Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

La Chine contre-attaque et pas dans « l’idéologie »

Il y a quelque chose de profondément réactionnaire et impuissant dans la manière dont les occidentaux croient maitriser la situation, quand ils sont en pleine « idéologie », à savoir : est-ce que Trump est un fasciste ? ou d’autres fariboles de ce type à savoir : est-ce que la Chine est bien un pays socialiste puisqu’elle appelle les investissements… Ils adorent décrire à l’infini les faits « politiques », se disputer sur la question de savoir qui est le plus anti-impérialiste en prétendant connaitre le sous-chef d’ambassade de Chine qui les aurait prévenus d’une attaque imminente militaire, etc… mais ignorer totalement la bataille réelle qui se livre dans un monde non pas en transformation mais déjà transformé à travers les forces productives et le dispositif mis en place par la Chine en lien avec la Russie. Telle est la preuve de l’arriération de la vision « occidentale » y compris à gauche social démocratisée quand elle se croit radicale. Une telle cécité est bien symptomatique de toutes les idées brouillonnes qui se sont substituées à l’idée forte de Marx : ce qui distingue une époque économique d’une autre c’est moins ce que l’on fabrique que la manière de fabriquer… Les moyens de travail sont les gradimètres du développement du travailleur et les exposants des rapports sociaux dans lesquels ils travaillent… (le Capital livre 1).. La guerre se livre d’abord sur ce terrain pour Lénine, Mao et tous ceux qui ont réalisé un changement de société y compris dans une situation de guerre, et celui qui l’oublie perd. (note de Danielle Bleitrach histoireetsociete)

Guerre commerciale : la Chine montre à Trump de quoi elle est capable

Guerre commerciale : la Chine montre à Trump de quoi elle est capable

Le 2 avril 2025, Donald Trump, fidèle à ses méthodes de confrontation directe, a décidé d’élever d’un cran la guerre commerciale opposant les États-Unis à la Chine, en instaurant un nouveau droit de douane de 34 % sur l’ensemble des importations chinoises. Deux jours plus tard, le 4 avril, Pékin riposte, en adoptant une mesure symétrique sur tous les produits américains, à effet immédiat le 10 avril.

De son côté, Pékin, outre les taxes de 34 % sur les produits américains, vient d’appuyer sur un nouveau bouton qui pourrait réellement pénaliser les États-Unis : le ministère chinois du Commerce a annoncé des contrôles à l’exportation sur sept éléments de terres rares, y compris le gadolinium, utilisé notamment en imagerie par résonance magnétique, et l’yttrium, utilisé dans l’électronique grand public.

« À en juger par les réactions des marchés mondiaux, l’incertitude est plus grande que jamais », soulignent les analystes de Tokai Tokyo Securities. JP Morgan aux États-Unis a estimé que les risques de récession étaient passés de 40 à 60 %.

Pour autant, Donald Trump semble faire la sourde oreille. « L’économie avait beaucoup de problèmes. C’était un patient malade. Elle va finir en pleine forme », a-t-il assuré devant la presse, à bord d’Air Force One. La présidence américaine a toutefois laissé la porte ouverte à des négociations et mis en garde contre toute velléité de représailles, menaçant de sanctions supplémentaires.

La Chine contre-attaque : surtaxe, exportations stratégiques et chocs boursiers

Dans ce nouvel épisode de la guerre commerciale, la Chine a annoncé le 4 avril 2025 qu’elle appliquerait un droit de douane additionnel de 34 % sur toutes les importations américaines à partir du 10 avril. Cette mesure vient s’ajouter aux droits existants, portant la taxation cumulative à un niveau rarement atteint.

Selon le ministère des Finances chinois, « un droit de douane supplémentaire de 34 % sera imposé en plus du taux des droits de douane actuellement applicables », relate Le Parisien. L’annonce intervient en réponse directe à la surtaxe équivalente instaurée par Donald Trump deux jours plus tôt dans le cadre du Liberation Day, événement de politique intérieure au ton résolument protectionniste.

Mais Pékin ne s’est pas contenté d’imiter Washington. Le ministère du Commerce chinois a immédiatement étendu son dispositif de rétorsion à des secteurs stratégiques, en annonçant des contrôles à l’exportation sur sept terres rares dont le gadolinium (utilisé en imagerie médicale) et l’yttrium (indispensable à l’électronique de pointe). Ces métaux sont essentiels à des chaînes d’approvisionnement que les États-Unis peinent à sécuriser depuis plus d’une décennie

En parallèle, seize entreprises américaines ont été inscrites sur la liste des entités non fiables, et onze autres ont été placées sous restriction d’exportation, leur interdisant l’accès au marché chinois. Ces noms n’ont pas été publiés mais selon RFI, ces entités seraient issues des secteurs de la défense, de la tech et de la biotechnologie.

Des conséquences immédiates : marchés en chute libre et panique sur les places financières

La réplique de Pékin n’a pas tardé à faire sentir ses effets sur les marchés. À la mi-journée du 4 avril, la Bourse de Francfort perdait 5,08 %, Paris reculait de 4,26 %, tandis que Londres s’effondrait de 3,90 %. À Milan, la dégringolade atteignait 7,57 % et Madrid plongeait de 6,02 %.

Côté américain, Wall Street a accusé le coup dès l’annonce de la mesure : les contrats à terme des principaux indices chutaient de plus de 2,5 % avant l’ouverture. De quoi empirer une situation déjà chaotique. Dans les heures qui ont suivi les annonces de Donald Trump, la capitalisation boursière mondiale a perdu 2.400 milliards de dollars, soit environ 2.200 milliards d’eurosLa réponse de la Chine ne fait que renforcer la tendanceLes secteurs les plus exposés, notamment la tech et l’habillement, ont subi des pertes vertigineuses : Gap a chuté de 20,38 %Apple de 9,25 %. Même sort pour les indices Nasdaq et S&P 500, respectivement en recul de 5,97 % et 4,84 %, signant leur pire séance depuis 2020.

Pourquoi Pékin a choisi l’affrontement tarifaire frontal

Loin d’un simple réflexe défensif, la réaction chinoise s’inscrit dans une stratégie assumée de fermeté. Pékin a immédiatement déposé une plainte officielle auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), invoquant une « intimidation unilatérale » et une violation des règles de régulation internationale, souligne RFI.

L’objectif de Pékin semble double. D’une part, protéger ses filières industrielles en limitant la dépendance stratégique à certains segments américains. D’autre part, démontrer sa capacité de nuisance économique symétrique, en frappant les chaînes d’approvisionnement américaines au cœur de leur vulnérabilité : les terres rares.

En 2024, la Chine avait importé pour 143,4 milliards de dollars de produits américains, soit environ 132,6 milliards d’euros, en baisse de 2,9 % par rapport à l’année précédente. Cette contraction anticipait déjà un durcissement des échanges, renforcé aujourd’hui par les mesures coercitives.

Vers une guerre commerciale mondiale ? Les signaux d’une contagion

La Chine ne cible pas uniquement les États-Unis dans sa riposte. L’ensemble des mesures commerciales s’accompagne d’un signal adressé aux partenaires de Washington. Le ministère chinois du Commerce a évoqué des sanctions croisées, prêtes à être déclenchées contre toute nation appliquant des droits jugés « discriminatoires ».

Quant à l’Europe, si elle n’est pas directement visée pour l’instant, elle reste en alerte. Le spectre d’un élargissement des tensions à l’échelle mondiale n’est pas à écarter. La Commission européenne a rappelé qu’elle pourrait activer l’instrument anti-coercition, prévu pour faire face à ce type d’agression économique.

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6 Commentaires

  • Xuan

    La Chine dispose d’un avantage, c’est qu’elle a déjà expérimenté la guerre commerciale de l’hégémonisme US, y compris par européens interposés.
    Ces derniers n’avaient pas eu de scrupule alors, ils avaient même repris en choeur les campagnes de Trump sur le « génocide des Ouïghours », et interdit le déploiement de la 5G par la Chine en Europe.
    Maintenant les bourgeoisies européennes se lamentent.
    Mais cela fait très longtemps que la Chine les alerte.
    En attendant, et même en plein covid, la Chine s’est préparée, elle a mesuré et réparé ses faiblesses.
    Si elle riposte fermement et sans tergiverser c’est parce qu’elle a défini les USA comme un hégémonisme et non comme un impérialisme ordinaire.
    L’hégémonisme est un monopole rentier international et il ne peut échapper à sa propre nature, quel que soit le parti au pouvoir, et même si la façon est plus hypocrite.

    Mais ce monopole est déjà perdu. Rien ne peut empêcher la mondialisation multipolaire. Le covid ne l’a pas empêchée. Les taxations n’y changeront rien sinon accélérer la fin de l’hégémonisme, accroître les marchés régionaux indépendants et rétrécir la domination du dollar. La guerre économique ralentira l’économie mondiale et elle repartira sous des formes nouvelles.
    Enfin la guerre en mer de Chine, si coûteuse serait-elle y compris en vies, ne pourrait qu’accélérer la transformation.

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  • jean-luc
    jean-luc

    Tu as raison Danielle, de souligner que l’histoire se joue aux niveau des forces productives (pour faire court) et non sur le terrain des idéologies creuses.
    A ce sujet, il peut être intéressant de regarder la visite en cours de Kirill Dmitriev à Washington. L’envoyé économique russe -qui a vu s’effacer les sanctions qui lui interdisaient de se rendre aux USA- a fait part de sa satisfaction, au lendemain de l’imposition des tarifs douaniers par l’administration Trump le 2 avril. Selon le Monde (live du 4 avril à 0:33h) : « L’émissaire économique spécial de Moscou, Kirill Dmitriev, en visite à Washington où il a rencontré des représentants de l’administration Trump, a jugé favorablement les droits de douane annoncés par le président américain, estimant qu’ils « créent un précédent pour une croissance autonome et la création d’emplois durables » aux Etats-Unis. ».
    Pour contexte, la Russie est exempte de droits de douane supplémentaires alors que la Chine en prend pour 34%. Même si l’on admet que ce traitement différentiel est dû à la faiblesse des relations commerciales entre la FR et les USA après des années de sanctions économiques unilatérales, il faut tout de même y voir la continuation par Trump de son entreprise de dissociation de la FR et de la Chine.
    On peut bien sûr espérer que les dirigeants russes ne referont pas une fois encore l’erreur d’écouter les sirènes occidentales. Mais on peut aussi craindre que, dans la tourmente actuelle, la nature capitaliste des rapports de production en FR ne les entraîne à se rapprocher de la nouvelle administration états-unienne au détriment du voisin socialiste.

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    • admin5319
      admin5319

      je n’y crois pas du tout et si la Russie n’a pas de sanction vu la faiblesse des échanges la décision de Trump d’inciter au forage par les texans qui veut qu’actuellement les USA produisent plus que l’Arabie saoudite, ce qui aboutit à une baisse énorme du prix du pétrole avec une réponse immédiate des pays producteurs d’eux aussi jeter du pétrole jusqu’à ce que le baril tombe à 65 dollars ce qui ferait fonctionner à perte les producteurs des Etats-Unis et qui leur permettrait de reprendre la main est plus importante que tout les discours et interprétation sur des négociations que l’on fait durer… parce qu’il n’y a pas de garanties. Le paradoxe est que tu commences par approuver mon analyse pour mieux la psychologiser en évacuant ce que tu as dit considérer comme central. Et tu n’es pas le seul, c’est malheureusement général et c’est quasiment impossible à corriger… quand on en est à dire une chose et faire son contraire…

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  • jean-luc
    jean-luc

    Ce n’est pas une affaire de psychologie mais bien une question de classe.
    Soit, les intérêts nationaux de la Russie sont en contradiction avec les intérêts de l’impérialisme occidental. Mais la classe capitaliste qui tient le pouvoir n’est pas forcément alignée sur les impératifs nationaux. On le voit bien en Europe à l’heure actuelle.
    La FR reste un pays capitaliste. S’il y subsiste quelques superstructures de son passé socialiste, on ne voit pas comment une classe capitaliste parvenue au pouvoir pourrait remettre sa domination en cause seulement pour l’amour du passé, même si elle peut faire illusion, par exemple en instrumentalisant l’épopée de la guerre contre le nazisme.
    D’accord, il y a le poids (ou plutôt la traction) du puissant voisin socialiste qui lui offre une planche de salut contre l’agression impérialiste. Mais cela ne fait pas de Russie Unie un parti acquis à la dictature du prolétariat
    Certains courants au sein de la classe dirigeante russe (par exemple derrière l’ancien banquier de Godmann Sachs, Kirill Dmitriev?) pourraient être tentés -de nouveau- par le fantasme d’une alliance ‘de pairs’ avec l’impérialisme états-unien, contre la Chine. Une alliance qui leur permettrait de renforcer leur domination des rapports de production et de s’affranchir d’une relation privilégiée avec un pays où le pouvoir est (théoriquement) aux mains de leur ennemi de classe.
    Loin de moi l’idée que ce ‘revirement’ serait inéluctable dans le court terme, et je suis prêt, avec toi, à ne pas y croire du tout!

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    • admin5319
      admin5319

      c’est le problème avec l’analyse trotskistes: ils sont persuadés de faire une analyse de classe alors qu’ils en restent à une vision des factions et des complots de sommet, ce qu’ils ignorent totalement et qui leur nuit c’est le pouvoir des masses. Pour eux la réalité du peuple russe est la même que celle des américains ou des français, le fai que la pression qui s’exerce de ce fait sur Poutine est la même que celle qui s’exerce sur Macron, aucune analyse… Pourtant pour analyser Poutine c’est le replacer dans divers scénarios, celui de l’OPEP et des pays produucteurs, celui découvert avec le sort réservé à khadafi et saddam hussein, après le choix de ne pas s’opposer aux expéditions au Moyen orient, c’est la nécessité politique de l’héritage de l’URSS pour rester une puissance et c’esst surtout dans la guerre, un peuple issu de l’ex-uRSS.
      Le tout dans un contexte de la crise du capitalisme à l »ère de la révolution numérique et la tentative desespérée de l’hégmonie de résoudre la contradiction capital travail par le protectionnisme.

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  • jean-luc
    jean-luc

    sauf pour l’introduction, entièrement d’accord avec toi 😀
    pour être utile, le point de vue que j’essaye d’articuler a besoin de l’analyse que tu apportes.
    Pour apporter de l’eau à ton moulin, la présence du KPRF comme force de structuration de masse peut apporter un contre-poids déterminant aux velléités qu’auraient certains secteurs bourgeois de virer de bord

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