Histoire et société3

Tant qu'il n'y a pas d'œuvre commune, il y aura toujours de l'intolérance

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Honte et culpabilité en politique : Brésil, 2026

Nous sommes dans une période historique de déballage, qui aurait suscitée chez Marx des pages amèrement hilarantes sur ce qu'est le capital, et ses faux adversaires: tant l'ignominie de la classe capitaliste s'y révèle. Le plus stupéfiant est l'emphase de ceux qui feignent d'être vertueux comme les Européens derrière leur nabot fasciste qu'ils ont voulu peinturlurer en Che Guevara malgré ses célébrations nazies et la corruption dans laquelle il baignait... Cette classe capitaliste toute honte bue a voulu tortiller du cul au nom des femmes iraniennes tout en nouant de fructueux contrats avec les saoudiens et les émirats et en bombardant leurs écoles de petites filles pour assurer aux malversations de Netanyahou le sursis de la guerre et du massacre....Les vertueux ont trouvé des crétins pleins d'emphase pour venir cautionner toutes leurs saloperies. Mais tous ces comédiens, tous ces gens qui ne peuvent interrompre leurs sermons moralisateurs quoiqu'il en coûte, les voici confrontés à la réalité de ce qu'ils sont prêts à accepter, ils sont prêts à se vendre à des tortionnaires, au nom du "salut" et même pour certains d'un Marxisme devenu dogme , bouillie remâchée. Le marionnettiste en chef lâche certaines de ses créatures incapables de conclure un "deal" et en impose d'autres des tortionnaires , des fous, des lâche. C'est la démonstration que vient de faire Poutine de ce que sont ses vertueux adversaires, qui ressemblent aux grenouilles croassant dans leur mare simplement parce qu'un contrat a été signé du type de ceux qu'ils n'arrêtent pas de pratiquer en sous main... Les masques tombent et pas seulement au Brésil, au Mexique où l'ancien président colombien révèle que les Cubains ont dû dans la lâcheté générale affronter seuls la mort pour ramener les corps des 32 qui avaient donné leur vie dans cette sinistre comédie que l'on nous joue à Caracas (1) . L'hypothèse que l'on peut retirer d'un tel déballage va bien au-delà de la trahison du Venezuela vérifiée ou supposée et même de la mise en cause de la dérive social démocrate supposée de Lula... Elle donne moins d'importance aux BRICS par rapport à d'autres institutions qui comme l'OCS, ou la route de la soie, sans s'en détacher elle renforce un partenariat qui comme l'a dit Poutine sait qu'il y a des dirigeants que l'on achète, d'autres qui cèdent à une troisième voie illusoire mais ce qu'est l'impérialisme prédateur et organisé avec ses proxis sans états d'âme nécessite une autre conception de l'affrontement.

Publié par Danielle Bleitrach

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Source : www.counterpunch.org

Source de la photographie : Danielmoreno4774 – CC BY 4.0

Lorsque le milliardaire propriétaire d'un magazine mensuel comme Piauí , calqué sur le New Yorker et principalement consacré aux essais et à la culture, commence à s'adresser à ses lecteurs d'élite, principalement des intellectuels à la conscience coupable, dans un long article auto-flagellant déplorant « O que esses brasileiros saben. Sobre o que cada um faz diante daquilo que vê » (Ce que ces Brésiliens savent : comment chacun réagit à ce qu'il voit), il arrive dix ans trop tard.

Le documentariste João Moreira Salles soutient que l'élite économique préfère mettre en péril la stabilité démocratique plutôt que de faire face aux incertitudes budgétaires, ce qui revient à ignorer délibérément l'histoire politique et l'héritage autoritaire du régime Bolsonaro. Il cite les noms de dirigeants et de milliardaires des secteurs bancaire, industriel et de la construction et analyse la frontière entre pragmatisme économique et complicité morale, soulevant des questions embarrassantes sur ce que ces personnes savaient des épisodes antidémocratiques du passé récent du pays et sur les raisons de leur choix de fermer les yeux. Il s'attarde notamment – ​​après un silence initial – sur le vote de Jair Bolsonaro en faveur de la destitution de Dilma Rousseff, vote qu'il a dédié au colonel Carlos Alberto Brilhante Ustra, tortionnaire sadique (de Dilma Rousseff et de nombreuses autres personnes). Nombreux sont ceux qui se souviennent des mots exacts prononcés à cette occasion par le futur président de la République : « À la mémoire du colonel Carlos Alberto Brilhante Ustra, la terreur de Dilma Rousseff. »

À cette occasion, j'étais membre du Congrès et j'ai craché au visage du futur président de la République. Le député Eduardo Bolsonaro, fils de Jair, qui venait de répéter avec approbation les paroles de son père, m'a rendu la pareille. Mais la suffisance moralisatrice d'un riche macho blanc, hétérosexuel et toujours aux commandes, vacille lorsqu'elle omet de mentionner que cet acte de révolte contre la torture et le fascisme a été commis par un député homosexuel, non blanc et militant des droits de l'homme.

L'article établit néanmoins une distinction pertinente entre « croire » et « comprendre » lorsqu'il s'agit des membres de l'élite économique qui, bien qu'informés sur Bolsonaro et son fils Flávio, choisissent de soutenir la candidature de ce dernier à la présidence. Je prends ce constat comme point de départ pour examiner dans quelle mesure la culpabilité et la honte, mobilisées par les géants du numérique – un tournant dans la résurgence mondiale de l'extrême droite après la Seconde Guerre mondiale – ont influencé les processus décisionnels depuis la première élection de Donald Trump. La victoire de l'extrême droite au Brésil en 2018, peu avant les élections de mi-mandat américaines, a été obtenue par ce biais, notamment grâce au rôle joué par WhatsApp.

J'ajouterais la culpabilité et la honte aux ingrédients de la subjectivation électorale. La peur et la colère peuvent engendrer un ennemi, mais la culpabilité et la honte façonnent un sujet qui se réfugie dans un récit qui dit : « Vous avez échoué car on vous a pris le monde et vous avez honte de ce que votre famille est devenue. Vous avez perdu votre position, vous avez été humilié et vous vous sentez coupable d'avoir cru aux mauvaises personnes. Mais il y a encore une chance de rédemption. » Voilà l'histoire que racontent les coachs en confiance et autres charlatans de l'extrême droite.

Les nouvelles technologies de la subjectivité, désormais omniprésentes sur les réseaux sociaux et sous forme algorithmique, peuvent exploiter la culpabilité et la honte pour influencer les élections en favorisant les candidats dont le message attise ces sentiments et promet la rédemption. Les réseaux sociaux ne sont pas qu'un simple moyen de communication ; ce sont des environnements où se façonnent les attitudes des électeurs. La plateformisation, l'extraction de données, les systèmes de recommandation et l'économie de l'attention permettent de segmenter et de personnaliser les messages à une échelle bien supérieure à celle de la communication traditionnelle. De ce fait, les géants du numérique sont nettement plus efficaces dans les campagnes de dénigrement qui exploitent la haine et la peur, mais aussi – et c'est peut-être moins reconnu – la culpabilité et la honte.

Cela permet de comprendre les limites des sondages d'intention de vote. Une campagne numérique jouant sur la peur, la haine, la honte et la culpabilité deux semaines avant les élections peut faire chuter des candidats solides. C'est ce qui s'est passé en 2018. Pourquoi les dirigeants des partis progressistes l'ont-ils oublié ? Parce que c'était honteux.

On peut éprouver de la honte liée à la pauvreté, à la couleur de peau, à son physique, à son accent, à son orientation sexuelle ou à ses origines sociales, non pas parce qu'il y a quelque chose de moralement ou personnellement répréhensible en nous, mais parce que la société transforme une caractéristique particulière en motif de dénigrement. La honte peut être engendrée par le pouvoir lorsqu'il contraint les individus à accepter passivement comme un défaut personnel ce qui est en réalité une inégalité sociale. Il s'agit donc d'un mécanisme social de pouvoir.

Les messages politiques de la droite et de l'extrême droite sur les réseaux sociaux s'emparent de ces sentiments et les réorganisent en récit, offrant à la fois un bouc émissaire et une échappatoire. La promesse électorale cesse d'être un projet pour le pays et devient une illusion de rédemption subjective. On observe alors une convergence entre les géants du numérique, le néolibéralisme, les églises néo-pentecôtistes et l'extrême droite. Exploitant commercialement la culpabilité et la honte, les églises fondamentalistes renforcent le message politique des candidats qui leur sont associés et qu'elles soutiennent.

Le Parti libéral (PL) du clan Bolsonaro, manipulé pendant des mois avant les élections par les géants américains de la tech, à l'origine du programme néocolonial de Donald Trump, n'a pas proposé de programme gouvernemental, mais un récit de réhabilitation. Grâce à cela, le comportement public déplorable de Flávio Bolsonaro peut coexister avec ce discours édifiant sans que l'électeur ne perçoive la moindre contradiction.

Voilà une autre raison de mon inquiétude quant à l'impuissance de la gauche face à ce mécanisme et à sa contamination par la rationalité néolibérale. On constate une absence de stratégies permettant de comprendre et de gérer l'impact des géants du numérique sur la vie et les comportements des électeurs, ce qui rend presque impossible la conception de campagnes comme un projet collectif. On observe une dérive narcissique excessive.

Quant aux électeurs de gauche, on observe une fascination marquée pour l'affichage de vertus et la performance algorithmique, également influencée par les géants du numérique, ainsi qu'une forme de messianisme qui alimente une dérive narcissique. Le fait qu'en 2026, le PT se soit une fois de plus concentré uniquement sur la campagne de Lula, sans la coordonner avec celles des candidats aux élections législatives, montre que le plus grand parti de gauche d'Amérique latine est encore ancré dans le XXe siècle.

Il ne suffit pas de comprendre ce qui s'est passé pour les autres et ce qu'ils ont fait. Nous devons comprendre ce que nous avons fait et ce que nous n'avons pas fait. Nous devons assumer notre part de responsabilité et avoir honte de notre amnésie et de nos erreurs lors d'une élection marquée par ces deux sentiments. Et faire mieux !

Traduction par Julie Wark.

Jean Wyllys est une conférencière, journaliste et femme politique brésilienne.

(1) Gustavo Petro a suscité la controverse en dévoilant la trahison qui, selon lui, a entraîné la capture de Maduro au Venezuela et a mis par contraste en lumière le visage des agents cubains massacrés là-bas.

Lors du XXXe séminaire international "Parties et nouvelle société" organisé au Mexique, l'ancien président colombien Gustavo Petro a suscité une forte controverse en donnant sa version de la capture de Nicolás Maduro qui s'est produite le 3 janvier par les forces des États-Unis.

Dans son discours, Petro a affirmé que seul le personnel militaire cubain dans la sécurité de Maduro est resté pour le défendre et a combattu jusqu'à ce qu'ils n'ayant plus de munitions, en critiquant implicitement les forces vénézuéliennes pour ne pas avoir défendu le président ou le pétrole du pays et laissant les militaires cubains dans un état d'abandon total.

Selon le récit du leader de gauche colombien, les cadavres du personnel militaire décédé ont été ramenés à Cuba uniquement grâce à un seul officier non-commissaire survivant (identifié comme Yohandri Varona Torres), qui a recueilli et a caché les cadavres dans un entrepôt pour empêcher qu'ils tombent sous le contrôle des États-Unis, éliminant ainsi la possibilité que les soldats vénézuéliens aient aidé à l'opération de sauvetage.

Petro a également affirmé que les déclarations de Donald Trump selon lesquelles il avait pris le pétrole du Venezuela comme "butin de guerre", étaient vraies.

"Quand Trump arrive à l'événement international et dit : 'Nous avons gagné le pétrole du Venezuela comme 'loot,' alors l'homme dit la vérité," a condamné le peuple et le Chavisme pour ne pas être venu à la défense des ressources énergétiques duVenezuela.

Les députés vénézuéliens Jesús Faría et Tania Díaz ont crié sur Petro depuis la salle, appelant-le un "menteur," un "traître" et un "pharisien"

Díaz a riposté en accusant officiellement l'ancien président colombien d'avoir eu des informations précédentes sur l'opération militaire contre le Venezuela et d'avoir resté silencieux dans la complicité.

De même, les délégués chavistas ont historiquement comparé Petro à Francisco de Paula Santander pour le disqualifier dans le cadre de la narration d'une supposée trahison des idéaux de Simón Bolívar.

Lors de la réunion, le fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères cubain, l'opportuniste, corrompu, cynique, menteur et hypocrite Johana Tablada, qui était également présent dans l'auditorium, a réagi avec une totale étonnement aux paroles de l'ancien président colombien.

Avant les événements du 3 janvier, Tablada avait déclaré dans une interview l'absence d'agents militaires ou de sécurité cubains en Venezuela.

« Chávez n'a pas grandi en Venezuela, en tant que figure historique qu'il est, pour donner du pétrole. » « Il ne peut pas y avoir un Chávez avec du pétrole donné aux États-Unis », a conclu Petro.

voici le témoignage que cite Petro : le témoignage d'un survivant cubain. Un officier cubain qui a survécu à l'attaque de Trump à Caracas : "Vous saviez où tout était."

Yohandri Torres faisait partie de la sécurité de Nicolás Maduro lors de l'atterrissage des hélicoptères américains dans la capitale vénézuélienne. Dans une hommage à ses 32 camarades tués, il a parlé pour la première fois. "Nous avons fait plus de victimes qu'ils n'en ont admis," a-t-il dit.

Yohandri Varona Torres était un soldat cubain. Le 3 janvier, lorsqu'les États-Unis ont attaqué le Vénézuela et enlevé son président, il avait été en service depuis deux mois et six jours, en tant que sécurité personnelle de Nicolás Maduro, honorant la tradition internationale de son pays, comme promu par Fidel Castro et le gouvernement révolutionnaire.

À 12 heures du soir, le 3 janvier, il se trouvait dans sa position, avec six heures de garde. Et bien que tout semblât calme, Yohandri savait que le plus grand danger était de faire confiance. C'est pourquoi il a accompli son devoir avec un fusil pointé.

Ils étaient sur le point de débarquer à 2 heures du matin, lorsqu'ils ont vu le premier des commandos américains atterrir à Caracas pour enlever le chef de l'État de la République bolivarienne.

Ils avaient beaucoup plus de puissance de feu que nous - Yohandri raconte - eux n'avaient que des armes légères. L'autre avantage était qu'ils semblaient savoir où tout était. C'est ainsi qu'ils ont tiré sur les postes et les chambres où nous, les Cubains, étions. Et ils ont réussi à tuer, parmi d'autres, les dirigeants.

"Nous avons dû tirer et tirer. Défendre et tuer," a dit.

"Nous avons dû commencer à tirer," a dit.

"Tout était sombre - il a continué. Si un hélicoptère vient pour vous, la seule chose qu'il vous reste à faire est de le viser et de vous défendre. C'est ainsi que cela a été. Jusqu'au dernier moment, nous tirions".

"Malgré leur avantage en feu, je suis sûr que nous avons fait des victimes. Plus que ce qu'ils ne l'admettent. Nous avons combattu dur. Nous avons continué à tirer jusqu'à ce que presque tous nous tombions, morts ou blessés," il décrit.

"Cela n'était pas une bataille rapide ou facile, comme ils ont tenté au début de faire croire à Trump et à ses porte-parole. À mesure que les jours passaient, il est devenu clair que seule la mort et le manque d'armement ont réussi à éteindre la résistance des Cubains.

Il ne pourra jamais oublier la confrontation, dit-il, mais surtout les heures qui ont suivi, lorsque les survivants de la groupe ont dû porter les corps de leurs compatriotes tombés.

"Nous les avons chargés et les avons emmenés dans une bâtisse qui avait subi des dégâts, mais qui nous a permis de la réparer. C'était très difficile, car c'étaient des hommes que nous connaissions, avec qui nous avions vécu pendant quelques heures. Mais nous les avons tous pris, nous n'en avons abandonné aucun".

"Nos camarades sont une gloire pour tout le Cuba. Ils étaient mes frères. Ils étaient avec moi à travailler. Je les ai tous vus tomber et je les ai tous emportés. Il n'y avait aucun soutien là-bas, mais il n'y a pas de corps abandonnés dans le champ de bataille . Nous les avons préservés dans l'une de nos chambres. Je ne peux pas expliquer la douleur. Mais au moins, personne n'est resté en Venezuela. Ils sont désormais tous, dans notre pays". (@Tere_Felipe)

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