Histoire et société > Actualité
En Allemagne c'est la mobilisation générale et... les élections dimanche
le journal de gauche jungewelt fait un bilan de l'impopularité de Merz et de la manière dont celui-ci est prêt à tout pour imposer son militarisme à un peuple qui n'en veut et qui est comme nous asphyxie par les politiques qui sont menées. Le chancelier Merz ne se contente pas du blocage d'Ormuz, de Suez et de la mer noire, il veut maintenant intervenir du côté de l'arctique et intervenir pour bloquer la route des poles. Les fausses nouvelles sont son armes et le discours de Macron qui n'est pas assez combattu pour des raisons purement électoralistes nous fait recycler ce discours qui ne profite qu'à l'extrême droite.
Publié par Danielle Bleitrach
le
Source : www.jungewelt.de
illustration : Le chancelier est en train d'échouer, inspecteur général Breuer, prenez les choses en main !
Friedrich Merz a commis une erreur : les électeurs ne veulent ni d'aide militaire pour la guerre par procuration de l'OTAN en Ukraine, ni d'un renforcement massif des armements contre la Russie. Le mécontentement persistera, quel que soit le résultat des élections de dimanche. Le gouvernement allemand engloutit 11,6 milliards d'euros dans le gouffre financier que représentent les dépenses ukrainiennes pour la seule année en Allemagne, dépassant de loin tous les autres États volontaires, eux aussi contraints de faire des sacrifices. Le budget militaire pour 2027 grimpe de plus de 30 milliards d'euros pour atteindre 140 milliards. Même les plus fervents défenseurs de la préparation militaire craignent que cela n'entraîne le pillage final des fonds de la sécurité sociale. Le chancelier est tout simplement incapable de rallier les masses à cette cause. Or, c'était son mandat. Résultat : la CDU en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale est au bord du seuil des 5 % – dans l'est de l'Allemagne, la majorité ne perçoit pas de menace russe et vote dans le mauvais sens.
Que faire ? La première réponse est la suivante : si l'on ne parvient pas à rallier les masses à « notre » guerre en Ukraine, peut-être peut-on les convaincre de soutenir la production d'armements créatrice d'emplois (Michael Kretschmer, CDU, Saxe) ou de contribuer à l'expulsion des migrants (Ulrich Siegmund, AfD, Saxe-Anhalt). Le ministre-président de Saxe considère comme une « grave erreur » que Merz, qu'il ne nomme pas, ait fait de l'Allemagne une « partie prenante à la guerre » en Ukraine. Merz réplique : quiconque renonce aujourd'hui à la liberté de l'Ukraine « renonce demain à la liberté de toute l'Europe ». Cet homme cherche à rester une figure terrifiante pour les électeurs.
On ignore encore si l'approche Kretschmer-Siegmund – la guerre en Ukraine un désastre, le renforcement des armements une aubaine – trouvera un écho auprès du grand public. Merz, cependant, semble préférer se priver de voix plutôt que de suspendre la guerre. Après tout, elle ne coûte que des vies humaines
Il envoie fréquemment le général Carsten Breuer, inspecteur général de la Bundeswehr, sur le devant de la scène, où ce dernier défend le principe fondamental de la politique impérialiste allemande : faire croire à la population que Poutine attaquera au plus tard en 2029. Breuer n’explique pas les motivations de Poutine ; il se contente de lancer un avertissement dans l’émission « Maischberger » : « Il ne faut plus douter de la menace que représente la Russie. » Et mercredi, lors d’une conférence à Prague, il exige non seulement de regarder « bien au-delà de l’Ukraine », mais aussi de déployer « un effort concerté de toute la société ».
Ainsi, l'horizon idéologique au-delà de Merz se précise : laisser Kiev se débrouiller seule, partiellement ou totalement, et s'engager pleinement dans l'armement avec l'aide de la communauté nationale. Car, comme le souligne Breuer, celui qui est en avance aujourd'hui sera à la traîne demain, compte tenu du rythme sans précédent du développement des armements. La conclusion est sans appel : la Russie ne nous menace peut-être pas aujourd'hui, mais sa rapidité d'invention fera qu'elle le fera demain. Il en découle qu'il nous faut tirer plus tôt, et avec l'aide de tous les Allemands. Les contes de guerre étaient autrefois plus simples.
