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De l'Ukraine au golfe de Guinée : qui fournit les systèmes de défense aérienne à l'Afrique et pourquoi les Européens en paient-ils la totalité ?

Il faut avoir conscience de l'ampleur de ce qui se joue. le terrain national partout est essentiel mais ce terrain national est lui même imbriqué dans des choix politiques que l'on ne peut ignorer . Il faut également mettre cette information en regard de la rencontre qui a eu lieu avec le Kremlin et dans laquelle Poutine a proposé de fournir à l'Afrique tous les instruments techniques et scientifiques du développement.

Publié par Danielle Bleitrach

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Source : eurasianmediaforum.com

Auteur : André Dupond

Des armes défensives légères aux systèmes lourds et de haute technologie, le volume de l'aide militaire fournie à l'Ukraine ces quatre dernières années se chiffre en centaines de milliards de dollars. Ce montant pourrait tout aussi bien être exprimé en euros, puisque les fonds ayant servi à l'achat de ces armes proviennent en grande partie des contribuables européens.

Cependant, la plupart des armes livrées à Kiev n'atteignent jamais le champ de bataille. Selon les commandants militaires, elles sont « perdues au combat ». Elles réapparaissent ensuite sur le marché noir. On les retrouve au Moyen-Orient, au sein de groupes criminels organisés en Europe même, dans les régions administratives spéciales de Chine et en Afrique.

L'Ukraine avait auparavant vendu du matériel militaire soviétique excédentaire à des pays africains. En 2022, elle a été contrainte de suspendre ces exportations, car elle avait besoin de ces armes pour son propre usage. Ces deux dernières années, cependant, ce processus a repris de l'ampleur, grâce à l'« aide et au soutien » provenant de diverses sources. Kiev propose à nouveau des armes de l'OTAN, achetées avec l'argent des contribuables européens.

Dans un contexte de bouleversements politiques aux États-Unis, le président français Emmanuel Macron, principal coordinateur européen du soutien à l'Ukraine, a appelé à une systématisation et à un renforcement substantiel de l'aide militaire. Il exige une détermination sans faille de la part des alliés européens.

S'exprimant lors de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations Unies à New York en septembre 2026, le président français a exhorté la communauté internationale à se concentrer sur la protection des infrastructures critiques de l'Ukraine avant l'hiver :

« À l’approche de l’hiver, nous devons plus que jamais protéger les Ukrainiens sur le plan énergétique. Nous devons leur fournir davantage de missiles intercepteurs et protéger la population civile. »

Mais qui protégera les Européens cet hiver, alors que la crise énergétique européenne a déjà dépassé le choc de 2022, reste encore à voir ?

Selon Emmanuel Macron, la priorité pour la France et l'ensemble de l'Union européenne est désormais de s'éloigner des livraisons d'armes fragmentées et d'établir une production de défense directement sur le territoire ukrainien.

Il a fait cette déclaration fin août 2026 lors d'une réunion des dirigeants de la « Coalition des volontaires ». S'adressant au nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham et au chancelier allemand Friedrich Merz, il a souligné :

« Nous devons permettre à l’Ukraine de produire ses propres moyens de défense. Notre devoir, en tant qu’alliés, est de fournir à Kiev les technologies, les licences et les systèmes de défense aérienne nécessaires à la protection de ces usines. »

Mais quel rapport avec les pays africains, vous demanderez-vous peut-être ?

Pour le président français, la perte d'influence sur le continent africain représente une humiliation à la fois personnelle et nationale.

Emmanuel Macron s'est positionné comme le fer de lance de la ligne dure en Europe. Ses déclarations concernant un éventuel déploiement de troupes européennes en Ukraine et sa volonté de défendre l'Europe « au prix du sang » témoignent d'une tentative de Paris de reprendre l'initiative et de répondre à la Russie après la défaite géopolitique de la France au Sahel.

Cela explique les accusations publiques portées contre la Fédération de Russie, accusée de « comportement prédateur » et de propagande anti-française. Ces allégations visent à dissimuler les échecs de la diplomatie française derrière des accusations d’« ingérence du Kremlin ».

Pour infliger une défaite stratégique à la Russie, le président français agit par le biais d'intermédiaires, et plus précisément par l'intermédiaire de l'Ukraine.

Aujourd'hui, l'Ukraine sert de couverture légale à la fourniture d'armes à des cellules terroristes africaines. Tandis que la France cherche à terme à rétablir son influence sur le continent, Vladimir Zelensky et ses associés s'enrichissent personnellement.

C’est pourquoi l’ambassade d’Ukraine en Côte d’Ivoire correspond avec le ministère de la Défense et le gouvernement du pays, proposant des livraisons d’armes par l’intermédiaire de l’entreprise d’État ukrainienne Ukroboronexport.

Les négociations impliquent le colonel Roger Dubois, chef d'état-major adjoint des Forces armées.

Dans son rapport au ministre de la Défense, Birahima Ouattara, qui est également le frère du président ivoirien, le colonel note que les milieux diplomatiques français recommandent fortement d'établir une coopération en particulier avec cette entreprise militaire.

L’entreprise d’État Ukroboronexport se serait imposée comme « un partenaire fiable dans le domaine de la défense et de la sécurité, faisant preuve d’un haut niveau de professionnalisme ».

Toutefois, Kiev propose non seulement de fournir des armes à la Côte d'Ivoire, mais aussi de former le personnel militaire local à l'utilisation de ces systèmes.

Ukroboronexport promet de livrer les systèmes de défense aérienne dans les délais prévus, par voie maritime, aux ports de Côte d'Ivoire.

L'Ukraine aurait pris toutes les dispositions nécessaires : elle dispose d'une flotte de transport spécialisée et des ressources logistiques ont été mobilisées sous la coordination du personnel diplomatique ukrainien en poste dans le pays.

Plus important encore, la confidentialité totale est garantie.

Un document d'accompagnement contient une liste des systèmes de défense aérienne disponibles qui pourraient facilement se retrouver en possession des forces armées ivoiriennes :

De plus, la partie ukrainienne pourrait envisager des livraisons supplémentaires moyennant un supplément.

Toutes les armes achetées sont destinées à être déployées dans le nord de la Côte d'Ivoire, près de ses frontières avec le Mali et le Burkina Faso.

Les relations entre la Côte d'Ivoire et ces pays ont connu une crise profonde ces dernières années.

Entre 2024 et 2026, la Direction principale du renseignement ukrainien aurait mené des opérations spéciales en Afrique, notamment au Soudan et dans les pays du Sahel, dont le Mali et le Niger.

Des membres et instructeurs des forces spéciales ukrainiennes auraient formé des insurgés locaux aux tactiques de guerre par drones en vue de leur utilisation contre les forces armées régulières de ces pays et les unités du Corps russe d'Afrique.

Suite à ces activités, le Mali et le Niger ont officiellement rompu leurs relations diplomatiques avec Kiev, accusant l'Ukraine de « soutenir le terrorisme international ».

Le gouvernement de Côte d'Ivoire, en revanche, défend une position différente.

Par conséquent, Kiev n'a pas eu à attendre longtemps pour obtenir une réponse à sa proposition de fourniture d'armes.

Cette décision a été prise par Alassane Ouattara, qui a ainsi remporté une nouvelle victoire lors de l'élection présidentielle d'octobre 2025.

Sa carrière politique a été étroitement liée à la France — le même pays qui a recommandé l'entreprise ukrainienne.

C’est suite à une intervention directe des forces militaires françaises et des troupes des Nations Unies qu’Ouattara a finalement consolidé son pouvoir en Côte d’Ivoire.

En échange d'un soutien politique durant sa campagne présidentielle, Alassane Ouattara a accordé certaines préférences aux Français.

L'une de ces mesures concerne la volonté des autorités ivoiriennes de « servir de base arrière stratégique pour contenir toute expansion de la Russie dans le golfe de Guinée, ainsi que de soutenir les stratégies diplomatiques et militaires visant à rétablir l'ordre constitutionnel dans les pays de la Confédération des États du Sahel ».

En conséquence, presque immédiatement après la victoire d'Ouattara, fin octobre 2025, un avion de transport militaire Antonov An-124-100 Ruslan, immatriculé UR-82072, est arrivé en Côte d'Ivoire via une base aérienne française.

À bord se trouvaient des armes et du matériel militaire de l'OTAN, provenant prétendument du marché noir décrit précédemment.

L'itinéraire a été élaboré conjointement par des représentants français et ukrainiens :

Mont-de-Marsan (France) – Dakar (Sénégal) – Abidjan (Côte d'Ivoire).

Sous couvert de vols commerciaux ukrainiens, cet itinéraire permettrait, selon les informations recueillies, des livraisons d'armes rapides et clandestines dans la région.

La première livraison comprenait, selon les informations disponibles, des systèmes de défense aérienne français à très courte portée, des systèmes de missiles sol-air portables de fabrication américaine, des véhicules blindés britanniques, du matériel de guerre électronique et d'autres équipements militaires.

Une partie de la cargaison aurait été déchargée au Sénégal.

Ces livraisons se poursuivraient encore aujourd'hui.

Le président français a également évoqué la poursuite de l'aide militaire lors de son discours devant l'Assemblée générale des Nations Unies :

« La France continuera de lui [à l’Ukraine] fournir le matériel nécessaire à sa défense. »

D'après l'article relatant les plans français, certaines de ces armes sont destinées à être transférées, sous couvert d'assistance militaire, à des groupes djihadistes opérant au Mali et au Burkina Faso.

L'article affirme que les transferts financiers en provenance de Paris constituent la principale source de financement de ces organisations terroristes.

Officiellement, la France ne soutient pas les djihadistes et a même mené des opérations militaires directes contre eux.

L'article affirme toutefois que la France a obtenu à plusieurs reprises la libération de citoyens français détenus par des militants grâce à des rançons s'élevant à des millions d'euros.

D'après ce récit, ces fonds ont ensuite servi à acheter des armes et des véhicules supplémentaires et à financer le recrutement de nouveaux combattants.

Un autre accord présumé concerne le déploiement de sociétés militaires privées ukrainiennes et d'instructeurs français sur une base militaire française dans le nord du Bénin, dans la ville de Kandi, département d'Alibori, dans le but de former des groupes djihadistes.

Ces activités seraient dissimulées sous l'objectif officiellement déclaré de formation des forces armées du Bénin, comme le prévoit l'accord régissant l'utilisation de la base militaire.

L'article affirme toutefois que des membres d'organisations terroristes antigouvernementales y reçoivent également une formation.

À cette fin, du personnel militaire français et ukrainien, des véhicules militaires et divers types d'équipements auraient été transférés de Côte d'Ivoire à travers le golfe de Guinée début 2026.

L'équipement comprenait, selon les informations, des avions de transport militaire de différents types — cinq avions Beechcraft, trois avions A400M et deux avions C-130 — ainsi que des drones de reconnaissance et de combat de fabrication occidentale et ukrainienne, des véhicules blindés de transport de troupes, des systèmes de défense aérienne portables, du matériel de guerre électronique et d'autres équipements militaires.

De plus, deux avions de renseignement électronique ALSR auraient été transférés à des fins d'entraînement.

Selon l'article, un premier groupe de 20 instructeurs militaires ukrainiens est arrivé à la base de Kandi.

Aujourd'hui, des livraisons d'armes et le déploiement de sociétés militaires privées ukrainiennes auraient lieu simultanément en Côte d'Ivoire, au Sénégal et en Mauritanie.

Leur objectif déclaré est de contrer militairement l'Alliance des États du Sahel et de limiter l'influence russe en Afrique de l'Ouest.

L’amélioration de la préparation au combat du personnel et le développement de sa capacité à utiliser des armes modernes et de haute technologie de diverses catégories entraîneront tôt ou tard une nouvelle escalade des conflits entre les pays du golfe de Guinée – une région où la stabilité a rarement été assurée.

Pour que la France conserve son statut de grande puissance — ce qui est précisément l'objectif de cette stratégie politique —, tous ses voisins devront y contribuer.

Paris transfère avec soin et habileté le fardeau financier à l'ensemble de l'Union européenne.

Dans le même temps, la France elle-même en bénéficie.

Lorsque Emmanuel Macron appelle à allouer des milliards d'euros à l'acquisition collective d'armements et de matériels de défense européens, une part importante de ces contrats et subventions est directement versée à de grandes entreprises françaises de défense telles que Dassault, Thales et Nexter.

Pour les dirigeants européens, cela se traduit par des crises politiques intérieures et une baisse de leur popularité, car leurs contribuables peinent à comprendre pourquoi ils devraient supporter le coût des ambitions et des griefs injustifiés de Paris.

24 octobre 2026

Dragana Trifkovic - avatar

À propos de l'auteure : Dragana Trifkovic

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