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Tant qu'il n'y a pas d'œuvre commune, il y aura toujours de l'intolérance

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Histoire et société > Éditorial

Editorial : Que faire? Y a-t-il un pilote dans l'avion? par danielle Bleitrach

Si j'avais un conseil à donner à tous ceux qui aujourd'hui se mettent en grève et ont le courage sur des bases diverses et souvent confuses de se battre, de résister ce serait d'abord de tenter de mesurer le tsunami que ce système nous prépare et donc de chercher les conditions du rassemblement et de l'organisation où que vous soyez. Cela dit celui ou celle qui va hériter de cet appareil d'Etat qui court vers une aggravation de la dictature de la bourgeoisie (comme disait Marx) , va être confronté à un tsunami; Parce que la gestion d'un tel système est impossible et qu'il ne peut qu'engendrer le pire y compris et surtout après le "totem" électoral des présidentielles s'il tient jusque là... Mais parce que les mesures prises aujourd'hui creusent un peu plus la difficulté pour ceux qui en hériteront(comme la livraison des stocks d'essence raffinée que l'on aura le plus grand mal à renouveler... tout va dans ce sens et comme nous n'avons pas pour le moment ni de Lénine, ni de Fidel, ni même de Maurice Thorez, il va falloir être très attentif à ce qui nait. En attendant le peu que chacun réalise est beaucoup plus important qu'il ne le croît...

Publié par Danielle Bleitrach

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Article original pour le blog

Face à ce mouvement qui secoue la France et même l'Europe, cette crise de l'Etat et de sa gouvernance des sociétés occidentales dites démocratiques nous sommes dans un ébranlement qui rend tout confus.

En ce qui me concerne il n'y a aucune organisation, aucun parti dans lequel je me reconnaisse en totalité et ce doit être la même chose pour la plupart d'entre nous. J'ai pourtant constaté que le choix qui m'apparaissait le plus proche de mes engagements et de ce que je percevais du présent et de l'avenir était celui en faveur du PCF et le vote à la présidentielle pour Fabien Roussel. Mais là aussi le tremblement de terre n'améliore pas la visibilité..;

J'avais approuvé des choix comme celui du travail, de la paix, la réindustrialisation, le nucléaire comme énergie, la souveraineté française . Au niveau de la méthode, le fait qu'il ne s'enfermait pas dans la campagne électorale et l'enjeu des présidentielles,. Il invitait à intervenir tout de suite, effectivement il a été entendu. Il tentait de rassembler ceux qui s'étaient égarés dans le vote pour le RN et dans l'abstention des délaissés du système. Cela correspond à mes propres analyses sociologiques sur ce qu'était devenu le "champ politique", de plus en plus autonomisé avec ses "experts politiciens, journalistes et intellectuels cooptés un tel jeu entre spécialistes excluant de fait l'intervention populaire. tel jeu qui restait dominés par les intérêts de la classe dominante mais traduits dans le code spécifique du "champ". Mais cette audacieuse rupture qui était esquissée supposait un parti qui était capable de jouer le jeu au delà des médias Un parti qui aurait mené la campagne comme une reconquête en particulier sur les lieux du travail. Le manque est encore évident: malgré quelques actions en général se situant au niveau des sections sans relais fédéraux au contraire, cet élan n'est pas au rendez-vous pour le moment. Il est vrai que le mouvement plein de promesse qui se développe a pour le moment tendance à mobiliser les militants sur le terrain mais sans privilégier l'organisation, ce qui se fait se fait ou devrait se faire au niveau des syndicats.

Je pense donc que la campagne du parti va s'orienter sur ce qui est devenu la véritable culture de ce parti plus proche de Jaurès que de Maurice Thorez. C'est-à-dire un idéal républicain. La logique ultime en serait le retour au Congrès de Tours qui était déjà l'orientation des divers secrétaires depuis Robert Hue. On peut penser qu'elle avait été préparé par le ralliement au XXIIe congrès à ce qui allait être l'eurocommunisme.

Que l'on me comprenne bien je ne suis pas d'accord avec cette orientation et elle m'a déjà interdit de retourner au PCF mais je la comprend et je n'incrimine personne. Je ne suis pas d'accord non pas comme on l'a cru parce que je serais une stalinienne attachée au dogme, comme on m'en a fait le procès imbécile, mais au nom du présent et de l'avenir déjà là. Ce qui dépasse largement ce choix partisan et nous en sommes tous là, dans cette étrange situation où rien n'est totalement adéquat et où pourtant il est urgent de s'organiser. Ne croyez pas que cela soit plus facile pour une communiste.

Je dois dire que je me suis trouvée aussi peu adaptée aux camarades dogmatiques, qui se croyaient encore aux temps de Dimitrov et qui cherchaient simplement à reproduire le passé. Ils avaient à mes yeux au moins le mérite de conserver ce passé comme l'avaient fait les copistes du Moyen âge qui ont livré tout un patrimoine intellectuel de l'antiquité au mouvement de la Renaissance qui amorce un univers marchand capitaliste et avec des monarchies ouvertes sur la conquête coloniale. .Inutile de dire que les textes de l'antiquité sont alors réinterprétés dans un tout autre sens, conçus dans un monde esclavagiste ils deviennent "humanistes" et bourgeois.

Le fait est que les partis issus de l'eurocommunisme et en particulier le PCF n'ont plus pratiquement de références théorico pratique au communisme et même à ce qui fut le parti de Maurice Thorez. L' héritage du PCF est celui du syndicalisme révolutionnaire avec son horizon de grève générale et ce qui va avec le parti à la Jaurès, la tradition Jacobine et républicaine, laïque, toutes choses que le PCF de Maurice Thorez avait su intégrer. dans un choix marxiste léniniste. A désormais été sacrifié dans ce patrimoine tout ce qui était communiste, matérialisme historique et dialectique, non seulement les classiques du marxisme russe cubain, italien chinois, etc... mais la part française depuis Gracchus Baboeuf, la Commune, voire même l'interprétation du marxisme par Jules Guesde tout cela a disparu non seulement chez les militants mais chez les dirigeants. Visiblement , ils ne s'intéressent à la question que par le biais des universitaires qui ont abandonné tout le lien avec la mise en œuvre. . Ce que disent les cadres de ce parti est complètement étranger à ce patrimoine du matérialisme historique, désormais nous sommes devant une génération de cadres qui n'ont plus fait d'école et qui lisent de moins en moins ou seulement ce qui émane du consensus actuel

Il y a eu de récentes déclarations qui m'ont laissée stupéfaite : ce n'est pas l'abandon de la dictature du prolétariat qui me choque, cet abandon date de 1976 et comme disait Fidel Castro à l'époque: " s'ils y arrivent sans ça tant mieux pour eux!… " Il est clair que nous n'y sommes pas arrivés... mais le plus étonnant c'est le bradage stupéfiant de la nécessité d'avoir des permanents comme la CGT en a, c'est aussi fou que l'objectivité de la presse par les journalistes de l'humanité qui ne sont plus communistes et quand ils le sont c'est pire…

Bref, on se demande quel est le but d'un tel parti et ce qu'il entend pas le socialisme, puisqu'il a avec quelques années de retard désormais abandonné le marxisme comme l'a fait la social démocratie dans son choix mitterrandien.

Donc en ce qui concerne le concept de dictature du prolétariat ou démocratie véritable puisqu'elle celle de la majorité sur la minorité capitaliste, disons que si vous y arrivez sans tant mieux. Les faits sont têtus il n'y a eu aucune réussite même Allende s'est pris un sacré râteau… et le peuple chilien n'en est toujours pas sorti. Ce dont je suis convaincue par les FAITS c'est que toute tentative de changement sans un parti communiste qui construise immédiatement face à l'anarchie de la décomposition de l'Etat bourgeois a été noyée dans le sang ou s'est retourné comme le Venezuela actuellement. Quant à la social démocratie, le PS la dérive n'est pas moins stupéfiante quand on voit l'autre vieux partis ouvriers se retrouver avec un Glucksmann... Nous en sommes tous là... Sans parler de l'aventurier qui a fini par être installé à la tête de l'Etat après avoir promis d'en finir avec la droite et la gauche une des rares promesses tenues..

L'anticommunisme règne en maître alors que le fascisme, le racisme sont un moindre mal... La répression finit par être justifié: Cuba est communiste c'est donc une dictature menaçante face à laquelle serait justifié un blocus génocidaire... L'image de la révolution s'identifie à la violence contrerévolutionnaire alors que la preuve est faite que quand le communisme cède la place à la contre-révolution les seules victimes sont encore et toujours les communistes... Jamais un régime communiste ose la répression à la mesure du capital si ce n'est pour empêcher le massacre... Je suis fière avec Delga du travail que je viens de faire sur ce qui s'est passé à Budapest en 1956. Oui il faut rétablir les faits, les contextualiser dans le temps et dans l'espace, et c'est à quoi je me consacrerai.

Mais parlons de l'avenir: pour moi il y avait peut-être une fenêtre que le PCF aurait pu choisir . J'ai déjà noté à quel point actuellement certaines victoires relèvent d'interprétation diverses celle de Lula par exemple ou celle en Serbie et même (là il fallait réellement un optimisme béat) d'Israël , ces victoire ont été présentées par les uns comme la victoire d'une troisième voie "démocratique, sociétale" sur le fascisme conservateur à la Trump mais d'autres y ont vu la capacité du sud et du monde multipolaire contre le dit fascisme. je suis de ce côté là tout en notant que cette situation suppose une transformation du monde multipolaire par rapport à cet affrontement. Nous en sommes là...

Paradoxalement, ne me faisant aucune illusion sur l'état du PCF, mais tablant sur ce que la pression des luttes comme les échecs de la stratégie de l'impérialisme apporteraient j'avais envisagé une fenêtre, un espace possible dans lequel innover : effectivement ce qui se passait avec Lula pouvait peut-être apporter une inspiration. Encore fallait-il mesurer comme lui son affiliation au monde multipolaire avec à sa tête non seulement le parti communiste chinois mais une sacré équipe de "résistants" sur des bases diverses, dont le PC cubain mais surtout la Russie, l'Iran. S'accrocher à ce champ pour s'arracher à celui du fascisme réel que représentait l'impérialisme avec son syndic de faillite Trump, offrirait peut-être un espace pour des tentatives à la Lula. Pour une voie européenne mais certainement pas avec l'UE inféodée aux USA. Mais comme pour Lula le plus dur viendrait après l'élection et cela supposait une mobilisation et une organisation phénoménale. Alors que l'image que j'ai est celle de Bernard l'ermite à la recherche d'une coquille difficile à trouver et avec peu de monde pour la construire.

Je suis convaincue que si la poussée se poursuit cette voie n'est pas totalement fermée mais elle produira ses propres cadres, ils sont déjà là. Fidel Castro expliquait que quand il y a une "révolution" celle-ci produit à profusion ses cadres. Comment les aider ? Je n'ai trouvé qu'un moyen transmettre, rétablir et ils en feront ce qu'ils voudront ou pourront.

Nous sommes dans une société bloquée avec des "élites" qui se reproduisent dans un cercle de plus en plus fermé et la jeunesse a besoin d'avenir donc je ne suis pas ,totalement pessimiste au contraire. Surtout que ce mouvement comme souvent en France pose la question de l'Etat et en France la solution vient souvent d'une crise de l'Etat avec la nécessité d'inventer : notre peuple semble fait pour ce genre de rupture mais celle dont nous avons besoin n'est pas du rafistolage et c'est tout sauf l''anarchie.

Cela dit celui ou celle qui va hériter de cet appareil d'Etat qui court vers une aggravation de la dictature de la bourgeoisie comme disait Marx va être confronté à un tsunami parce que non seulement la gestion d'un tel système est impossible mais les mesures prises aujourd'hui creusent un peu plus la difficulté pour ceux qui en hériteront et comme nous n'avons pas pour le moment ni de Lénine, ni de Fidel, ni même de Maurice Thorez il va falloir être très attentif à ce qui nait.

Personnellement à mon âge vénérable je vais poursuivre dans le recueil de ce qu'a été le communisme en France vu qu'il n'y a plus grand monde pour en avoir la moindre idée. Mais je conseille à ceux qui sont en âge d'agir de ne pas craindre de le faire et de se dire qu'il y aura pas mal d'erreurs mais que c'est le propre de ce qui est efficace.

Je ne cesse de repenser à mon compagnon Pascal Fieschi qui quand le parti a été interdit par le gouvernement pourtant issu du Front populaire et qui sera celui qui fera appel à Pétain n'était plus que trois communistes pour Aix et le bassin minier alors que des foule immenses acclamaient Pétain et qui eut le courage de faire face, en étant torturé sans livrer le nom des deux cent adhérents du Front constitué par jonction avec les gaullistes et dont il était le responsable, le seul à tous les connaitre.. Dachau, le retour... une épopée qui fut celle des communistes, comme je pense à Cuba qui eut le même courage quand l'URSS s'est effondrée... Ce ne sont pas seulement des gens qui avaient un idéal mais ils étaient très concrets, pour résister et construire dans la tempête.

Tous mes voeux vous accompagnent ..

danielle Bleitrach

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