Histoire et société

Dieu me pardonne c'est son métier

A l’occasion de ce 9 mai, mémoire historique et responsabilité pour l’avenir en Russie, « entre deux victoires » ?

Mémoire historique et responsabilité pour l’avenir. Le défilé du 9 mai a toujours eu une grande portée symbolique, bien plus qu’une simple commémoration historique, un hommage aux héros et aux victimes de la guerre. D’un point de vue politique, avec le président Poutine, il vise à démontrer la continuité juridique entre l’Union soviétique, devenue une véritable superpuissance durant la Seconde Guerre mondiale, et la Russie. Parallèlement, il constitue toujours une démonstration de force à l’attention de tout envahisseur qui se croit capable de surpasser Napoléon et Hitler. L’année dernière, le Jour de la Victoire était une démonstration de force et de non isolement ; cette année, l’objectif est autre, c’est l’attente dans une situation de tension extrême.. Comme le dit souvent Ziouganov le leader des communistes, le vaccin de la victoire sur le nazisme a perdu de son effet, il a besoin d’une piqure de rappel. Singulièrement en Europe où « la bête immonde » n’a jamais été éradiquée. La parade sur la place rouge à Moscou, la cérémonie dit exactement ce que dit Doguine dans le texte que nous publions ci-dessous : la Russie est entre deux victoires, l’une a été celle célébrée, son symbole demeure le drapeau rouge, les lettres CCCP La figure de Staline, son discours le 9 mai 1945, mais aujourd’hui les morts eux-mêmes exigent que la patrie se donne les moyens d’une autre victoire. Cette parade est celle de l’attente d’une autre victoire : sauvez le pays de la vague qui l’a submergé en 1990 et qui hypothèque l’avenir. Donnez-lui la force de ce combat contre la résurgence d’un nazisme qui n’a pas été éradiqué, il n’est pas encore temps de célébrer la victoire, le danger est présent.

Ce que peu d’entre nous comprennent, même ceux qui refusent la « russophobie » imbécile, n’en sont que très rarement au niveau d’alerte qui est celui du peuple russe, sur le caractère existentiel du combat qui s’avère bel et bien celui de l’OTAN et des USA. Quel symbole évident que celui de Trump annonçant à la veille du 9 mai qu’il a obtenu que son homme lige Zelenski ne tire pas de missile ce qui devait déclencher une riposte meurtrière.

Mais revenons en au fond avec quoi Zelenski menace-t-il Moscou ? Des missiles longue portée qu’il lui a donné ou plutôt vendu aux Européens pour qu’ils l’alimentent en armes et en mercenaires, alors que visiblement pour Zelensky les Européens ne comptent pas, seul les USA ont du poids. Bien sur notre presse néanmoins servile, qui guette les signes de la suprématie du camp de l’impérialisme unipolaire avec une fébrile jouissance, a aussitôt interprété la brièveté de la cérémonie et du discours de Poutine comme le fait que les dirigeants et le peuple russe vivraient sous la peur même s’ils n’en sont pas comme durant la guerre patriotique à aller dans le métro. Par parenthèse ce narratif de l’autorisation par Trump et Zelensky pose une question: pourquoi Zelensky autorise-t-il la célébration de la victoire à Moscou alors qu’il l’interdit à Kiev ?

Non cela signifie néanmoins qu’il est en guerre, le président russe Vladimir Poutine a affirmé samedi que son armée affrontait en Ukraine des forces « agressives » soutenues par l’Otan, et que la cause était juste, existentielle, dans un bref et sobre discours sur la place Rouge. Ce défilé a été marqué par l’absence d’équipements militaires, tels que des chars et lances-missiles qui d’ordinaire remontent la place centrale de Moscou. Ceux qui étaient là étaient ceux qui se sont engagés dans la bataille, y compris le régiment de nord coréen qui a participé à la bataille de Koursk. il faut analyser les délegations et les nations qui se sont rendues à la tombe du soldat inconnu pour y disposer une gerbe de rose rouge. Tout a un sens. Pas de parades, ils se battent et ils reviendront pour célébrer la victoire quand nous l’aurons obtenu tel est en réalité le message. Dans un point de presse avec les journalistes le même jour Poutine a déclaré: «Ils ont commencé à intensifier la confrontation avec la Russie, qui se poursuit encore aujourd’hui. Je pense que cela touche à sa fin, mais la situation reste grave», a-t-il répondu à une question visant à savoir si l’aide occidentale à l’Ukraine allait trop loin. Il était évident qu’il affirmait que c’était les pays occidentaux qui avaient voulu cette guerre et qui l’entretenaient.

La nature de cette guerre et donc le combat pour la paix, ne se comprend que si on a en tête ces deux fondamentaux, qui sont largement répandus dans les pays de l’ancienne URSS et en particulier dans la fédération de Russie.ILs ne sont pas simplement l’idéologie du pouvoir, mais les question posées à Poutine et aux dirigeants concernent plus la manière dont le danger a été pris au sérieux que l’inverse. A ce titre, Poutine qui a connu une légère chute de popularité jouit d’un soutien qui fait défaut à la totalité des dirigeants occidentaux (il a près de 70% d’opinion favorables alors que Macron a 70% d’opinions défavorables, Stamer vient de prendre la raclée électorale la plus monumentale, Merz est caricaturalement affaibli, et Trump est en chute libre, un tel score obtenu par un institut de sondage indépendant ferait le bonheur de la plupart des dirigeants). L’adhésion patriotique repose au moins sur deux convictions par rapport à cette guerre:

  • le premier est la conviction de ce qu’a dit Joukov en parlant des « Européens de l’Ouest » : ils ne nous pardonneront jamais de les avoir libérés… la conviction que cette Europe là n’a jamais été débarrassée du fascisme. De ce fait, il appartient une fois encore au peuple russe et soviétique de l’affronter. Le régime ukrainien, agent corrompu de l’OTAN, a été créé pour affronter la Russie, achever de la dépecer comme l’URSS parce que le fascisme est en train de ressurgir en Europe. Il faut le combattre, c’est l’existence de la Russie qui est menacée on veut lui appliquer les recettes qui ont été imposées à l’URSS. Mais la dénonciation de la corruption du régime de Kiev, et l’appel au patriotisme rend plus insupportable les inégalités, les corruptions internes et invite à s’intéresser à ceux qui ont été les alliés de la destruction de l’URSS.
  • le second point tout aussi fondamental est la nécessité de comprendre une chose dont on n’a pas la moindre idée en France c’est à quel point ce qui s’est passé en 1990 a été un traumatisme collectif. Ce que nous pensions être la « démocratisation » russe était pour la plupart des anciens peuples soviétiques une déchéance totale, la misère des prolétaires, des vieux, les femmes prostituées et les trafics… Poutine les a sorti de là et à ce titre il bénéficie d’une aura… Il leur a promis d’arrêter là ce qui remettait en cause le peu qu’il leur restait des acquis de l’URSS et il a connu un moment d’impopularité manifeste quand il a touché aux retraites. Là il lui est posé la question de la guerre avec en filigrane la guerre patriotique et le doute s’insinue sur son entourage.

Parce que la guerre actuelle a aussi montré les fragilités et le KPRF ne cesse de dire à quel point les oligarques (la cinquième colonne ) sont toujours là et vendent le pays, les communistes comparent ces gens-là, leur influence sur le pouvoir à ce que fut la force de Staline et des communistes. Ils sont entendus. il y a la mémoire historique, la première victoire et ils ont tous en tête le rôle de Staline, son discours que nous reproduisons, la manière dont il a par sa volonté inflexible tenu bon et représenté la force collective démente et ce sacrifice inouï des aïeux . Il n’existe pas d’idéologie de rechange même si les communistes sont attaqués (le paradoxe est qu’on les accuse d’avoir détruit l’URSS comme Gorbatchev).

Pour que vous puissiez entendre cela, avant le discours de Staline, qui est largement diffusé aujourd’hui y compris dans les réseaux sociaux soviétiques, j’ai placé un autre discours celui du « conservateur » Alexandre Doguine qui non seulement célèbre la victoire de la Grande Guerre patriotique mais lui oppose ce moment de déchéance totale de la fin de l’URSS en 1990 et explique qu’aujourd’hui la fédération de Russie est confrontée au retour du nazisme et qu’elle doit témoigner être en mesure de vaincre ce qui l’a submergé en 1990 avec ce triomphe du capitalisme.Notez que l’idée de la duplicité et du peu de crédibilité de l’asversaire fasciste est déjà présente dans le discours de victoire et Staline avec quelques raisons, on ne peut pas les croire de parole, il faut les écraser, il faut qu’ils ne se croient plus impunis.

Face à cette conviction de tout un peuple et des FAITS qui vont dans ce sens, il ne s’agit pas de dire que c’est bien ou que c’est mal, non il s’agit de comprendre ce qui se joue dans ce monde russe qui n’est pas notre ennemi et qui a un point de vue tout à fait rationnel, plus rationnel que nos diabolisations caricaturales destinées à nous faire accepter la guerre, de vrais campagnes de haine.

Ce que j’ai essayé depuis des années y compris depuis l’intervention de l’OTAN et des USA en Yougoslavie d’expliquer est que l’impérialisme avait perdu la parti quand il avait été incapable de concevoir sa victoire sur le socialisme autrement que comme du pillage et de la guerre alors même qu’il n’avait plus ce facteur de régulation qu’était l’URSS. Aujourd’hui surgit un monde multipolaire, et la proposition de la Chine socialiste, l’impérialisme peut nous conduire à l’apocalypse mais il ne peut plus gagner.

Entre deux victoires, d’Alexandre Doguine.. 9 Mai 2026

Félicitations à tous pour le Jour de la Victoire ! Ils ont triomphé. Nous avons ensuite vécu de cette victoire pendant longtemps. Plus tard, ses fruits nous ont été volés. Ils ont même essayé de nous voler cette grande fête. Ils ont échoué.Nous sommes à nouveau en guerre. Totalement, frontalement, de tout notre être. La prochaine victoire est notre défi.

Nos grands-pères et arrière-grands-pères ont accompli le leur. C’est maintenant notre tour. C’est peut-être le moment le plus difficile pour célébrer cette fête : entre deux Victoires.

L’une existe déjà, l’autre reste à venir. Sans nouvelle victoire, nous aurons dilapidé et trahi l’exploit de ceux qui ont remporté la précédente. C’est ce qui a failli se produire dans les viles, honteuses et perverties années 1990.

Qu’ils soient maudits, ainsi que leurs noms, leurs figures, leurs dirigeants et leurs institutions. Ce fut une ère de défaite et de trahison totales.

Nous nous sommes engagés sur la voie de la renaissance. Elle s’est avérée plus difficile que prévu, car le sombre héritage des années 1990 nous submerge sans cesse comme une vague

Elle interrompt la voie de la Victoire, empêche la mobilisation spirituelle et sape la confiance du peuple envers l’élite (car elle date des années 1990, et ce seul fait est accablant). Pourtant, l’exploit de nos guerriers est sacré. Son souvenir ne s’effacera jamais.

Le souvenir restera à jamais gravé dans nos mémoires. Des fêtes empreintes d’amertume. Une double amertume. Nos morts nous contemplent avec désarroi. Sauvez le pays… Que faites-vous ?

Discours de J. V. Staline à l’occasion de la fin de la Grande Guerre patriotique, le 9 mai 1945

Camarades ! Compatriotes et compatriotes !

Le grand jour de la victoire sur l’Allemagne est arrivé. L’Allemagne nazie, mise à genoux par l’Armée rouge et les troupes de nos alliés, a reconnu sa défaite et annoncé sa capitulation sans condition.

Le 7 mai, un protocole de capitulation préliminaire fut signé à Reims. Le 8 mai, des représentants du haut commandement allemand, en présence de représentants du commandement suprême des forces alliées et du commandement suprême des forces soviétiques, signèrent l’acte de capitulation définitif à Berlin, dont l’exécution débuta à minuit le même jour.

Connaissant la nature opportuniste des dirigeants allemands, qui considèrent les traités et les accords comme de simples bouts de papier, nous n’avions aucune raison de croire leur parole. Ce matin, cependant, les troupes allemandes, en exécution de l’acte de capitulation, ont commencé en masse à déposer les armes et à se rendre à nos forces. Il ne s’agit plus de simples bouts de papier. Il s’agit de la capitulation effective des forces armées allemandes. Il est vrai qu’un groupe de soldats allemands se trouvant dans la région de Tchécoslovaquie est toujours en fuite.…

Nous pouvons désormais affirmer, à juste titre, que le jour historique de la défaite finale de l’Allemagne est arrivé, le jour de la grande victoire de notre peuple sur l’impérialisme allemand.

Les immenses sacrifices consentis au nom de la liberté et de l’indépendance de notre patrie, les innombrables épreuves et souffrances endurées par notre peuple durant la guerre, le labeur acharné à l’arrière comme au front, offert sur l’autel de la patrie – tout cela n’a pas été vain et a été couronné par une victoire totale sur l’ennemi. La lutte séculaire des peuples slaves pour leur existence et leur indépendance s’est achevée par la victoire sur les envahisseurs allemands et la tyrannie allemande.

Désormais, le grand étendard de la liberté des peuples et de la paix entre les nations flottera sur l’Europe.

Il y a trois ans, Hitler annonçait publiquement son objectif de démembrer l’Union soviétique et de annexer le Caucase, l’Ukraine, la Biélorussie, les pays baltes et d’autres régions. Il déclarait sans hésiter : « Nous détruirons la Russie afin qu’elle ne puisse jamais se relever. » C’était il y a trois ans. Mais les idées délirantes d’Hitler n’étaient pas destinées à se réaliser : le cours de la guerre les a anéanties. En réalité, c’est exactement l’inverse de ce dont les nazis avaient rêvé qui s’est produit. L’Allemagne a été complètement vaincue.…
Camarades ! La Grande Guerre patriotique s’est achevée par notre victoire totale. La période de guerre en Europe est terminée. Une ère de développement pacifique commence.

Camarades ! La Grande Guerre patriotique s’est achevée par notre victoire totale. La période de guerre en Europe est terminée. Une ère de développement pacifique commence.

Félicitations pour votre victoire, chers compatriotes.

Gloire à notre héroïque Armée rouge, qui a défendu l’indépendance de notre patrie et remporté la victoire sur l’ennemi

Gloire à notre grand peuple, au peuple victorieux

Gloire éternelle aux héros tombés au combat contre l’ennemi et qui ont donné leur vie pour la liberté et le bonheur de notre peuple.

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