchouïkov, directeur de l'académie de combat de rue de Stalingrad

Je n'aurais jamais cru qu'un tel enfer puisse se déclarer sur Terre. Des hommes et des femmes sont morts, mais ils n'ont pas reculé. Vassili Tchouïkov, directeur de l'académie de combat de rue de Stalingrad.

Cet enfer il peut être le votre et vous ignorez d'où il vient ...

On me dit que je suis difficile à comprendre pourtant je n'ai jamais cessé au moins d'affirmer deux choses qui ont gouverné toutes mes prises de position et ce par haine du fascisme et de l'horreur réelle qu'il a toujours été pour moi:

1) la nécessité de s'arracher à la dépendance aux USA. le choix du monde multipolaire m'est apparu alors comme la seule voie possible au stade où nous en étions. Dans ce cas ce qui rend mon discours "incompréhensible" n'est pas de mon fait, il est lié à la non perception générale en France et en Occident en général du degré de dépendance réelle que nous avons avec les USA et comment cette dépendance nous interdit tout mouvement, asphyxie la conscience qui pourrait naître de nos velléités de résistance. Quand un pays n'a plus de politique étrangère propre, plus de monnaie propre, plus de défense propre et que pour tout cela il dépend d'une autorité non élue démocratiquement mais qui elle a totalement accepté la vassalité comme l'UE devenue l'OTAN par choix de la commission européenne en quoi ce pays est-il souverain ? Pourquoi a-t-on enfermé le champ politique, l'arène électoraliste et sa foire d'empoigne dans cet espace là baptisé démocratie ?

2) Le second point va avec le premier dans ce contexte puisqu'il s'agit du refus de la guerre. Et il ne s'agit pas d'un simple "pacifisme" mais d'un choix de civilisation : j'ai tout fait pour que soient posées ensemble deux questions celle de la guerre et du développement scientifique, technique et énergétique. l'ensemble ayant une dimension civilisationnelle. La référence à la chute de l'empire romain ayant beaucoup de traits à explorer en suivant y compris Marx qui pose une démarche dialectique et scientifique qui reste indispensable mais en revenant aux textes, et pas aux interprétations nécessairement. mais là encore il faudrait que j'explique la nature de la régression.

A ce titre la censure se fait toujours plus forte et non seulement on s'y habitue mais quotidiennement y compris au sein du PCF même il m'est conseillé de ne pas dire ce que je pense sinon mon interlocuteur menace d'une exclusion alors que je ne suis même pas adhérente... la nécessité de me faire taire, hier encore c'était un communiste qui s'obstine sur l'Iran parce qu'il veut probablement empêcher que le vote juifs devienne un vote massivement pour le RN, ce qu'il est déjà et qui n'apaise en rien au contraire l'antisémitisme...

le vrai test est-ce que va se poursuivre ou non cette entreprise de liquidation par respect de ce qui est supposé être le champ politique électoral ? Va-t-on parler enfin de la guerre et ce c'elle est en réalité ?

Aujourd'hui a guerre est en effet le moyen par lequel non seulement la caste dominante abrutit la population et obtient un consensus à sa politique de pillage mais elle exerce en priorité sur sa propre population un transfert permanent du travail sur le capital. C'est dans ce contexte que des instances supra étatique comme l'UE vissent les boulons de ce que pourraient encore représenter les nations.


Je répéterai ces lignes forces puisqu'elles sont semble-t-il inaudibles, en fait je ne crois pas qu'elles le soient et la censure s'exerce toujours avec beaucoup de perspicacité de la part de la classe dominante et de son petit personnel. Mais on peut aussi constater à travers les textes que nous choisissons une prise de conscience.

Danielle Bleitrach

(1) C'est tout un ensemble (un appareil) conceptuel que met en place Bourdieu pour définir ce processus de dépolitisation de fait par submersion de l'information dans une arène de spécialiste, ce "spectacle" : il parle d'habitus, en reprenant le terme d'attitude de Lazarfeld , de disposition à agir en l'occurrence c'est plutôt un effet d'inertie... une individualisation, le rattachement à des groupes de pratiques de consommation tandis que sont dissous tout ce qui concerne la production en particulier ouvrières... "la distinction" que l'on en retire et qui vous fait adhérer aux valeurs de l'académisme, du conformisme (le goût du décor, du post moderne en fait partie) ... et il y a aussi ce qu'il désigne comme l'hystérisés de l'habitus , l'effet retard qui vous incite toujours à ne voir que ce que vous savez déjà... Il est réellement fascinant de mesurer l'actualité de toutes ces analyses de Bourdieu aujourd'hui parce que la pression de la réalité fait peu à peu éclater notre perception de la logique d'un tel système mais sans réellement avoir quoi que ce soit en remplacement...

(2) Pour ces deux dates j'ai été appelée par les éditions DELGA à écrire des préfaces sur des textes anciens ou actuels pour lesquels j'ai écrit des préfaces qui reprenaient ces dates et montraient l'actualité de ce qui alors paraissait des processus embryonnaires. Il y a eu la réédition du livre de Alleg sur la décolonisation en Asie Centrale sous le socialisme par comparaison avec son expérience à Alger. (étoile rouge et crossant vert sorti en septembre 2026) . Il va y avoir bientôt la sortie d' un livre blanc sur les événements hongrois de Budapest pour lesquels j'ai écris 34 pages d'introduction sur l'année 1956. Et enfin il y a le livre de Jean claude Delanay sur marx et la Théorie de la monnaie, avec le choix en 1972 de la ,no, convertibilité mais aussi les théories appliquées à travers le Chili d'Allende et plus tard par Mitterrand et la gauche en France. ( à paraître)

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