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L'accord entre Washington et Moscou va au-delà de Trump. c'est une nécesité pour l'impérialisme US et ses vassaux
La première chose à faire serait de voir la réalité de la situation même avec un certain cynisme comme cet article: il n'y aura aucune force politique apte à être reconnue par les peuples en état de révolte qui refuse de considérer la situation géopolitique, celle de la guerre dans laquelle on nous a entraînés nous Français comme la plupart des peuples en nous inventant une situation totalement illusoire dans laquelle tout serait de la faute de Trump et de son irresponsabilité au Moyen Orient alors qu'on cautionnerait son action de fait en confortant les alliances qui sont les siennes partout y compris avec les Saoudiens et Israël. Sans parler de l'appui de fait aux dictatures d'Amérique latine, le tout pour inventer une victoire possible contre la Russie et contre la Chine.
Publié par Danielle Bleitrach
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Source : moszkvater.com
Le conflit virulent entre Zelensky et Trump au sujet de son « accord sur le diesel » avec Poutine, les frappes contre les raffineries russes, les restrictions imposées à Starlink pour empêcher cela, et la suspension par les États-Unis des « sanctions infernales » récemment imposées à la Russie ont une fois de plus soulevé la question de la stabilité réelle de l'aide occidentale à l'Ukraine, qui joue un rôle clé dans la stabilité militaire du pays.
« La rhétorique de plus en plus agressive de Trump contre Zelensky, les restrictions imposées à Starlink, le blocage de facto des livraisons de missiles de défense aérienne américains et les appels de plus en plus pressants des partis de droite européens, de plus en plus populaires – AfD, Front national – à cesser de soutenir Kiev, mettent en lumière le principal risque qui menace actuellement l’Ukraine. Et ce risque dépasse largement le cadre de la campagne électorale américaine et la personne de Trump. »
Kiev et ses soutiens occidentaux ont tendance à réduire le problème à Trump et aux élections de mi-mandat. Selon cette vision, Trump fait de Zelensky un bouc émissaire avant les élections, profitant de sa popularité en berne. Il n'y a donc pas lieu de s'inquiéter outre mesure : tout ira mieux après le 3 novembre. Surtout si – et c'est fort probable – les démocrates l'emportent. Sans compter que même au sein du Parti républicain, nombreux sont ceux qui s'opposent aux accords avec la Russie et réclament une ligne plus dure envers Moscou. Cette opinion se retrouve également chez certains membres de l'équipe Trump. Par ailleurs, l'idée est largement répandue que, malgré les difficultés relationnelles avec la Maison-Blanche, Kiev bénéficiera sans aucun doute du soutien européen, et seulement aussi longtemps que nécessaire.
« La rhétorique de plus en plus agressive de Trump contre Zelensky, les restrictions imposées à Starlink, le blocage de facto des livraisons de missiles de défense aérienne américains et les appels de plus en plus pressants des partis de droite européens, de plus en plus populaires – AfD, Front national – à cesser de soutenir Kiev, révèlent le principal risque qui menace actuellement l’Ukraine. Et ce risque dépasse largement le cadre de la campagne électorale américaine et de Trump lui-même. »
Jusqu’à présent, l’approche générale de l’Occident vis-à-vis de l’Ukraine reposait sur l’idée que le soutien à Kiev était une priorité absolue. L’argument principal initial consistait à défendre le droit international et l’ordre mondial fondé sur des règles, et à punir la « Russie impériale » à titre dissuasif.
Cependant, cette conception a évolué après l'arrivée au pouvoir de Trump. Le président, de retour à la Maison Blanche, affichait un désintérêt manifeste pour le droit international, qui, selon lui, ne faisait qu'entraver la défense des intérêts des États-Unis. Trump a alors commencé à proposer des « accords » à Poutine et Zelensky. Parallèlement, le soutien de Kiev s'est presque entièrement porté sur les Européens, qui ont idéologisé cette situation en affirmant que « l'Ukraine protège l'Europe » et que, si Kiev perdait, Poutine attaquerait l'Europe elle-même. Ainsi, en aidant l'Ukraine, l'Europe se protégeait en réalité elle-même. Cela signifiait également que le prix à payer était justifié. Kiev, bien entendu, n'a fait que renforcer cet argument. Pendant ce temps, certains républicains américains continuent de voir dans la poursuite de la guerre une occasion de maintenir la pression sur les Européens afin qu'ils achètent des sources d'énergie américaines, renforçant ainsi la position des États-Unis sur le marché mondial de l'énergie.
« Cependant, le concept de « l’Ukraine comme bouclier de l’Occident » n’a pas fait l’unanimité au début, et avec le temps, le scepticisme s’est encore accru. »
D'après l'analyse du portail Strana.ua, les sceptiques quant à la poursuite de la guerre invoquent principalement le risque croissant de dégénération du conflit en guerre nucléaire mondiale. Bien que cette menace soit rarement évoquée en Occident, la question des armes nucléaires a toujours été une préoccupation majeure pour les dirigeants américains et européens et a influencé nombre de leurs décisions. Cela signifie, avant tout, qu'ils rechignent à s'engager directement dans le conflit aux côtés de l'Ukraine. De plus, la probabilité que la guerre en Ukraine s'étende à d'autres pays européens constitue également un facteur de dissuasion. Si l'Occident conclut que cette menace devient de plus en plus concrète, il pourrait chercher à mettre fin à la guerre au plus vite.
« Par ailleurs, les problèmes internes de l’Europe sont de plus en plus manifestes. L’Union européenne, qui a supporté la part du lion des coûts de l’aide, est elle-même plongée dans une profonde crise économique, politique et sociale. »
Bien que la crise soit actuellement contenue par les réserves accumulées et l'endettement croissant, les signaux d'alarme annonçant des difficultés imminentes se font de plus en plus insistants. Une part importante de ces problèmes est liée à la guerre en Ukraine. L'UE est contrainte de consacrer des sommes considérables au réarmement, tant à Kiev qu'en raison de l'escalade des tensions avec la Russie. Par ailleurs, l'économie est durement touchée par la perte du marché russe et la hausse des prix de l'énergie. Pour les Européens, la situation dans laquelle se trouve l'Europe confrontée à la fois à Moscou et à Washington devient de plus en plus dangereuse.
« Et puis il y a les problèmes de l'Occident dans son ensemble, la perte de compétitivité face aux pays non occidentaux, le retard industriel de plus en plus évident par rapport à la Chine. Mais comme si cela ne suffisait pas, cette situation ne fait que renforcer les liens entre le Kremlin et Pékin. »
L'émergence des relations russo-chinoises comme relations stratégiques représente un défi majeur pour les pays occidentaux. Aux États-Unis, par exemple, les partisans de Trump évoquent depuis longtemps un « plan Kissinger inversé » visant à dissocier Moscou de Pékin. Or, sa mise en œuvre exigerait des concessions importantes à la Russie concernant l'Ukraine et d'autres dossiers, concessions que l'Occident refuse actuellement de faire. Cependant, face à l'aggravation des problèmes sino-russes et tant que les autorités russes maintiendront le contrôle de la situation dans le pays, cette perspective pourrait évoluer à tout moment. D'autant plus que Trump a déjà des projets très précis en ce sens.
« Les sceptiques affirment que l’Occident a soutenu l’Ukraine à coups de milliards de dollars et d’armes dans le conflit qui a débuté en 2014, et qu’en retour, Moscou s’est rapproché de Pékin, ce qui a renforcé la position de la Chine dans la confrontation avec l’Occident. Autrement dit, en soutenant Kiev, l’Occident a perdu la Russie. »
Cette stratégie aurait eu du sens si elle avait conduit à l'effondrement du pouvoir de Poutine, mais après 2023, les espoirs d'un tel effondrement sont de plus en plus illusoires. Au contraire, la Russie se militarise de plus en plus et se montre anti-occidentale et anti-européenne. Si le conflit s'éternise, cette tendance, encore réversible compte tenu des signes de coopération de Moscou, pourrait bientôt devenir irréversible. Il est donc nécessaire de rétablir les relations avec la Russie. Dans cette optique, Kiev n'est pas un bouclier pour l'Occident, mais une source de problèmes qui entravent ce rétablissement. Dans le pire des cas, elle pourrait même ouvrir la voie à une guerre nucléaire mondiale autodestructrice. Si l'Occident veut éviter ce scénario, il devra négocier avec la Russie. Trump a déjà sa propre vision du « retour » de la Russie à l'Occident.
Comme le résume Strana.ua, dans ce scénario, les entreprises américaines deviendraient les principaux fournisseurs de ressources énergétiques russes aux Européens – ce qui suppose bien sûr la levée de toutes les sanctions – et lanceraient des projets russo-américains conjoints pour la construction de centres de données, en utilisant les réserves énergétiques et la capacité nucléaire de la Russie. Mais des idées émergent également dans d'autres domaines.
Cela permettrait de faire d'une pierre plusieurs coups. Tout d'abord, cela conférerait une influence considérable sur l'Europe et la Russie. De plus, cela apaiserait les relations entre Moscou et Pékin, garantissant au moins la neutralité de la Russie dans le bras de fer sino-américain. À long terme, cela créerait les conditions préalables à une alliance entre la Russie et l'Occident. Parallèlement, grâce à son rôle de médiateur dans le commerce russo-européen, les États-Unis renforceraient leur position de garant de la sécurité européenne, éliminant ainsi toute manœuvre géopolitique indépendante de l'UE à l'encontre des intérêts américains. Cela garantirait également qu'un conflit entre la Russie et l'Europe n'éclate pas, évitant ainsi aux États-Unis une guerre nucléaire.
« Moscou, note Strana.ua, à en juger par plusieurs signes, ne s’oppose pas à cette option, mais exige en contrepartie que les États-Unis appliquent les conditions russes qu’ils ont fixées pour la fin de la guerre. Et comme le Kremlin estime que cet accord est crucial pour l’Amérique, il hésite à faire des concessions majeures. Il pense qu’en raison de la multiplication des problèmes, les États-Unis seront tôt ou tard contraints de faire pression sur Kiev et les Européens afin de mettre en œuvre le plan stratégique de Trump. »
Kiev et l'UE ont jusqu'à présent résisté à ce plan par tous les moyens possibles. De concert avec une partie de l'élite américaine, ils estiment qu'il n'est pas nécessaire de faire des concessions à la Russie, mais d'accroître la pression sur elle afin de l'affaiblir, ce qui requiert un soutien ukrainien aussi long et important que possible. À terme, cela engendrerait des difficultés si considérables pour Moscou qu'elle serait contrainte d'accepter les conditions de paix proposées par Kiev et l'Europe. De plus, elle s'effondrerait sous le poids des problèmes militaires. Cependant, même les plus fervents défenseurs de cette stratégie y croient de moins en moins. Pendant ce temps, les problèmes ne font que s'accumuler aux États-Unis et dans l'UE, et Trump et les responsables politiques occidentaux partageant son point de vue entendent résoudre la plupart d'entre eux en rétablissant les relations avec la Russie.
À cet égard, le prétendu accord sur le diesel montre que le rythme des événements s'accélère. Autrement dit, l'idée d'un « accord » mondial avec la Russie n'est ni un caprice de Trump ni un coup de pub, mais une opportunité que certains groupes de l'élite occidentale interprètent comme un moyen d'inverser une tendance géopolitique qui leur est défavorable et d'éviter une guerre nucléaire.
Cependant, ce point de vue n'est pas encore dominant en Occident. Des Européens, des démocrates américains et même certains républicains y résistent, mais la situation évolue. Les facteurs évoqués précédemment influencent de plus en plus le cours des événements. Si cette idée venait à s'imposer en Europe et aux États-Unis, elle poserait un problème extrêmement grave pour l'Ukraine. Le pays se retrouverait pratiquement isolé et pris au piège d'un véritable dilemme géopolitique.
Ce raisonnement est également partagé par les forces ukrainiennes qui réclament déjà une fin rapide du conflit. Elles estiment, comme le souligne également le portail de l'opposition ukrainienne, que même aujourd'hui, grâce au soutien relativement stable de l'Occident, la paix peut être conclue à des conditions bien plus avantageuses qu'à l'avenir, lorsque la position de l'élite occidentale pourrait radicalement changer. De plus, cet « accord » pourrait inclure des garanties de sécurité pour l'Ukraine. Par ailleurs, Trump affirme avoir déjà abordé ce point avec Poutine en Alaska. En d'autres termes, Kiev se retrouve face à un dilemme : soit prendre des risques et s'opposer aux accords internationaux entre l'Occident et la Russie, en tentant de les saper ; soit s'efforcer d'y intégrer les intérêts ukrainiens.
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