Alors que les psychanalystes et les psychologues sont bien embarrassés pour attribuer à un individu, en l’occurrence le président des Etats-Unis, la « folie » d’un système social comme nous l’esquissons ici, parce qu’il ne faut pas oublier à quel point la théorie de la « folie » d’Hitler a permis d’économiser l’étude du rapport de classe qui l’a porté au pouvoir et donc qu’il n’ait jamais été éradiqué et qu’il se présente aujourd’hui sous l’allure paradoxale de l’antifascisme officiel d’Ursula von der Leyen and co… mais même si nous en restons au « diagnostic » .. Il y a une « jouissance » manifeste, qui ne concerne pas que Trump, à s’imaginer dans les arcanes d’un système où tout mais tout est permis. On a vu chez Sarkozy, Hollande et le pire de tous Macron, cette exaltation du « surhomme ». Alors imaginez ce que peut représenter la jouissance crépusculaire de la présidence des Etats-Unis à ce stade où le vandalisme a remplacé la gestion en capitaliste chef de famille. Sans que pour autant on puisse dénoter le moindre signe de maladie mentale autre que celles relevant de pures spéculations. La jouissance peut paraître un délire elle n’a n’est pas pour autant la perte totale de contact avec la réalité.
Il faut voir l’ampleur de la jouissance à se sentir maître des FAITS et de jouer à l’illusionniste … représenter le délire collectif, en être l’incarnation et en être le maître, le drame shakespearien. Ce narcissisme paraît au contraire une norme dans nos sociétés. Autre chose est le déni collectif, celui de l’idéologie dominante qui a toute chance d’être celle de la classe dominante.
Si l’on accepte cette distinction qui peut être approfondie et illustrée par divers exemples concernant les formes de maladie mentales qui paraissent spécifiques à chaque société, Il n’en demeure pas moins nécessaire en ce qui concerne les décisions politiques de s’interroger sur les bases de certains dénis collectifs et leur « utilité politique ». Dans mon petit livre je propose que nous nous intéressions aux campagnes de la CIA contre le communisme mais en étudiant pourquoi certaines « prennent » et d’autres non. Quels sont les « habitus », les dispositions à agir qui assurent l’impact d’une propagande et dans quel contexte les campagnes de déni du rôle de l’URSS dans la victoire sur le nazisme ont-elles rencontré une audience qu’elles n’avaient pas jusqu’ici.
Récemment mais dans la poursuite de cette « avancée » négationniste nous avons eu un déni de ce qu’est le régime ukrainien à savoir un régime dans lequel a été patiemment montée une adhésion collective au fascisme comme expression du nationalisme sous impérialisme, un chauvinisme dont la logique est non pas le patriotisme mais l’expansionnisme. Ce chauvinisme a été le principal facteur idéologique de la contre révolution et à la base des révolutions de couleur avec les illusions sur le paradis capitaliste, celui de l’UE, de l’occident. Quel rôle jouent l’eurocommunisme ? Et comment on ne s’en débarrassera pas par des « révélations » de « détails ». Sans une fois de plus vouloir intenter un procès à ce malheureux PCF qui est ce qui se fait de moins pire en matière de tentative de retrouver le réel, on peut analyser les FAITS. Quand après avoir porté cocarde, voté l’article 390, avec la défaite on découvre qu’il y a des dingues recrutés en France qui deviennent mercenaires et s’exercent sur des cibles au nom des partis de gauche. Pas un mot pour s’excuser face à ceux qu’on a diffamés, censurés, non on passe du déni à l’ébaudissement et demain on remet ça en invitant des agents de la CIA expliquer en se prétendant communiste ce qu’est « le régime dictatorial de Maduro ». En revanche on continue à tirer un trait d’équivalence entre les Etats-Unis et ceux qui le combattent.
Quand on découvre que les exactions de l’extrême droite n’ont pas de frontières. Un néonazi combattant en Ukraine, connu sous le nom de « Roque », a publié des « stories » sur Instagram présentant des cibles cartonnées où sont inscrits « PCF », « NFP » et « LFI » et où sont dessinés une faucille et marteau et le symbole de la Jeune garde, organisation de jeunes antifascistes. Une autre cible cite nommément « Clément Méric », militant antifa assassiné par des skinheads le 5 juin 2013. L’auteur de ces visuels « a servi au sein de la Légion étrangère et porte croix gammée et emblèmes SS sur son uniforme en Ukraine », écrit Streetpress, qui a dévoilé l’affaire. Le média en ligne a identifié plusieurs autres militants d’extrême droite présents en Ukraine, parfois auteurs de violences en France. Ils cherchent à recruter en ligne, alertent nos confrères.
Notons qu’en 2014, peu de temps après l’assassinat de Clément Meric va intervenir le coup d’Etat en Ukraine et la ruée contre les populations du Donbass qui non seulement est russophone, tout l’Ukraine l’est mais qui revendiquent l’histoire de la seconde guerre mondiale, puis on brûlera dans la maison des syndicats à Odessa. Tout cela est connu mais on refuse d’en tenir compte et on transforme ces gens-là en quasiment l’équivalent des républicains espagnols attaqués par le fascisme… Se réalise la prophétie de Fidel Castro, le fascisme va revenir comme un antifascisme, quel triomphe quand ce sont les communistes, les dirigeants de la CGT qui sont les premiers à ouvrir le bal… et qui peut imaginer que cela sera éradiqué avec les mêmes et sans autocritique alors que la censure se poursuit contre les mêmes ?
Il est aussi difficile d’imaginer cela que de croire madame von der Leyen déclarer à Davos qu’elle est l’incarnation de l’autonomie stratégique de l’UE : Alors que l’alliance transatlantique est au bord de l’effondrement, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, est montée sur la scène principale du Forum économique mondial de Davos, en Suisse, pour plaider en faveur de l' »indépendance européenne », estimant que les profonds bouleversements qui secouent l’ordre mondial devraient être considérés comme un facteur de changement positif plutôt que comme un désastre.
On ne peut pas croire que ceux qui à chaque instant hier comme aujourd’hui n’ont cessé de sauver l’atlantisme et le font encore aujourd’hui en insistant sur la folie de Trump, parenthèse dans la « démocratie », ont changé. Autre chose est de voir comment cette « crise de sommet », entre politiciens de la classe dominante, élargit les possibilités du rassemblement aux couches longtemps subjuguées y compris aux USA. Mais ce sera sur la base d’un autre « bloc historique » qui fera la clarté sur les perspectives.
Notons que nous devrions nous interroger sur le fait que la folie actuelle du président n’apparait aux citoyens des pays dominants ou de la classe de ce système que quand celui-ci prétend les traiter comme il en a usé depuis des siècles avec les pays du sud, la classe ouvrière… Ce qui nous incite à multiplier « les spéculations » à défaut d’une analyse scientifique, sans jamais mettre en relation la jouissance du maître du monde avec le système qu’il représente.
Le délire sera celui du fétichisme… je sais bien mais quand même… ce fétichisme que Marx disait être le propre du contrat du capitalisme… Ce sont ces questions qui sont au centre de mon livre à paraître en février et qui explique ou tente d’expliquer le POURQUOI d’une censure.
Merci à Rose-Marie Serrano qui nous a transmis ce témoignage
Autre « folie » supposée, celle de Trump, sans voir que c’est l’impérialisme qui porte d’une manière désormais inhibée les traits du personnage. Pourtant il faut aussi réfléchir s’il s’agit bien d’un « fétichisme », celui du contrat social basé sur l’achat et la vente de la marchandise ; les aspects de la marchandise ne sont pas inintéressants. A l’affirmation de la « virilité » puissante d’un individu vieillissant répond le côté kéké de Macron masquant son regard et nous donnant de ce fait à imaginer un œil au beurre noir dans des rixes domestiques caché derrière des lunettes typiques du « rêve » américain. Un accident vasculaire est probable mais le choix des lunettes d’aviateur des Etats-Unis ne l’est pas. Comme nous avons cité la dirigeante japonaise qui ne sait plus comment s’en sortir et qui singe Macron par la dissolution de l’Assemblée tout en manifestant une joie intense en jouant de la batterie… comme Trump déplaçant son armada pour mieux renoncer à attaquer l’Iran, à y débarquer là et au Venezuela comme si l’on jouait le jour J alors que l’on craint un nouvel Afghanistan… Toute cette mise en scène est faite pour qui et pourquoi ? A qui s’adresse le « signe » de la puissance ? Aux couches dominées imbibées du rêve américain, aux marchés financiers ? on jugera alors de l’efficacité.
Trump s’adresse aux médias lors d’une réunion avec les ambassadeurs, Washington, District de Columbia, États-Unis – 25 mars 2025© Shutterstock
Au fil des prises de décision politique et des sorties officielles, la stabilité mentale de Donald Trump laisse libre cours aux interprétations. Le président américain a-t-il vraiment perdu la tête ?
Chantage sur l’annexion du Groenland, enlèvement de Nicolás Maduro, réclamation du prix Nobel de la paix, renforcement de l’ICE… Depuis son retour, Donald Trump semble avoir accéléré son agenda politique. Au risque de se mettre d’autres chefs d’État à dos. Les dernières semaines ont notamment été marquées par la menace de lourdes sanctions à l’égard de l’Union européenne.
Un an après sa seconde investiture, ses prises de décision à la hâte et l’ampleur des conséquences de ces dernières forcent à s’interroger sur ce qui peut bien se passer dans la tête du président américain. Si la notion de « folie », utilisée à tort pour évoquer un trouble mental, sert régulièrement de qualificatif à son égard, qu’en est-il vraiment ?
L’illusion trumpiste
Lors de la rencontre entre Donald Trump et Maria Corina Machado, opposante politique vénézuélienne et prix Nobel en 2025, à la Maison-Blanche, celle-ci lui a remis la médaille du Nobel. Une scène surprenante commentée par Élisabeth Roudinesco, historienne de la psychanalyse, pour Le Grand continent :
Cette scène shakespearienne est en effet l’expression d’un délire, ce qui ne signifie pas pour autant que le président américain est cliniquement psychotique, c’est-à-dire fou.
Si le grotesque de la situation interroge et que l’absence de limite du président américain inquiète, il est évident que poser un diagnostic à l’appui de ses simples agissement et prises de parole n’est pas possible. Ces situations témoignent cependant des illusions dont se berce Donald Trump, selon l’historienne. « Trump vit dans un monde qu’il fabrique lui-même, un monde qu’il veut identique à son désir de toute puissance et donc de jouissance. Lorsqu’il organise une cérémonie pour se remettre à lui-même un prix Nobel imaginaire, il ne joue pas, il ne plaisante pas : il vit réellement la scène », assure-t-elle. Une forme de folie, peut-être, un délire, certainement, d’après Élisabeth Roudinesco. « Un délire des grandeurs fondé sur le culte de son ego ; un délire narcissique d’histrion qui devient d’autant plus dangereux que son entourage s’y soumet », estime-t-elle.
Narcissisme de Trump : la division au sein des psys
Dès 2018, l’équilibre mental du président américain était questionné, en premier lieu par les professionnels de santé eux-mêmes. Des psychiatres et psychologues étaient même allés jusqu’à lancer une pétition pour déclarer Donald Trump mentalement malade et le démettre de ses fonctions.
Le psychologue John Gartner, à l’initiative de la pétition, avait présidé un colloque regroupant des professionnels de la santé de l’association Duty to Warn. Au terme de celle-ci, ils avaient déclaré que le chef d’État souffrirait de narcissisme malfaisant. De son côté, le psychiatre Allen Frances, ayant dirigé la quatrième édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, a mis en garde contre les « diagnosticiens amateurs » notamment sur un pseudo narcissisme. « C’est moi qui ai rédigé les critères qui définissent ce trouble, et M. Trump n’y correspond pas. C’est peut-être un narcissique de catégorie mondiale, mais cela n’en fait pas un malade mental pour autant, parce qu’il n’éprouve ni les souffrances, ni les handicaps dont la manifestation est nécessaire pour poser un tel diagnostic », assurait-il dans le New York Times
Par ailleurs, l’Association américaine de psychologie (APA) a mis en place en 1973 une règle dite « Goldwater » qui interdit à tous ses membres de réaliser et d’évoquer le diagnostic d’une personne sans l’avoir examinée, rappelle Le Temps. L’état psychologique du président américain ne pourra donc faire l’objet que de spéculation.
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Xuan
La théorie de la « folie » d’Hitler évitait de s’interroger sur la nature de classe du nazisme.