Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

Forte chute de l’or et de l’argent, mais les ventes paniques ne modifieront pas la tendance haussière à long terme, dit la Chine

L’or et l’argent chutent à l’approche de l’arrivée de Kevin Warsh à la tête de la Fed et cette chute est considérable puisqu’elle représente le PIB de la France et de la Grande Bretagne cumulées. On mesure à travers cette simple référence sur quelles sommes se déploient les spéculations financières à partir des effets d’annonce dans lesquelles excelle Trump. Parce que vendredi il y a eu la nomination du responsable de la FED mais aussi une déclaration de Trump à propos de l’Iran et de son armada. Donc le dollar est reparti à la hausse mais la Chine ne voit là qu’une tendance momentanée dans une montée constante qui après cette baisse devrait repartir à la hausse. Même en ce qui concerne le système financier, nous avons une différence de temporalité dans l’analyse de la Chine et celle du monde occidental. Notez que les plus grands perdants de cette chute brutale sont à Londres avec les entreprises minières. En outre on peut s’interroger sur le choix de Trump de recréer un développement industriel dans ce contexte, comme d’ailleurs celui du coût des guerres. (note de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Le nouveau patron de la Réserve fédérale américaine sera finalement Kevin Warsh. Une décision de Donald Trump qui rassure les marchés mondiaux. Parce que Kewin Warsh est plus préoccupé de l’inflation que de la croissance économique alors que tout laissait craindre que Trump nomme un responsable de la tendance inverse ce qui avait provoqué une incertitude boursière avec un afflux vers l’or et l’argent.

En période de doute, les métaux précieux comme l’or et l’argent sont un bon refuge. Le cours de ces métaux a donc baissé après l’annonce du président américain.

L'arrivée imminente de Kevin Warsh à la Fed fait chuter le cours de l'or et de l'argent

L’arrivée imminente de Kevin Warsh à la Fed fait chuter le cours de l’or et de l’argent © getty images

Les marchés mondiaux sont rassurés, donc l’or et l’argent chutent. Aux alentours de 16 heures vendredi (en France), l’once d’or perdait 6,38% à 5 036 dollars (4 232 euros) et l’once d’argent 14% à 99,64 dollars (54,83 euros). Cela pèse notamment sur les grandes entreprises minières, particulièrement représentées à la Bourse de Londres, rapporte La Tribune. C’est le cas d’Anglo American (-2,63%), Rio Tinto (-3,50%), Glencore (-2,11%) et Antofagasta (-3,49%).

Cette situation est causée par une décision de Donald Trump. Le président américain devait trouver un remplaçant au patron de la Réserve fédérale américaine (Fed). Après le débat de Jerome Powell, c’est Kevin Warsh qui prendra la tête de la Fed : « Je suis heureux d’annoncer que je propose la nomination de Kevin Warsh au poste de PRÉSIDENT DU CONSEIL DES GOUVERNEURS DU SYSTÈME DE RÉSERVE FÉDÉRALE », a écrit le Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Pour les analystes chinois qui eux aussi constatent cette chute brutales des cours de l’or et de l’argent vendredi heure américain avec une perte équivalente au PIB cumulé du Royaume-Uni et de la France en 2025, cette chute a mis fin à la forte hausse des dernières semaines. Selon les analystes, ce repli reflète une correction à court terme, due à des prises de bénéfices des investisseurs après la récente et vigoureuse progression des cours. La tendance haussière à long terme des prix des métaux précieux devrait toutefois se maintenir.

La rapidité et l’ampleur de la dégringolade des cours de l’or et de l’argent vendredi ont été alarmantes. Ce net repli a effacé environ 7 400 milliards de dollars de capitalisation boursière combinée, selon une analyse de MarketWatch, basée sur l’offre disponible et les cours au comptant. Ce montant équivaut au PIB cumulé du Royaume-Uni et de la France en 2025. Selon les données officielles du FMI, le PIB de la France s’élevait à 3 360 milliards de dollars et celui du Royaume-Uni à 3 960 milliards de dollars en 2025.

Le cours de l’argent au comptant a chuté de 28 % à 83,45 dollars l’once, se négociant près de son plus bas niveau de la journée. Les contrats à terme sur l’argent ont dégringolé de 31,4 % pour clôturer à 78,53 dollars, leur plus bas niveau depuis mars 1980. Le cours de l’or au comptant a baissé d’environ 9 % à 4 895,22 dollars l’once. Les contrats à terme sur l’or ont chuté de 11,4 % pour clôturer à 4 745,10 dollars, selon CNBC.

Plusieurs grands médias financiers américains, dont le Wall Street Journal, CNBC, Bloomberg et Forbes, ont attribué cette baisse à l’annonce de la nomination d’un candidat partisan d’une politique monétaire restrictive à la tête de la Réserve fédérale.

La panique boursière de vendredi a été déclenchée par le rebond du dollar américain suite à l’annonce de la nomination de Kevin Warsh à la tête de la Réserve fédérale par l’administration Trump, une information confirmée par la suite, selon Bloomberg. Après la confirmation de cette nomination par le président américain Donald Trump vendredi matin, le dollar a enregistré sa plus forte hausse journalière, et l’or et l’argent ont subi une violente chute. Les contrats à terme sur l’or ont connu leur plus forte baisse journalière jamais enregistrée, marquant la pire journée pour l’or et l’argent depuis 1980, d’après le Wall Street Journal.

Historiquement, Kevin Warsh s’est davantage préoccupé de l’inflation que du ralentissement de la croissance, toujours selon le Wall Street Journal. Son éventuelle nomination pourrait freiner l’engouement récent des investisseurs pour les métaux précieux, considérés comme une valeur refuge dans un contexte d’inflation américaine élevée, d’après les analyses des médias.

La politique de la Réserve fédérale et l’économie américaine n’ayant pas encore atteint de point d’inflexion, le marché haussier de l’or pourrait ne pas être terminé, a rapporté le China Business Journal samedi, citant une analyse de China International Capital Corporation Limited (CICC).

« Compte tenu de la forte hausse des cours de l’or ces dernières semaines, le marché avait déjà besoin d’un repli, et cette vague de ventes résulte de la combinaison de plusieurs facteurs », a déclaré Yang Delong, économiste en chef du First Seafront Fund. Il a ajouté que la récente et vigoureuse progression avait entraîné d’importantes prises de bénéfices, provoquant ainsi la forte baisse de vendredi. Même en tenant compte des pertes de vendredi, l’argent affiche une hausse de plus de 150 % par rapport à l’année dernière. L’or a également enregistré des gains remarquables au cours de l’année écoulée, les investisseurs se tournant vers des valeurs refuges comme les métaux précieux pour se prémunir contre l’incertitude des marchés financiers et de l’économie mondiale. Après la forte baisse de vendredi, l’or affichait encore une hausse de plus de 70 % sur un an, selon NBC.À court terme, le prix de l’or a connu une forte progression, franchissant successivement les seuils de 5 000 $ et 5 500 $, signe d’une surchauffe et d’une correction conjoncturelles.

À long terme, compte tenu de l’augmentation continue de la masse monétaire en dollars américains et de la dette publique américaine croissante, le marché devrait soutenir une tendance haussière durable des prix de l’or, a déclaré Yang.

L’or demeure un instrument d’investissement important. L’histoire montre qu’après des hausses rapides à court terme, les prix se consolident ou reculent souvent. L’activité spéculative la plus courante est le fait des grandes institutions d’investissement internationales, tandis que l’accumulation de réserves des banques centrales et les achats au détail sont des opérations de routine, a déclaré Dong Shaopeng, chercheur principal à l’Institut Chongyang d’études financières de l’Université Renmin de Chine, au Global Times.

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1 Commentaire

  • Franck Marsal
    Franck Marsal

    Cette nomination et les mouvements boursiers qu’elle a déclenchée sont pleins de paradoxes. La baisse des cours de l’or et de l’argent est historique quand on considère sa rapidité, l’or a perdu jeudi environ 10% de sa valeur en 30 minutes seulement. Mais cette valeur est à mesurer aussi à la lumière de la progression que l’or a connu depuis la crise financière de 2007 – 2008. La chute de la valeur de l’or représente en réalité seulement ce que le métal précieux avait gagné sur une semaine.
    On retrouve ce paradoxe dans la décision de Donald Trump dont on dit qu’elle a été le déclencheur de ce vaste mouvement boursier : la nomination de Kevin Warsh à la tête de la Fed, la banque centrale des Etats-Unis d’Amérique, le centre de décision du capitalisme impérialiste. D’un côté, Kevin Warsh est un « faucon ». Un adepte des politiques monétaristes néo-classiques. Après la crise de 2008, il avait critiqué les politiques dite « d’assouplissement quantitatif ». Ces politiques avaient permis à la Fed de stabiliser les marchés financiers et l’économie US en déversant des milliers de milliards de dollars de monnaie dans les comptes des banques. Elle est en partie responsable de la renaissance de l’inflation avec laquelle se débat difficilement l’économie états-unienne depuis plusieurs années. Pour lutter contre l’inflation, l’économie néo-classique recommande la hausse des taux. Et la hausse des taux pourrait ramener vers le dollar les capitaux nécessaires à la stabilisation financière des USA et au financement du complexe militaro-industriel. C’est en apparence ce qui a déclenché les ventes accélérées d’or et de métaux précieux sur les marchés financiers la semaine passée. L’anticipation d’une possible hausse des taux qui pourrait à nouveau rendre le dollar plus attractif que l’or.
    Mais d’un autre côté, Kevin Warsh a, ces dernières années, quelque peu viré sa cuti et Donald Trump l’a en partie choisi avec l’objectif inverse de baisser les taux, de dévaloriser le dollar et d’imposer à la Banque Centrale états-unienne de financer elle-même le déficit fédéral et le budget militaire de Trump.
    L’autre caractéristique de Warsh est d’être un banquier aguerri. Il avait joué en 2008 un rôle crucial dans le sauvetage des deux grandes banques d’affaires états-uniennes en difficultés : Goldman Sachs et Morgan Stanley. Il n’est pas un théoricien de l’économie mais un fin connaisseurs des rouages qui relient la sphére politique et les grands établissements qui dirigent la finance US. Il est tout à fait prêt à jouer aveuglément la politique de Trump en contrepartie de sa nomination et son arrivée signe une étape supplémentaire de la centralisation des pouvoirs au sein du camp occidental entre les mains du président états-uniens. Son image de faucon pourrait être l’habillage parfait d’une politique inverse. On parle d’une baisse des taux à 1%, qui ménerait à une dévaluation rapide du dollar et d’une révision du mandat de la banque centrale dont la priorité ne serait plus la lutte contre l’inflation (le graal monétariste depuis l’êre de Reagan et de son président de la Fed emblématique Paul Volcker) mais le financement du budget fédéral par l’émission monétaire.
    La réalité est la situation de Zugzwang, dont Danielle a fait son dernier ouvrage, cette situation du jeu d’échec où tout mouvement réalisé par un des protagonistes ne fait que dégrader sa position. Il faut pourtant jouer quand même.
    La hausse de l’or marque la défiance des marchés financiers vis-à-vis de la dette états-unienne, qui s’accroit de manière accélérée et dangereuse. Cette dette se double d’une crise sociale et politique, d’un affaiblissement même des indicateurs de santé de la population, d’une montée des tensions internes. Technologiquement, les USA sont en train d’être rattrapés par la Chine et industriellement, ils sont déjà dépassés. Internationalement, la politique de Biden était un échec complet. Plus aucune « sanction » ne fonctionne et cette contre la Russie ont laissé l’Europe exsangue et divisée sans affaiblir nullement le président Poutine. Mais celle de Trump se débat dans la sphère de la communication terroriste, sans engranger pour l’instant d’avancée notable. Certes Nicolàs Maduro et son épouse Cilya Florès sont retenus en otage à Washington, mais la position générale du Venezuela dans les négociations avec les USA, négociations déjà engagée par le président Maduro n’est guère affaiblie. La perspective de paix en Ukraine s’éloigne et la Russie poursuit l’atteinte de ses objectifs par la voie militaire. La confrontation avec l’Iran demeurre difficile, conduisant les USA à beaucoup de gesticulations, mais à une hésitation profonde, les risques militaires tout comme politiques sont très importants. Mais ne rien faire, serait accepter que le rapport de force militaire, diplomatique et technologique ne fasse que s’accroitre encore en faveur de l’Iran.
    Sur le plan économique, la situation est également difficile. Réhausser les taux pour continuer le financement de la dette états-unienne en attirant les capitaux mondiaux fonctionne de moins en moins bien. De plus, la hausse des taux provoquerait une récession économique qui est la dernière chose que Trump souhaite. Mais la baisse des taux à 1% et le financement du déficit US par la Fed accélèrerait l’inflation, affaiblirait le dollar et ruinerait ce qui reste des classes moyennes états-uniennes. Quant à l’inaction et aux status quo, ils mènent doucement à la stagflation, le mélange explosif de la stagnation économique et de l’inflation. Pour l’instant, la seule voie qui fonctionne (et qui est une voie de continuité entre Biden et Trump) est de faire payer les vassaux européens. La destruction des gazoducs Nord Stream et le chantage ukrainien ont fait de l’Europe le client obligé du coûteux gaz liquéfié états-unien et des armes. Trump a enfoncé plus profondément l’épée dans le dos européen consentant en menaçant d’abandonner l’Ukraine et en augmentant les tarifs douaniers. Mais l’Europe se divise inexorablement et ses moyens financiers sont eux-même en voie d’épuisement.
    C’est ce qui explique la centralisation des pouvoirs entre les mains de Trump : le niveau de crise est tellement profond qu’il faut pouvoir agir très vite et de manière imprévisible au développement constant des situations et des dangers. Dans cette optique précisément, les mouvements boursiers ultra-rapide comme celui de l’effondrement de l’or depuis jeudi sont la dernière chose dont l’impérialisme US a besoin. Ils ne peuvent que provoquer de dangereuses réactions en chaînes, qui elles-mêmes peuvent être, à tout moment, le déclencheur de l’avalanche financière, qui n’a été que différée depuis 2008 par la « monnaie-hélicoptère » et les différents subterfuges qui l’ont accompagnée.

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