Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

La paralysie des États-Unis face à la crise iranienne est due aux lacunes de leur marine.

Voilà paradoxalement le genre d’articles qui tout en étant dans « le camp adverse » approche la réalité de ce que représente Trump. En effet l’article en question montre à quel point la crise de l’exercice de l’hégémonie, et de sa « stratégie du fou » : effrayer, laisser planer l’idée que tout est possible partout à la fois est en réalité une fuite en avant qui n’a pas les moyens de sa « terreur ». Ce qui me parait le plus nécessaire en ce moment c’est d’une part se confronter à la réalité de ce qui demeure un « bluff » même si les dégâts souvent « collatéraux » et touchant des enfants, des vieillards par les blocus, les asphyxies des sanctions, voire des bombardements de populations civiles, tout sauf les « frappes chirurgicales » n’a pas les moyens d’occuper un pays, ni d’ailleurs celui de voir se multiplier les conflits. La première observation est celle de considérer les moyens réels et l’état de la classe capitaliste, profondément divisée. Il y a un second niveau, se méfier des faux amis, ceux qui se prétendent de gauche, voire même communistes comme l’invraisemblable groupe d’agents de la CIA, qui est toujours avec l’opposition et qui se répand en ce moment en affirmant qu’ils sont le parti communiste vénézuélien et l’individu, en France c’est une femme qui a sévi ce matin dans le journal la Marseillaise et qui a selon la bonne méthode consacré une alouette à dénoncer le crime de séquestration de Maduro (c’est jamais aussi clair) et un cheval à décrire la terreur à cette occasion le pouvoir vénézuélien ferait régner sur son peuple. La Marseillaise pour ceux qui l’ignorerait est un journal du midi de la France qui est plus moins proche du PCF mais très représentatif de l’incapacité à avoir des gens suffisamment politiquement formés pour se méfier de ce genre d’opération complètement manipulé. Il me parait souvent plus utile ici de faire donc témoigner des représentants du capital, comme ici des gens qui conseillent les investissements qu’une presse de gauche qui en France est en pleine confusion. Nous avons droit en effet à un article qui n’a aucune sympathie ni pour les Vénézuéliens, ni pour le gouvernement iranien mais qui présente des faits et paradoxalement désormais ceux-ci sont plus vrais que ceux que nous produit une filière qui sévit déjà à propos de l’Ukraine à Marseille, ces gens-là envoient des textes et des personnes pour être interviewés qui nous refont le coup de Robert Ménard de jadis venant dénoncer la dictature de Castro, se prétendant trotskiste et en fait comme il l’a reconnu lui-même étant déjà appointé par la NED et en relation avec Aznar, un franquiste qui a joué un rôle central dans les dérives de l’UE. Il y a là non pas une « erreur » mais bien une filière de la CIA. D’ailleurs ils ont tenté d’intervenir dans Histoireetsociete pour expliquer que Maduro était un dictateur, et attaquer tout ce que disaient Mingus et Thierry Deronne. (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)


La promesse de Trump d’être « prêt à intervenir » pour protéger les manifestants est mise à mal par les pénuries de moyens de transport et les retards de maintenance qui limitent les options militaires américaines.

par Julian McBride 17 janvier 2026

La marine américaine n’est plus ce qu’elle était. Image : Capture d’écran X

Les manifestations iraniennes en cours et la répression brutale de la République islamique ont conduit à des massacres généralisés à travers le pays, avec des implications régionales et géopolitiques considérables.

Face à cette répression, les gouvernements américain et israélien ont préparé de nombreuses mesures d’urgence au cas où la répression meurtrière du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et des milices Basij continuerait de s’intensifier.

Cette semaine, le président américain Donald Trump a déclaré aux manifestants iraniens anti-régime que les États-Unis « apportaient leur aide » et qu’il avait annulé les rencontres américaines avec les responsables iraniens « jusqu’à ce que les massacres insensés cessent ». Le 2 janvier, il avait affirmé que les États-Unis étaient « prêts à intervenir » et à « secourir » les manifestants si l’Iran recourait à la force létale contre eux.

Cependant, la riposte militaire ou hybride des États-Unis tarde à venir, principalement en raison du manque de ressources américaines immédiatement disponibles au Moyen-Orient. Une grande partie de la marine américaine (USN) est déployée dans l’Indo-Pacifique, les Caraïbes ou en maintenance.

En cas de crises multiples et simultanées, les États-Unis ont besoin d’un éventail d’options pour réagir en quelques jours, notamment en mer. Face au déclin de la construction navale américaine, la relance du secteur maritime est devenue cruciale pour la projection de force et la dissuasion des États-Unis.

À partir du 28 décembre, des citoyens iraniens ont lancé des manifestations à travers tout le pays, dans un contexte de détérioration économique et de mauvaise gestion des ressources. La République islamique est fragilisée par de nombreux problèmes socio-économiques, dont une mauvaise gestion de l’eaudes sanctions imposées par les États-Unis et l’effondrement de sa monnaie, une situation que des millions de citoyens, aujourd’hui descendus dans la rue, jugent intolérable.

Alors que les manifestations prenaient de l’ampleur, rappelant les troubles de 2009, les dirigeants iraniens ont rapidement réprimé le mouvement. Les Gardiens de la révolution et les milices Bassidj ont utilisé des balles réelles, tandis que Téhéran a imposé un black-out internet pour dissimuler la brutalité de ses mesures au reste du monde.

Des militants de la diaspora iranienne ont fait pression pour une intervention, alors que le nombre de manifestants tués en moins de deux semaines est estimé entre 3 000 et 12 000, selon Iran International.

Les États-Unis ont condamné la répression du régime iranien et le président Donald Trump a laissé entendre qu’il souhaitait adopter une ligne plus dure envers Téhéran, y compris une possible intervention militaire américaine. Trump aurait eu accès à un large éventail d’options de frappe et d’outils de guerre hybride ou informationnelle pour contraindre les religieux au pouvoir en Iran à négocier ou à affaiblir davantage le régime.

Israël pourrait également se joindre à toute action militaire américaine. Des plans d’urgence prévoyant le retrait des forces américaines et britanniques de la base aérienne d’Al Udeid au Qatar ont été mis en œuvre face aux craintes de représailles des Gardiens de la révolution iraniens dans la région.

Washington devra évaluer la riposte militaire à Téhéran, compte tenu de ses ressources limitées et du risque de représailles des Gardiens de la révolution. Le système Patriot, initialement utilisé en Israël pendant la guerre des 12 Jours, a été renvoyé en Corée du Sud, et une grande partie de la rotation navale du Commandement central se trouve actuellement dans les Caraïbes.

Le système THAAD américain a également vu un quart de ses intercepteurs utilisés pendant la guerre.

Grands écarts entre les transporteurs

L’une des principales raisons de la lenteur de la réaction américaine réside dans la rareté des moyens navals disponibles dans la zone de responsabilité du Commandement central des États-Unis (CENTCOM). Après deux années de conflits régionaux au Moyen-Orient ayant nécessité des déploiements soutenus, une grande partie de la flotte active de l’US Navy est immobilisée pour maintenance, tandis que près d’un quart de cette flotte est déployée dans les Caraïbes.

Le groupe amphibie USS Iwo Jima est actuellement déployé dans les Caraïbes sous le commandement de la 4e flotte (SOUTHCOM) dans le cadre de l’opération Southern Spear, tandis que l’USS Tripoli est basé à Sasebo, au Japon, pour soutenir les opérations de la 7e flotte dans l’Indo-Pacifique.

Seuls trois porte-avions (CVN) sont actuellement déployés : l’USS Gerald R. Ford, l’USS Abraham Lincoln et l’USS George Washington, ces deux derniers opérant dans l’Indo-Pacifique depuis le 13 janvier. L’USS George H.W. Bush et l’USS Theodore Roosevelt pourraient être déployés pour relever l’USS Gerald R. Ford et l’USS George Washington.

Le redéploiement de l’USS Gerald R. Ford de la Méditerranée orientale vers les Caraïbes souligne les lacunes croissantes du système de projection de forces américain. Toute action militaire contre l’Iran nécessiterait d’importantes capacités de défense antimissile navale, notamment des systèmes Aegis, afin de contrer d’éventuelles représailles par missiles balistiques.

Selon NewsNation, l’USS Lincoln devait être redéployé de la mer de Chine méridionale vers le Moyen-Orient à compter du 14 janvier. Toutefois, la traversée devrait durer au moins une semaine, période durant laquelle le nombre de morts parmi les manifestants iraniens risque de s’alourdir.

Production navale en retard

Les lacunes des États-Unis en matière de projection de force et de réponse aux crises sont étroitement liées au déclin de la production navale américaine. Les analystes pointent du doigt la baisse des cadences de production comme un défi majeur. Par exemple, le programme Littoral Combat Ship (LCS), initialement prévu pour 52 navires, n’en compte actuellement que 35 opérationnels en raison de contraintes et de lourdeurs administratives.

Certains analystes estiment que la relance de l’industrie navale nationale permettrait de mieux gérer les situations d’urgence telles que la crise iranienne actuelle. Un article de mai 2025 de la Fondation Sasakawa pour la paix qualifiait la loi SHIPS de cruciale pour la croissance à court terme, car elle incite les entreprises maritimes à améliorer leur compétitivité et à développer les effectifs des chantiers navals.

Dans le cadre de la loi visant à garantir la disponibilité opérationnelle de la marine américaine (Ensuring Naval Readiness Act), les États-Unis bénéficient d’un important soutien industriel grâce à des partenariats clés avec la Finlande, le Japon et la Corée du Sud, qui visent à renforcer la marine américaine et sa capacité de production.

La Finlande contribue au développement des patrouilleurs de sécurité arctiques, le Japon s’est engagé à investir aux États-Unis après la signature d’un mémorandum sur la construction navale et des entreprises sud-coréennes formeront les ouvriers américains des chantiers navals aux méthodes permettant d’accélérer la production.

La négligence dont souffre la marine américaine compromet non seulement la capacité opérationnelle nationale, mais aussi sa capacité à répondre aux crises mondiales, un domaine où elle excellait autrefois. Des forces armées surchargées, conjuguées à une production navale en baisse, limitent aujourd’hui la riposte américaine aux troubles civils en Iran, à un moment crucial.

Afin d’éviter d’être pris au dépourvu par une flotte déployée à outrance, la relance de la marine américaine doit devenir une priorité absolue pour le Pentagone et le Congrès tout au long des années 2020 et au-delà.

Julian McBride est analyste de la défense et rédacteur collaborateur chez 19FortyFive .

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1 Commentaire

  • Franck Marsal
    Franck Marsal

    D’où la volonté de Trump d’augmenter le budget militaire US de 50% (au frais des « alliés »). Mais l’argent ne peut pas tout. Les armes états-uniennes sont hors de prix pour une faible efficacité opérationnelle. Et l’augmentation des capacités de production nécessite à la fois des investissements long et la formation de personnel hautement qualifié, deux choses qui vont être difficiles à réunir dans un délai court.

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