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Editorial : de bonnes nouvelles, elles soulagent mais cela ne sera rien sans l'intervention populaire ... par danielle Bleitrach
comme le dit Franck Marsal en commentaire de l'article d'aujourd'hui sur le coup d'Etat en Pologne : C'est tout ce système impérialiste et fascisant, hérité de la guerre froide, qui se lézarde partout.
La défaite de Trump s'explique par les mêmes raisons que la défaite de Biden il y a deux ans. Les états-uniens ne veulent plus de cette politique de guerre qui fait monter les prix, étrangle leur niveau de vie et des dépenses d'armement faramineuses qui détruit toute possibilité de politique sociale, éducative, de santé. Et ils ont compris que la guerre à l'extérieur signifie aussi la répression à l'intérieur.
Les français sont du même avis. Nous devons donner corps à cette volonté de paix. Il faut mettre fin à l'escalade partout, liquider les institutions héritées de la guerre froide comme l'OTAN et l'UE et donner la priorité à la vie, rétablir le pouvoir de vivre et le pouvoir d'agir des familles populaires, rétablir notre système social, notre système de santé, notre système éducatif, et par dessus tout, notre industrie et notre agriculture nationales.
Publié par Danielle Bleitrach
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Article original pour le blog
La première bonne nouvelle c'est la défaite totale, la râclée que prend le président des Etats Unis. En effet la vague démocrate ou plutôt le rejet de Trump avec lui la guerre et l'inflation comme partout se traduit au Midterms aux États-Unis par la perte non seulement de la chambre des représentants mais le sénat, c'est -à-dire le Congrès. : Trump dit «accepter les résultats» mais refuse toute défaite personnelle
1) Donald Trump a dit ce mardi qu'il « acceptait » le résultat des élections de mi-mandat, qui voient une vague démocrate déferler sur le pays, mais refuse d'en assumer la responsabilité. paradoxalement comme nous le verrons il dit une part de vérité tout en étant totalement "responsable
« Je suis tout à fait disposé à accepter ces résultats », a-t-il déclaré au New York Times. « Nous travaillerons avec les démocrates. il a rappelé tout de même avec insistance qu'il avait un « pouvoir de veto » face aux lois que voterait un Congrès démocrate. S'il a reconnu que la très impopulaire guerre contre l'Iran avait pesé « en partie » sur les résultats, il a jugé que « les gens comprenaient l'importance » de ce qu'il avait fait en déclenchant le conflit.
Après ces succès démocrates, Donald Trump sera certainement visé par de nombreuses enquêtes lancées par la Chambre des représentants. Avec la bascule du Sénat, il perd en grande partie son pouvoir de nomination, en particulier en cas de vacance à la Cour suprême, puissante institution dont les neuf juges sont nommés à vie. Il conserve toutefois une importante marge de manœuvre diplomatique et militaire.
Donc s'il est difficile d'évaluer l'incidente de cette défaite de Trump pour savoir les implications réelles sur la paix et la guerre et si la majorité des démocrates est de ce point de vue plus dangereux que Trump lui même, il va être difficile de rompre totalement avec l'exigence populaire et de surcroit il conserve l'essentiel de ses prérogatives en matière diplomatique et militaire. Son action va cependant être un marchandage constant sur des bases qui n'auront pas grand chose à voir avec le enjeux officiellement proclamés mais plutôt des intérêts privés ce qui rend compliqué l'évaluation des conséquences en particulier en ce qui concerne la paix en Ukraine et au Moyen Orient. Parce que paradoxalement Trump quand il dit que c n'est pas de sa faute pour une part dit la vérité.
Trump ne disposait que d'une brève opportunité pour mettre fin à la guerre en Ukraine. Sa chance a tourné le 13 juin 2025, lorsque Netanyahu a bombardé l'Iran, malgré des mois d'efforts de Trump pour le dissuader de son projet. Dans toutes les provocations et escalades de ses alliés et "proxys" il a raison d'affirmer que ce n'est pas lui mais il n'en est pas moins responsable de tout ce qui s'est passé Il aurait pu rompre les liens avec Netanyahu, lui aussi. Mais il lui était impossible de le faire comme de ne pas continuer de fait à alimenter la guerre en Ukraine et ça c'est ce que très justement Franck Marsal désigne comme le système impérialiste et fascisant mis en place au moins à partir de la fin de la seconde guerre mondiale.
2) l'Histoire ne se reproduit pas et n'est jamais la projection d'un esprit théorique sur la réalité, cet esprit fut-il celui de Karl Marx, Lénine ou Dimitrov, pourtant il faut s'en pénétrer
C'est pour cela que m'horripilent les dogmatiques qui à partir du moment où ils entendent le mot fasciste soit se croient revenus à Dimitrov ou même au Front populaire. En fait ils conçoivent l'histoire selon Hegel (sans en avoir le génie dialectique) mais pas selon Marx et Lénine. L'histoire n'est pas le déploiement de l'esprit, de la pensée fut-elle théorique mais bien l'action des hommes dans des conditions de possibilités datées. celles d'aujourd'hui sont totalement différentes de celles des années trente parce qu'il existe un monde multipolaire, une stratégie chinoise avec des partenaires et que la crise du capitalisme s'est encore aggravée, ce que j'ai décrit comme le Zugzwang, ce moment ou tout ce que tentent les factions de l'impérialisme se retournent contre elles.
Ce qui ne veut pas dire que la stratégie de la classe ouvrière, l'intervention populaire en soit facile : elle n'est jamais en tous les cas la reproduction de l'ancienne ne serait-ce que parce qu'elle a échoué mais surtout parce que les conditions ont changé et que ce sont de ces conditions qu'il faut partir. Il faut avoir la méthode d'un Dimitrov mais pas reproduire pareils pour le Front populaire qui s'est tout de même terminé par l'échec devant l'Espagne et l'interdiction du PCF, la mise en prison d'Ambroise Croizat et in fine l'appel à Pétain.
Notez que cela rappelle étrangement ce qui se passe en Israël ... Des élections qui apportent un soulagement mais qui ne règlent rien sur le fond au contraire. Et qui correspondent bien à ce sentiment général y compris en France que rien ne peut être réglé par les mécanismes institutionnels en place. Toutes les solutions qui font "avec" ce qui est s'avèrent mauvaise" et on ne choisit pas une bonne mais une qui permette le répit dans les souffrances et de se renforcer.
Parce que le véritable problème est ce pour qui les citoyens ont voté et qui croit que les démocrates vont résoudre les problèmes qui sont apparus à savoir le refus de la guerre et de l'inflation. C'est impossible parce que le problème est bien le système que Marx et Lénine aurait défini même en temps de paix comme la dictature de la bourgeoisie et qu'il s'agit seulement d'un partage des rôles entre factions qui représentent les mêmes intérêts de classe sur le fond qu'il s'agisse du pillage de la planète ou de l'appropriation interne du travail au profit du capital. C'est d'ailleurs parce qu'il faut les renverser et que même s'ils perdent les élections cette classe pédatrice ne se laissera pas faire qu'il faut "la dictature du prolétariat". mais on peut concevoir que ces concepts sont impopulaires l'important est d'agir et de ne pas attendre des élections ce qu'elles ne peuvent pas apporter ni des manifestations d'ailleurs : il faut concevoir la nature de la bataille qui est d'empêcher la fascisation, la guerre et de s'armer collectivement par une discipline collective et un sens des buts à atteindre.
Donc nous avons un phénomène que l'on a vu en Europe déferler sur les pouvoirs en place et qu'il faut replacer dans un contexte dont nous traitons aujourd'hui. En fait comme nous n'avons cessé de le souligner nous sommes devant une crise de la démocratie et qui s'adresse directement à l'Etat avec une division de la classe dominante en factions irréconciliables avec pour seul horizon la guerre et le fascisme.
Et pour une fois miracle, je suis d'accord avec un intervenant de ce blog quand il déclare à propos toujours de l'article sur le coup d'Etat en Pologne qui a déjà inspiré Franck Marsal : Votre constat sur la crise européenne et la militarisation de l’économie mérite d’être prolongé par le rappel du 40ᵉ Congrès du PCF qui apporte déjà des réponses précises : sortie immédiate de l’OTAN, et construction d’un espace de sécurité collective européen, de l’Atlantique à l’Oural, comme OTS. Elle appelle à remettre en cause les traités européens et la logique capitaliste de l’Union, pour construire une Europe de peuples et de nations libres, souverains et associés. Il ne s’agit donc pas d’accompagner la fédéralisation et la militarisation de l’UE, mais de rendre aux peuples leur souveraineté." Maais je nuancerai avant d'aller jouer les soldats de l'an III en prétendant créer l'Europe des peuples, travaillons à la souveraineté française et peut-être y a-t-il d'autres propositions d'ouverture de dialogue et d'échange que de se jeter dans l'Europe des peuples comme en 1848 en ne mesurant pas les opportunité hors Europe.
"Sur le plan intérieur, ajoute le commentateur, le défi est tout aussi clair : la colère populaire ne devient pas spontanément conscience de classe. Elle doit être organisée et transformée en force politique. C’est le rôle du PCF, qui a malheureusement été oublié avec le mutation, d'être enraciné dans le monde du travail, ses entreprises, ses quartiers et ses luttes. La référence à Dimitrov reste précieuse, mais oui, nous ne sommes plus en 1935. Il faut reprendre sa méthode, non plaquer ses réponses sur une réalité transformée. Sa critique des soc-dem et trot est cependant toujours valable. Comme Lénine qui dénonce Kautsky sur l'impérialisme soc-dem. Le véritable enjeu est de reconstruire une organisation capable de faire des résistances une dynamique de conquête des pouvoirs. C’est le sens d’un communisme de conquêtes. A chaque étape suffit sa peine. Avançons encore !"
En gros en dehors du bémol européen il y a les points d'appui du 40 e congrès;
3- L'autre bonne nouvelle dont vous n'entendrez pas parler c'est que la révolte s'étend et que le peuple ukrainien s'y est mis contre Zelenski cette nuit. ou la découverte d'un lieu de torture de récalcitrants à être expédié sur le front.
Parce que la réalité est têtue et là encore on découvre que les Ukrainiens ne veulent pas plus de la guerre que la totalité des peuple européens. Paradoxalement ceux que l'on a réussi à convaincre qu'ils sont menacés ce sont les Russes et tous ceux qui sont victimes de l'assaut impérialiste.
4- Quelque chose a bougé en France du côté du PCF cela peut donner corps à la nécessité de l'intervention populaire sans attendre les élections et en donnant sens aux actions multiples de résistance.
Mais la bonne nouvelle dont nous faisons état aujourd'hui c'est une nouvelle équipe de campagne pour Fabien Roussel, nous renvoyons à la brève analyse que nous faisons mais il est évident que si cette orientation va dans le bon sens comme le soulignent nos camarades chinois dans leur éditorial : La démocratie occidentale ne fait plus recette non seulement au niveau international mais au niveau interne.
Voilà qui est bien posé mais la question est dans les deux cas qu'est-ce qu'on met à la place ? Est-ce qu'on peut installer le communisme non parce que ce serait en l'état de la violence capitaliste et de la non maturité des masses soit l'anarchie totale et à terme le fascisme, on a déjà vu ça avec Pinochet... Il faut donc une transition socialiste avec un Etat qui correspond économique et politiquement à des choix clairs sur lesquels la majorité du peuple pourra s'entendre pour coopérer à des solutions réponse aux multiples défis... C'est pour cela d'ailleurs que Marx et Lénine ont parlé de dictature du prolétariat en faisant référence au temps romain ou les institutions existantes étaient suspendues et d'autres se créaient, l'expérience de la Commune de Paris.
Danielle Bleitrach
